Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Homosexualité, parentalité et religion

 
Réflexion cinq (19 juin 2013)
Le Hollandisme, les défaites électorales du Parti socialiste et l'homosexualité


Il y a pratiquement six mois que je n'ai plus rien écrit sur ce blog. Six mois au cours desquels un certain nombre d'évènements politiques se sont produit en France. 

 

Il y a d'abord eu tous les débats portant sur le mariage des homosexuels, appelé imparfaitement le mariage pour tous. Pour tous ? En se limitant aux seuls êtres humains, majeurs ... Cette affaire m'a profondément heurté. Je ne peux pas me retrouver dans cette décision politique, qui entre en opposition avec mes croyances religieuses profondes ; le fait que le terme d'union ne peut concerner selon moi que l'union d'un homme et d'une femme. Le fait aussi que je ne considère pas l'homosexualité comme une forme 'normale' de sexualité, mais comme une aberration, en liaison avec des déséquilibres psychologiques ou affectifs dans le développement psychique des personnes concernées. Peu importe que je considère que l'homosexualité s'explique par une relation dégradée avec l'image du père ou de la mère, une mère envahissante/violente/poison/assassine ou un père absent/envahissant/violent ... Les défendeurs du mariage homosexuel et de l'homosexualité peuvent évidemment estimer/considérer  que l'homosexualité est parfaitement normale ; je la considère comme pathologique, non pas comme une perversion ou une maladie, mais simplement comme un déséquilibre du développement psychologique et affectif normal de l'enfant, de l'adolescent ou du jeune adulte.

 

Et pour les personnes qui comme moi ont cette image de l'homosexualité, il est évident que la naissance et l'éducation de jeunes enfants dans un modèle de famille homosexuelle ne peut qu'être considéré comme dangereux pour le développement affectif et psychologique de ces enfants, que nous ayons raison ou tord. Mais je comprends parfaitement que ma position puisse choquer, être considérée comme rétrograde ou infamante.

 

Un article du Monde de ces derniers jours faisait apparaître un recul de l'acceptation de l'homosexualité en France depuis ces débats sur le mariage homosexuel. Moi le premier, je ne regarde plus l'homosexualité de la même manière que je la regardais avant cette affaire. L'homosexualité n'est plus à mes yeux une simple différence d'inclinaison sexuelle ; elle est devenue un danger social, une forme de contestation de ma propre inclinaison sexuelle, une violation de mes croyances, de mes convictions morales et religieuses, que je ne peux plus accepter.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/06/l-homosexualite-est-aujourd-hui-moins-acceptee-qu-en-2007-en-france_3424577_3224.html

 

Ce qui me semble extrêmement dangereux, ce sont les suites de cette décision législative reconnaissant le droit au mariage pour les homosexuels/homosexuelles. Il y a bien sûr le droit de recourir à des méthodes d'insémination artificielle, pour suppléer à l'impossibilité biologique qu'ont deux hommes ou deux femmes de procréer ensemble. Mais il y a aussi et surtout le risque juridique de voir l'Eglise catholique être contrainte de devoir reconnaître la possibilité pour deux hommes ou deux femmes de se marier religieusement. Je sais pertinemment que l'Eglise sera attaquée pénalement dans quelques semaines, mois ou années, par un couple homosexuel par que l'Eglise aura refusé de bénir leur union. Et face à l'aberration de la justice en France, il arrivera un jour que l'Eglise sera condamnée pour discrimination parce qu'elle aura refusée de bénir des homosexuels/homosexuelles souhaitant être mariés/mariées religieusement ... parce que ces gens sont des extrêmistes pour la reconnaissance de leur droit à l'homosexualité.

 

Ils ne s'arrêteront en fait que lorsque l'hétérosexualité sera condamnée en France, et que seule l'homosexualité sera autorisée !

