Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Sur la politique


La rage au ventre

Parler de l’actualité politique de notre beau pays, c’est s’exposer à faire éclater sa rage, son écœurement, son incompréhension devant les diverses décisions de nos bons dirigeants. D’une certaine façon, l’action du gouvernement semble avoir pour objectif de se mettre à dos l’ensemble des citoyens français, tout en nous faisant croire que ce gouvernement bénéficie du soutien des français, grâce à un traitement déformé et complaisant par les médias, télévisuels notamment.

 

Ce gouvernement n’a plus rien de ‘socialiste’ au sens propre du terme, c’est-à-dire la « recherche d’une organisation sociale et économique plus juste ». Ou bien, je ne suis plus socialiste. Ce gouvernement promet toujours plus de libéralisme au pire patronat de notre temps, et en même temps il s’attaque toujours plus aux classes moyennes, afin qu’elles bénéficient le moins possible des dispositifs étatiques (allocations, services publics ...). Nous avons un gouvernement socialiste qui hait les classes moyennes, déteste les riches et méprise les pauvres (voir à ce sujet l'interview de la député socialiste réunionnaise Monique Orphé sur le quartier populaire du Chaudron), les sans-dents comme notre président aime à les appeler. Et les médias muselés sont même incapables de faire un point véritable sur l’absence de politique de ce gouvernement, se faisant simplement l’écho de la parole politique autorisée (promesses en tout sens) sans s’intéresser à la réalité de l’action gouvernementale.

http://www.clicanoo.re/487909-monique-orphe-une-elue-de-gauche-qui-s-exprime-comme-les-pires-ultras.html

 

Hausse des impôts depuis l’élection de François Hollande, diminution par 2 ou 4  des allocations familiales sous prétexte que les classes moyennes sont des riches nantis (mais je suppose que cette mise sous condition de ressources des allocations familiales ne s’applique pas aux rémunérations des parlementaires encartés au PS), volonté d’imposer à la source les salariés et de fusionner la CSG et l’impôt sur les revenus afin de pouvoir plus facilement continuer à plumer les classes moyennes, jusqu’à leur disparition et que dans un souci d’égalitarisme maladif, les classes moyennes rejoignent non pas les prolétaires de notre société (qui constituent en fait les classes moyennes d’aujourd’hui), mais le peuple des voleurs et des assistés. Pas une tête qui dépasse, semble être le leit-motif de ceux qui nous dirigent aujourd’hui, afin que les classes dirigeantes, politiques ou économiques, soient véritablement au-dessus de la foule. Une foule d’anonymes, avec une partie de serfs et d’esclaves, trimant pour tenter de survivre sans aucune aide de l’état, juste apte à payer des impôts pour faire fonctionner l’état, et une autre partie d’assistés, étrangers ou voleurs ou caids. Et un état ne servant que les intérêts de la minorité des très riches, ou faisant la machine à exclusion, payant les assistés pour que soit maintenue la paix des très riches et des politiques.

 

Alors oui, la ministre des affaires sociale, de la santé et des droits de la femme, Marisol Touraine, nous a adressé une belle lettre pour vanter sa magnifique réforme, pour nous expliquer qu’elle nous retirait les dernières miettes d’allocations auxquelles nous avions tristement droit pour plus de justice, parce que c’est clair que des gens qui ne travaillent pas, qui ne veulent pas travailler, sont bien plus importants que des sales représentants des classes moyennes, qui ont l’outrecuidance de gagner un peu trop d’argent.

 

Alors oui, quelques politiques veulent aussi imposer le prélèvement à la source des impôts sur le revenu et la fusion de la CSG et de l’impôt, et ils arguent d’un soutien des économistes de tout côté, de droite ou de gauche. Il s’agit d’un discours bien commode, puisqu’il est bien facile d’ignorer la position de ceux qui ne sont pas d’accord. Les français qui travaillent vont forcément se faire bien ‘entuber’ dans cette histoire (ceux qui ne travaillent pas ne payent de toute façon ni impôts ni CSG, ne cotisent à rien mais bénéficient de toutes les aides possibles, toutes celles que nous ne toucheront jamais). Cette belle réforme permettra au gouvernement socialiste de ponctionner encore plus les salariés et les classes moyennes, et je suis même sûr qu’un prochain gouvernement aura ensuite toute latitude pour rétablir un nouvel impôt sur le revenu, une nouvelle taxe sur les classes moyennes, dans quelques années, parce qu’il faudra bien trouver des ressources pour financer les allocations des assistés et des voleurs de notre société.

 

Dans le domaine politique, il y a aussi la réforme du collège qui me fait réagir, cette réforme du collège de cette autre pseudo-ministre issue de la diversité culturelle, dont l’objectif est d’égaliser encore plus par le bas le fonctionnement des institutions de l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Interdiction des classes bi-langues en sixième, interdiction de l’enseignement du latin, qui est pourtant au fondement de la langue française. Quel est le prochain pas vers la disparition de la spécificité française et la disparition du sentiment d’appartenance à notre Nation ? Le remplacement de l’enseignement du français par l’anglais ou bien par l’arabe ? L’enseignement du grec ancien et du latin me semble être des marqueurs de culture important et il est invraisemblable qu’un ministère d’incompétents veuille interdire son enseignement en France. Alors oui, le latin est aussi un vecteur de sélection sociale, mais son enseignement est ouvert à tous ; il faut juste que les enfants le sachent et acceptent de subir un enseignement supplémentaire (je le sais pour avoir dû batailler avec mon fils pour qu’il accepte de suivre cet enseignement, dont il a compris l’intérêt plus tardivement, arrivé au Bac et dans les études supérieures). Mais le latin, c’est avant tout une ouverture sur une autre pensée, antique, sur les racines de notre langue, sur la culture. Et c’est peut-être justement cela qui gêne les socialistes : la possibilité laissée de renforcer la culture et les racines françaises, la possibilité laissée aux enfants de s’élever intellectuellement. Eux ne visent qu’à faire disparaître les français dans une foule anonyme, de pauvres et de sans dents, à la merci des intégrismes. Les réformes socialistes en matière d’enseignement scolaire sont catastrophiques ; au final, la présidence de François Hollande aura été cinq années de perdues pour la démocratie française, pour le monde de l’enseignement ; et on n’a pas encore tout vu !

 

Saucratès


28/08/2015
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Sur la politique (6)

 
Réflexion cinquante-huit (31 mars 2014)
Les élections municipales : une claque pour le PS


Les élections municipales de ce dimanche 30 mars 2014 ont démontré un fort recul électoral du parti socialiste et de son implantation. Le Parti socialiste a ainsi perdu dans ces élections 68 villes de plus de 30.000 habitants et 87 villes de plus de 9.000 habitants (et moins de 30.000 habitants). A noter que selon Wikipédia, les villes de plus de 30.000 habitants en France sont au nombre de 260 au total, outre-mer compris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_communes_de_France_les_plus_peuplées
http://www.lemonde.fr/municipales/article/2014/03/31/la-chute-du-socialisme-municipal_4392563_1828682.html

 

Dans ces conditions, le chiffre de 68 villes ayant basculé représente une proportion énorme (26%) qui permet réellement de considérer ce recul électoral comme un séisme politique. Quelle proportion des villes de plus de 30.000 habitants demeurent dans le giron du Parti socialiste ? Alors que l'UMP de son côté claironne qu'il contrôle désormais plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants.

 

Il a été également amusant lors de ces élections d'observer le jeu des hommes politiques. Au Parti socialiste, les représentants interrogés au cours des semaines passées parlaient d'élections purement locales sans lien avec le plan national. Selon eux, il était incompréhensible d'en tirer des conclusions nationales. Du côté des élus UMP par contre, ils s'évertuaient à chaque fois de resituer ces élections dans le contexte national. De manière amusante, lors des précédentes municipales (2008), les situations étaient inversées et les politiques socialistes, au premier rang desquels François Hollande, s'efforçaient de tirer un enseignement national de ces élections alors que les politiques UMP, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, limitaient ces élections municipales à un niveau purement local.

 

Qu'est-ce qui explique le fort recul du Parti socialiste ? Les positions sont diamétralement opposées entre le PS, l'UMP et le FN. De ce que j'ai pu entendre hier, au soir des élections et des réactions des personnes interrogées, le PS parlait d'un message de colère, d'un problème de chômage et d'un besoin de justice sociale. Pour le PS, il faut pouvoir inciter les entreprises à investir et à embaucher pour faire repartir l'emploi dans les entreprises. Pour l'UMP, le message n'est pas très différent. Il faut permettre aux entreprises de créer de l'emploi et diminuer les impôts, sur les entreprises et sur les ménages. Il n'y a que du côté du FN que le message semble différent : il faut arrêter le matraquage fiscal sur les classes moyennes, et relancer le pouvoir d'achat.

 

Les solutions préconisées divergent également. Pour certains, il faut mettre fin au pacte de responsabilité pour les entreprises qui n'est pas compris par les électeurs (FN ?). Pour le FN, il faut aussi sortir de l'Europe et de l'euro-monnaie, qui impose l'austérité fiscale et une monnaie surévaluée de 30% qui tue les entreprises françaises. Pour les autres, il faut autre chose ... Mais quoi ?

 

Ce qui me marque, c'est l'accord de l'UMP et du PS sur le diagnostic sur les entreprises. Défendre la compétitivité des entreprises, leur permettre d'investir et d'embaucher, sans lien avec un diagnostic social qui devrait être la préoccupation première des socialistes. C'est cela qui est le plus choquant. Que des socialistes développent l'idée de compétitivité, alors que l'on sait que la compétitivité vise en premier lieu l'abaissement du coût du travail ou l'accroissement du temps de travail ! Et il est certainement aberrant que tant d'électeurs aient voté pour des maires UMP qui défendront des idées encore plus extrêmistes sur des retours en arrière sociaux alors qu'au fond, tant d'électeurs sont en colère contre le discours socialiste qui a oublié ses accents sociaux.

 

Le plus grand problème du Parti socialiste ne sont pas les personnes au gouvernement ou bien le premier ministre. Ce n'est même pas forcément la politique menée. Le plus grand problème du Parti socialiste, c'est François Hollande. C'est lui qui devrait démissionner. Un homme comme le Général de Gaulle aurait entendu ce message mais Hollande n'est pas de Gaulle.

 

François Hollande est élu depuis bientôt deux ans, et il est extrêmement bas dans les sondages, en deça même de Nicolas Sarkozy. les politiques qu'il a mené depuis deux ans ont divisé les français irrémédiablement, encore plus que sous la précédente présidence. Ces politiques ne visent une nouvelle fois qu'à satisfaire les revendications de franges de l'électorat du PS, quelques groupes de pression comme les homosexuels par exemple. La politique éducative menée par le ministre de l'éducation, sur la réforme des rythmes scolaires par exemple ou sur les programmes, vise à faire quoi ? Arracher les enfants à leur famille ? Les arracher à l'idée de Nation ? Supprimer Jeanne d'Arc, Saint Louis ou Clovis du programme scolaire, qu'est-ce que cela veut dire ? «Arracher l'élève à tous les déterminismes familiaux, ethniques, sociaux ou intellectuels» ? J'ai appris l'histoire africaine en classes primaires en Afrique dans les années 1970, celles des grandes civilisations arabes et africaines. Cela n'a pas fait de moi un enfant déterminé, mais bien au contraire un enfant ouvert à d'autres réalités, à d'autres histoires. Ce qui pose problème, c'est le rejet de l'histoire de notre pays par certains jeunes et leurs familles, comme si elle était illégitime ... et l'écho que cette contestation reçoit chez les politiques et les pédagogues socialistes, qui appuient cette délégimitisation qui répond à leur volonté de sacrifier la Nation et ses racines chrétiennes.

 

Je me dis parfois que la colère actuelle subie par François Hollande et par le Parti socialiste doit trouver une ressemblance dans la France de François Miterrand. La politique de nationalisation et les hausses d'impôts (avec la création de l'impôt sur la richesse) ont dû faire naître également une profonde contestation politique à son encontre. Cette contestation conduisit même à la première cohabitation avec Jacques Chirac, le Parti socialiste ayant perdu les élections législatives de 1986.

 

En même temps, je pense que la France du début des années 1980 n'a à rien à voir avec la France des années 2010. En trente ans, une profonde mutation de la société française a pu être observée. En 1981, la France ouvrière existait encore alors qu'elle a presque disparu dans la France d'aujourd'hui. Le monde ouvrier a muté également en devenant plus un monde de techniciens. Plus même que le monde ouvrier, c'est le monde capitaliste qui a muté en cours de ces trente dernières années. Les capitalistes ont été remplacés par les managers. La démocratisation de la bourse fait que des millions de petits porteurs se croient détenteurs d'une fraction du capital et du pouvoir dans les entreprises et dans les banques, alors qu'il y a trente ans, la bourse était une abstraction et le pouvoir détenu par quelques grandes familles bourgeoises ou capitalistes. Les banques il y a trente ans étaient l'émanation de quelques grandes familles. Elles sont aujourd'hui devenues des entreprises comme les autres, mutualistes pour certaines d'entre elles. On ne parle plus des grandes familles qui les contrôlent mais de ces quelques managers qui les dirigent, payer à des salaires astronomiques. 

 

Le monde a changé. Des dizaines de millions de français se considèrent comme appartenant aux classes moyennes, ce qui est d'ailleurs le cas, par construction statistique. Il n'y a plus d'opposition de classes entre les capitalistes et les ouvriers chacun de leur côté, et les employés au milieu. Les français des classes moyennes se sentent à la fois concernés, à tord ou à raison, par les hausses d'impôts décidés et par la montée des risques du chômage. Les managers des entreprises essaient de faire croire que les entreprises peuvent avoir des préoccupations sociales ou éthiques qui pourraient faire des entreprises des citoyens à part entière, non uniquement préoccupés par la recherche du profit. Mais ceci est faux. Les managers ne défendent qu'une idée : l'asservissement de leurs employés à l'intérêt de l'entreprise et une préoccupation d'image des entreprises pour faire joli, pour faire vendre. Les managers n'auront jamais de préoccupations purement sociales, même ceux qui se disent socialistes ou de gauche. Seul les intéressent la recherche du pouvoir et du profit !

 

Même si peu le savent, l'action législative de ce gouvernement de gauche a été une nouvelle fois de détricoter le droit du travail français et de répondre à toutes les revendications des patrons et des managers visant à plus de souplesse dans les relations de travail. Bientôt, le gouvernement prendra de nouvelles mesures pour unifier les instances représentatives du personnel dans les entreprises, ce qui est une préoccupation habituelle de la droite et non pas de la gauche.

 

Il y a ainsi une erreur stratégique insupportable des gouvernants socialistes.
--> En s'attaquant aux classes moyennes, ils s'attaquent à la majorité des français qui se sentent concernés.
--> En défendant les revendications de quelques groupes de pression ethniques ou d'identité sexuelle, ils ne touchent qu'une infime minorité de leurs électeurs, et ils agressent les sentiments d'une grande majorité d'entre eux.
--> Ils s'aliènent la classe d'âge des plus jeunes qui dans huit-dix ans, disposeront du droit de vote et n'oubliront pas la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon.
--> En défendant les entreprises et leurs managers et en oubliant la mantra socialiste de défense des travailleurs, ils s'aliènent le peuple de gauche, le peuple des travailleurs, qui n'aura bientôt plus comme seule solution pour être entendu que de se tourner vers les extrêmes, et notamment vers le Front National qui présente l'avantage de ne pas être moribond.
--> Surtout, ils oublient qu'ils ne sont plus en 1980. Il n'y aura pas de législative intermédiaire qui leur permettra d'être oublié par les électeurs, ni à François Hollande d'apparaître comme un arbitre au dessus des partis !

