Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réchauffement climatique - Abécédaire

Un abécédaire des principales informations à connaître sur le réchauffement climatique planétaire, sur les théories, et sur les grandes réunions internationales qui ont traité du réchauffement climatique ...
<1> Les cycles de Milankovitch (la variation de l'excentricité de l'orbite terrestre - la variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre - la précession climatique)
<2> Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ou IPCC en anglo-saxon (Intergovernmental Panel on Climate Change)
<3> Les gaz à effet de serre
<4> Le forçage radiatif
<5> L'atmosphère terrestre (troposphère - stratosphère - mésosphère - thermosphère - exosphère)
<6> Le protocole de Kyoto de décembre 1997
<7> Les principaux mécanismes de flexibilité prévu par le Protocole de Kyoto : <7> le Mécanisme de développement propre (MDP) - <8> la mise en œuvre conjointe (MOC) - <9> le marché des permis d'émission négociables
<10> Les principales réunions qui ont suivi ou précédé le Protocole de Kyoto (le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en juin 1992 - le deuxième sommet de la Terre de New York aux USA en juin 1997 - les conférences annuelles sur le climat (Cop) de 1995 (Berlin), de 1996 (Genève), de 1997 (Kyoto), de 1998 (Buenos Aires), de 1999 (Bonn), de 2000 (la Haye), de 2001 (Bonn puis Marrakesh), de 2002 (New Delhi), de 2003 (Milan), de 2004 (Buenos Aires), de 2005 (Montréal), de 2006 (Nairobi) et de 2007 (Bali)
<11> La convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC ou UNFCCC en anglais) de mai 1992
<12> Le protocole de Montréal de septembre 1987


Réflexion douze (4 janvier 2008)
Le protocole de Montréal


Signé le 27 septembre 1987 à Montréal (Québec), le Protocole de Montréal visait à réduire et à terme éliminer complètement les chlorofluorocarbones (CFC), substances industrielles qui détruisent la couche d'ozone stratosphérique. Il a été signé au total par 190 pays.

Ce protocole imposait la suppression de l'utilisation des CFC, sauf pour quelques utilisations qualifiées d'essentielles. Les CFC sont aujourd'hui définitivement supprimés à l'exception de quantités très minimes et indispensables (utilisation en médecine). Vingt ans après la signature du protocole, le projet de lutte contre cette menace de disparition de la couche d'ozone est une réussite, qui se concrétise par un arrêt total de la production des chlorofluorocarbures prévu en 2010 et une estimation optimiste de la communauté scientifique sur le rétablissement de la couche d'ozone à son état antérieur prévu normalement entre 2055 et 2065.

La tâche n'est cependant pas achevée : il est également prévu d'éliminer les hydrochlorofluorocarbures (HFC), principaux substituts des chlorofluorocarbures, d'ici à 2020 pour les pays industrialisés et 2040 pour les pays en voie de développement (amendement de Pékin au Protocole de Montréal, signé en février 2001, qui prévoit l'élimination de trois autres types de substances : les HFC, le bromochlorométhane et le bromure de méthyle).


Réflexion onze (3 janvier 2008)
La convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)


La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC en anglais) a été adoptée le 9 mai 1992 au cours du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro et a été signée par plus de 150 pays et par la Communauté européenne. Son objectif ultime est de "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Aux termes de la Convention, les Parties figurant à l'annexe I doivent s'employer à ramener en 2000 les émissions de gaz à effet de serre non réglementées par le Protocole de Montréal à leurs niveaux de 1990. La Convention est entrée en vigueur en mars 1994. Elle a été complétée par le Protocole de Kyoto en décembre 1997, après qu'il soit apparu que les engagements pris par les états dans la Convention-cadre étaient insuffisants pour prévenir les effets négatifs des activités humaines sur le climat (second rapport du GIEC de 1995).