 

Mon impression plus large sur cette affaire, sur l'année qui vient de s'écouler depuis l'élection présidentielle, c'est que François Hollande et le parti socialiste ont déclaré la guerre aux personnes qui se reconnaissent dans les valeurs religieuses du catholicisme. On ne peut plus se reconnaître à la fois dans le socialisme français et dans le catholicisme.

 

Et c'est plus largement dans le cadre de cette analyse qu'il faut appréhender les multiples défaites électorales qu'ont subi les socialistes en France depuis un an. Le Parti socialiste va durablement pâtir de la présidence de François Hollande et de son équipe gouvernementale. Comme de nombreux catholiques, même pas forcément pratiquants, je ne voterais plus jamais socialiste, quoiqu'il m'en coûte. C'est un divorce de fond qui va séparer le Parti socialiste, François Hollande, et les électeurs catholiques. Libre à certains de vouloir croire qu'il ne s'agit que d'un désenchantement passager, le contre-coup d'une affaire Cahuzac qui sera oubliée dans quelques mois. Pour moi, il s'agit d'une rupture beaucoup plus forte, d'un aveuglement auquel il a été violemment mis fin, d'un mensonge qui est enfin mis en pleine lumière. Le socialisme n'a aucune considération pour les valeurs religieuses catholiques, aucun respect des différences d'opinion religieuse. Les socialistes et François Hollande respectent parfaitement les différences d'inclinaison sexuelle, de couleur de peau, mais absolument pas les différences d'opinions religieuses, qui n'ont pas le droit selon eux de citer, d'exister.

 

L'enjeu actuel concerne la récupération de ces suffrages en déshérence. Soit ces suffrages seront récupérés par un centre reconstruit, régénéré ... Soit notre pays basculera vers l'extrême droite, qui est remarquablement dirigée par une dirigeante qui a su gommer toutes les traces infâmantes des sorties verbales de son père. 

 

 

Réflexion quatre (5 décembre 2012)
Le gouvernement, ses projets et sa guerre contre l'Eglise


Le dernier épisode de la guerre menée par le gouvernement socialiste contre l'Eglise catholique concerne le problème de l'accueil des sans-abris. Nous sommes aujourd'hui représentés par des hommes ou des femmes politiques dont les petites haines recuites et les sentiments anti-catholiques influent sur les positions publiques et médiatiques. Quel besoin avait la ministre du logement d'exprimer l'opinion suivante : «je ne comprendrais pas que l'Eglise ne partage pas nos objectifs de solidarité». Comme si l'Eglise n'avait pas été de tout temps, depuis les plus sombres heures du Moyen-Âge jusqu'à aujourd'hui, en passant par les sombres années d'occupation, en première ligne dans toutes les actions de solidarité menées au sein de la Cité. Cette phrase est inutilement vexatoire et ne sert qu'à faire transpirer une incompréhension grandissante entre les croyants catholiques et un gouvernement dont l'intégrisme laïque commence à poser problème.

 

Comme si ce gouvernement voulait dégoûter à jamais les français de voter à gauche !

 

Quelles raisons à ce besoin de heurter les sensibilités religieuses, que l'on trouve déjà dans cette histoire de négation des sexes et de mise en avant du mariage pour les homosexuels ? Quelques articles intéressants du Monde sur ces sujets :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/04/logement-les-chiffres-derriere-la-polemique_1799641_823448.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/intolerable-intolerance-sexuelle-de-l-eglise_1799493_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/12/04/non-a-un-monde-sans-sexes_1799504_3232.html

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/12/04/sos-homophobie-se-voit-retirer-son-agrement-dans-les-ecoles_1799815_1473685.html

 

Je ne suis évidemment pas d'accord avec chacun de ces articles, notamment sur celui qui parle d'une intolérable intolérance sexuelle de l'Eglise. Mais il fait parfaitement contrepoids voire vaut démonstration de cet autre article des psychologues Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter s'opposant à un monde sans sexe, qui parle de «revendication d'une minorité d'activistes qui savent parler le langage que l'on désire entendre aujourd'hui : celui de l'égalitarisme idéologique, synonyme de dédifférenciation. Et manier efficacement le chantage à l'homophobie qui empêche de penser». Le premier article dont j'ai parlé n'exprime au fond que cette seule idée ; l'Eglise s'oppose au mariage des gays et lesbiennes parce qu'elle est homophobe.

