Critiques de notre temps

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Sujets de société (2)


Réflexion dix (22 août 2012)
Sur l'homosexualité ...


A l'heure où des débats publics importants (en fréquence d'interventions et en enjeux) ont cours sur le mariage de couples homosexuels, je me sens interpelé par mes propres réactions sur l'homosexualité et sur ces débats. Disons-le immédiatement, je ne suis pas du tout favorable au mariage homosexuel ; je ne comprends pas cette revendication ! Le mariage civil auquel les couples homosexuels veulent accéder n'est historiquement rien d'autre que la transposition civil, profane, du mariage religieux, initialement catholique ou juif (même si le mariage ou l'union entre un homme et une femme préexistait vraisemblablement à ses deux religions, par exemple chez les anciens égyptiens). Pour quelles raisons le mariage civil a-t-il été inventé ? Vraisemblablement dans le cadre du développement de l'état de droit, dans un but d'enregistrement et de recensement des populations, pour suivre les analyses de Michel Foucault ! Les états en construction modernes ne pouvaient pas laisser aux seules églises l'enregistrement des mariages !

 

Pour cette raison, j'estime parfaitement justifiées les contestations des églises s'opposant à cette extension du mariage ! Le terme de mariage concerne une union entre un homme et une femme. Ce n'est pas seulement une notion juridique, pouvant être modifié par une simple loi, mais une notion d'essence religieuse, sanctifiant un lien contracté devant Dieu et la société. Une simple loi ne peut pas éliminer cette essence, et une simple loi ne doit pas être prise surtout lorsque cette revendication n'est rien d'autre qu'une argutie judiciaire pour obtenir la seule chose qui intéresse vraiment quelques associations de gays et de lesbiennes, à savoir la possibilité d'avoir des enfants. Ainsi, cette histoire du Pacs n'était rien d'autre qu'un premier pas des gays et des lesbiennes pour obtenir le droit à se marrier puis à avoir des enfants ! Ce n'était rien d'autre que cela et il est regrettable que l'on puisse manipuler les foules et les représentations nationales pour un combat qui n'est même pas un but en soi ! Sans que je n'ai rien contre le Pacs, qui est aujourd'hui utilisé par de nombreux jeunes couples hétérosexuels.

 

Qu'il existe une possibilité de festivité pour sanctifier, pour rendre officielle, l'union d'un couple homosexuel, deux hommes ou deux femmes, je n'y suis pas particulièrement opposé (même si cette union me paraît improbable ... j'y reviendrais) mais il me semble qu'elle devrait prendre un nom différent du mariage qui demeure marqué religieusement comme l'union entre un homme et une femme.

 

Evidemment, il sera difficile de reprendre l'exemple des grecs anciens pour lesquels l'homosexualité était d'usage courant (entre un jeune homme et un homme mûr), puisque le terme français correspondant est «pédérastie» (du grec ancien παις/paid «enfant» et ἐραστής/erastès «amant»), particulièrement connoté péjorativement actuellement. Les termes désignant l'homme et le garçon pouvaient varier d'une cité à l'autre : par exemple, erastes (amant) et eromenos (aimé) à Athènes, eispnelas (inspirateur) et aites (auditeur) à Sparte. La pédérastie existe également en Crète (modèle le plus ancien d'institution pédérastique), où, après en avoir obtenu l'approbation du père, l'homme procédait à l'enlèvement rituel du garçon (le rapt pédérastique), précédant une période d'apprentissage de deux mois environ pour faire du garçon un chasseur adroit et un combattant courageux. A Thèbes, il existait un bataillon sacré (Hiéros Lokhos) de trois cents combattants, formé de couples pédérastiques, célèbre pour avoir écrasé Sparte. Ils ne furent vaincu que par la cavalerie macédonienne du jeune Alexandre le Grand à Chéronée.

(cf. source wikipédia sur la «pédérastie»).

 

Mais bon, il devrait être possible de trouver un terme pour désigner l'union des deux hommes ou des deux femmes, et que celui-ci puisse disposer d'un decorum comparable à celui du mariage, avec voeux prononcés devant le maire, à moins que l'objectif de cette revendication ne soit pas seulement d'une sanctification d'une telle union, contrairement à ce qui est avancé par ses défendeurs, mais une pure argutie juridique d'égalité des droits avec les couples hétérosexuels ou de raccourci judiciaire pour pouvoir avoir (!!!) des enfants.