Réflexion dix (23 décembre 2007)
Les principales réunions qui ont suivi ou précédé le Protocole de Kyoto


Les principales réunions qui ont précédé la Conférence de Kyoto correspondent notamment aux deux sommets de la Terre :
--> Le sommet de la Terre de Rio de Janeiro au Brésil, qui s'est déroulé du 3 au 14 juin 1992, où 131 chefs d'Etat adoptent l'Agenda 21, liste de 2 500 recommandations d'action pour le 21ème siècle, et où trois conventions internationales sont ouvertes à signature : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification.
--> Le deuxième sommet de la Terre à New York aux USA, qui s'est tenu du 23 au 27 juin 1997, qui fera le point sur les engagements pris à Rio, cinq ans auparavant, et constatera le désaccord entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre.

Il y eut en tout treize conférences sur le climat (plus précisément ... des Nations unies sur les changements climatiques ... encore appelée 'conférence des parties à la convention-climat' ou Cop) entre 1995 et 2007, dont la Conférence de Kyoto qui donna naissance au Protocole de Kyoto.
--> La première conférence sur le climat (Cop 1) s'est tenue à Berlin en Allemagne en mars-avril 1995, qui donna naissance à la décision connue sous le nom de 'Mandat de Berlin' (où les Parties entamèrent un cycle de négociations en vue de décider d’engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés).
--> La deuxième conférence (Cop 2) s'est tenue à Genève en Suisse entre le 8 et le 19 juillet 1996.
--> La troisième conférence (Cop 3) s'est tenue à Kyoto au Japon entre le 1er et le 12 décembre 1997, qui vit l'adoption du Protocole de Kyoto.
--> La quatrième conférence (Cop 4) s'est tenue à Buenos Aires en Argentine entre le 2 et le 14 novembre 1998, qui voit les États-Unis d'Amérique signer le Protocole de Kyoto (ils annonceront toutefois en mars 2001 leur décision de ne pas respecter les engagements souscris dans le cadre du Protocole).
--> La cinquième conférence (Cop 5) s'est tenue à Bonn en Allemagne entre le 25 octobre et le 5 novembre 1999.
--> La sixième conférence (Cop 6) s'est tenue à la Haye aux Pays-Bas entre le 13 et le 24 novembre 2000, et dont les travaux ont repris lors à Bonn (une nouvelle fois) en juillet 2001.
--> La septième conférence (Cop 7) s'est tenue à Marrakesh au Maroc entre le 29 octobre et le 10 novembre 2001. Elle se conclura par les accords dits de Marrakech, qui présentent la traduction juridique des règles de mise en œuvre du Protocole de Kyoto.
--> La huitième conférence (Cop 8) s'est tenue à New Delhi en Inde en novembre 2002.
--> La neuvième conférence (Cop 9) s'est tenue à Milan en Italie en novembre 2003.
--> La dixième conférence s'est tenue à Buenos aires en Argentine (une nouvelle fois) en novembre 2004.
--> La onzième conférence (Cop 11) s'est tenue à Montréal au Canada en novembre 2005, qui donnera naissance au processus de Montréal. Cette conférence a vu l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto suite à la ratification par la Russie. Elle a aussi tenu lieu de première conférence des parties au protocole de Kyoto (Cop Mop 1).
--> La douzième conférence (Cop 12) s'est tenue à Nairobi au Kenya du 6 au 17 novembre 2006.
--> La treizième conférence (Cop 13) s'est tenue à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre 2007. Il a notamment été question du prolongement du protocole de kyoto au-delà de 2012.

Les principales décisions prises au cours de ces conférences sont essentiellement le Protocole de Kyoto (décembre 1997), les accords de Marrakesh (novembre 2001) qui mettent en place les règles détaillées de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, et le processus de Montréal (novembre 2005) qui concerne l'après 2012 ainsi que la mise en application et sur le financement des mécanismes de flexibilité (marché du carbone, MDP) prévus au Protocole de Kyoto.

Il faudra donc peut-être attendre fin 2009 pour qu'une nouvelle avancée soit enregistrée dans une de ces conférences sur le changement climatique.

