Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Sujets de société


La condition féminine

 

Réflexion quatre (19 novembre 2013)
Le socialisme ou la haine de l'autre.
Premières victimes des haines nourries par les socialistes : les Hommes ...

 

Le socialisme devrait être un humanisme. Seulement voilà, depuis le retour des socialistes à la tête de ce gouvernement, depuis même la campagne électorale de 2007 et de 2012, je me rends compte que le socialisme préfère s'attaquer aux uns et aux autres. Les seuls auxquels le socialisme ne s'attaque pas, ce sont les minorités : minorités de genre comme les homosexuels, minorités sociales comme les exclus ou les étrangers d'Afrique ...

 

Le projet de pénalisation des clients de prostituées criminalisation me pose, à moi comme à Elisabeth Badinter, un énorme problème de conscience. Et surtout, avec les méthodes de fascistes utilisées par les bien-pensants et bien-pensantes socialistes et féministes, il n'est pas possible pour un homme de s'opposer à ce projet de loi sans passer pour un énorme phalocrate et un esclavagiste.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-l-etat-n-a-pas-a-legiferer-sur-l-activite-sexuelle-des-individus_3516107_3224.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/12/ce-sont-les-acheteurs-de-sexe-qu-il-faut-penalise_3512622_3232.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-les-deputes-renforcent-les-droits-des-victimes_3516715_3224.html

 

C'est une guerre déclarée aux hommes comme l'écrit Elisabeth Badinter ... Je suis totalement d'accord avec sa position. Les socialistes relaient les haines que portent les féministes et les esprits bien-pensants aux hommes.

 

Tous les hommes évidemment ne recourent pas aux services de prostituées. Evidemment ! Toutes les prostituées ne sont pas non plus des femmes, évidemment aussi ! Même si une très forte majorité des clients de prostituées sont des hommes !

 

Je ne me réfugierais pas derrière l'argument que des femmes aussi paient des prostitués, ou que la prostitution est parfois un choix librement consenti ... Se prostituer est clairement un choix terrible et présente un coût humain terrible. Et pourtant, il est également terrible de penser que parfois le choix de se prostituer puisse apparaître comme l'une des plus faciles solutions pour une fille de gagner de l'argent relativement facilement. Qu'elle est cette société qui n'offre comme seul débouché à des jeunes gens que la prostitution ou l'assistanat !

 

Je ne réagirais que sur le principe de la haine de l'homme que représente ce projet de criminalisation du client des prostituées. Le recours à la prostitution pour un homme est parfois la seule façon de pouvoir avoir accès à une relation sexuelle ! J'aimerais que les relations amoureuses soient tellement plus simples de telle sorte que tant d'hommes ne soient pas exclus des jeux sexuels. Que doivent faire tous les hommes auxquels le sexe est refusé, ou qui ne peuvent s'évader d'un couple mortel ? Si les rôles entre les sexes étaient plus équilibrés, si les hommes pouvaient aussi facilement trouver des amants que les femmes, si le regard de la société sur le sexe n'était pas aussi puritaine, alors oui, on pourrait criminaliser le recours à la prostitution. Mais ce n'est pas le cas !

 

Je vois bien le prochain combat des féministes et des esprits socialistes bien-pensants contre les Hommes : la criminalisation de l'infidélité masculine ! Clouer au pilori les hommes infidèles, sources de maladies vénériennes pour ces si douces et tendres épouses !

 

Et je me demande : pourquoi cette haine à l'égard des hommes ? Et pourquoi les socialistes participent-ils à ce genre de croisade anti-masculine, à ces interférences dans nos vies ? Avec le projet de mariage pour tous pourtant, il était interdit aux hommes de se juger ou de se mêler de la vie des autres sexes. Il devenait normal de se marier entre personnes homosexuelles, femmes ou hommes, et ce genre de relations amoureuses et sexuelles sont désormais présentées comme normales. Et pourtant, cela ne gêne les mêmes parlementaires, les mêmes féministes, les mêmes moralistes de vouloir condamner un homme qui aurait recours à une prostituée ? D'un côté, les homosexuels et homosexuelles (tantouzes ou gouines) doivent avoir le droit de vivre comme ils l'entendent. De l'autre, nous, les hommes, ces mêmes personnes veulent nous dicter et criminaliser notre sexualité ?