 

 
Réflexion cinquante-sept (7 janvier 2014)
Les voeux 2014 aux Français de François Hollande : comment y croire ?


Ce que j'ai pu lire ou voir en racourci des voeux de François Hollande m'a largement suffi pour conforter mon opinion négative de ce personnage. «Des voeux de combat et de confiance dans l'avenir» ? A d'autres ! Derrière une image pompeuse que l'Elysée veut promouvoir pour les voeux 2014, il y a le même personnage grotesque et le même gouvernement d'incompétents et d'apprentis sorciers que les mois précédents. Rien à attendre de bon de ces ministres socialistes, même si ceux-ci ont normalement le monopole de la parole publique pour les prochaines années. Et j'ai lu qu'une proportion très importante des français ne lui faisait absolument pas confiance pour cette année 2014. «Depuis janvier 2013, le chef de l’Etat est [ainsi] passé de 46 % à 31 % de jugements positifs sur  sa compétence». Et «de 48 % à 26 % sur sa  capacité à prendre des décisions qui s’imposent». Seuls «27% des Français ont une bonne opinion de lui». «L’image du capitaine de pédalo inventée par Jean-Luc Mélenchon lui [colle] à la peau comme un sparadrap».

http://www.leparisien.fr/politique/sondage-seuls-31-des-francais-jugent-francois-hollande-competent-04-01-2014-3462501.php

 

Des voeux de combat ! Comment peut-on croire aux grandes idées, aux grands enjeux que François Hollande met en avant ? La lutte pour inverser la courbe du chômage, pour relancer l'emploi ? Promesse oubliée du même personnage pour cette fin d'année 2013 ! Evidemment, à force de faire cette promesse, avec un peu de chance, il arrivera à la tenir avant la fin de son mandat en 2017. En l'absence d'une nouvelle crise économique, cette promesse ne devrait pas être trop difficile à tenir. Mais même en l'absence de gouvernement et de président de la république, cette promesse aurait été tenue. L'emploi devrait repartir avant 2017 !

 

Ce qui pose problème dans ces voeux sur ce sujet, c'est plus simplement que François Hollande et son gouvernement n'ont absolument rien fait pour relancer l'économie et l'emploi depuis l'élection présidentielle de 2012. Rien du tout, si ce n'est une cacophonie sur quelques emplois aidés qui n'arrivent même pas à se mettre en place. Comment créer de l'emploi, comment consommer lorsque l'on a aucune confiance dans la politique qui va être menée par un gouvernement ? Investir, embaucher, consommer, s'endetter lorsque l'on ne sait pas combien d'impôts on va se voir prélever, qu'une équipe d'incompétents parle de pause fiscale en même temps que de création de nouveaux impôts, voire de réforme de la fiscalité ! Il ne faut pas être devin pour comprendre que lorsqu'un gouvernement incompétent parle uniquement de baisser les impôts sur les plus ménages les plus modestes (et surtout les plus assistés) ainsi que sur les entreprises, les classes moyennes ainsi que les plus hauts revenus vont être encore plus matraquées fiscalement qu'ils ne l'étaient par le passé. En effet, ce gouvernement est incapable de baisser les dépenses pour permettre d'abaisser le niveau des prélèvements fiscaux ! En matière de niveau d'imposition, de consommation et d'investissement, la science économique a totalement raison : la confiance est indispensable à leur redémarrage. L'absence de confiance des agents économiques dans le niveau des prélèvements futurs les conduit à bloquer la consommation et l'investissement, et interdit à la machine économique de repartir.

 

La promesse de baisser les impôts des français ? Vaine promesse également puisqu'il est évident que les baisses qui seront consentis à certains seront obligatoirement prélevées sur d'autres français, les classes moyennes que François Hollande semble haïr depuis 2007 et ses diverses sorties contre les classes moyennes ou sa politique anti-familiale ou pro-homosexuels depuis son élection de 2012 ... Moins d'impôts pour certains, les assistés que le parti socialiste ne cesse de défendre depuis le début des années 1990 ... et plus d'impôts pour d'autres, les classes moyennes en général qui seront les plus faciles à matraquer fiscalement !

 

La baisse des charges des entreprises pour celles qui respecteraient le pacte de responsabilité ? Encore une fois, ce sont encore les salariés (appartenant à la classe moyenne) qui subiront les baisses des charges patronales promises par le gouvernement aux entreprises françaises, pacte de responsabilité ou non ! Ce sont nos salaires qui baisseront à hauteur de la hausse de la CSG pour permettre de baisser les charges patronales payées par les entreprises. On s'amuse à nous faire croire que les cadeaux aux entreprises seront favorables à l'emploi ou neutres pour les salariés, mais si on touche à la CSG, on touche aux salaires des salariés !

 

Je ne peux finir cet article sans reprendre cet excellent article de Paris Match, qui retranscrit si admirablement ce que j'ai tant de peine à exprimer. J'y retrouve exprimer la majeure partie des points de crispation qui ne me conduisent plus désormais à me dire socialiste ...

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-541989

 

«On est forcé de dire, et les sondages, hélas, l’attestent, que Hollande ne répond pas aux attentes des Français. Loin d’être rassurant, il est anxiogène dans sa manière tranquille de dire que tout va s’arranger. Cet homme incontestablement intelligent, sympathique, qu’on disait fin politique, a déçu ceux qui voyaient en lui un nouveau Blair. Au lieu de redonner de l’espoir en relançant la machine économique, il l’a bloquée par une surtaxation généralisée. Rien de plus démotivant pour les entrepreneurs, de plus paralysant pour l’investisseur et le consommateur. Loin de tenir politiquement un discours de consensus qu’on attendait, de tolérance politique, il a détricoté l’œuvre de son prédécesseur et entonné un discours idéologique qu’on croyait appartenir aux vieilles lunes du socialisme. Bénéficiant d’un a priori favorable, il est aujourd’hui décalé par rapport aux aspirations d’une opinion déboussolée.
Les Français ont en outre mal supporté la manière soviétique avec laquelle a été mené le projet du mariage pour tous : aucune concertation, pas de débat, mépris de ses adversaires ont envenimé une question qui aurait pu, et aurait dû, être traitée avec tact et compréhension. D’autant que les questions ne touchaient pas le fond mais la forme. Beaucoup de gens qui n’étaient coupables que de vouloir maintenir à la famille son caractère traditionnel se sont vus traités avec mépris par un pouvoir politique arrogant. Quant au projet qui vise à faire condamner les clients des prostituées, il a été de même voté à la va-vite sans qu’on en ait mesuré les conséquences, plus par souci de satisfaire sa bonne conscience idéologique que de venir réellement en aide aux malheureuses prostituées. Ces deux réformes ont cependant un point commun : ce sont des importations de l’Europe du Nord. On les a adoptées avec un zèle technocratique sans se soucier de savoir si elles s’inséraient dans la tradition française. Et que dire du grand cafouillage qui a accompagné le rapport sur l’intégration, commandé par le Premier ministre ! On a eu le sentiment que le gouvernement, pris de folie, était subitement submergé par une idéologie gauchiste totalement irréaliste.»

 

 
Réflexion cinquante-six (24 juin 2013)
La législative partielle de Villeneuve-sur-Lot : face à un Parti socialiste désavoué, le Front National fait jeu égal avec l'UMP


Ce qui s'est passé ce week-end (et les semaines précédentes) lors de la législative partielle du Lot-et-Garonne (à Villeneuve-sur-Lot) devrait être considéré comme extrêmement préoccupant. Le candidat du Front National, Etienne Bousquet-Cassagne, âgé de 23 ans, a recueilli 46,24% des suffrages (après 26,04% au premier tour) derrière le candidat de l'UMP, Jean-Louis Costes, qui a lui recueilli 53,76% des suffrages.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/23/villeneuve-sur-lot-le-candidat-ump-l-emporte-face-au-fn_3435118_823448.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/10/a-l-assemblee-nationale-la-majorite-absolue-des-socialistes-fragilisee_3427321_823448.html

 

Cette victoire du candidat de l'UMP ne doit pas masquer l'ampleur de la progression du vote Front National. Face à l'ensemble des partis de gouvernement et aux appels au vote républicain, le Front National fait pratiquement jeu égal avec son adversaire politique.

 

Consternation. D'un côté, nous avons un parti socialiste qui perd des milliers de voix lors des huit dernières législatives partielles enclenchées depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la république, et qui perd ces huit dernières législatives ... Et de l'autre, nous avons un parti frontiste qui progresse inexorablement dans l'électorat.

 

A chaque fois, évidemment, les commentateurs et les hommes politiques trouvent des explications à ce qui est en train de se passer dans l'électorat. L'élimination au premier tour de Villeneuve-sur-Lot s'expliquerait par les séquelles de l'affaire Cahuzac, ou par la désunion des forces de gauche ! Ceux qui se réfugient derrière ces arguments misérables, en premier lieu le président de la république et le chef du gouvernement, devraient avoir le courage de regarder la vérité en face : c'est la politique menée depuis un an par le gouvernement socialistes qui est à l'origine du désaveu de l'électorat de la gauche ! Et il ne s'agit pas d'un désaveu temporaire, mais d'une rupture.

 

Le gouvernement socialiste a attaqué les valeurs dans lesquelles croyaient une partie de son électorat de gauche. Des valeurs humanistes et religieuses qui n'empêchaient pas ces électeurs de voter socialiste parce qu'ils croyaient en une justice sociale, en des valeurs de partage et de respect des autres. Mais l'affaire du mariage des homosexuels/homosexuelles et les attaques de François Hollande vis-à-vis de la religion catholique, orchestrée depuis son élection, ont créé un fossé croissant entre cet électorat modéré et le parti socialiste.

 

Et se pose aujourd'hui de façon drastique la question de la récupération de cet électorat, qui est perdu à la fois pour le Parti socialiste et pour l'UMP. Cet électorat pourra-t-il trouver ses représentants au sein d'un parti centriste dans lequel cet électorat modéré et croyant devrait pouvoir être recueilli (mais encore faudrait-il qu'un tel parti émerge de la multitude de factions qui croient représenter le centre) ? Mais cette possibilité est empêchée par tous ceux qui croyant bien faire s'échinent à défendre l'idée d'un parti UMP unitaire regroupant la Droite et le Centre (voir par exemple les interventions de Jean-Pierre Raffarin). 

 

Ou bien cet électorat échouera-t-il auprès du Front national dont l'une des composantes est justement constituée par une aile catholique intégriste ... mais dont la dirigeante réussit à tenir un discours extrêmement fédérateur, asseptisé ... Le vote Front national n'est aujourd'hui plus un vote repoussoir, ou bien de moins en moins, et il n'en est que plus dangereux ! 

 

 
Réflexion cinquante-cinq (22 décembre 2012)
Le MEDEF, les exilés fiscaux et 1789


Laurence Parisot, la patrone du MEDEF, a eu quelques mots extrêmement révélateurs d'un certain état d'esprit. Que voulait-elle dire lorsqu'elle a déclaré : «On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s'apparente à 1789».

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Economie/Depeches/Parisot-exil-fiscal-un-climat-de-guerre-civile-453685/

 

1789, moment emblématique de l'histoire française, qui voit la fin des privilèges d'une classe de nobles, la fin de l'esclavage dont était victime l'immense majorité de la population, dont la servitude à l'égard de leurs suzerains pouvait toujours être rétablie, qui était de temps à autre rétabli par quelques seigneurs violents ... La fin d'une justice seigneuriale possiblement injuste ... La fin des privilèges de quelques uns ... et la fin de la royauté.

 

1789 fut aussi le temps de l'exil des nobles vers l'Angleterre toute proche, mais également vers les empires voisins (Autriche-Hongrie, le Saint empire romain germanique ...).

 

Et enfin 1789 et les années suivantes furent aussi l'époque de la guillotine, d'abord pour les nobles, puis pour la famille royale, et enfin pour tous ceux considérés comme ennemis du peuple, jusqu'à Robespierre lui-même.

 

De quel 1789 nous parle Laurence Parisot. Auquel pense-t-elle en nous en parlant. De cette société de privilèges pour les puissants que la France est devenue depuis les années 1970-1980 sous les coups de boutoir du libéralisme, où la richesse est désormais considérée comme un but ultime ? On ne peut s'empêcher de penser à cette France des privilèges et des privilégiés lorsqu'elle nous parle de 1789 ; elle, la représentante de ce monde des puissants et des privilégiés !

 

On ne peut s'empêcher lorsqu'elle nous parle de 1789 de faire ce rapprochement entre les exilés fiscaux actuels et les exilés nobles de l'époque. Mais aujourd'hui leur fuite est beaucoup moins difficile, beaucoup moins dangereuse, mais plus simple. Ils partent avec toutes leurs richesses non pas parce qu'ils craignent pour leur vie, mais simplement parce qu'ils veulent économiser de l'argent, payer moins d'impôts ... Il ne s'agit plus de fuir en callèche en évitant les ornières et en fuyant des bandes de paysans assoifés de sang ... Ils prennent simplement l'avion au vu et au sus de tous, en se gaussant de ceux qui restent, des pauvres qu'ils mettent au chômage, juste dans un but politique, pour faire pression sur le gouvernement ...

 

Laurence Parisot nous parle de guerre civile mais ne craint-elle pas une révolte de tous ceux qui n'ont rien vis-à-vis de tous ceux qui ont tout, qui possèdent tout, jusqu'à la vie des pauvres, comme aux pires moments qui précédèrent 1789 ?

 

Il y a des discours qui vous trahissent. Celui de Laurence Parisot en fait partie ... Le discours d'une représentante de la nouvelle classe des nobles de notre temps, qui ont reconstruit la même domination de classe que celle qui avait existé jusqu'avant 1789. Une forme d'aveu !

 

 
Réflexion cinquante-quatre (16 décembre 2012)
Le gouvernement, l'exil fiscal de Depardieu et les impôts ...


Quelques mois se sont écoulés depuis les dernières élections présidentielles et législatives ... Depuis lors, les cotes de popularité de François Hollande et de son premier ministre se sont effondrées, de nombreux français semblent particulièrement insatisfaits de la politique gouvernementale, et les plus récentes élections législatives partielles montrent un recul du parti socialiste, qui n'a pas réussi à rassembler ses électeurs selon ses dirigeants, ou qui plutôt fait déjà l'objet d'un vote sanction des élections plus probabablement. De mon côté, si c'était à refaire, je ne revoterais plus pour François Hollande à la présidentielle.

 

Pour un homme qui a si peu agi depuis l'élection présidentielle, comment expliquer ce désamour dont il fait désormais l'objet ? Comment expliquer ce mécontentement diffus de tant de millions d'électeurs ? J'ai de la peine personnellement à m'expliquer ma propre déception. C'est une accumulation de petites déceptions, de petites décisions plus ou moins déjà actées mais soi-disant non encore arrêtées, qui avantagent on ne sait quels groupes de pression mais qui ne servent aucunement l'intérêt de tous, prises par quelques uns des sbires qu'il a placé au gouvernement. C'est le débat sans aucune réelle concertation autour de l'école, autour de l'idée hollandaise arrêtée au cours de la campagne de faire travailler les enfants cinq jours par semaine. C'est le mariage pour les homosexuels, faisant par la même disparaïtre les notions de père et de mère. C'est la découverte que la laïcité socialiste est un dogmatisme anti-clérical scélorosé et haineux, me permettant de comprendre que les croyants catholiques ne devraient pas voter socialiste, mais rejoindre la droite ou le centre-droit. C'est aussi cette impression que ce gouvernement élu par des électeurs socialistes mène une politique purement libérale, tournée autour de la préservation de la compétitivité des entreprises par le biais de la baisse des salaires, et qui a un jour envisagé sereinement de remettre en cause l'acquis social des trente-cinq heures. 