Nota : Le texte en français du Protocole de Kyoto
http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpfrench.pdf



Réflexion neuf (14 décembre 2007)
Les permis négociables


Il s'agit du troisième et principal mécanisme de flexibilité prévu par le Protocole de Kyoto. Le mécanisme des permis d'émission négociables vise à encourager le plus rapidement possible l’amélioration des systèmes de production les plus polluants et les moins efficaces, et de permettre l'échange de ces permis sur un marché organisé.

En effet, tout effort de réduction des émissions dans de tels systèmes inefficaces et polluants aura un coût faible comparé à un effort de réduction des émissions dans un système déjà performant. La marge bénéficiaire, fruit de la revente des permis, reviendra donc dans un premier temps essentiellement à ceux qui amélioreront les structures les moins efficaces et les plus polluantes. Il est donc rationnel que les pays s’accordent pour maîtriser les émissions de CO2 au meilleur rapport efficacité/prix, c’est-à-dire là où les réductions d’émissions sont les moins coûteuses.

Plusieurs marchés de permis d'émission ont été mis en place à l'échelle d'entreprises, de groupes d'entreprises, ou d'États. Un système européen d'échanges de permis a vu le jour en 2005. Le prix de la tonne carbone s'y est toutefois effondré en 2006 (de 30 euros la tonne de CO² à 1 euro la tonne) en raison d'allocations de droits carbone trop larges par la Commission européenne et par les états européens. À partir de 2008, ce marché européen devait s'insérer dans le marché mondial prévu dans le Protocole de Kyoto.


Réflexion huit (11 décembre 2007)
La mise en œuvre conjointe (MOC)


La mise en œuvre conjointe (MOC) est le second mécanisme de flexibilité prévu par le protocole de Kyoto, pour permettre le financement de projets ayant pour objectif premier le stockage de carbone ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce mécanisme permet aux gouvernements des pays industrialisés, ou à leurs entreprises, de financer des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans les pays en transition vers une économie de marché (pays de l’Europe centrale et orientale et Russie). En retour, ces Etats reçoivent des crédits d’émission qu’ils peuvent vendre ou déduire de leurs propres efforts nationaux.

La mise en œuvre conjointe fonctionne également entre pays développés (de l'annexe 1), pour leur permettre de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d'émission générés par les réductions ainsi obtenues.

La MOC et le MDP ont été introduit dans le droit communautaire européen par la directive communautaire 2004/101 du 27/10/2004, transposée en droit français par la loi n°2005-1319 du 26 octobre 2005, publiée au Journal officiel de la République française le 27 octobre 2005, pour les dispositions d'ordre législatif.

L'intérêt des projets MOC (tout comme des projets MDP) est triple :
- un intérêt environnemental puisqu'ils permettent de promouvoir des technologies propres n'émettant pas de gaz à effet de serre,
- un intérêt économique et financier pour les entreprises des états développés, puisqu'elles peuvent satisfaire à moindre coût leurs obligations de réduction de gaz à effet de serre, en réduisant les émissions à l'endroit où elles coûtent le moins cher,
- un intérêt pour le développement économique et social du pays hôte, qui bénéficie ainsi du transfert de technologies modernes et d'un impact positif sur les populations locales.

L'un des principales critères nécessaire pour qu'un projet soit approuvé en MOC (ou en MDP) est le critère d'additionnalité : le projet doit avoir comme conséquence une réduction durable, mesurable et vérifiable des émissions, qui n'aurait pas eu lieu en l'absence du projet.