 

L'article des psychologues Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter développe un certain nombre d'idées intéressantes, notamment lorsqu'elle parle du politiquement correct. Avec le mariage pour tous, nous sommes face à l'extrêmisme du politiquement correct, et toute personne qui est contre cette aberration est sommée d'argumenter pour justifier son point de vue et elle est immédiatement soupçonnée/considérée comme homophobe.

 

«Ce déni de la différence, une femme est un homme, Freud le nommait déni de la castration. Cela signifie, dans le jargon psychanalytique, que la castration n'existe pas, il suffit que je la nie mentalement pour que son existence réelle soit réfutée. Quand un licenciement devient plan social, on est mal à l'aise. Quand un ballon devient référent rebondissant, on se demande si on rêve. Quand le mariage devient une discrimination légale contre les citoyens fondée sur leur orientation sexuelle, on commence à avoir peur. Politiquement correct : le discours doit être poli, sans aucun tranchant. Le polissage de la forme, objet d'une surveillance idéologique pointilleuse, masque le terrorisme qu'elle fait régner et conduit à une éthique de la haine et de la confusion, au nom du bien débarrassé de toute négativité...».

 

Ce gouvernement n'a pas le droit de gommer les différences de genre (sexe) dans sa volonté de légitimiser les amours homosexuels. Est-ce être homophobe que d'être heurté par le fait d'appeler 'amour' les relations homosexuelles, que de penser que le seul amour véritable puisse exister entre un homme et une femme ? Est-ce être homophobe que d'être heurté par l'idéologie véhiculée par une association comme SOS Homophobie, qui intervenant en milieu scolaire, explique par exemple que «les représentants des religions interviennent souvent publiquement pour s'opposer aux avancées en matière de droit des homosexuels» ? Imaginer que les militants de cette association aient pu s'approcher de nos enfants pour les gagner à leurs arguments malsains et à leurs sophismes, avec la bénédiction du ministère de l'éducation nationale, me pose un problème existentiel.

 

Comme le tribunal administratif de Paris l'a indiqué dans son jugement, «les scénarios intitulés 'le proviseur homophobe' ou 'la mère homophobe', bâtis à partir de témoignages et destinés à faire réfléchir les élèves, sont à ce point insuffisamment nuancés qu'ils portent atteinte au principe de neutralité qui s'impose aux associations qui interviennent dans l'enseignement public».

 

Il reste désormais un sentiment anti-catholique rampant dans le gouvernement socialiste français, et une volonté de s'attaquer aux 'riches' (ou ceux considérés comme riches touchant plus de 4.000 euros par mois) et aux catholiques. Je pronostique que ce gouvernement va prochainement s'attaquer une nouvelle fois à l'enseignement privé, pour tenter de faire disparaître ses spécificités, tout ce qui le rend différent, préférable à l'enseignement public, dans une volonté maladive de détruire tout ce qui permet à une fraction des classes moyennes de s'arracher à la haine et à la violence de la masse.

 

Il reste des hommes et femmes politiques confrontées à l'impuissance de la chose publique, à l'étau des contraintes budgétaires, à un état bloqué où le fonctionnariat est vécu à l'opposé d'un travail pour la collectivité, un état incapable d'aucune action publique effective, et auquel il ne reste plus que l'arme de confiscation, de l'invective et du jugement de valeur pour pouvoir agir. A défaut de pouvoir agir réellement en faveur de l'habitat et des sans-abris, il ne restait pour la ministre du logement qu'à s'attaquer aux ennemis naturels du gouvernement socialiste : les riches, les banques, les grandes entreprises et l'Eglise catholique, sans aucunement tenir compte de l'action concrète de l'Eglise et des congrégations religieuses en faveur des sans-abris, des mal-logés, des exclus de la société !