 

Les socialistes pourront-ils tenir encore quatre ans et demi de cette manière, menant une politique appelée à devenir de plus en plus impopulaire, de plus en plus éloignée des aspirations de ceux qui les ont élus ? A moins que l'appui des seuls homosexuels ne leur suffise !

 

Le débat autour de la fiscalité que l'exil fiscal de Gérard Depardieu en Belgique a déclenché présente un certain nombre d'autres points intéressants. Des hommes politiques de premier plan comme le premier ministre et des députés ou sénateurs devraient-ils émettre des opinions plus mesurées, plus respectueuses lorsqu'ils parlent d'autres français, dont le seul crime est de vouloir quitter la France ? Le premier ministre pouvait-il traiter le départ de Gérard Depardieu de minable ?

 

Au-delà de ce point rhétorique, la politique fiscale de la France pose de véritables questions. L'impôt peut-il reposer principalement sur quelques hauts revenus très lourdement imposés sans risque ? La pression fiscale n'est-elle pas trop importante sur ceux qui restent, avec le risque que le nombre de ceux lourdement imposés ne croissent à proportion de la fuite des plus riches d'entre eux ? Le fait de devoir verser au fisc 85% des revenus d'une année n'est-il pas exagéré, même lorsque l'on est immensément riche ?

 

La réponse à toutes ces questions me semble évidente. Il me semble que le système fiscal français devrait être revu pour imposer de manière beaucoup plus générale tous les contribuables français, quelque soit leur niveau de revenu. Il n'est pas normal qu'une si forte proportion de français ne paient pas d'impôt sur le revenu, voire que tant bénéficient de remboursement d'impôts (la prime à l'emploi). Le nombre de contribuables imposés tend ainsi à diminuer d'années en années, et la base fiscale à se rétrécir au fur et à mesure de l'exil des plus riches ... Un impôt vraisemblablement moins élevé mais concernant tout le monde, contrepoint à une citoyenneté désormais vécue comme ouvrant des droits et non des devoirs. La fuite des français devant l'impôt n'est pas normale, qu'elle concerne l'exil et les triches des plus riches ou les triches des moins riches ! Il ne s'agit pas simplement de prendre aux pauvres pour donner aux riches, mais de reconnaître que la politique fiscale française va désormais dans le mur. Il s'agit de remettre en cause non seulement les niches fiscales des plus riches, mais aussi celles qui permettent à tous les pauvres et les fraudeurs sociaux d'échapper à l'impôt.

 

Concernant enfin les exilés fiscaux et la politique à conduire à leur égard, c'est d'abord aux français de réagir. Si les français continuent à acheter les disques de Johny Halliday ou ceux de Florent Pagny, s'ils continuent à affluer à leurs spectacles, si les français continuent d'aller voir les films de Gérard Depardieu, alors ces riches fuyards ont tout à fait raison de s'enfuir à l'étranger pour payer moins d'impôt et échapper à la justice française. Les français n'ont qu'à être eux-mêmes citoyens, refuser de regarder les émissions de variété qui invitent ces exilés fiscaux, refuser que des exilés fiscaux puissent être capitaine d'une équipe de France de coupe Davis, ou les représentent dans une compétition internationale. C'est aux français de les punir ! Tant qu'il ne sera pas possible au sein de l'Europe de disposer de dispositions fiscales qui imposent à nos ressortissants exilés de payer les impôts qu'ils auraient dû acquitter en France !


Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002350-sur_la_politique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002365-sur_la_politique__2_.html

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16/12/2012
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Sur la politique (5)

 
Réflexion cinquante-trois (24 juillet 2012)
Les attaques incessantes de l'UMP à l'égard des socialistes et le problème du régime de Vichy ...


Depuis les dernières élections, chaque mot ou phrase (ou Tweet) prononcés par François Hollande, sa compagne, le premier ministre ou l'un quelconque des ministres donnent systématiquement lieu à une campagne de dénigrement de la part d'une meute de députés ou d'élus UMP. C'était d'ailleurs déjà le cas bien avant ces dernières élections, lorsque l'UMP contrôlait pourtant l'Elysée, le gouvernement et l'assemblée nationale, lorsqu'il s'agissait de délégitimiser les postulants socialistes au pouvoir suprême. Et François Hollande, tout comme également Martine Aubry, en ont fait largement les frais.

 

Bizarrement, je n'ai pas l'impression que les socialistes agissent de cette manière et que chaque discours ou fait des membres de l'UMP, des anciens ministres aient pu faire l'objet d'une telle forme de harcèlement politique. Evidemment, je ne pense pas au traitement médiatique dont Eric Woerth et sa femme firent l'objet de la part de certains médias, ni aux nombreuses critiques médiatiques sur Nicolas Sarkozy, mais c'est le rôle des médias dans une démocratie.

 

Il me semble que le comportement de l'UMP peut être rapproché de ce que l'on appelle la sophistique, ou l'art du sophisme. En effet, un sophisme «est fallacieux : il est prononcé avec l'intention de tromper l'auditoire afin, par exemple, de prendre l'avantage dans une discussion. Souvent, les sophismes prennent l'apparence d'un syllogisme (...). Ils peuvent aussi s'appuyer sur d'autres mécanismes psychologiques jouant par exemple avec l'émotion de l'auditoire, l'ascendant social du locuteur (argument d'autorité) ou des biais cognitifs» (Wikipédia).

 

Leur discours politique ne repose pas sur la logique, sur une argumentation réelle, sur une vision réelle de la société, mais uniquement sur une interprétation de la réalité, sur les émotions de ceux qui les écoutent, sur le registre de la peur, des angoisses, dans le seul but de rendre illégitime la personne qu'ils attaquent. Il suffit de se rappeler les attaques visant les robes des ministres socialistes (Cécile Duflo), leur appartenance à la diversité (Fleur Pellerin) ou les prises de position sur certaines familles de capitalistes (Arnaud Montebourg) ...

 

Les attaques actuelles des élus UMP visent le discours prononcé par François Hollande pour la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv. Ces attaques personnelles, comme le discours de François Hollande, posent pourtant simplement une nouvelle fois le problème du positionnement du régime de Vichy dans l'histoire de France.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/23/rafle-du-vel-d-hiv-guaino-scandalise-par-la-declaration-de-hollande_1736970_823448.html

 

Il n'est pas exagéré de parler dans ce cas d'attaques personnelles. Lorsque le député Henri Guaino, député UMP des Yvelines, dit que «peut-être M. Hollande se sent proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice», ne faut-il pas y voir un pur sophisme parce que François Hollande exprime les regrets de la France sur les actes de français ?

 

En effet, «François Hollande a qualifié, dimanche 22 juillet, l'arrestation, l'internement et la déportation de 13.152 juifs de nationalité étrangère réfugiés en France, dont plus de 4.000 enfants de crime commis en France par la France» (Le Monde). Cette période de l'histoire de France pose problème. Le général de Gaulle a le premier fait disparaître (en tirant une parenthèse pudique) le régime de Vichy de l'histoire des institutions françaises, à Londres d'abord (cela se comprend) puis à la tête du gouvernement provisoire. Les présidents successifs de la république française, sous la quatrième puis la cinquième république, ont suivi la même politique, en ignorant cette partie de notre histoire politique et la capitulation des politiques français, qui remirent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et s'autodissolurent. Le premier président français à reconnaître une responsabilité de la France et en à faire répentance fut Jacques Chirac en 1995.

 

Il est compréhensible de condamner les actes de Vichy, atroces, de collaboration avec une puissance d'occupation, qui plus est avec le régime des nazis et sa politique d'éradication des juifs et des tsiganes, afin d'éviter que ce régime ne donne des idées à des courants politiques passéistes. Mais de manière amusante, c'est plutôt l'échiquier politique de la droite de l'époque qui servit aveuglement le régime de Vichy, les notables comme les a appelés Henri Guaino ... alors que la résistance fut au contraire essentiellement plutôt composé au départ des communistes (dès la violation du pacte germano-soviétique) ... Ce n'est que grâce à un hasard de l'histoire que cet autre homme providentiel que fut le général de Gaulle fonda le parti politique que devint plus tard le RPR puis l'UMP, devenu héritier du gaullisme.

 

Le maréchal Pétain a-t-il fait porter ses crimes atroces de l'époque de l'occupation par un Etat français en rupture avec la tradition républicaine pour en exonérer volontairement la république française, pour que la faute ne touche pas la France ? C'est une question que je me pose. Mais encore faudrait-il pour cela penser qu'en 1940-1941 le maréchal Pétain n'était pas ce vieillard sénile que l'histoire dépeint, et qu'il avait à coeur de sauver non seulement la France mais également la république française en ne lui faisant pas porter le poids de la défaite. Ce régime de Vichy dans lequel tous les notables, capitalistes, grands électeurs qui votent aujourd'hui pour l'UMP, se reconnaissaient avec tant de bonheur (notamment dans sa nouvelle devise : travail, famille, patrie).

 

Ce sont des gendarmes français qui obéirent aux ordres et déportèrent ses familles juives vers l'internement et la mort. C'est un artifice de l'esprit de vouloir faire croire que ce n'était pas La France qui est responsable de ses crimes. Un artifice bien commode pour éviter à La France de payer pour ses crimes ignobles, pour tout ce qui a été commis, pour sa responsabilité. Mais il y a un moment dans la vie, dans l'histoire, où il faut reconnaître ses erreurs, ses crimes. Et il est peut-être temps aujourd'hui, en 2012, plus de soixante-dix ans plus tard, de reconnaître que certaines institutions françaises ont mal agi ... Il ne nous faut pas non plus oublier la coupable mansuétude qui fut professée par le gouvernement provisoire et la république qui suivie aux autres institutions qui faillirent dans les actes de collaboration, que ce soit la Banque de France et ses employés, le Trésor Public et ses agents, entre autres ...

 

Et il est trop commode de considérer que parce qu'un homme seul s'est élevé contre l'histoire, le général de Gaulle en se réfugiant à Londres et en appelant à la résistance, cet homme initialement seul peut racheter tous nos péchés, toutes nos fautes et permettre d'oublier, de nier le rôle tenu par La France dans l'horreur que fut l'occupation nazie. 

 

Aussi je trouve particulièrement honteuse les insinuations et les réactions de divers hommes ou femmes politiques de l'UMP dans cette affaire, aussi honteuses que furent les agissements des notables de l'époque se reconnaissant dans le régime de Vichy et son idéologie paternaliste et collaborationniste !

 

 

Réflexion cinquante-deux (2 avril 2012)
Plus que quelques jours avant la présidentielle française - Enjeux et comparaison avec les élections espagnoles ...


Dans quelques jours, je saurais si mon pronostic précédent se sera ou non réalisé. Le candidat du parti socialiste n'est pas Dominique Strauss-Kahn, descendu en flammes depuis lors pour ses turpitudes sexuelles, avérées ou non avérées. C'est son ancien secrétaire général, François Hollande, qui a été désigné. Par contre, comme je l'avais anticipé, il y aura pléthore de candidats à gauche avec la menace persistante d'élimination du candidat du parti socialiste au second tour. Alors que Nicolas Sarkozy ne subira pas la concurrence d'autres candidats de son camp. Et il faut bien reconnaître que ce sont les égos des candidats à l'élection présidentielle qui sont à mettre en cause dans ces multiples candidatures à gauche, du Front de Gauche qui croit pouvoir l'emporter au premier tour, en passant par les multiples extrêmistes de gauche qui croient tous faire avancer la cause révolutionnaire avec leur 1% d'intention de vote.

 

Quels sont les enjeux de cette élection présidentielle, au-delà des batailles d'égos des candidats ? Le principal enjeu de cette élection est le même que celui de l'Italie, de la Grande-Bretagne ou de l'Espagne contemporaine, ou celui de la Grande-Bretagne de l'ex Dame de fer, au début des années 1980. Il s'agit de l'enjeu de l'ultra-libéralisme économique. Ce qui n'est nullement exprimé par Nicolas Sarkozy, qui se complaît dans des attaques assassines, des promesses oiseuses et vides autour de la sécurité et de la valeur travail, et une défense d'un bilan de gouvernement difficile (le brave capitaine dans la tempête ayant fait face aux flots déchaînés), c'est la remise en cause des protections sociales et du droit du travail qui se profilera en France après son éventuelle victoire à la présidentielle.

 

Evidemment, cela n'est pas dit. C'est pour cette raison que l'exemple espagnol doit nous servir de référence. Là-bas, pas très loin de nous, le peuple espagnol devait se prononcer entre une gauche affaiblie pour quelques années de gouvernement et une crise financière extrêmement violente, et une droite qui a surfé sur le rejet socialiste, en en promettant le moins possible. Cent jours après les élections législatives espagnoles, les espagnols découvrent enfin le programme de la droite : remise en cause du droit du travail et mise en pièces des droits sociaux. Le patronat se croit même désormais autorisé à contrôler le droit de grève pour casser une grève générale à laquelle une forte minorité des travailleurs se sentent prêts à adhérer.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201979564596-l-espagne-en-greve-generale-aujourd-hui-307193.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/29/20002-20120329ARTFIG00684-l-espagne-en-greve-generale-replonge-dans-l-austerite.php

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/29/greve-generale-en-espagne-contre-la-reforme-du-travail-et-l-austerite_1677083_3214.html

 

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les ultra-libéraux européens appliquent les recettes de l'ultra-libéralisme pour contrer les effets d'une crise née des excès de l'ultra-libéralisme anglo-saxon. Inimaginable de penser que l'ultra-libéralisme, loin d'avoir été délégitimé par la crise financière née des excès du libéralisme, du tout-marché, de la poursuite de l'argent fou par tous les moyens, a pu y trouver une nouvelle légitimité, alors qu'il n'a rien pu faire pour sauver la situation au plus fort de la crise, que seules des recettes keynésiennes ont pu enrayer. Mais une fois le pire de la crise passée, les dérives du tout-marché, du libéralisme exacerbé, ont repris encore plus violemment en s'attaquant aux dettes publiques accrues émises pendant la crise financière. 

 

Ce qu'il faut garder de l'expérience espagnole, c'est à la fois l'insurmontable idiotie des travailleurs espagnols qui ont pu voter plus ou moins massivement pour un parti de droite qui va appliquer une idéologie ultra-libérale ... A quoi cela sert-il de se battre aujourd'hui contre la politique d'un tel gouvernement lorsque l'on a voté pour lui lors des dernières élections ? N'aurait-il pas mieux vallu comprendre les enjeux politiques et électoraux cent jours auparavant, et n'aurait-il pas mieux vallu que les travailleurs espagnols n'y votent pas contre leurs intérêts ?

 

Il faut aussi se rappeler de cette expérience espagnole l'absence de toute promesse précise de la part du candidat conservateur espagnol Marino Rajoy. Il s'était lui aussi contenté de promesses vagues de rétablir la solidité financière de l'Espagne et n'avait jamais publiquement envisagé de mettre en oeuvre une réforme du code du travail et de détruire les avantages sociaux des salariés.