Source : http://www.effet-de-serre.gouv.fr/images/documents/c_guide_moc_bd.pdf


Réflexion sept (10 décembre 2007)
Le Mécanisme de développement propre (MDP)


Le mécanisme de développement propre (MDP), que l'on retrouve régulièrement dans la littérature du développement, est l'un des trois mécanismes de flexibilité prévus dans le cadre du protocole de Kyoto. Il permet aux états occidentaux de réaliser leurs objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre en investissant dans des projets dans les pays en développement. C'est la réponse apportée aux demandes des pays en développement pour bénéficier d’un mécanisme financier qui appuie le développement économique en adoptant des méthodes de production plus propres. Contrairement à la mise en œuvre conjointe (MOC), qui vise en priorité à lancer des projets de stockage de carbone ou de réduction d’émissions, le MDP s’adresse aux besoins du financement du développement.

Ce mécanisme génère des crédits d’émission sur la base de projets d’investissement dans un pays en développement. Ces projets, qui peuvent être le fait d’investisseurs publics ou privés, déterminent des réductions d'émissions de gaz par rapport à une situation de référence. Ces droits peuvent être stockés ou échangés et doivent faire l’objet d’un partage entre l’investisseur étranger et le pays ou le partenaire hôte. Selon le texte du protocole de Kyoto, ce mécanisme donnera lieu au prélèvement d’une taxe (pour l'instant non définie) qui devrait contribuer au financement des coûts d’adaptation des pays en développement au réchauffement climatique.

Les MDP auraient représenté 5,4 milliards de dollars en 2006 pour 508 millions de tonnes économisées. Au total, 8 milliards de dollars auraient été générés depuis 2002, pour 16 milliards d'investissement global. La Chine et l'Inde sont les deux principaux vendeurs de ces droits ; l'Afrique étant restée largement absente de ce marché.


Réflexion six (9 décembre 2007)
Le protocole de Kyoto


Le second rapport du GIEC datant de 1995 ayant affirmé que les engagements pris par les états dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC - UNFCCC en anglais) étaient insuffisants pour prévenir les effets négatifs des activités humaines sur le climat, les états ont donc décidé de négocier un nouveau protocole pour renforcer la Convention-cadre.

Le Protocole de Kyoto a ainsi été adopté le 11 décembre 1997 lors de la troisième session de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'est tenue à Kyoto au Japon. Le protocole est entré en vigueur le 16 février 2005 pour les pays l'ayant ratifié, après sa ratification par la Russie. Bien que théoriquement en vigueur depuis le 16 février, le protocole n’est réellement entré en action au niveau mondial que le 30 novembre 2005 après l’adoption formelle de ses premières modalités de fonctionnement, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Montréal (du 28 novembre au 9 décembre 2005).

Le protocole de Kyoto a été ratifié à ce jour par 172 pays, à l'exception notable des Etats-Unis qui en sont pourtant signataires. Il comporte des engagements contraignants, en plus de ceux qui figurent dans la CCNUCC (convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques). Les pays visés à l'annexe B du Protocole (la plupart des pays de l'OCDE et des pays à économie en transition) se sont engagés à ramener leurs émissions anthropiques de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFC, PFC et SF6) à 5% au moins au dessous de leurs niveaux de 1990 pendant la période d'engagement (2008 à 2012).

Le protocole de Kyoto a prévu la possibilité de recourir à trois mécanismes dits de flexibilité, en complément des politiques et mesures que les états concernés devront mettre en œuvre au plan national. Ces mécanismes sont les suivants : échanges internationaux de permis d’émission, mise en œuvre conjointe (MOC), mécanisme de développement propre (MDP). L’action domestique doit toutefois constituer une part significative de l’effort de réduction, le recours aux mécanismes du protocole ne venant qu’en supplément. Ceux-ci permettent aux pays industrialisés de bénéficier de crédits-carbone résultant d'investissements en technologies propres dans des projets de réduction d'émissions de GES à l'extérieur de leur zone géographique.