 

 

Réflexion trois (14 novembre 2012)
L'homosexualité dans le monde


A l'heure où se pose la question de l'autorisation du mariage des homosexuels en France, un article du Monde vient rappeler que «l'homosexualité est réprimée dans de nombreux pays dans le monde. (...) 84 Etats (ou parties d'Etat) font de l'homosexualité un crime ou un délit. Certains de ces pays condamnent l'homosexualité, tandis que d'autres condamnent uniquement l'homosexualité masculine ou encore uniquement la sodomie, quel que soit le sexe».

http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2012/11/13/homosexualite-un-crime-dans-de-nombreux-pays-d-afrique-et-du-moyen-orient_1789748_3224.html

 

Intéressant de rappeler cela alors que certains partisans des droits des homosexuels considèrent toute contestation du mariage homosexuel comme un signe d'homophobie.

 

Cet article interactif permet ainsi de rappeler les peines prévues dans un certain nombre de pays, avec un certain nombre de surprises dans quelques cas.

- ainsi, l'Arabie Saoudite prévoit la peine capitale par lapidation pour les hommes mariés homosexuels, et seulement (!) 100 coups de fouet pour les célibataires. Elle prévoit aussi la peine capitale pour tout non-musulman pratiquant la sodomie avec un musulman.

- en Iran, l'homosexualité est passible de la peine capitale en cas de consentement mutuel, de 74 coups de fouet pour une personne non mature, de 100 coups de fouet s'il n'y a pas de pénétration,, et de 60 coups de fouet en cas de baiser entre hommes.

- au Yémen, les peines sont proches de celles prononcées en Arabie Saoudite : lapidation pour les hommes mariés, flagellation pour les hommes célibataires.

 

Ces peines ne me surprennent pas ; elles sont parfaitement en phase avec les lois extrêmement éclairées et justes de ces divers pays et avec le sort qui y est réservé aux femmes ainsi qu'aux minorités religieuses, ainsi qu'à l'application éclairée et clémente de la si douce et tolérante religion musulmane. Adorable religion qui pour mémoire punit également de mort la renonciation à la religion musulmane (apostasie) : «ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à l’infidélité, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible» .

 

On retrouve aussi dans ce groupe d'états 'tolérants' le Soudan, la Somalie, le Nigéria, mais également le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda, la Zambie, le Malawi, ou à l'autre bout de la Terre, la Malaisie ou la Papouasie-Nouvelle Guinée (les peines prononcées vont de la lapidation à des peines de prison, à vie ou pour 14 ans).

 

D'autres législations très contraignantes me surprennent, telles par exemple celles de l'Île Maurice (5 ans de prison), des Seychelles (14 ans de prison), le Sénégal (1 à 5 ans de prison et jusqu'à 1,5 million de francs CFA d'amende) ou le Maroc et la Tunisie (3 ans de prison). Gageons que les touristes homosexuels qui s'y aventurent ignorent les peines qui pourraient être prononcées à leur encontre.

 

 

Réflexion deux (7 novembre 2012)
Passage en force gouvernemental - La place du religieux en politique


Le mariage homosexuel me semble mériter l'ouverture d'un véritable débat de société ... ce que ne respecte ce gouvernement socialiste qui entend faire passer de force ce projet de loi de généralisation du mariage aux couples homosexuels, et qui impliquera une réforme importante de la filiation et des appellations administratives en France.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/mariage-pour-tous-le-gouvernement-devoile-son-projet-au-milieu-des-polemiques_1786909_3224.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/bertinotti-pas-de-parent-a-dans-le-livret-de-famille_1786017_3224.html

 

Se réfugier comme le font certains politiques socialistes derrière quelques sondages qui expliquent qu'une majorité de français (en fait une majorité de sondés d'un échantillon de 1.371 personnes, jugé représentatif) nous replace une nouvelle fois dans une démocratie d'opinions, une démocratie de sondage, alors que l'on sait que ces sondages n'ont pratiquement aucune valeur (si ce n'est la valeur de la déontologie de la société qui les réalise), et que les résultats d'un éventuel référendum sur un tel sujet verrait se cristalliser les différences d'opinions ...