 

Un tel tournant ultra-libéral nous guette-t-il en France après cette élection présidentielle ? Selon moi, une telle possibilité est très probable ; elle est contenue dans les propositions de la fin du quinquénat sur la réforme des accords d'entreprises et des accords-compétitivité à l'allemande, dans les attaques du candidat Sarkozy contre les corps intermédiaires (dont les syndicats de travailleurs) ... et elle était impraticable dans les mois qui précédaient une élection présidentielle qui tenait autant à coeur à Nicolas Sarkozy.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/02/la-flexibilite-du-travail-sujet-fantome-de-la-campagne-electorale_1678941_1471069.html

 

Travailleurs et travailleuses français, réfléchissez bien avant de voter et pensez à l'exemple espagnol ... ou italien.

 

 
Réflexion cinquante-et-une (24 avril 2011)
Dans un an, la présidentielle ...


Récemment, j'entendais dire que le préféré des médias un an avant le scrutin était rarement le vainqueur de l'élection. Que nous réservera la prochaine élection présidentielle ? Apparemment, Marine Le Pen, du Front National, serait présente selon toute probabilité dans tous les cas de figure au deuxième tour de cette élection, faisant nettement mieux que son vieux père et ses discours sur les chambres à gaz. En changeant de dirigeant, le Front National se serait apparemment racheté une conduite et une légitimité.

 

Mais qui se trouvera face à Marine Le Pen dans ce second tour ? Le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy selon toute probabilité, ou bien le ou la candidate du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn, sa secrétaire générale, son ancien secrétaire général, voire Ségolène Royal ?

 

L'élimination de l'un ou de l'autre de ses deux candidats dépendra des candidats des autres partis politiques proches de ses positions. Pour Nicolas Sarkozy, le danger viendra des candidats des autres partis de sa formation politique, le centre ou son frère ennemi Dominique de Villepin ... Pour le candidat ou la candidate du Parti socialiste, le danger viendra des autres partis de gauche, de l'extrême gauche au parti communiste, du Front de gauche au NPA, et jusqu'aux écologistes ...

 

En ne m'intéressant qu'au Parti socialiste, je trouve terrible que malgré ce que l'histoire nous a appris, malgré la catastrophe de 2002 et l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle due à la présence d'une multitude de candidats de gauche, et la bêtise des électeurs, moi compris, qui préférèrent voter pour des candidats sans intérêt, sans programme, juste pour faire joli, mais éliminant du coup le candidat socialiste pour lequel ils avaient finalement le désir de voter au second tour ... malgré cela, les écologistes, le Front de gauche, le parti communiste, le NPA se présentent à cette nouvelle élection présidentielle avec le désir d'éliminer le candidat du parti socialiste et l'espoir de devenir la nouvelle force dominante de la Gauche !

 

Il y a ainsi de fortes probabilités qu'il y ait une nouvelle fois une pléthore de candidats à gauche, et que cela se traduise de nouveau par l'élimination du candidat du Parti socialiste, de même que de tous les autres candidats de gauche ...

 

La logique voudrait que la Gauche fasse tout son possible pour avoir un candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle ... Mais il est clair que l'égo des divers candidats à cette élection sera le plus fort ...

Il est également aussi clair que malgré le fait que Ségolène Royal n'ait pratiquement aucune chance de passer le premier tour ou de l'emporter au second tour, elle fera tout son possible pour être la candidate du Parti socialiste ... une nouvelle fois question d'égo ...
 
Il y a enfin une dernière chose à signaler. Que feront cette fois-ci les électeurs de gauche face à un éventuel deuxième tour entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, scénario apparemment privilégié par Nicolas Sarkozy ? Rejoueront-ils le front républicain en votant massivement contre le candidat Front National comme en 2002 ? Mais les idées politiques de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen sont-elles vraiment différentes ? Les déconvenues des salariés dans ces deux cas de figure ne seront-elles pas aussi grandes dans les deux cas ? Personnellement, je ne voterais en aucun cas pour Nicolas Sarkozy ! Et Marine Le Pen faisant beaucoup moins peur que son père, le candidat FN aurait vraisemblablement beaucoup plus de voix qu'en 2002.

 

Mais la même question se poserait dans le cas d'un deuxième tour Front National contre Parti socialiste ... Comment se partagerait l'électorat de droite entre le Parti socialiste et le Front National ? Sacrée question sans réponse à ce jour ! Le front républicain sera de toute façon beaucoup moins massif qu'en 2002 ...

 

 
Réflexion cinquante (29 janvier 2011)
La notion élastique de peuple chez les émeutiers égyptiens et chez les cordonniers ...

 

Les évènements de contestation du pouvoir égyptien et de son chef d'état, sur le même modèle que les évènements tunisiens qui avaient conduit à la fuite de leur président à vie Ben Ali, se transforment en des scènes d'émeutes indescriptibles. Le président égyptien pourra-t-il se maintenir au pouvoir et juguler les scènes d'émeutes qui frappent la capitale égyptienne ? Ces scènes d'émeutes montrent qu'aucun pouvoir étatique, aussi dictatorial soit-il, aussi coercitif soit-il (mais tout pouvoir étatique est coercitif), ne peut se maintenir face à la rue déchaînée dans les états arabes, et très vraisemblablement quelque soit le pays, même en Europe ou aux Etats-Unis.

 

Un certain nombre de blogueurs appuient vigoureusement la lutte de leurs frères tunisiens ou égyptiens. Pour ma part, je suis gêné. Les évènements tunisiens et plus encore égyptiens ne risquent très vraisemblablement que de conduire à l'avènement au pouvoir des partis islamistes tunisiens ou égyptiens (les frères musulmans) et je ne sais si je ne préfère pas une dictature infâme (surtout si je n'y vis pas) à un régime islamiste supplémentaire dans le monde, qui aura pour obectif l'asservissement de l'Occident, la mort des infidèles (nous-mêmes chrétiens) et le djihad ...

 

Une deuxième chose me gêne. A la suite des évènements tunisiens, des groupes de miliciens nettoient la Tunisie des militaires, gendarmes et policiers de l'ancien régime honni ! Ces scènes pour la plupart cachées par les médias conduisent à des atrocités, qui n'ont guère à envier aux scènes antérieures du régime dictatorial de Ben Ali. Ce ne sont que scènes de lynchage où seule la mort attend ceux qui sont soupçonnés d'être d'anciens gendarmes ou policiers ... Il suffit qu'une personne dans une foule désigne une personne d'en être, et la foule en délire se jette sur le malheureux, sur l'infortunée victime ... Combien de morts dans ces scènes d'émeutes et de lynchages en Tunisie ? Et combien d'innocentes victimes, victimes de règlement de compte ou autres ...

 

Enfin, une dernière chose. Qui expliquera d'ailleurs le titre de cet article ... J'entends des émeutiers égyptiens déclaraient que le peuple veut le départ du président Moubarak. Mais ils ne sont que quelques centaines de milliers de manifestants et d'émeutiers et ils considèrent qu'ils parlent au nom du peuple dans son entier ! Cette généralisation me gêne énormément. Que des émeutiers activistes puissent se croire investis d'un pouvoir les dépassant, représentant le peuple dans son entier !

 

Mais il y a quelque chose de plus risible (ou consternant) encore ... Lorsque j'entends le gouvernement français de Nicolas Sarkozy reconnaître, au détour d'une déclaration sur la situation égyptienne, qu'il faut respecter la décision du peuple, en parlant de quelques centaines de milliers d'émeutiers ... Mais il y a quelques mois, lorsque la rue française revendiquait contre la réforme des retraites, pourquoi le président français et ce même gouvernement n'ont-ils pas respecté le souhait du 'peuple' français et de ses quelques millions de manifestants ?

 

 

Réflexion quarante-neuf (15 novembre 2010)
Les surprises du remaniement ministériel de novembre 2010 ...

Le remaniement ministériel français présente son lot de surprises. La reconduction de François Fillon comme premier ministre semblait acquise ces derniers jours et ne constitue pas vraiment une grande surprise. De même, l'arrivée d'Alain Juppé, mais pas forcément au ministère de la défense, était largement anticipée. Par contre, le départ de Jean Louis Borloo du ministère de l'écologie et du développement durable, d'Eric Woerth du ministère du travail ou de Rama Yade du secrétariat au sport, pour des raisons vraisemblablement différentes, surprennent nettement.
http://www.lemonde.fr/politique/infographie/2010/11/14/le-gouvernement-fillon-ministere-par-ministere_1439926_823448.html

Pour quelles raisons Jean Louis Borloo, longtemps donné comme favori pour remplacer François Fillon comme premier ministre, a-t-il disparu du nouveau gouvernement Fillon ? Des explications poindront vraisemblablement dans la presse les prochains jours.

De même, Eric Woerth disparaît (enfin) du gouvernement pour redevenir un simple député, après avoir été ministre du budget puis ministre du travail, où il ne laissera pas un souvenir agréable, mais où son nom demeurera longtemps dans l'opinion publique celui qui fit passer maladroitement mais inflexiblement un texte largement contesté et considéré comme injuste. Accessoirement, il y est remplacé par son prédécesseur Xavier Bertrand qui retrouve donc le ministère du travail après la parenthèse empoisonnée des affaires Woerth et de la réforme des retraites.

Enfin qu'est devenue la benjamine Rama Yade dans ce nouveau gouvernement ? Que devient-elle, elle qui refusa de devenir euro-député puis de se présenter aux élections régionales.
http://www.lemonde.fr/depeches/2010/11/15/rama-yade-veut-continuer-a-jouer-un-role-en-vue_3208_38_43848613.html

Disparaît également Bernard Kouchner du ministère des affaires étrangères après sa vraie-fausse démission, où il se trouve remplacé par Michèle Alliot-Marie, précédemment garde des sceaux.

Parmi ceux qui ne bougent pas, on trouve François Baroin au ministère du budget, Christine Lagarde au ministère de l'économie et des finances, Luc Chatel au ministère de l'éducation nationale, Frédéric Mitterand au ministère de la culture, Valérie Pécresse au ministère de l'enseignement supérieur et Bruno Lemaire au ministère de l'agriculture. Sans parler évidemment du maintien de Brice Hortefeux (l'ami de trente ans) au ministère de l'intérieur.


L'arrivée de Michel Mercier comme garde des sceaux ne pose problème qu'en raison de l'enquête le visant dans le cadre de l'attibution d'un marché public pour un tram-train dans la région Rhône Alpes, même si cette enquête s'est soldée très récemment par un classement sans suite (décision en date du 10 novembre).

Enfin, il faut noter la promotion de Nathalie Kosciusko-Morizet qui passe de l'économie numérique au ministère de l'écologie, du développement durable, de l'énergie et des transports, où elle remplace Jean-Louis Borloo.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/11/15/l-enquete-sur-le-nouveau-ministre-de-la-justice-est-classee_1440383_823448.html


Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :
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24/04/2011
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Sur la politique (4)

Réflexion quarante-huit (7 juillet 2010)
Tous pourris ! Après trois années de présidence de Nicolas Sarkozy, jamais l'opinion française n'avait eu une aussi piètre opinion de sa classe politique ...

Soixante-quatre pour cent des français jugent leur classe politique «plutôt corrompue» selon un sondage réalisé par Viavoice paru lundi dans le journal Libération. Ce sondage montre une forte hausse de ce sentiment de rejet de la classe politique française, puisqu'une question semblable, posée par l'institut de sondages Sofres depuis de nombreuses années, donnait des résultats bien moindres : 38 % en 1977, 46 % en 1990 et 58 % en 2002.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/07/05/les-francais-estiment-leurs-dirigeants-politiques-corrompus_1383173_823448.html

A ce train-là, dans trente ans, 95% de la population française considérera les politiques comme des pourris !

Les différents dérapages enregistrés depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République française ne semblent donc pas améliorer l'image que les français ont de la politique ; le contraire eut certes été surprenant ... L'histoire du Fouquet le soir de l'élection présidentielle ; le mariage bling-bling de Nicolas Sarkozy avec le mannequin et chanteuse Carla Bruni ; les vacances sur le yatch de son ami milliardaire français et les voyages en jet d'affaires privé ; les désignations controversées d'hommes proches de Nicolas Sarkozy à pratiquement tous les postes de responsabilité (radio, télévision, procureur, préfecture ...) ; les augmentations de salaire exponentielles octroyées à Nicolas Sarkozy par ses propres soins ; les interrogations sur les relations bizarres et à contre-emploi entre certains de ses proches politiques et des très grandes fortunes françaises ; les décorations de l'Ordre de la Légion d'honneur octroyées à des connaissances de milieu social très élevé (de Maistre, Citroen pour ceux que l'on connaît), dont le seul mérite semble d'avoir gagné beaucoup d'argent ... Toutes ces histoires ne doivent pas aider la France à avoir une meilleure image de la politique ...

On est très loin de la république vertueuse que nous avait promis le candidat Nicolas Sarkozy ... si quelqu'un y avait cru ... Il aurait mieux fallu entendre la promesse de l'instauration d'une République bonne avec les amis et les milliardaires, mais extrêmement dure avec l'immense majorité de ceux qui ne font pas parti des protégés du pouvoir et qui ne sont pas extrêmement riches !


Réflexion quarante-sept (13 janvier 2010)
Sur les politiques sociales en France ...

J'écoutais hier soir un secrétaire d'état du gouvernement français s'exprimer sur les politiques menées par l'Etat en faveur des personnes exclues en France. Ce membre du gouvernement assurait son auditoire que ce problème était géré et que le gouvernement y travaillait depuis des mois si ce n'est des années. Et pourtant, comme le rappelait le journaliste, on meurt toujours du froid dans la rue en France, alors qu'à titre de comparaison, on ne meurt pas en Allemagne.

De manière tout à fait anecdotique, mais extrêmement imbécile ou triste, ce membre du gouernement a réussi à placer dans son discours par deux fois, pendant le laps de temps où je l'ai écouté, l'expression favorite des sarkozistes ... «avec le président de la république» ... Cela ne loupe jamais, il semble que chaque ministre interviewé doit placer un certain nombre de fois cette expression fétiche dans son discours ; le gagnant semblant être celui qui réussit à en placer le plus grand nombre.

On meurt donc plus en France dans la rue qu'en Allemagne, où l'accueil des exclus et des sans-domiciles est organisé par des congrégations religieuses, qui bénéficient pour se faire d'un impôt religieux, correspondant à une fraction de l'impôt sur le revenu (comme en Suisse également). Le problème des politiques sociales en France correspond en fait au problème des associations laïques, à leur financement et à leur instrumentalisation.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/01/12/integration-dans-les-quartiers-les-associations-lancent-un-appel-au-secours_1290888_823448.html

Il est aberrant par exemple que sur l'accueil des personnes en difficulté ou exclues, on se trouve toujours aujourd'hui au même point de dénuement alors que l'Etat rencontre chaque année depuis le début des années 1980 les mêmes problèmes d'hébergement ou d'accueil. La seule chose qui ait été réglé, c'est le fait des restaurants du coeur lancés par Coluche, qui reposent sur le bénévolat, faisant pratiquement des restos du coeur une association religieuse. Comment l'Etat peut-il échouer si lamentablement dans tant de politiques sociales, pour les personnes âgées, pour les exclus ?...

A tous les échelons de l'Etat se rencontre un seul et même problème ; l'instrumentalisation des associations d'aide et de leur financement. Les pouvoirs politiques d'un bord ou de l'autre, à tous les échelons territoriaux, de la commune à la région en passant par le département ou l'état, essaient le plus souvent de mettre en avant ou de favoriser telles ou telles associations dans tel ou tel domaine, parce que les hommes politiques ou leurs administratifs apprécient untel ou untel ou veulent la 'peau' de tel autre. Et au gré des changements politiques, des modifications d'alliance ou des transferts de compétences, telles ou telles associations naissent et telles autres disparaissent, privées de financements et d'appui.