Réflexion cinq (7 décembre 2007)
L'atmosphère terrestre


L'atmosphère représente l'enveloppe gazeuse entourant la Terre. L'atmosphère sèche est composée presque entièrement d'azote (N² ou diazote - rapport de mélange en volume de 78,1%) et d'oxygène (O² - rapport de mélange en volume de 20,9%), avec un certain nombre d'autres gaz présents à l'état de trace, dont l'argon (Ar - rapport de mélange en volume de 0,93%), le néon (Ne - rapport de mélange en volume de 0,002%), l'hélium (He - rapport de mélange en volume de 0,001%) et des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO² - rapport de mélange en volume de 0,035%) ou l'ozone (O³). En outre, l'atmosphère contient de la vapeur d'eau, dont la proportion est très variable, mais dont le rapport de mélange en volume est généralement de 1%. L'atmosphère contient également des aérosols et des poussières.

La limite externe de l'atmosphère terrestre est définie comme la distance supposée où les molécules de gaz atmosphérique cessent de subir l'attraction terrestre et les interactions de son champ magnétique, soit une altitude comprise entre environ 60.000 kilomètres au-dessus de l'équateur et 30.000 kilomètres au-dessus des pôles (valeurs indicatives impactées par les interférences gravitationnelles de la Lune et du Soleil). On distingue plusieurs couches dans l'atmosphère terrestre : la troposphère (7 à 16 kilomètres d'altitude) - la stratosphère (40 kilomètres d'épaisseur) - la mésosphère (30 kilomètres d'épaisseur) - la thermosphère (270 à 700 kilomètres d'épaisseur) - l'exosphère (29.000 à 59.000 kilomètres d'épaisseur). La plus grande part de la masse atmosphérique est proche de la surface. La troposphère contient ainsi 80 à 90% de la masse totale de l'atmosphère et la quasi-totalité de la vapeur d'eau.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Atmosphère_(Terre)


Réflexion quatre (6 décembre 2007)
Le forçage radiatif


En climatologie, le forçage radiatif peut être défini comme la différence entre l'énergie radiative reçue par un système climatique donné (dans le cas de la Terre de la part du Soleil sous forme d'ultraviolet) et l'énergie radiative émise (sous forme d'infrarouge). Ainsi, l'énergie radiative affectant le climat de la Terre provient du soleil. La planète et son atmosphère absorbent et réfléchissent une partie de cette énergie, alors qu'une autre partie est réémise vers l'espace. L'équilibre entre l'énergie absorbée et l'énergie radiative émise détermine la température moyenne. La planète est plus chaude qu'elle ne le serait en l'absence d'atmosphère. Un forçage radiatif positif tend à réchauffer le système (plus d'énergie reçue qu'émise), alors qu'un forçage radiatif négatif va dans le sens d'un refroissement (plus d'énergie perdue que reçue). Si l'on considère la Terre comme système climatique, les causes possibles de forçage radiatif sont une modification du rayonnement solaire incident ou les effets de variations des quantités de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Exprimé d'une autre façon, le terme de forçage radiatif peut être utilisé pour désigner et quantifier une perturbation d’origine extérieure imposée au bilan d’énergie radiative du système climatique. Une telle perturbation du système peut-être associée à des variations séculaires de la concentration atmosphérique de gaz à effets de serre radiativement actifs (CO², méthane, ozone ...), à des modifications de l’irradiance solaire ou de tout autre agent pouvant affecter le bilan radiatif de la planète (particules, poussières ...). Cette perturbation du bilan radiatif peut potentiellement conduire le système climatique vers un nouvel état d’équilibre caractérisé par des variables climatiques différentes (température, précipitations) . Le forçage radiatif est exprimé en unités d’énergie (joules) par seconde et par mètre carré (W/m2) et peut-être positif si il correspond à un réchauffement du système ou négatif si il correspond à un refroidissement.

On peut ainsi déterminer la capacité de forçage radiatif de chaque gaz à effet de serre et on peut comparer leur pouvoir d'influence sur le réchauffement climatique. Chaque gaz à effet de serre peut ainsi avoir des effets différents sur le bilan radiatif du climat terrestre. Ils participent au réchauffement climatique lorsqu'ils captent une partie du rayonnement infrarouge qui est renvoyé par le sol vers l'espace. Mais ils peuvent également accroître le réfléchissement énergétique direct vers l'espace, avant que cette énergie ne rencontre le sol, les océans ou la glace. L'action et le forçage radiatif du même gaz à effet de serre peut aussi être différent selon qu'il se trouve dans la troposphère ou dans la stratosphère.