 

La France suivrait les traces de quelques pays avant-gardistes sur ce sujet en légalisant les mariages homosexuels, comme en Espagne, en Belgique, au Canada ou dans quelques états états-uniens ? La belle affaire ! Mais on perd de vue l'essentiel ! Comment peut-on déclarer mari et femme deux hommes ou deux femmes ensemble, sans dénaturer ce qui fait justement la solennité de la cérémonie du mariage, de cet engagement pour tous ceux qui ne sont pas homosexuels !

 

François Hollande présente ce texte comme «un progrès pas seulement pour quelques-uns mais pour toute la société» selon la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Celui-ci souhaite que le débat «soit maîtrisé et respectueux des opinions comme des croyances en laissant la place à une large concertation». Mais j'aimerais comprendre de quelle manière ce texte peut constituer un progrès et non une régression pour les couples hétérosexuels. Et que l'on me démontre pourquoi le fait de mettre sur un même plan des relations pédérastes, sodomites ou lesbiennes avec des relations sexuelles entre un homme et une femme ne peut pas être considéré comme déstabilisant. Les inclinaisons sexuelles peuvent être libres sans devoir obligatoirement être valorisées sur un même plan. On doit pouvoir les accepter, les tolérer, sans cesser parallèlement de les considérer comme des pratiques déviantes, choquantes, que l'on ne peut aucunement souhaiter pour ceux que l'on aime.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/07/homoparentalite-aucune-etude-n-a-pu-demontrer-un-risque_1787295_3224.html

 

Il y a un autre sujet qui m'interpelle dans la position gouvernementale sur cette affaire du mariage homosexuel. C'est par exemple celle de David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, qui juge «que l'Eglise n'était pas vraiment dans son rôle en s'opposant à une mesure qui concerne le mariage civil dans la République laïque». Il y a aussi la position du sociologue Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, qui fait valoir que «toutes les convictions, incluant les religions, ont le droit à la libre expression, mais qu'aucune ne prévaut face au suffrage universel».

 

Ces interventions interpellent en remettant en perspective la notion de la place de la religion catholique au sein de la république française. Selon le parti socialiste, l'Eglise catholique, par la voix de ses évêques et de ses archevêques, n'aurait pas à intervenir dans le débat public français sur une question de valeur morale fondamentale : le mariage ! Alors que je continue de rappeler que le mariage civil étatique n'est qu'une transposition du mariage religieux chrétien, que l'état français a récupéré pour prendre le contrôle de la société française à la fin du Moyen-âge, pour restaurer la place de l'Etat pour ne pas laisser à l'Eglise chrétienne le contrôle administratif des corps !

 

Plus largement, cette histoire montre les limites d'une laïcité comprise comme la négation des valeurs religieuses. C'est la place de la religion dans la république qui est ici interpelée, mis en lumière. Nous sommes sensés vivre dans une république laïque, sans lien avec de quelconques valeurs religieuses, surtout pas chrétiennes ; cette république laïque est censée tenir à égale distance toutes les religions, d'où qu'elles soient, quelque soit leur histoire et leur rapport à la France ... Et en même temps, près de 80% des français ont été élevés avec des préceptes moraux et philosophiques issus/tirés de la religion catholique/chrétienne et dans lesquels ils se reconnaissent plus ou moins, même si cela peut parfois entrer en contradiction avec leur inclinaison sexuelle par exemple.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/03/homos-et-cathos-comment-ils-vivent-le-paradoxe_1785184_3224.html

 