Mais à chaque fois, on repart à zéro. La meilleure façon de détruire une association est de lui retirer ses financements publics, ses subventions dont sa survie dépend. Le plus souvent, cette association et les bénévoles la faisant vivre sont remplacés par des proches du nouveau pouvoir municipal ou départemental, dont les objectifs ne sont pas toujours désintéressés, allant de l'emploi salarié d'autres proches de la mairie ou autre, au noyautage de quartiers, jusqu'à des volontés d'enrichissement personnel. Ces associations sont parfois des lieux d'envol pour des politiques populistes pas très regardant sur les moyens utilisés ...

Même sans décisions politiques, les associations sont aussi victimes des erreurs ou de l'incompétence de leurs dirigeants. Ce ne sont souvent que des hommes avec leurs faiblesses, leurs aspirations et leurs envies, leurs fragilités, leurs appétîts et parfois leur manque de compétence ou leur incapacité à s'entourer de personnes compétentes ou sûres.

Le résultat au final est le même : le tissu associatif vit et meurt, victimes des erreurs des uns, des envies et des trahisons des autres, mais sans réussir à régler les problèmes qu'il devrait résoudre. La solution allemande est beaucoup plus pertinente, reposant notamment sur les congrégations religieuses, maîtres de leurs financements publics qui leur sont directement confiés sur ressources publiques par les contribuables. Les congrégations religieuses sont beaucoup moins sensibles aux appétits humains que les associations françaises, et sur elles reposent de grands pans des politiques sociales d'Etat. Evidemment, cela laisse beaucoup moins de lattitude aux politiques allemands ou à leurs adminsitratifs pour favoriser untel ou mettre en avant tel ou tel camarade ou soutien.

Mais est-ce l'objet des politiques sociales ? Favoriser untel ou untel ?


Réflexion quarante-six (20 décembre 2009)
Sur la démocratie française (suite) ...

Je continue mes réflexions sur l'état de la démocratie française en cette deuxième année du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Après Marie NDaye, écrivain de nationalité française, prix Goncourt 2009, ayant choisi de fuir en Allemagne, patrie de Goethe, de Kant et d'Hitler après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française, je vais parler d'un autre écrivain courageux, Serge Portelli, accessoirement président de la douzième chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Il a écrit plusieurs livres sur la politique conduit par Nicolas Sarkozy, dont «Ruptures» et «Le sarkozysme sans Sarkozy».
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2350/articles/a413084-.html

Cet écrivain considère que la France est en train de vivre un grand bon en arrière par rapport aux Lumières et aux années précédentes. Selon Serge Portelli, le sarkozysme est la conjonction d'une conception managériale, entreprenariale, comme dans les grandes multinationales, appliquée à tous les échelons de l'administration française, et d'une conception archaïque de l'identité française, aux relents vichystes, où toute discussion de l'ordre établi est criminalisée. La France est désormais entrée dans une zone grise d'Etat limite, où les libertés individuelles sont de plus en plus menacées, de plus en plus inquiétées. Serge Portelli voit poindre une catastrophe démocratique ; cela faisait également quelques années que l'ascension de Nicolas Sarkozy m'interpelait et que les combats, les personnes l'entourant et les méthodes employées par l'homme m'inquiétaient.

A lire également son blog violemment politique où il prend à partie la politique sécuritaire et liberticide du gouvernement de Nicolas Sarkozy et de ses séides. J'ai néanmoins sur un certain nombre de sujets défendu des positions assez opposées aux siennes, notamment sur l'usage du terme de 'monstres' en traitant des délinquants sexuels ...
http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/


Réflexion quarante-cinq (17 novembre 2009)
Sur la démocratie française ...

Marie NDaye, prix Goncourt 2009 pour son roman «Trois femmes puissantes», paru chez Gallimard, a eu le courage de ses opinions en fuyant la France dès l'élection à la Présidence de la République de Nicolas Sarkozy et en se réfugiant à Berlin, et en l'exprimant bien fort dans une interview accordée cet été aux Inrockuptibles, avant sa consécration par les jurés du prix Goncourt.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/11/11/marie-ndiaye-tente-de-desamorcer-la-polemique-nee-de-son-entretien-aux-inrockuptibles_1265610_3246.html

Elle n'est évidemment pas la seule française à en avoir eu envie à cette époque ou depuis. «Nous sommes partis [à Berlin] juste après l'élection [présidentielle] en grande partie à cause de Sarkozy (...). Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité (...)». Il est notamment amusant qu'elle se soit réfugiée à Berlin, image cruelle en souvenir de tous ceux qui fuirent l'Allemagne nazie dans les années 1930 pour se réfugier en France.

Comment comprendre l'intervention du député UMP Eric Raoult et le prétendu 'devoir de réserve' des écrivains que ce dernier a évoqué ? La France semble prendre parfois le chemin du totalitarisme dès lors que des aboyeurs publics s'attaquent à toute personne critiquant la personne du chef de l'état. Il semble ainsi impossible de critiquer un mec à côté de ses pompes et abusivement agressif et adepte du bling-bling ... Alors qu'un autre de ses séides, Eric Besson, met en avant un débat sur l'identité nationale qu'il serait tentant de transformer en un débat sur la patriotisme, les membres de l'UMP semblent confondre patriotisme et culte nord-coréen de la personnalité. A quand l'appellation de 'cher leader' (±èÁ¤ÀÏ à ne pas confondre avec 'cheerleader') pour notre président bien-aimé ?

A noter l'intervention de Bernard Pivot, l'un des dix membres du jury du Goncourt (les autres membres en sont Françoise Chandernagor, Tahar Ben Jelloun, Patrick Rambaud, Michel Tournier, Edmonde Charles-Roux, Robert Sabatier, Jorge Semprun, Françoise Mallet-Joris, et Didier Decoin), qui « a qualifié sur France Info d'erreur ou de bourde la prise de position d'Eric Raoult, en estimant que le député UMP de Seine-Saint-Denis ne connaissait rien au milieu littéraire. Le devoir de réserve qu'il invoque n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera jamais, pas plus pour le lauréat du prix Goncourt que pour le lauréat du prix Nobel de littérature, a-t-il dit ».

A noter enfin et surtout l'appel des écrivains en faveur de Marie NDaye, signé par un certain nombre d'entre eux ... (cf. l'article du Monde en traitant)
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/16/l-appel-des-ecrivains-en-faveur-de-marie-ndiaye_1267606_823448.html

En matière de politique encore, et de l'UMP toujours, il faut également noter les positions extrêmement intelligentes de l'ex-judoka David Douillet, nouveau député UMP brillamment élu récemment, normalement pressenti pour remplacer Rama Yade au secrétariat d'état aux sports (selon ce que l'on peut lire parfois lire dans la presse). Comme quoi on peut être un brillant champion, un grand judoka, un homme politique brillamment élu, et un sinistre imbécile. Mais l'UMP, le parti d'en rire comme un internaute l'a intelligemment nommé, nous en avait déjà souvent présenté quelques exemplaires. L'ancien préféré de Mme Bernadette Chirac, ex-première dame de France, ne brille pas, en tout cas, par son ouverture d'esprit à l'égard de la gente féminine et de l'égalité des sexes. Comme David Douillet le disait si brillamment (dans ses mémoires publiés en 1998) : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ! ». Une internaute du Monde avait répondu fort à propos : « Comment appelle-t-on un homme qui n'assume pas sa médiocrité spirituelle ? Une douillette ! ».
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/04/douillet-tous-les-hommes-sont-misogynes-sauf-les-tapettes_1262858_823448.html


Réflexion quarante-quatre (8 août 2009)
Le procès de Clotilde Reiss en Iran ...


Cela se passe en ce moment même en Iran. Des procès d'opposants modérés jugés par un pouvoir politique aux abois, condamnés pour avoir manifesté (ou ne pas avoir condamné suffisamment fort ces manifestations) leur opposition à un coup d'état politique. Des aveux extorqués par la force et la violence, des condamnés qui s'accusent eux-mêmes de crimes imaginaires ou peut-être réels, dans le plus pur style des procès staliniens du printemps de Prague ou des purges staliniennes ...

Clotilde Reiss, une jeune française de 24 ans, est jugée aujourd'hui par un tribunal de Téhéran. Elle est détenue dans une prison d'Evine depuis le 1er juillet pour espionnage. La jeune universitaire française, passionnée de lecture perse, lectrice à l'université d'Ispahan, aurait reconnu ce matin avoir participé aux manifestations de protestation à la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin dernier, pour des motifs personnels, et aurait également avoué avoir rendu un rapport concernant les manifestations à Ispahan à l'ambassade de France à Téhéran. Elle risque 5 ans de prison voire la peine de mort.

Il est terrible de se voir rappeler que des pays et des régimes politiques déniant tout droit à leurs opposants politiques, pratiquant la torture et les aveux extorqués par la force, pour de telles balivernes, puissent exister si près de chez nous, et que de jeunes de nos nationaux puissent s'y trouver enfermer et juger, sans que l'on puisse rien pour eux, face à des farces judiciaires et juridiques.

Ne pas oublier Clotilde Reiss ... Ne pas oublier les jeunes manifestants qui risquent la mort et la prison en manifestant contre un régime politique et contre un président iranien qui veut être réélu pour conserver l'Iran sous sa coupe. Ne pas oublier que manifester librement n'est pas un droit reconnu dans la majeure partie du monde. Ne pas oublier que la démocratie est fragile et rare, et que rares sont les habitants de la Terre à pouvoir choisir librement leurs dirigeants ... Même si cela paraît si peu important à tant d'entre nous, à tant de critiques de nos démocraties ...


Réflexion quarante-trois (9 juillet 2009)
Et pendant ce temps-là , en France, sous le règne de l'UMP ... est-ce une première alerte sur les ambitions réelles de Nicolas Sarkozy ...


Pendant que les foules iraniennes combattent au péril de leurs vies et de leurs libertés les gardiens de la révolution iranienne, que l'Iran arrête des collaborateurs de l'ambassade britannique ou des chercheuses françaises, et que Nicolas Sarkozy condamne ce qui se passe en Iran et l'absence d'état de droit, je n'ai pu m'empêcher de lire un article du Monde parlant du même Nicolas Sarkozy, et je n'ai pu m'empêcher d'y lire un risque pour ce même état de droit français, et pour notre propre démocratie.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/07/08/nicolas-sarkozy-aux-elus-ump-au-pire-ou-au-mieux-encore-sept-ans-et-demi-avec-moi_1216644_823448.html

Il faut dire que l'article du Monde susnommé était volontairement accrocheur : « au pire ou au mieux encore sept ans et demi avec moi » ... A la lecture de cet article, histoire d'un buffet déjeunatoire à l'Elysée réservé aux seuls parlementaires du parti majoritaire, il en ressort que Nicolas Sarkozy n'a pas tellement changé que cela, entre vantardise et autocongratulation.

Simplement, on découvre que tout ce qu'il fait ou entreprend ne semble être que manipulation : l'ouverture de son gouvernement à des personnalités des courants politiques concurrents, les interviews qu'il donne à un journal tel le Nouvel Observateur (« Mais quand je vois comment ça fait débat chez eux, ça me fait rigoler ») ... et ainsi de suite ...

Pourtant, à la lecture, ce qui m'a inquiété, c'est cette phrase qui m'avait initialement attirée. Non pas tant qu'elle souligne la vantardise du personnage, déjà persuadé de l'emporter dans deux ans et demi, en 2012 ... Ce n'est pas cela ... C'est le « au pire ou au mieux » ... Qu'est-ce que cela signifie donc, dans la bouche d'un type toutefois qui ne manie pas la langue de Molière de manière aussi brillante que ses prédécesseurs ou ses concurrents ...

Ce que j'y lis, c'est la négation d'un état de droit, la probabilité non nulle que cet homme ne se satisfasse pas d'abandonner le pouvoir suprême dans sept ans et demi, de la même manière que tous ceux avant lui qui ont aspiré à se maintenir au pouvoir malgré des constitutions qui les en empêchaient ... Abdelaziz Bouteflika en Algérie, Vladimir Poutine en Russie, Hugo Chavez au Vénézuéla ... Ce que j'y vois, c'est le risque d'une dérive totalitariste de la république française sous les coups de cet homme politique qui ne ressemble à aucun des autres chefs d'état français qui l'ont précédé, qui avaient tous une grande dimension et se situaient malgré tout au dessus des partis ...

Est-ce le signe que nous aussi, français et françaises, nous allons de nouveau devoir nous battre prochainement pour défendre notre démocratie, notre république française, face à une autre forme de fascisme, comme il y a de cela un demi-siècle ou plutôt quelques siècles (car on ne peut dire que nous nous batîmes tous contre le fascisme, ou le pétainisme, entre 1940 et 1944 ...) ? Une première alerte sur les ambitions réelles de Nicolas Sarkozy ?


Réflexion quarante-deux (21 juin 2009)
La situation iranienne ...


Il faut avoir du courage pour combattre, au péril de sa vie, au péril de sa liberté, un gouvernement tyranique et son armée et ses forces de police ... La jeunesse iranienne, qui défie dans la rue la réléection du président Mahmoud Ahmadinejad, nous donne une immense leçon de courage. L'Iran nous donne en fait une leçon de démocratie et de courage ; le courage de se battre pour la démocratie, quelles qu'en soient les conséquences et les risques ... La jeunesse occidentale serait-elle capable du même sursaut démocratique ? Vraisemblablement pas. La jeunesse chinoise, à l'époque des évènements de la place Tien-An-Men, nous avait donné la même image de courage, même si leur aventure s'était terminée dans la répression. 

Rien n'est néanmoins jamais écrit à l'avance. La situation iranienne peut basculer dans un sens ou un autre, rien n'y est joué d'avance, et toutes les manipulations électorales n'y sont pas faisables, surtout dans un pays ayant une telle expérience démocratique que l'Iran. Et le courage de cette jeunesse iranienne insuffle une énergie nouvelle au candidat Mirhossein Moussavi, désormais prêt au martyr.

Dans une telle situation, on se trouve comme d'habitude confronté à la question de savoir qui, du chef de gouvernement, Mahmoud Ahmadinejad, soit-disant réélu largement par le peuple, ou de Mirhossein Moussavi, a raison en revendiquant la victoire électorale ? C'est une situation régulièrement observée, que ce soit dans le passé à Madagascar, jusq'aux Etats-Unis d'Amérique, en Floride, il y a plus de huit ans ...


Réflexion quarante-et-une (13 mai 2009)
Les dépenses somptuaires des politiques en France ou au Royaume-Uni et les interrogations auxquelles cela devrait nous conduire ...