 

Au delà du mariage homosexuel qui m'interpelle, il me faut néanmoins revenir plus largement sur cette notion d'homosexualité qui me pose problème. Non que j'ai quelque chose contre l'existence de l'homosexualité ou son acceptation ; j'ai des amis homosexuels et cela ne me pose pas problème. Non, mais je suis mal à l'aise devant l'étalage visuel des relations homosexuelles (à la télévision notamment), et je pourrais difficilement accepter  l'idée (purement théorique pour l'instant) que mes jeunes garçons pourraient se révéler homosexuels ! Et mes réactions m'interpellent ! Parce qu'à un autre niveau, mes croyances en la possibilité de la réincarnation devrait me conduire à être plus souple sur cette question. Si la réincarnation existe, s'il reste des traces de nos passages, si l'on peut donc retrouver des âmes soeurs d'une vie précédente (ce qui me conduit à m'interroger sur les possibilités de réincarnation d'Hitler et des nazis et sur le prix qu'ils auront à payer pour leurs actes de 1945), comme il me semble improbable que les hommes ne se réincarnent qu'en hommes et les femmes en femmes, on doit forcément risquer de voir des âmes soeurs se réincarner dans le même sexe. Mais de là à pouvoir comprendre ou accepter l'homosexualité !

 

Comment peut-on trouver naturel et admirable de voir un homme et une femme s'enlacer tendrement, s'embrasser, se tenir amoureusement, afficher leur amour en public, et être fortement gêné par les mêmes actes effectués par deux hommes ou par deux femmes ? Au fond, je/nous sommes plein de préjugés ! Le même étalage de sentiment nous gênerait également de la part d'un petit vieux et d'une petite vieille (et d'un vieux et d'une jeunette) alors que l'on trouve cela tout à fait naturel et charmant venant de deux jeunes gens. Tout ce qui contrevient aux bonnes manières, aux habitudes sociales communément admises, nous gêne. Les petits vieux doivent ressembler aux vieux sages (l'image que l'on a de nos grands-parents de notre enfance) dont on n'imagine pas qu'ils puissent avoir une activité sexuelle ou amoureuse (ce qui est institutionalisé dans les maisons de retraite où les couples sont séparés). Les hommes doivent avoir des comportements d'hommes ; jouer aux cartes ou à la pétanque sont des activités honorables, tout comme éructer devant un match de foot une chopine de bière à la main ... Toutes activités viriles socialement valorisantes ... Et les jeunes garçons doivent courtiser les jeunes femmes ...

 

En fait, j'en ai fait içi la démonstration, je ne suis rien d'autre qu'une somme de préjugés enracinés, transmission de génération en génération de bonnes manières et d'usages sociaux communément admis, dont une bonne partie consiste en la négation de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à des réactions un peu féminines. D'où l'extrême difficulté que doit représenter l'acceptation de sa propre homosexualité (sans compter l'acceptation par la société), ce qui peut participer à l'explication du fort taux de suicide des jeunes homosexuels.

 


Réflexion neuf (7 décembre 2011)
A-t-on le droit d'être contre l'abolition de la prostitution ...


Les députés de droite et de gauche sont favorables à la position abolitionniste pour la prostitution ... Ils ont tous voté pour une résolution réaffirmant la position abolitionniste de la France en la matière. Ils prévoient également de déposer un projet de loi pour la pénalisation des clients des prostituées, à l'instar de ce qui existe en Suède depuis 1999. 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/06/prostitution-l-assemblee-affirme-la-position-abolitionniste-de-la-france_1614062_823448.html

 

Pour clarifier ma position pour ceux qui me liront, je n'utilise pas les services de prostituées, que ce soit en France ou à l'étranger, même si cela a pu m'arriver une ou deux fois il y a très très longtemps, par accident.

 

Mais le courant actuel de pruderie et de puritanisme qui est en train de gagner la France m'hérisse énormément. Je ne comprends pas la position de ceux qui veulent rentrer dans ce débat idiot et totalement déplacé. Je suis évidemment d'accord avec l'idée de combattre les réseaux et les trafics de femmes et d'êtres humains, à l'échelon européen ou plus éloigné ... Mais je ne pense pas que cela doive passer par la pénalisation des clients.

 

Que deviendrait notre société sans cette soupape de sécurité que représente la possibilité pour un homme (plus rarement pour une femme), de recourir aux services sexuelles tarifés d'une (ou d'un) prostitué(e) ? Je pense que sans cela, les jeunes gens (ou plus vieilles gens) n'auraient plus alors comme seule possibilité pour extérioriser leurs fantasmes, ou simplement leurs désirs inassouvis, de recourir à la violence et au viol. La prostitution comme protection contre les viols ? Cela ne me semble pas incompréhensible.