En même temps, la république s'interroge sur les violences ethniques et sociales de groupes marginaux au sein des cités françaises, et la société attend que les citoyens respectent un ensemble de préceptes de citoyenneté dont l'essentiel relève des principes moraux et religieux chrétiens. C'est la place de Dieu et de la morale chrétienne dans la société qui est niée/interpelée. En violant de la sorte les croyances religieuses dans toute une fraction de la population française, le parti socialiste prend le risque de rappeler à l'ensemble du corps électoral que la place du religieux ne peut être oubliée en politique et que seuls les partis politiques de centre-droit peuvent la prendre en compte. Le parti socialiste va se couper de toute une frange de son électorat, et ressusciter un parti centriste moribond ou une UMP en voie d'éclatement. 

 

Quant à parler de l'onction du suffrage universel comme l'avance un supposé spécialiste de la laïcité (un thésard qui a vraisemblablement écrit une bafouille sur le sujet), il faut ramener à sa juste place la sainte onction dont se revendiquent les politiques. Ils ont été élus à la suite d'un président de la république, sur la base de quelques promesses qu'il va peut-être tenir, pour lui servir de majorité. La seule onction démocratique que je reconnaîtrais, qui aurait une valeur démocratique, serait un référendum populaire, comme c'est le cas aux Etats-Unis ou en Suisse. Et il resterait malgré tout à se demander de quelle manière une majorité peut laisser des droits à une minorité.

 

Après plus d'un siècle de laïcité, il me semble que l'on arrive à un point de sans retour. La république française est-elle laïque, sans religion, ou bien son essence morale est-elle avant tout rattachée à la religion catholique, et ne faudrait-il pas revenir sur le concept même de laïcité, pour que l'on reconnaisse que toutes les opinions religieuses ne se valent pas en France, que toutes les lois scélérates ne peuvent pas être promulguées par des politiques athés, que nos valeurs morales et citoyennes sont rattachés aux préceptes chrétiens ? 

 

 

Réflexion une (5 novembre 2012)
Contre le mariage homosexuel


Je ne comprends pas l'intégrisme juridique des partisans de l'homosexualité dans leur lutte pour généraliser le mariage aux couples homosexuels. Les couples gays et lesbiennes (lesbiens ?) ont obtenu en 1999, sous un précédent gouvernement socialiste (Jospin), une reconnaissance de leur union par le biais du Pacs, le pacte civil de solidarité. Le Pacs est également devenu la forme privilégiée d'union entre les jeunes couples hétérosexuels, de préférence au mariage.

 

Je me reconnais par contre parfaitement dans les positions publiques de l'église catholique sur ce sujet, comme par exemple les positions de l'archevèque de Paris, André Vingt-Trois, notamment lorsqu'il déclare que le «changement législatif ouvrant le mariage aux personnes homosexuelles ne serait pas un mariage pour tous mais le mariage de quelques-uns imposé à tous».

http://www.lavie.fr/religion/andre-vingt-trois-le-mariage-de-quelques-uns-impose-a-tous-03-11-2012-32882_10.php

http://religion.blog.lemonde.fr/2012/11/03/mariage-pour-tous-a-lourdes-mgr-vingt-trois-denonce-une-supercherie-et-les-lobbies/

 

Il est trop simple d'accuser les personnes opposées à la généralisation du mariage aux couples homosexuels d'être homophobes ou d'avoir une vision archaïque du mariage. Nous nous trouvons devant un problème d'ordre éthique concernant l'imposition d'un choix individuel de vie aux autres. Après la reconnaissance du mariage homosexuel et de la liberté d'adopter, quel sera la prochaine revendication des intégristes homosexuels ? Le droit d'enfanter librement ? Mais cela est un choix divin (ou de la Nature) d'interdire à deux personnes de même sexe de se reproduire librement ! Ou bien iront-ils ensuite jusqu'à faire interdire juridiquement les mariages et les unions hétérosexuels ?