Nous apprenions hier qu'au Royaume-Uni, les parlementaires anglais se permettaient de se faire rembourser leurs dépenses personnelles sur les fonds publics. Jusqu'au premier ministre britannique, Gordon Brown qui était concerné par ses remboursements de frais, mais également de simples parlementaires, du parti travailliste ou du parti conservateur ...
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/11/notes-de-frais-gordon-brown-demande-pardon_1191727_3214.html

Aujourd'hui, des informations de même nature nous sont données sur les dépenses en communication, en déplacement, en frais divers, des différents ministères français. Il en ressort des niveaux de dépenses particulièrement élevés ... un ministère comme celui de la justice, sous Rachida Dati, dépense ainsi 416.370 euros en frais de déplacements aériens, 269.012 euros en frais de représentation, ou encore 3,177 millions d'euros en dépenses de communication, d'études et de sondages.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/05/12/un-ministre-combien-ca-depense_1191962_823448.html

Les rémunérations et les frais remboursés pour les parlementaires français sont également mirobolants. De manière assez triste toutefois, ce qui est tout particulièrement regrettable, c'est que ces derniers n'utilisent pas ces moyens financiers conséquents pour leurs tâches de représentation de la collectivité, mais souvent au bénéfice de leur seul intérêt personnel, ou pour leurs proches. On est loin ainsi du système parlementaire américain où chaque représentant dispose d'une équipe lui offrant une capacité de réflexion et de proposition de loi ... En France, le fait d'être parlementaire est plutôt vécu comme une synécure, comme une manne financière, comme une consécration, comme une occasion de fréquenter le beau monde, et non comme la haute responsabilité que cela devrait être ... Une preuve : les bancs le plus souvent clairsemés de l'Assemblée Nationale, visibles notamment lorsque certains textes passent au vote ...

La politique est un monde malade ; les gens qui y sont élus ne devraient pas, le plus souvent, y sévir ou y disposer d'un mandat de représentation ; et les gens qui auraient à apporter quelque chose, qui auraient envie d'apporter quelque chose ne seront jamais élus ... Evidemment, comme dans toute chose, comme chaque fois qu'il est question d'élection et d'électorat, se pose le problème de déterminer ceux qui devraient être élus ... Chacun aura alors son opinion sur la légitimité d'une personne à être élue, ou l'illégitimité d'une autre à cette même tâche ...

Et la politique est un monde corrompu, par l'argent, par le pouvoir dont ces personnes disposent, par les réseaux souterrains auxquels ces personnes appartiennent, et par toutes les tentations que font naître ce grand pouvoir ... Il n'y ait le plus souvent nullement question de responsabilité envers l'électorat, envers la collectivité ... Il n'y est le plus souvent uniquement question que de se servir soi-même et ses proches, un peu de la manière dont agit la présidence de la république, dans sa volonté de contrôler tous les rouages de l'état et de la société ...

Réflexion quarante (7 mai 2009)
Un deuxième anniversaire bien morne ...

Deux ans que Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de la république française par une majorité de l'électorat français s'étant déplacé ... Evidemment, je ne vais pas écrire des choses très différentes de ce que d'autres blogueurs écrivent, que ce soit Anna ou Claude Gisselbrecht. Je n'ai même pas pour objectif d'écrire quelque chose de nouveau ... Juste celui de marquer un jalon, de laisser une trace dans des archives. Deux années qui sont passées à imaginer chaque jour de nouvelles réformes, défaisant le plus souvent les acquis des salariés ou des fonctionnaires. Il nous reste encore trois ans à tenir, avant les prochaines élections. Deux années passées à voir Nicolas Sarkozy se pavanner dans les médias, à entendre parler dans la presse des vacances luxueuses qui lui sont régulièrement offertes par ses amis milliardaires, jusqu'à pendant son séjour au Mexique ... Deux années à voir des collaborateurs (au sens vichyste) et des proches de Nicolas Sarkozy ou de ses collaborateurs ministres (Devedjian qui place son fils, Alliot-Marie qui place son principal collaborateur) se voir confier des responsabilités importantes dans l'Etat ou dans des entreprises publiques, dans une optique de contrôler la France et de se servir. Trois ans de futures réformes à attendre, de futurs copinages, de manipulations des médias ...

Car nous n'avons pas encore tout vu. Nicolas Sarkozy est tout à fait capable de nous lancer dans une guerre quelques mois avant la prochaine élection présidentielle pour être réélu en comptant sur un sursaut national, pour qu'un consensus se fasse autour de sa personne, que l'électorat oublie ses divisions, un peu à la manière de Thatcher en Angleterre à l'époque de la guerre des Malouines, de Bush plus récemment avec le conflit irakien (le père ou le fils) ou des israëliens avec le conflit de Gaza ...

Et c'est vrai que comme Anna, je crains aussi que cette élection présidentielle de 2012 ne soit pas évidente à gagner par un quelconque adversaire de Nicolas Sarkozy, parce qu'aucune personne d'envergure n'est encore investie au Parti Socialiste, aucun programme électoral n'y est encore défini, et que je vois très mal Ségolène Royal, cette Ovni de la politique, fédérait autour de sa personne la majorité du corps électoral français. Il faut espérer qu'un leader apparaisse au Parti Socialiste français, ou qu'une alliance autour de François Bayrou réussisse à prendre corps, avec une certitude sur la politique sociale et antilibérale qu'il pourrait conduire avec l'appui du Parti Socialiste (mais n'est-il pas avant tout un libéral ?).

Bon anniversaire Nicolas. Que peut-on espérer pour toi ? Un bon embrasement social comme cadeau et comme signe qu'il est temps que tu quittes le pouvoir ... Le peuple qui descend dans la rue, comme en 1789, en 1832, en 1848 ou en 1871, et nous refasse la révolution française ou la commune de Paris ... Et qu'il crie : Bon anniversaire !



Réflexion trente-neuf (1er mai 2009)
Que peut-il y avoir après la politique ?


Nous sommes entrés depuis quelques années dans une nouvelle ère de turbulences, et nous sommes nombreux à nous demander si l'histoire peut bégayer ... Sommes-nous au début d'une nouvelle grande dépression, comme en cette fin des années 1920 et en ce début des années 1930 que, pour la plupart d'entre nous, nos grands-parents ou nos arrières grands-parents ont vécu. Et allons-nous observer la même montée des extrêmismes et des haines que ces derniers avaient vécu, débouchant au final sur un gigantesque conflit mondial, dans notre cas une troisième guerre mondiale ?

La question peut paraître déplacée pour de nombreux observateurs et lecteurs. Et pourtant, les fascismes qui avaient prospéré en Europe dans le terreau de la grande dépression sont-ils si éloignés de nous ? Chaque peuple réagit différemment à la misère et aux temps difficiles. L'Amérique des années 1930, où la Grande dépression était née (comme la crise actuelle des subprimes et la bulle de crédit), avait élit un président au programme social courageux, le président Roosevelt ... L'Amérique des années 2008 a élit Barak Obama, un président qui semble offrir la même espérance aux américains de toutes couleurs ... La France des années 1930 avait porté au gouvernement le Front populaire et réformé le capitalisme, en instaurant les congés payés et d'autres avancées sociales ... Avant de basculer dans le fascisme après la débâcle militaire de 1940. Aujourd'hui, la même fièvre sociale semble agiter les français, même si pour l'instant ils ont placé au gouvernement des représentants du grand patronat. L'Allemagne et l'Italie par contre avaient porté à leur tête, au tournant des années 1930, des mouvements fascistes qui avaient prospéré sur la misère et le mécontentement des masses. Cette situation semble écarter pour l'instant, même si on pourrait éventuellement trouver quelques ressemblances entre le Duce et Silvio Berlusconi.

En écoutant des personnes autour de moi, j'aperçois toutefois un même rejet de l'ensemble des institutions, qu'elles soient politiques, gouvernementales, syndicales, voire religieuses ... Il suffit d'écouter autour de soi pour entendre une même défiance contre toutes les institutions, contre la politique, contre la démocratie en fait. C'est tout particulièrement vrai chez les jeunes ... Les hommes politiques sont considérés par nombre de français, et ceci depuis de très nombreuses années, comme une caste fermée, issue d'un unique moule (l'ENA) ou bien appartenant à des réseaux fermés comme les loges de la franc-maçonnerie. Les affaires de détournement d'argent public, impliquant des hommes politiques, ont généralisé l'idée que les politiques étaient tous pourris (repris par un parti politique comme le Front National). Les syndicats sont de plus en plus considérés comme des marionnettes dans la main du gouvernement ou du patronat, sans capacité d'influer sur le débat public ou social. Les églises sont désormais vides et les institutions religieuses (en premier lieu le pape) ne sont plus en prise avec la réalité.

Que pourra-t-il sortir de tout cela ? Nous n'en sommes qu'aux prémices d'une grave crise économique, au tout début d'une dépression économique, dont tout le monde espère que l'on approche du point le plus bas. Rien n'est pourtant moins sûr. Vers qui toutes ces personnes désoeuvrées et sans espoir, sans croyance dans les institutions démocratiques, vont-elles se tourner au cours des prochaines années si la reprise économique n'est pas au rendez-vous ? Je n'ose imaginer que le pire puisse se reproduire, que les fascismes puissent revenir, que les haines puissent refleurir. Et pourtant, nous en sommes déjà à rechercher des coupables, parmi les financiers ou parmi les dirigeants des groupes ... Sur les haines fleurissent les totalitarismes puis les guerres ... Ce fut un enseignement de cette première moitié du vingtième siècle, ces années qui nous entrainèrent dans deux conflits mondiaux et causèrent des dizaines de millions de morts !


Réflexion trente-huit (12 décembre 2008)
Référendum irlandais - Ils ont osé !!!

Nicolas Sarkozy et l'Europe ont osé remettre en cause le NON irlandais au Traité de Lisbonne. Pour quelles raisons le NON des irlandais au Traité de Lisbonne aurait-il moins de valeur que le NON français au Traité Constitutionnel Européen ? Evidemment, on fait semblant que l'honneur est sauf, puisque quelques concessions sont accordées au gouvernement de Dublin, censées répondre aux critiques des électeurs irlandais (comme le maintien du commissaire irlandais à Bruxelles). L'Irlande devra organiser un nouveau référendum sur le traité d'ici à novembre 2009.

Plus dérangeant que cette remise en cause sélective selon la nationalité des états européens, il y a une absence de respect de la voix des citoyens européens par l'Europe et par ses dirigeants. Pour quelles raisons un vote négatif à un référendum sur l'Europe doit-il conduire à un nouveau vote, alors que l'on ne remet jamais en cause les votes positifs à un référendum, comme à l'époque de Maastricht ? Aberrant et incompréhensible ... Et il faut que l'on soit reconnaissant de vivre dans des démocraties représentatives ?

Ce nouveau référendum organisé en Irlande est une violation du droit et du respect de l'expression des citoyens irlandais. Espérons que les irlandais voteront encore plus massivement contre le OUI lors de ce référendum, pour protester pour cette violation de leurs droits et de l'expression de leur volonté manifesté lors du précédent référendum !

Honteux de la part de Nicolas Sarkozy et de la France !


Réflexion trente-sept (24 novembre 2008)
Pour quelles raisons ces réformes de l'enseignement primaire et secondaire en France et en Italie sous l'égide de gouvernements de droite libérale ? Quels objectifs ces gouvernements visent-ils en s'attaquant à l'enseignement en direction de la jeunesse ?


Cela me paraît bizarre. Pourquoi deux gouvernements, que l'on peut qualifier appartenant à la droite libérale dure, en France et en Italie, s'attaquent-ils à l'enseignement primaire et secondaire ? Le simple fait que les deux gouvernements les plus libéraux d'Europe occidentale s'attaquent à ce sujet devrait déjà la puce à l'oreille. Quand je dis 'nous', évidemment, la jeunesse italienne n'a pas attendu que je m'en aperçoive.

Mais quel peut être l'objectif de nos gouvernements sur ce sujet. Ces deux gouvernements sont des représentants du patronat. Nicolas Sarkozy est l'ami de nombreux grands patrons français, et il ne s'en est pas caché dès qu'il a été élu (il s'en cachait un peu plus auparavant ... mais il a tombé le masque dès son élection assurée ... il serait intéressant de s'intéresser au silence complice de l'immense majorité de la presse française à ce sujet, le journal Le Monde y compris ... aujourd'hui, cela semble désormais quelque chose de normal, mais cette collusion entre le gouvernement et les plus grandes fortunes de ce pays est carrément inacceptable ...) ... De son côté, Silvio Berlusconi est à la fois le chef du gouvernement italien et un grand entrepreneur, qui gère l'Italie comme une grande entreprise.

Il peut ainsi tout à fait être envisagé que ces deux personnages aient pour volonté de modifier les enseignements à l'école, au collège et au lycée pour mieux préparer (formater) nos enfants à intégrer le monde des entreprises que ces personnages représentent et incarnent. Les réformes des enseignements que leur gouvernement mettent en oeuvre seraient ainsi des entreprises de formatage des cerveaux de nos enfants, pour les rendre mieux assimilables dans le monde de l'entreprise.

Il n'y a de toute façon aucune autre explication plausible de la concommitance de ces révisions des enseignements dans justement les deux gouvernements les plus favorables au monde de l'entreprise qui existent en Europe occidentale. Mais ces entreprises de formatage des cerveaux de nos jeunes pourra-t-il réussir, lorsque l'on connaît la capacité de réactions et de rejets des règles propres à la jeunesse ? L'objectif de ces deux gouvernements italiens et français est peut-être de préparer ce formatage dès le plus jeune âge, de commencer le conditionnement mental de nos enfants dès l'école maternelle, lorsque ceux-ci sont facilement influençables et lorsqu'ils apprennent à développer leur sens critique ... Un peu à la mode de l'enseignement japonais où l'on apprend l'esprit de compétition aux jeunes enfants dès leur plus jeune âge.

Les réformes des modes d'enseignement à l'école, au collège, au lycée et à l'université menées en Italie et en France ne sont pas ainsi anecdotiques ... Elles proviennent vraisemblablement de visées ultra-libérales afin de rendre ces enseignements plus conformes à l'intérêt du monde de l'entreprise, et de mieux formater nos jeunes pour les rendre compatibles avec le monde de l'entreprise et le monde de la surveillance dont notre futur sera fait. Et pour cela, elles visent avant tout à casser le monde enseignant et scolaire qui est le principal représentant du socialisme et des valeurs frondeuses et contestataires pour des gouvernements libéraux de droite.


Saucratès


21/11/2010
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Sur la politique (3)

Réflexion trente-six (23 novembre 2008)
La situation au Parti Socialiste Français ... Entre un parti politique pratiquement coupé en deux et l'une des adversaires jouant la carte de la victimisation pour s'imposer comme secrétaire fédérale ...


Aux dernières nouvelles, Martine Aubry, autour du nom de laquelle une forte majorité des éléphants du Parti Socialiste se sont rassemblés pour la préférer à Ségolène Royal, aurait remporté avec quelques voix d'avance (42 voix sur 140.000 adhérents) le scrutin la désignant comme la nouvelle secrétaire fédérale du Parti Socialiste française. Martine Aubry avait notamment reçu les appuis du maire de Paris, Bertrand Delanoé, un temps candidat à ce poste, et de Benoît Hamon, candidat battu à l'issue du premier tour de cette élection interne.

Le Parti Socialiste se trouve dans une situation sans issue. Face à deux blocs à peu près égaux, chacune des deux candidates pourrait être amenée à contester, même en cas d'un deuxième scrutin organisé la semaine prochaine, l'élection de sa rivale à la tête du parti. A ce jour, il est aberrant de voir Ségolène Royal et ses partisans médiatisés contestés une élection, mais si celle-ci lui retire toute légitimité à briguer dans quelques années l'investiture du parti pour la prochaine élection présidentielle. Tel Nicolas Sarkozy, il semble que cette dernière rêve également toute éveillée (mais vraisemblablement pas en se rasant tous les matins) de devenir Présidente de la République.

Pour cela, rien ne semble pouvoir l'arrêter, même pas la contestation d'un vote démocratique interne au parti qui lui est défavorable, même de quelques voix ... Il y a une grande incohérence à demander de recommencer un nouveau vote parce que l'on a été battu. Une incohérence et un gage d'illégitimité.