 

Parce qu'il y a un point sur lequel je suis en complet désaccord : selon la position sociale, l'âge et le sexe des uns et des autres, nous ne sommes pas tous placés à égalité face à la possibilité d'avoir accès au sexe de manière libre et non tarifé. Certainement que l'attrait du pouvoir aidant, les députés masculins de l'hémicycle n'ont pas de difficultés pour trouver des partenaires de sexe féminin (ou masculin). De même, les hommes et les femmes ne sont pas non plus à égalité. Une femme, pour peu qu'elle ne soit pas trop vieille, trouvera également assez facilement un partenaire sexuel. Au maximum, elle se prendra quelques rateaux avec quelques hommes particulièrement fidèles et elle passera pour une femme facile. Mais un homme, même jeune, aura énormément de difficultés à trouver une partenaire sexuelle pour quelques heures, et risquera de passer pour un obsédé et un pervers.

 

Hommes et femmes, nous ne sommes pas égalité devant le sexe ; nous ne sommes même pas intéressés par les mêmes choses en matière de sexe (les femmes ne sont pas intéressés par du sexe pour quelques heures). Comme le dit une blague : une femme est prête à tout pour se marrier, même à coucher ... un homme est prêt à tout pour coucher, même à se marrier ...

 

Pénaliser les clients des prostituées, c'est en fait simplement s'attaquer à une fraction de la société française, les hommes n'appartenant pas aux plus hautes couches de la société (qui eux payent mais pas en liquide). Et je trouve cela particulièrement inacceptable et autiste de croire que les grandes idées de quelques femmes et de quelques hommes puissants doivent s'appliquer à tout le reste de la population masculine française.

 

De même, les prostituées permettent vraisemblablement à un certain nombre de clients masculins d'avoir quelques moments de rêve pour échapper à un conjoint qui ne les attire plus, ou qui accuse un âge trop élevé, une trop grande prise de poids, ou un inintérêt pour le sexe ... mais qui n'iront jamais jusqu'au fait de divorcer et de risquer de se retrouver seuls. Par exemple, quel homme n'aimerait pas coucher juste une fois avec une fille presqu'aussi jeune et jolie que la nouvelle miss France. Mais pour l'immense majorité des hommes, cela n'est possible qu'en payant une prostituée. Bien sûr, on peut trouver que cela est inacceptable, condamnable, immoral, insupportable pour l'espèce féminine, mais c'est un fait que nombre d'hommes se trouvent dans cette situation, sans avoir ni l'envie, ni les moyens, ni même pas la possibilité de prendre une maîtresse. Evidemment, on peut aussi penser que ces hommes n'ont qu'à pratiquer l'abstinence voire de faire cela entre mecs ...

 

Il s'agit d'une position morale qui relève du pire puritanisme anglo-saxon, même si je peux comprendre que les femmes pourraient facilement se satisfaire de cette pénalisation, même si elles seront alors les premières victimes de l'augmentation des agressions sexuelles qui en découlera immanquablement ... Evidemment, dans quelques dizaines d'années, lorsque tous les mecs seront emprisonnés, leur position sera plus simple.

 

Pauvres hommes ! Entre l'adultère dans le marriage qui est considéré comme une faute par les religions, par les tribunaux et par la société ... Les magazines et les sites internet pornographiques qui nous font passer pour des obsédés ... Et la prostitution qui va être considéré comme un crime ... On nous prépare, à nous, pauvres hommes, une drôle de société pour les prochaines années !

 

On peut aussi évidemment nous accuser de tous les maux de la Terre, et nous assurer que ce sont nos fantasmes sexuels qui incitent des réseaux mafieux à enlever et à forcer des jeunes femmes à se prostituer ... et que cela favorise les trafics et le crime ... On peut aussi considérer que le tourisme sexuel est mal et immoral ... Mais j'en ai surtout marre !

 

Nota bene. J'aime bien la position d'Elisabeth Badinter lorsqu'elle déclare : «Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit» ... Je suis d'accord avec elle, les salaires des travailleurs n'ont qu'à être plus élevés si on veut que la prostitution volontaire disparaisse.



Saucratès

 

 

Précédents écrits sur le même sujet

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2060831-sujets_de_societe__1_.html



07/12/2011
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