Réflexion trois (5 décembre 2007)
Les gaz à effet de serre


D'après le glossaire du GIEC sur le changement climatique, les gaz à effet de serre sont des constituants gazeux de l'atmosphère (en quantités infimes, dont les teneurs sont exprimées en parties par millions - ppm), tant naturels qu'anthropiques (c'est-à-dire résultant de l'action de l'homme ou produits par lui), qui absorbent et émettent un rayonnement à des longueurs d'onde données du spectre du rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre, l'atmosphère et les nuages. C'est cette propriété qui est à l'origine de l'effet de serre. L'effet de serre est évidemment naturel et indispensable à la vie sur Terre. Sans lui, notre planète aurait été un désert de glace à la température moyenne de -18 degrés celcius (alors qu'elle atteint en moyenne 13 degrés).

La vapeur d'eau (H²O), le dioxyde de carbone (CO²), l'oxyde nitreux ou protoxyde d'azote (N²O), le méthane (CH4) et l'ozone (O3) sont les principaux gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère terrestre. L'atmosphère contient en outre un certain nombre de gaz à effet de serre entièrement anthropiques tels que les hydrocarbures halogénés et autres substances contenant du chlore et du brome, dont traite le Protocole de Montréal. Outre le CO², le N²O et le CH4, le Protocole de Kyoto traite, quant à lui, d'autres gaz à effet de serre tels que l'hexafluorure de soufre (SF6), les hydrofluorocarbones (HFC) et les hydrocarbures perfluorés (PFC).

Il faut aussi noter que le pouvoir calorifère du méthane (CH4) est 60 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (CO²) et celui du protoxyde d'azote (N²O) est 270 fois plus élevé que le dioxyde de carbone. La durée de vie moyenne de ces principaux gaz est de 120 ans pour le protoxyde d'azote, d'un siècle pour le dioxyde de carbone, de 14 ans pour le méthane, de quelques jours seulement pour la vapeur d'eau mais qu'elle atteint 50.000 ans pour le tétrafluorométhane (CF4).


Réflexion deux (4 décembre 2007)
Le GIEC


En matière de lutte contre le réchauffement climatique, il est désormais régulièrement fait mention du GIEC et de ses rapports. Mais qu'est-ce que le GIEC

Le GIEC, en abrégé 'Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat' (ou IPCC en anglo-saxon pour 'Intergovernmental Panel on Climate Change') a été créé en 1988 par deux organismes de l'ONU, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), dans le but d'étudier le phénomène de modification du climat terrestre.

Sa création faisait suite à la tenue de la première conférence mondiale sur le climat, qui avait été organisée à Genève en 1979. Elle avait envisagé à l'époque, pour la première fois sur la scène internationale, l'éventualité d’un impact de l'activité humaine sur le climat. Elle faisait suite à un certain nombre de désordres climatiques enregistrés au cours des années 1970 (grave sécheresse en 1972 en Union soviétique - vague de froid au Brésil en 1975 - vague de chaleur en Europe de l'été 1976 - grave sécheresse en 1978 en Afrique).

Le premier rapport du GIEC date de 1990. Le GIEC y confirmait les informations scientifiques à l'origine des préoccupations sur le changement climatique. Il a incité l'ONU à établir une Convention cadre sur les changements climatiques adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994. Son second rapport date en 1995 et a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto. Son troisième rapport a été publié en 2001. Son quatrième rapport a été présenté en 2007 au cours de plusieurs réunions qui se sont réunis à Paris. Selon le GIEC, la probabilité d'une influence de l'activité humaine sur le réchauffement climatique actuel est supérieure à 90%.