Il y a aussi les arguments utilisés qui posent problème. Lorsque vous entendez une femme politique de premier plan et des élus de la république normalement équilibrés mentalement jouer la carte de la victimisation et de la thèse du complot pour expliquer l'émimination de leur candidate ; on peut se demander si ces personnes sont capables de représenter la parti aux plus hautes fonctions de l'état ! Expliquer que les règles du jeu ont été trois fois changées pour éliminer Ségolène Royal est désagréable. Evidemment, on nous avait expliquer que la motion gagnante au congrès donnait une légitimité à sa chef de file. Mais uniquement parce que cette chef de file réussissait ensuite à rassembler autour de sa motion les autres motions ... ce que Ségolène Royal n'a pas réussi ou n'a pas souhaité réaliser. Ségolène Royal a aussi réalisé le meilleur score au premier tour de l'élection interne mais n'a pas réussi à mobiliser l'électorat du Parti Socialiste au-delà de ses électeurs.

Le scénario actuel de division du Parti Socialiste en deux blogs équivalents est-il le pire des scénarios envisageables ? Je crains que se développe désormais autour de la personne de Ségolène Royal une forme de paranoïa (ou shizophrénie), de théorie du complot contre sa personne ... Mais les adhérents du Parti Socialiste qui se reconnaissent dans sa personne veulent-ils vraiment être isolés, à l'écart du parti ou se lancer dans l'aventure d'une scission fratricide ? Ségolène Royal est-elle paranoïaque ou shizophrène, se croyant véritablement victime, ou est-elle simplement tellement ambitieuse qu'elle est prête à toutes les manipulations de la vérité pour atteindre son ambition de devenir Présidente de la République ? Est-elle folle ou malade de son ambition ?

Ce qui me semble le plus embettant dans cette histoire d'élection, ce n'est pas tant la contestation par Ségolène Royal d'un résultat (si elle estime que certains résultats sont susceptibles de contestations) que les arguments de victimisation qui sont employés. 50% des électeurs à quelques voix près ne veulent pas d'elle et 50% veulent d'elle comme secrétaire fédérale. Ou inversement pour Martine Aubry. Il n'y a pas de théorie du complot mais une mise en balance. Faire montre de paranoïa ou de shizophrénie me semble inversément extrêmement dangereux la privant de toute légitimité pour être élue demain aux plus hautes responsabilités ... une paranoïaque aux commandes de l'état serait extrêmement dangereux.

Une scission du Parti Socialiste serait-il grave ? Avec à terme une alliance de l'une des deux parties exclues à l'hyper-gauche avec le nouveau parti anticapitaliste issu de la LCR ... et de l'autre une alliance avec le Centre de François Bayrou ... offrant une véritable possibilité d'alternance à Nicolas Sarkozy et à sa politique favorable au patronat et au monde de l'argent. Vive la scission en somme !


Réflexion trente-cinq (21 septembre 2008)
Une société française fichée ... Edvige et le complexe de Big Brother ...


La société française est-elle une société du fichage ? Par exemple, nos écrits et nos opinions exprimées en tant qu'internaute anonyme sur Nouvelobs.com sont-elles fichées et recensées pour nourrir un fichier tel Edvige ou autre ? Sommes-nous tracés ?

Lorsque le Nouvelobs cite les différents fichiers qui nous surveillent en permanence, il est possible de se croire brutalement immergé dans la société imaginée il y a quelques décennies (1931) par Aldous Huxley ayant pour nom Big Brother ...

1) Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux) qui surveille nos appels téléphoniques, nos mails et nos SMS ...
2) Ariane, base de données de la gendarmerie et de la police sur nos écarts de conduite ...
3) Elsa (Engin léger de surveillance aérienne) qui surveille du ciel nos agissements ...
4) Eloi (Etrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement) pour faire le compte des personnes expulsables ...
5) Le Fnaeg (fichier national automatisé des empreintes génétiques) créé en 2001 à partir du fichier des délinquants sexuels, qui disposerait de 700.000 traces ADN ...
6) Le Stic (système de traitement des infractions constatées), créé par les socialistes en 2001 où 18 millions de personnes sont fichées ...
7) Et maintenant Edvige (exploitation documentaire et valorisation de l'information générale), qui répertorie les personnes publiques (délégués syndicaux, personnalités politiques ou religieuses, acteurs économiques ou sociaux) mais également toute personne susceptible de porter atteinte à l'ordre public âgée de plus de 13 ans ...

Et ceux-ci ne sont qu'une fraction des 37 fichiers de police existant au niveau de la France ... A quoi sert donc la CNIL (commission nationale de l'informatique et des libertés) si nous pouvons être à un tel point surveillés par des fichiers qui contrôlent nos moindres faits et gestes, nos moindres habitudes de consommation, nos moindres communications ? Dans quelle société vivons-nous ?

Mais ce qui fait le plus peur dans un tel régime de surveillance et de flicage généralisés, où le moindre de nos gestes, la moindre de nos habitudes peuvent être épiés ... C'est d'imaginer quelle utilisation pourra en être faite dans le cadre d'une société qui basculerait dans un totalitarisme tels que ceux que l'Europe a connu au cours du vingtième siècle.

Parce qu'il serait idiot de penser que nos sociétés européennes ne basculeront plus jamais; dorénavant, dans des régimes totalitaires, militaires, policiers ou politiques, tel le nazisme, le communisme ou l'islamisme ... Et qu'il serait criminel de le croire ... De tels régimes trouveraient dans ces outils informatisés de surveillance les armes pour éliminer toute résistance à leur emprise et à leur domination sur nos sociétés. Pour ma part, le risque d'un tel basculement dans le totalitarisme ne me semble pas particulièrement éloigné ... Nicolas Sarkozy sera-t-il capable d'accepter le verdict des urnes en 2012 ou en 2017 ? Cet homme qui a rêvé d'être le premier et le plus puissant des français pourra-t-il accepter de retomber dans l'anonymat le plus complet à l'issue de son mandat ?

Le combat contre le totalitarisme et le fascisme qui a été conduit en 1940-1945 par la résistance française me semblera presque impossible dans une société désormais aussi moderne et surveillée que notre société française actuelle ... Comment ferons-nous pour résister le jour peut-être pas si lointain où un nouveau totalitarisme, un nouveau fascisme, un nouveau tyranisme, s'étendra sur notre société de liberté apparente et de démocratie limitée, mais également de surveillance sans relachement ? Ne faut-il pas combattre dès maintenant ?...


Réflexion trente-quatre (10 décembre 2007)
Quel mouvement étudiant ?


On en est le mouvement étudiant ? Il a disparu quelques jours après l'éclatement de la coordination nationale étudiante. Et les leaders étudiants démocratiques sont retombés dans leur anonymat et j'espère dans les études, mais pour cela, il ne faut être sûr de rien ... Ils rêvent peut-être encore de ces quelques jours où ils tenaient la France et les journaux télévisés en haleine ...

C'était le premier test de la politique intérieur de Nicolas Sarkozy, confronté à des revendications concordantes des fonctionnaires, des étudiants, des lycéens et des salariés des entreprises à régime spécial de retraites. Et tous ces mouvements se sont essoufflés dans l'indifférence de ces deux dernières semaines. Un dégonflement causé par les annonces de Sarkozy sur le pouvoir d'achat ? Cette baudruche qui a accouché d'une souris ? J'espère bien que non. Mais en tout cas, le test est réussi ... Révolte des banlieues, grève générale ... et le gouvernement Sarkozy/Fillon est toujours là, droit dans ses bottes ...


Réflexion trente-trois (25 novembre 2007)
L'explosion du mouvement étudiant ?


Le départ de l'UNEF de la coordination nationale étudiante pour protester contre le climat de tension qui y règne du fait de la décision de l'UNEF de négocier avec le gouvernement Sarkozy sur la loi Pécresse ressemble à s'y méprendre à l'éclatement du dynamisme de ce mouvement étudiant. Ce sont ses idéaux qui font la force de ce mouvement ; idéaux éloignés de la lutte de pouvoir. C'est notamment la démocratie et le respect affiché des idées de l'autre, même si tout le monde sait la virtualité de cet idéal lorsqu'il repose sur des idées préconçues et dogmatiques.


Réflexion trente-deux (15 novembre 2007)
Le retour de la 'chienlit' (en hommage au Général de Gaulle)


Le mouvement contre la Loi Pécresse sur l'autonomie des universités, votée cet été, a pris de l'ampleur au cours de la semaine précédente, en lien avec les manifestations des salariés contre la réforme des régimes spéciaux. La coordination nationale étudiante appelle à plusieurs manifestations la semaine prochaine en liaison avec les mouvements organisés par les syndicats de salariés. Des représentants de 56 universités se sont en effet réunis à Tours ce dimanche 18 novembre 2007 pour définir leurs futurs actions concertées.

Mercredi 14 novembre après-midi, on enregistrait des blocages ou des barrages filtrants dans 32 universités (sur un total de 85), plus l'IUT de Tarbes. Par ailleurs, 4 universités faisaient l'objet d'une fermeture décidée par l'administration (Aix-Marseille, Grenoble III, Paris IV Sorbonne, et Rennes II, bloqué par un groupe d'étudiants malgré le fait qu'une majorité d'étudiants s'étaient prononcé contre le blocage au cours d'un scrutin organisé lundi 12 novembre).

Vendredi 16 novembre, 5 universités faisaient désormais l'objet d'une fermeture administrative (Aix-Marseille, Brest, Grenoble III, Lyon II et Paris IV Sorbonne) et 32 universités faisaient toujours l'objet de blocages, d'appel à la grève ou de barrages filtrant, malgré l'évacuation par les forces de l'ordre des étudiants dans 2 universités (Nantes et Montpellier II) et la reprise des cours à Rennes II.

Liste des universités concernées :
01 Aix-Marseille (fermeture administrative) - 02 Amiens - 03 Angers
04 Besançon - 05 Bordeaux II - 06 Bordeaux III
07 Brest (fermeture administrative) - 08 Caen - 09 Chambéry
10 Dijon - 11 Grenoble III (fermeture administrative) - 12 Lille I
13 Lille II (15/11/07) - 14 Lille III - 15 La Rochelle - 16 Le Havre
17 Limoges - 18 Lyon II (fermeture administrative) - 19 Metz
20 Montpellier II - 21 Nancy II (15/11/07)
22 Orléans (15/11/07) - 23 Paris I-Tolbiac - 24 Paris III
25 Paris IV-Sorbonne (fermeture administrative) - 26 Paris VIII
27 Paris XIII - 28 Paris XII-Créteil - 29 Pau - 30 Perpignan
31 Reims (15/11/07) - 32 Rennes I (15/11/07) - 33 Rouen
34 Toulouse II-le Mirail - 35 Toulouse III - 36 Tours
37 Valenciennes - 38 l'IUT de Tarbes

Cette liste n'est évidemment pas prête de s'arrêter. Il faut aussi se rappeler (pour l'avoir déjà vécu) que dans ces universités occupées par des groupes d'étudiants rêvant de la Révolution, chaque annonce d'une nouvelle université votant l'occupation des locaux est saluée par des manifestations de joie des étudiants présents. D'une certaine façon, il faut bien entretenir la flamme de l'engagement révolutionnaire parmi les occupationnistes. Il faut aussi occuper les troupes. D'un côté les meneurs et les leaders, de l'autre les exécutants, et au milieu ceux qui transmettent les ordres des leaders et organisent les actions.

D'une certaine façon, bien mieux que les cours magistraux, les mouvements d'occupation universitaires préparent les étudiants à l'entrée dans la vie active et aux rapports de pouvoir du monde de l'entreprise. Les meneurs et les leaders s'habituent à diriger les autres ... ceux qui transmettent et organisent les ordres des meneurs feront demain de bons cadres, et ceux qui exécutent les ordres, la masse des étudiants qui suivent ces mouvements, seront demain les exécutants dans les entreprises. Ces mouvements de contestation permettent ainsi à chacun d'accepter inconsciemment le rôle qui leur sera plus tard dévolu dans le monde de l'entreprise, selon leur capacité de leadership au sein d'un groupe en formation. Et le fait que ces mouvements soient démocratiques, par différence avec le monde de l'entreprise, n'enlève rien à cet argumentaire.


Réflexion trente-et-une (12 novembre 2007)
Le gouvernement et les mouvements estudiantins


Une nouvelle fois, un nouveau rapport de force s'installe entre la jeunesse étudiante et un gouvernement de droite, avec un risque de généralisation de la contestation sociale contre la politique de Nicolas Sarkozy et les réformes qu'il s'est engagé à conduire. Le gouvernement va être confronté à la grogne des salariés des grandes entreprises publiques dont il veut réformer les régimes spéciaux de retraite, à la grogne des syndicats de fonctionnaires qui réclament une augmentation générale des traitements et contestent la diminution des effectifs, et enfin à la grogne des étudiants qui contestent une énième réforme des universités et une nouvelle tentative de les privatiser (ou de les autonomiser).

Les mouvements de contestation estudiantine sont pratiquement un rite de passage des nouvelles générations d'étudiants et de lycéens, qui remontent à l'ancêtre des mouvements sociaux, au mai 68 où la jeunesse française faillit renverser l'état et la société bourgeoise de l'époque. Il y eut octobre 86 et une première loi d'autonomisation des universités (dite loi Devaquet) puis avril-mai 2006 et le Contrat Première Embauche du gouvernement Villepin. Et aujourd'hui, à peine un an et demi plus tard, nous avons la loi Pecresse.

Evidemment, le problème de ces contestations estudiantines consiste dans la mesure de la légitimité des mouvements de blocage des universités. Les assemblées générales des étudiants, ont toutes les actions sont censées être votées démocratiquement, rassemblent rarement une majorité des étudiants inscrits. Mais appeler l'ensemble des étudiants à se rendre dans ces assemblées générales présente un risque que ne mesurent pas les responsables qui contestent le noyautage de ces assemblées générales. Ils oublient que présents, la masse des étudiants pourraient être entraînés par l'effet de foule, par la capacité d'empathie vis-à-vis de ces leaders autoproclamés, et qu'ils pourraient avoir sur les bras des dizaines de milliers d'étudiants en grève au lieu de quelques centaines d'irréductibles.

Toutefois, dans ce rite de passage de l'adolescence vers l'âge adulte, dans ces derniers soubressauts de ces adulescents contre le monde marchand qui va les aspirer, les broyer, il est clair que les raisons de la contestation sociale importent bien moins que le seul fait de se révolter une dernière fois ou une première fois contre la société. La loi Pecresse représente-t-elle tout le mal qui en est dit dans les assemblées générales estudiantines (et bientôt lycéennes) ? La loi Pécresse n'est évidemment qu'une des raisons qui poussent ces étudiants à la manifestation et à l'occupation de leur campus universitaire. La loi Pécresse est l'alibi de la contestation estudiantine. Une bonne partie des arguments opposés aux mesures de cette loi repose sur des fantasmes estudiantins, une antième entendue à chaque mouvement étudiant depuis mai 68 ... la privatisation de l'enseignement supérieur, la sélection par le fric ... avec quelques nouveautés comme la peur d'être formatée pour correspondre aux besoins (forcément malsains) des entreprises qui financeraient les universités (par le biais de la taxe professionnelle ?). Madame Pécresse aura le redoutable privilège de laisser peut-être son nom à une réforme, réussie ou alors ratée, suivant alors l'exemple de Devaquet.


Réflexion trente (25 novembre 2007)
Quelle différence entre la taxe carbone et la TVA sociale ?


Je pense que la TVA sociale tout comme la taxe carbone sont de bonnes mesures, même si elles doivent conduire à une élévation de l'inflation monétaire.

