Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

La nécessité de justice

La nécessité de la justice

 

Introduction (le 19 novembre 2011)

 

 

La nécessité de la justice naît de l'observation de l'injustice. Sans l'existence de l'injustice, où serait l'intérêt d'avoir des règles écrites, orales ou usuelles séparant, réglementant le juste et l'injuste, le droit et le non-droit, le bien et le mal, l'éthique et le non-éthique ? L'existence de l'injustice est la base, le fondement de la justice. Et tous ceux qui vivent sous la protection d'une justice, d'une constitution, devraient se féliciter qu'il y ait existé auparavant, autrefois, des injustices qui ait conduit à la mise en place ancienne d'une justice, se féliciter qu'autrefois, leurs parents, leurs ancêtres se soient battus au péril de leur vie ou de leur liberté parfois, pour que cessent ces injustices. On peut ainsi dire que de l'existence de la justice naît une dette immémorable pour les descendants de ceux qui combattîrent, qui se battîrent contre l'injustice.

 

Mais en écrivant cela, je ne réfère essentiellement qu'aux droits civils et politiques des citoyens des états occidentaux. Sur le reste de la planète, les peuples des autres nations de la planète continuent le plus souvent à ne pas bénéficier d'une véritable justice impartiale et souveraine, ni de leurs droits entiers civils et politiques. Des peuples continuent de vivre sous des régimes dictatoriaux, despotiques ou militaires, sous le régime de la répression policière ou militaire.

 

Dans d'autres contrées, sous d'autres types de religion, l'existence même de la nécessité d'une telle justice, de tels droits, d'une telle équité quelque soit la race, l'origine ou le sexe, pose un problème idéologique, sans qu'il soit possible de déterminer s'ils ont plus ou moins raison que nous. La loi coranique a à leurs yeux une bien plus grande légitimité pour réglementer la vie de l'homme et de la femme ainsi que leurs rapports, même si à nos yeux, cette loi religieuse n'offre pas suffisamment de liberté à tous les citoyens de ces états, quelque soit leur religion ou leur croyance. En se fondant sur la loi issue du coran, il n'y aurait ainsi nul besoin de l'existence d'une injustice pour que naisse la loi, puisque que celle-ci est d'origine divine et ininterrogeable. La loi loi issue du Coran contredit cependant d'une telle manière le fondement même de la justice occidentale en niant les libertés de croyance, de pensée, de religion érigées en dogme par la pensée juridique occidentale, qu'elle doit être immédiatement éliminée de notre réflexion pour ne plus y revenir. De la loi issue du Coran naissent suffisamment d'injustices dans les états qui l'ont érigée en dogme d'état pour qu'on puisse penser qu'un jour ou l'autre, ces états, les musulmans auront à coeur de réformer leur religion et sa loi pour que naissent sur ses cendres une véritable justice.

 

Mais l'injustice continue d'exister dans des états démocratiques occidentaux, malgré toutes les lois et toutes les constitutions que nous appliquons ou dont nous bénéficions. Ces injustices continuent d'exister dans le champ politique, dans le champ du droit civil, mais elles existent encore bien plus dans le champ des rapports sociaux et économiques. La formalisation, l'écriture du droit, des droits de chacun, de la constitution, n'a pas véritablement touché le monde de l'économie et des relations sociales. La justice s'arrête d'une certaine façon aux portes de cette sphère d'activité, ou certains arguent que ne s'y appliquent plus que les règles de la jungle, où seuls les plus forts et les plus malins survivent et réussissent.

 

Il apparaît ainsi que le processus qui a donné naissance à l'apparition des droits civils et politiques, des constitutions, n'est pas terminé dans notre monde occidental. Le processus de mise en oeuvre des droits sociaux de tous les citoyens n'en est forcément encore qu'à son démarrage puisque ces droits sociaux laissent aujourd'hui survivre, exister des injustices intolérables et inacceptables, puisqu'ils laissent persister d'un côté des richesses invraisemblables pour certins et pour d'autres des misères et des détresses insondables. L'existence même de la science économique n'apparaît alors que comme une tentative décevante de justifier l'intolérable, de laisser croire que l'injustice est indispensable à l'enrichissement général de l'humanité ou d'une société particulière.

 

Cette vision de notre société occidentale, du jeu des échanges économiques et des différences de richesse au sein de notre société fait-elle de moi un communiste, un marxiste ? Ne suis-je simplement qu'en train de tenter de reformuler quelques idées de Karl Marx ? Je ne le pense pas. Je ne crois pas en une société égalitariste, à l'axiome d'à chacun selon ses besoins ... Et surtout, je ne veux pas d'un régime totalitaire comme ceux que le marxisme et le communisme ont seulement su faire émerger. Je crois en la nécessité de divergences modérées de richesse, en fonction de la réussite et des efforts des uns et des autres, en fonction des études de chacun. Je ne trouverais pas normal que telles ou telles personnes sous prétexte qu'elles seraient ignares et sans activité mais avec de nombreux enfants, devraient avoir plus de richesse que tout le monde parce que leurs besoins seraient plus importants. Une société doit pouvoir inciter ses membres à travailler, à investir, à se former, pour que leur situation individuelle s'améliore ... Une société doit même permettre à ses membres de transmettre à leurs descendants une partie de leur richesse, car il est humain de vouloir protéger, vouloir le bien de ses descendants.

 

Seulement, il a des divergences de richesse qui paraissent absolument injustes, sans qu'elles ne puissent être expliquées en aucune façon. Il s'agit par exemple de la richesse des Bettencourt, ou les niveaux de rémunération des grands patrons des entreprises du CAC40, qui représentent plus milliers de fois un Smic horaire, alors que tant de leurs salaires touchent à peine le Smic ... Ce ne sont pas tant les différences de richesse qui sont contestables et insupportables, mais plutôt leur injustice.

 

 

Saucratès



19/11/2011
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