Le GIEC est constitué de délégations de scientifiques de tous les pays du monde, mais on y trouve également des représentants de grandes entreprises et d'associations de défense de l'environnement. Les personnes y siégeant sont accréditées par leur propre gouvernement et ont pour mandat « d'expertiser l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme ». Le GIEC a pour mandat d'évaluer, sans parti pris et de manière méthodique, claire et objective, les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles en rapport avec la question du changement climatique. Le GIEC travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique.

Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier. Il est organisé en trois groupes de travail :
- Le groupe I étudie les principes physiques et écologiques du changement climatique
- Le groupe II étudie les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique
- Le groupe III étudie les moyens d'atténuer le changement climatique

Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d'experts_intergouvernemental_sur_l'évolution_du_climat


Réflexion une (3 décembre 2007)
Les cycles de Milankovitch


Milutin Milankovitch, ingénieur et astronome yougoslave, né à Dalj en 1879 et mort à Belgrade en 1958, développa une démonstration mathématique de la théorie dite des Paléoclimats, entre 1915 et 1938, qui explique l'alternance de cycles glaciaire-interglaciaire au cours de l'ère Quaternaire. Après avoir essuyé de nombreuses critiques jusque dans les années 1960, cette théorie est aujourd'hui communément acceptée.

La théorie astronomique des climats est basée sur l'idée que les variations à long terme des paramètres de l'orbite et de la rotation terrestre engendrent des variations de l'ensoleillement (ou insolation) reçue à la surface de la Terre, ces variations pouvant entraîner des changements climatiques dont la trace est parfois enregistrée ou gravée dans certains indicateurs paléoclimatiques et séquences géologiques.

Toutes ces variations affectent l'insolation journalière et saisonnière des différentes zones de latitude de la Terre. Ainsi sur le dernier million d'années, les fluctuations d'insolation ont pu atteindre 20% de sa valeur moyenne dans les régions de haute latitude. Les périodes caractéristiques suivantes (évoquées ci-dessous) sont plus communément appelées cycles de Milankovitch.
- 100.000 à 400.000 ans pour la variation de l'excentricité de l'orbitre terrestre
- 41.000 ans pour la variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre
- 19 000 et 23 000 ans pour la précession climatique

1. La variation de l'excentricité de l'orbite terrestre

Elle caractérise le degré d'aplatissement de l'ellipse par rapport à un cercle. L'attraction du Soleil donne au premier ordre un mouvement elliptique à la Terre mais l'attraction gravitationnelle des autres planètes tend à déformer cette ellipse. Chaque planète, suivant sa position et son éloignement, contribue à faire varier légèrement l'excentricité de la Terre au cours du temps.

L'excentricité de l'orbite terrestre est actuellement très faible, de l'ordre de 0.017 et les perturbations planétaires entrainent des variations lentes de celle-ci entre ~0 (excentricité nulle=cercle) et 0.06 (ellipse légèrement aplatie). En première approximation, ses variations s'inscrivent dans un cycle de 100 000 et 400 000 ans. Il est important de noter que, par exemple, de fortes excentricités entrainent conjointement une diminution de la distance la plus faible entre la Terre et le Soleil (périhélie) et une augmentation de la distance maximale entre les deux astres (aphélie), mais que la distance "directe" entre périphélie et aphélie ne varie pas car le grand axe ne change pas. C'est ce qu'a démontré Laplace en 1772.

Une autre conséquence est que les variations d’excentricité modulent les contrastes des saisons, qui sont dus au premier ordre à l'existence d'une inclinaison de l’axe de rotation de la planète sur elle-même.

L'excentricité a aussi un rôle important dans le calcul de l'insolation moyenne globale annuelle reçue sur Terre qui est inversement proportionnelle à la racine carré de (1-e2). Elle augmente très légèrement quand l'excentricité augmente mais pour la Terre, ses variations restent très limitées. Ces variations de l'excentricité de l'orbite terrestre font toutefois varier la quantité d'énergie solaire qui parvient sur la Terre. Actuellement, on enregistrerait une différence de 6% entre été et hiver. Mais lorsque l'orbite terrestre est à son maximum d'excentricité, la différence entre l'été (plus chaud car plus proche) et l'hiver (plus froid) atteindrait 20 à 30%.