Mais je déteste tout autant la manipulation politique !

Le projet du gouvernement de Nicolas Sarkozy de mettre en oeuvre une taxe climat-énergie en contrepartie d'un allègement de la fiscalité du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité me semble être exactement la même idée que la TVA sociale, avortée à l'époque du second tour des élections législatives françaises de juin 2007.

La taxe carbone est une bonne idée si elle est mise en oeuvre à l'échelle du monde, pas vraiment si c'est au niveau d'un seul pays. C'est également une bonne idée si elle sert à financer des programmes d'aides au développement international, ou des projets écologiques ou environnementaux.

Mais dans la pratique, dans cette mesure, de quelle façon le gouvernement Sarkozy financera-t-il l'allègement de la fiscalité du travail pour les entreprises ? Comment compensera-t-il la baisse des cotisations et des rentrées financières des régimes sociaux français, si ce n'est en réaffectant les sommes provenant de la taxe carbone. Cette dernière n'est donc guère différente de la TVA sociale abandonnée au printemps 2007. Elle a simplement une apparence un peu plus aguichante, un peu plus tendance !

Autre point, il est à craindre que la diminution de la fiscalité du travail ne concerne essentiellement que les cotisations employeurs, alors que pour mémoire, lorsque les gouvernements précédents mettaient en oeuvre de nouveaux prélèvements sociaux (taxes, CSG, RDS ...), ou augmentaient les taux de cotisation, la plus forte part de ces augmentations concernaient toujours (au moins au cours des quinze dernières années) les cotisations des salariés (même si ces dernières ne pèsent que 20% des salaires bruts contre 50% pour les cotisations patronales).



Réflexion vingt-neuf (24 juillet 2007)
Quelles bonnes critiques contre la méthode Sarkozy


Nicolas Sarkozy est président depuis un peu moins de trois mois, et ce n'est pourtant pas aussi terrible que l'on pouvait le craindre. Nicolas Sarkozy semble s'amuser, apprécier son nouveau rôle, le plus important que la France peut lui offrir, qui lui permet d'être pratiquement un puissant parmi des puissants. Il ne semble pas apparemment avoir décidé de se venger de tous ceux qu'il n'a pas aimé ou qui l'ont gêné par le passé, hormis peut-être de Villepin que la machine judiciaire française cerne désormais de plus en plus près. Mais Nicolas Sarkozy a-t-il la moindre chose à voir avec les rebondissements récents dans cette histoire ? Ce n'est même pas sûr.

Est-il intelligent de l'attaquer sur la réussite de ses ouvertures diplomatiques avec la Lybie de Kadafhi et sur la libération des infirmières bulgares ? Je ne le crois pas, même si les interventions d'une personne étrangère au monde diplomatique (Cécilia Sarkozy) peuvent agacer. Mais cet agacement n'est-il pas surtout le signe d'une certaine forme de jalousie ?

Cela ne fera en fait que conforter une large majorité de la population française dans son appui à sa présidence, notamment parce que jusqu'à présent Sarkozy n'a rien fait de particulièrement ennuyeux, et qu'il nourrit par ailleurs le sentiment patriotique d'une frange de la population française, qui se sent française, et pas uniquement pendant le mondial, lorsque son équipe de football gagne.

Ce ne sont pas ses interventions internationales, européennes ou médiatiques qu'il faut attaquer ou comptabiliser. C'est son programme politique qu'il faut attaquer et critiquer. Que représente le paquet fiscal qui est actuellement débattu au parlement ?
- Remettre quelques personnes èrémistes au travail en leur proposant quelques centaines d'euros de plus.
- Détaxer les quelques heures supplémentaires que les salariés se verront dans l'obligation de réaliser, à la demande de leur supérieur hiérarchique ... mais qui ne concerneront pas ceux qui ont le plus besoin ... les femmes employées à mi-temps dans la grande distribution, avec des horaires pires que si elles travaillaient à plein temps ...
- Et enfin et surtout diminuer l'imposition des plus gros et des plus contribuables français, conformément aux promesses électorales de Nicolas Sarkozy, et pour lesquelles une petite majorité de français certainement non concernés l'ont élu ...

C'est l'injustice du paquet fiscal de Sarkozy qu'il faut combattre et non la forme de libération des infirmières bulgares, qui étaient quand même sous la menace d'une condamnation à mort en Lybie. A ce sujet, j'ai apprécié qu'elles soient (elles et le docteur palestinien naturalisé) immédiatement graciées à leur arrivée en Bulgarie, pied de nez manifeste à la justice d'un autre âge de la Lybie, elles qui avaient à plusieurs reprises été condamnées à mort pour avoir soit disant contaminé volontairement des enfants, parce qu'occidentales.
(http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-938621@51-915550,0.html)

Ce sont ces cadeaux fiscaux accordés à quelques privilégiés, aux entreprises au sujet de la détaxation des heures supplémentaires, qu'il faut combattre ... un peu à la manière de Jean Arthuis, ancien ministre des finances et aujourd'hui sénateur, qui rappelle que des mesures aussi coûteuses (et injustes) ne sont pas nécessaires lorsque les finances publiques sont à ce point dégradées ... ou de Manuel Valls, député PS de l'Essonne ... "13 milliards d'un côté pour les plus fortunés, quelques dizaines de millions pour expérimenter le RSA, il y a une inversion des priorités et des valeurs dans une société où les inégalités se sont creusées."

Il y a certainement d'autres réformes beaucoup plus importantes, plus justes, qui pourraient être prises à la place.


Réflexion vingt-huit (5 juillet 2007)
Le déficit récurrent de la Sécurité Sociale


Malgré tous les plans de réformes de l'assurance maladie concoctés par les récents gouvernements de droite, la Sécurité Sociale continue de présenter des comptes déficitaires. Pour l'exercice 2007, les milieux autorisés (à quoi nous dirait Colluche) savent déjà que le déficit atteindra 12 milliards d'euros. De plans en plans, la couverture maladie des français continue de s'amenuiser, les déremboursements s'accumulent et les contraintes s'accroissent.

Curieusement, ce dossier m'avait semblé pratiquement absent des programmes politiques des présidentiables. Dans l'optique de juguler un déficit qui atteindrait 6,4 milliards d'euros pour la branche maladie en 2007 (contre 3,9 milliards d'euros initialement prévu) et 4,7 milliards d'euros pour la branche vieillesse, un nouveau plan de réduction des dépenses a été présenté par le gouvernement Fillon, pour économiser 1,455 milliard d'euros en matière de dépenses de maladie.

Ce nouveau plan va une nouvelle fois prendre pour cible ces malades qui osent consulter des spécialistes sans avoir demandé l'autorisation (et la bénédiction) à leur médecin traitant généraliste. Mais ce qui est invraisemblable, c'est que ces réformes accumulées de la sécurité sociale ne sont jamais analysées. Le fait d'imposer le passage par une consultation payante d'un médecin traitant généraliste pour accéder à un spécialiste a-t-il réellement eu un effet positif sur le déficit de la sécurité sociale ? J'aimerais le savoir.

Le fait d'augmenter régulièrement le tarif des consultations des médecins généralistes et spécialistes (même s'ils ne seront jamais satisfaits des tarifs obtenus) dans l'objectif de les responsabiliser dans la délivrance de médicaments génériques et d'arrêts de travail a-t-il également eu un effet positif sur le déficit de la sécurité sociale ?

Evidemment, il existe de nombreuses causes expliquant le creusement du déficit de la sécurité sociale.
1. Il y a d'abord les multiples exonérations de charges décidées par le gouvernement français qui réduisent les produits de la sécurité sociale.
2. Il y a également le comportement de nombreux français qui se font prescrire des arrêts maladies de complaisance, sans en avoir véritablement besoin ni être malade, pour accroître leur nombre de jours de vacances, pour pouvoir rester certains jours sans travailler, pour faire quelques courses ou pour garder leurs enfants.
3. Il y a le progrès thérapeutique et l'accroissement de la durée moyenne de la vie, qui ont un coût financier croissant.
4. Il y a le fait que les dépenses de la sécurité sociale correspondent essentiellement aux revenus des médecins et des personnels soignants et des laboratoires pharmaceutiques, et que ceux-ci sont les seuls à ne pas être ponctionnés pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale, alors que ce sont principalement eux qui sont à l'origine du déficit.
5. Il y a enfin ceux qui préférent dépendre des minimas sociaux plutôt que de survivre difficilement avec le revenu d'une activité salariée payée au Smic (toutes les personnes bénéficiant de la CMU ne sont pas de pauvres malheureux exclus ou rejetés du monde du travail ... il faut arrêter l'angélisme)

Le gouvernement et les gestionnaires de la sécurité sociale ne savent vraisemblablement plus quoi inventer pour pervertir encore plus notre système d'assurance sociale, mais tout en évitant de s'attaquer au véritable problème des tricheurs, qu'ils soient médecins, employeurs, malades imaginaires, faux malades ou faux pauvres, que seuls des contrôles renforcés permettront de limiter.


Réflexion vingt-sept (24 juin 2007)
Le Traité simplifié sur la Constitution Européenne


La relance de la Construction politique européenne est saluée par de nombreuses personnalités politiques. C'était également l'une des idées défendues par Nicolas Sarkozy dans son programme présidentiel. Je suis toujours un peu surpris que l'ensemble des chaînes de télévision françaises, qu'elles soient publiques ou privées, présentent régulièrement les avancées obtenues par le président français, comme s'il y avait pris une part particulièrement active.

Je note toutefois qu'il est à craindre que ce mini-Traité Constitutionnel ne soit pas proposé pour adoption par référendum, mais plus vraisemblablement par Congrès, où il sera tout aussi vraisemblablement adopté à une très large majorité, si ce n'est à l'unanimité des voix des sénateurs et des députés. Mais cela n'entraînera même pas les politiques à s'interroger sur cette invraisemblance. Comment un texte pourrait-il être adopté à l'unanimité des parlementaires français alors que ce même texte ne pourrait vraisemblablement pas recueillir une majorité des votants lors d'un référendum ? Comment expliquer cette divergence d'opinion ? Comment expliquer cette absence de corrélation entre le vote des parlementaires et celui de leurs mandants ?

Le Traité simplifié me pose un autre problème. Il changera les règles de majorité sur la majeure partie des sujets, en instituant une majorité qualifiée (un certain poucentage du nombre d'états représentant un certain pourcentage du total des habitants) qui se substituera à l'unanimité régulièrement requise, sauf dans deux domaines qui sont le SOCIAL et la FISCALITE. Ce maintien des règles de majorité pour ces deux domaines constitue-t-il une bonne ou une mauvaise chose ? Cela maintiendra d'abord les divergences existantes en matière sociale et fiscale entre les différents partenaires européens. Cela protégera peut-être les pays les plus avancés socialement des véléités libérales de la Commission Européenne, qui sans cette règle de l'unanimité, pourrait imposer une réduction des droits sociaux à toute l'Europe. Mais cela protège surtout les pays les plus libéraux de toute législation sociale européenne un peu contraignante.


Réflexion vingt-six (23 juin 2007)
Que penser de la TVA sociale ?


La TVA sociale pourrait ne pas constituer forcément un recul pour les salariés. Elle apporte un début de réponse au poids des charges sociales sur les salaires, qui fait qu'aujourd'hui, pour 1.000 euros versé à un salarié, hors exonération de charges, le coût réel pour l'entreprise de ce salarié est proche de 2.000 euros.

Il ne faut pas oublier que la présidente du MEDEF a envisagé récemment de proposer de déclarer aux salariés le salaire brut toutes charges patronales et salariales incluses, et de faire apparaître la totalité des prélévements sociaux supportés par l'entreprise. Cette proposition intégrait un risque élevé pour le salarié : geler les charges sociales patronales à leur niveau actuel. Toute nouvelle hausse des charges sociales patronales ou salariales décidée par le gouvernement ou les organismes sociaux aurait impliqué une diminution du salaire net restant aux salariés (alors qu'actuellement, seules les hausses des cotisations sociales salariales s'imputent sur le salaire net du salarié). Mais cette proposition serait extrêmement favorable au salarié en cas de mise en oeuvre d'une TVA sociale puisque les baisses des charges sociales qui en découleraient ne bénéficieraient qu'aux seuls salariés et non aux entreprises qui devraient continuer à payer le même salaire brut, par réciprocité.

De manière plus générale, la TVA sociale pourrait être globalement indolore pour le salarié français, dans le cas où :
- l'inflation pourrait être globalement faible sur les produits fabriqués en France,
- si les entreprises jouaient le jeu en abaissant leur niveau de marge,
- et si le gouvernement partageait les abaissements de charges sociales de manière équitable entre les cotisations salariales et les cotisations patronales ...

Par contre, si la mise en oeuvre de la TVA sociale n'intervenait pas de cette manière, si elle profitait essentiellement aux entreprises françaises en leur permettant d'augmenter leurs marges et sans relance du pouvoir d'achat des ménages par un abaissement des cotisations sociales salariales, alors la TVA sociale pourrait être une catastrophe pour l'économie française et pour les salariés.


Réflexion vingt-cinq (22 juin 2007)
De la TVA sociale


Il s'agit par contre d'un point sur lequel je ne suis pas véritablement en désaccord avec l'approche du gouvernement Fillon, même s'il s'agit justement pour la Droite du point d'achoppement de la dernière élection législative.

L'idée de transférer une partie de la charge du financement des organismes sociaux des cotisations sociales vers une imposition supplémentaire de la consommation me semble a priori pertinente. Evidemment, les prix à la consommation de certains produits risquent de progresser sensiblement en raison de cette hausse de la TVA, notamment pour les biens importés. Mais cette hausse aura peut-être pour conséquence de diminuer la consommation de ces biens, au bénéfice de biens produits en France, et donc de redresser la balance commerciale française. Pour les produits fabriqués en France, cette hausse du taux de TVA sera compensée par une diminution des charges sociales payées sur les salaires, ce qui permettra éventuellement aux entreprises françaises de diminuer leurs taux de marge. L'assise de la TVA étant plus large que les seules entreprises françaises employant de la main d'oeuvre, le produit de cette TVA sociale sera peut-être plus important que les taxes sur les salaires, entraînant une diminution de la ponction sur les entreprises françaises. On peut ainsi imaginer que les prix des biens fabriqués en France puissent baisser avec la TVA sociale.

La diminution des prélèvements sociaux liée à la TVA sociale pourra aussi concerner à la fois les cotisations patronales et les cotisations salariales, et ainsi s'accompagner d'une revalorisation des rémunérations nettes perçues (en sens inverse des derniers mouvements enregistrés, où les taxes salariales augmentaient à chaque fois, diminuant les rémunérations nettes perçues).

Il faut tout de même rappeler que pour 100 euros de salaire brut d'un salarié correspondant à 80 euros de salaire net réglé, le coût pour l'employeur approche avec les cotisations patronales de 150 à 160 euros, soit le double du montant versé au salarié.

La réduction du coût du travail pour les entreprises permettra peut-être ainsi de relancer l'embauche en France et de diminuer le chômage, améliorant la situation financière des comptes sociaux.

Evidemment, il existe un risque certain de voir les entreprises ne pas jouer le jeu et laisser leurs prix hors taxe inchangés, ce qui se traduira alors mécaniquement par une hausse des prix pratiqués, même sur des biens produits en France, et par une résurgence de l'inflation ... Mais j'avais cru comprendre qu'un tel retour de l'inflation était souhaité par de nombreuses personnes.


Saucratès


21/11/2010
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