 

Toute personne qui s'oppose à la généralisation du mariage aux homosexuels semble devoir se défendre d'être homophobe. Pour ma part, je ne m'estime pas homophobe, même si l'affichage public d'une liaison homosexuelle, dans la rue ou à la télévision (comme dans Plus belle la vie par exemple) me gêne profondément, alors que je trouve attendrissante une liaison hétérosexuelle ... Je n'ai pas non plus d'amis homosexuels, pour ce que j'en sais, mais il me semble que cela relève d'un choix de vie personnel. J'ai vraisemblablement été marqué par le rejet de l'homosexualité, de la différence tout simplement, observé dans mes années de collégien et de lycéen, où l'insulte suprême était d'être accusé d'avoir un comportement ou une apparence de pédé.

 

Je ne m'estime pas homophobe, donc, mais je considère l'homosexualité comme un dérèglement psychique, le résultat d'une souffrance psychique, une relation ratée à ses parents et notamment à la figure de la mère. Je ne pense pas ainsi que l'homosexualité soit naturelle (même si de nombreux animaux sont indistinctement homosexuels ou hétérosexuels et que l'homosexualité entre mâles semble relever chez de nombreuses espèces du processus de domination, comme chez les primates ou les félins). Mais ce n'est pas non plus une déviation sexuelle ou morale, juste un biais observé dans nos jeunes années et qui nous conduit à avoir une orientation sexuelle déséquilibrée. Peut-on parler d'orientation sexuelle librement consentie par certains, sans traumatismes antérieurs, et de relation d'amour ? Cela me paraît difficile à imaginer. D'où la souffrance des parents de jeunes homosexuels/homosexuelles, pères ou mères, qui peuvent culpabiliser, s'estimer responsables de l'orientation sexuelle de leurs enfants. 

 

Ainsi, l'homosexualité n'est selon moi, ni un choix de vie personnel autonome, ni à l'inverse une perversion ou une maladie ... mais un déséquilibre dans la construction personnelle psychique de la personne, et la réponse que ces personnes en donneront, l'équilibre que ces personnes trouveront en réponse. C'est peut-être une vision excessivement psychanalytique ou psychologique, et je ne me persuade pas que j'ai forcément raison.

 

En même temps, l'histoire étant pleine de génies, d'héros et d'écrivains homosexuels, défendre une telle position implique de considérer que ce genre de traumatismes, de relations à problème avec les figures paternelle et maternelle, du père et de la mère, est extrêmement courant et constitue une sorte de norme pour l'humanité !

 

Comme de nombreux évèques catholiques, je considère que la norme doit rester de fonder une famille, d'élever des enfants dans un couple hétérosexuel, entre une présence paternelle (sécurisante) et une présence maternelle (sécurisante et aimante). Evidemment, on peut estimer cette image passéiste et archaïque, mais en est-on sûr ? L'enfant ne doit-il pas passer par des phases, par un complexe d'Oedipe qu'il doit dépasser. Peut-on envisager un enfant essayant de s'immiscer dans la relation entre deux hommes (ou deux femmes) ... Et quelles en seront les conséquences en terme de construction psychique pour ces enfants de couples homosexuels ?

 

Et je considère que la voix de l'Eglise et de ses représentants doit être entendue parce que le mariage, avant d'être une institution civile, a d'abord été une institution religieuse catholique, et que l'Etat n'a repris la comptabilisation des mariages, après le Moyen-Age obscur, que dans un but de reconstruction étatique, pour contester aux Eglises le contrôle des populations, pour reprendre les thèses de Michel Foucault (accessoirement également notoirement homosexuel). La sanctification de l'union de deux êtres par une cérémonie religieuse est une constante catholique (même si une telle union préexistait sûrement aux religions catholiques et juives), et le catholiscisme me semble tout à fait fondé à contester une généralisation problématique et contraire à son objet de l'institution du mariage.



Saucratès



07/11/2012
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