2. La variation de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre

Elle caractérise l'inclinaison de l'axe de la Terre par rapport à l’écliptique. Par définition, c'est l'angle entre l'axe de rotation et la perpendiculaire au plan orbital (ou plan de l'écliptique) moyen de la Terre. L'obliquité terrestre évolue aussi au cours du temps pour plusieurs raisons :
- A cause des perturbations planétaires, l'inclinaison du plan orbital de la Terre évolue et oscille.
- La Terre n'étant pas sphérique mais légèrement aplatie sur les pôles, les forces gravitationnelles exercées par le Soleil et la Lune tendent à faire tourner et précesser l'axe de rotation de la Terre (comme une toupie !) autour de cette perpendiculaire à l'écliptique. Le cône décrit alors par l'axe de rotation fait un tour en environ 26 000 ans.

La combinaison de ces deux effets engendre, au premier ordre, une oscillation de l'obliquité terrestre qui reste actuellement très limitée, environ 1.3° autour d'une valeur moyenne proche de 23.5°. La période principale de ces oscillations est de ~ 41 000 ans.

L'obliquité est à l'origine des saisons et module la quantité d'ensoleillement reçue aux différentes latitudes suivant les saisons. Si l'obliquité était nulle, il n'y aurait plus de saisons à la surface de la Terre. Il est aussi facile de voir que le climat des hautes latitudes est très sensible aux variations d'obliquité à l'inverse des régions équatoriales.

L'insolation annuelle moyenne en un point de latitude donnée ne dépend quasiment que de l'obliquité. Pour une obliquité donnée, elle diminue avec la latitude (il fait plus froid aux pôles !) mais augmente avec l'obliquité pour un point de latitude donnée.

3. La précession climatique

Son origine est plus complexe. L'effet précédemment décrit de "précession'' de l'axe de rotation de la Terre entraîne un décalage régulier de la position des solstices et des équinoxes. Si, à cet effet, on ajoute le fait que l'orbite elliptique terrestre "tourne" aussi progressivement autour du Soleil, la position de la Terre sur l'ellipse à un moment précis de l'année, l'équinoxe de printemps par exemple, évolue dans le temps. Ce phénomène s'effectue avec des périodes proches de 19 000 et 23 000 ans.

Plus concrètement, actuellement le solstice d'été dans l'hémisphère Nord a lieu à proximité de l'aphélie, ce qui permet de tempérer les étés, mais de créer, à l'inverse, des hivers moins rigoureux.

L'hémisphère Sud est dans la situation opposée. Il y a ~ 11 500 ans, la situation était inversée, plaçant le solstice d'été au périhélie de l'orbite et engendrant ainsi des étés très chauds et des hivers très froids dans l’hémisphère nord.

La théorie astronomique des cycles de Milutin Milankovitch permet d'expliquer d'une manière communément admise la succession de périodes glaciaires froides (correspondant à la norme) et de périodes interglaciaires chaudes (l'exception) au cours des derniers millions d'années. Le précédent maxima glaciaire date d'il y a 35.000 à 25.000 ans. Nous vivons actuellement au cours d'une période interglaciaire qui a débuté il y a environ 13.000 à 11.500 ans, avec un bref épisode de reglaciation intervenu il y a 8.200 ans (qui a duré 200 ans).

Mais si les cycles de Milankovitch permettent d'expliquer les entrées en glaciation et en période interglaciaire, il demeure toutefois un certain nombre de questions. La principale question que l'on peut se poser concerne l'influence des variations d'ensoleillement consécutives aux cycles de Milankovitch, que l'on s'accorde à considérer comme limitées. Comment des variations limitées de rayonnements solaires peuvent-ils causer de telles modifications climatiques ?


Saucratès



12/12/2010
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