 

N'y a-t-il pas là une différence de traitement inexplicable ?

 

Esprits bien-pensants, moralistes et féministes de tout crin, halte à la haine contre les hommes ! Halte à la dictature des consciences ! Laissez-nous vivre notre vie comme nous l'entendons ! Laissez-nous vivre notre sexualité comme nous le souhaitons, de la manière dont nous le souhaitons !

 

 

Réflexion trois (31 juillet 2012)
Le débat sur l'abolition de la prostitution (féminine)

 

Pour cette réflexion, je m'appuierais sur un certain nombre d'articles de blog ou journalistiques. Et les articles traitant de la prostitution en Thaïlande me sont parus particulièrement éclairants sur certains aspects de cette question, ce qui se comprend si on se référe à ce que dit Michel Houellebecq et son livre «Plateforme».

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/apologie-de-la-prostitution-une-attitude-politiquement-incorrecte_1736508_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/reconnaitre-la-prostitution-et-non-l-abolir_1736509_3232.html

http://sexe.blog.lemonde.fr/2012/07/28/prostituee-ou-travailleur-du-sexe/

http://www.thailande-infos.net/nuit-thailande/les-bars-a-filles-mode-demploi-pratique/7623/

 

Je ne comprends pas tout à fait l'argumentation de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem et de ceux que s'appellent 'féministes', qui appellent à l'abolition de la prostitution et à la pénalisation des clients. Mais évidemment, je ne suis qu'un homme et je ne peux pas forcément les comprendre puisque je n'ai pas subi ce qu'elles ont vécu.

 

Entre parenthèses, Najat Vallaud-Belkacem pourrait aussi souhaiter l'abolition de la connerie humaine, et cela ne toucherait pas pour une fois que des hommes, vu ce que Ségolène Royal a sorti aigrement sur son ancienne porte-parole, selon laquelle «Najat Vallaud-Belkacem, qui fut longtemps une de ses fidèles, devait sa réussite avant tout à ses origines». Abolir la connerie humaine ou combattre l'aigreur des mesquins ? «Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière». Aigreur d'une ancienne 'ex-future présidente présidente de la république' battue à plate couture et privée de toute possible ambition ministérielle ?

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/27/royal-sur-vallaud-belkacem-elle-s-appelerait-dupont-elle-ne-serait-peut-etre-pas-la_1739427_823448.html 

 

Que recouvre la position des féministes sur la prostitution ? Elle me semble vouloir en faire porter la faute et la responsabilité sur l'espèce masculine, et à lui en faire payer le prix. Si l'homme n'avait pas des pulsions malsaines, il n'y aurait pas de prostitution et la femme serait libre de son corps ! Au fond, cela me semble plus ou moins vrai ! De la même manière que si des femmes ne répondaient pas à ces pulsions sexuelles masculines, il n'y aurait pas non plus de prostitution, de relations adultérines ni même probablement de pulsions masculines. Il me semble donc vraisemblablement difficile de mettre la faute sur l'une ou sur l'autre de ces deux espèces humaines (l'homme et la femme) condamnées à vivre ensemble et à se supporter pour se perpétuer.

 

Je ne peux pas ainsi accepter la position des abolitionnistes du parti socialiste, même s'il n'y est pas simple voire même difficilement justifiable, d'exposer une position contraire sur ce sujet, pour la raison qu'il est difficile de se déclarer en tant qu'homme favorable à la prostitution, sans être soupçonné immédiatement d'être un consommateur putatif.

 

Et en même temps, je reconnais que recourir à la prostitution repose pour partie sur des bases de perversion (qui est une maladie) et sur une chosification, une réification, une réduction de la femme au statut de simple objet de plaisir. Mais cette dégradation de la femme et de la dénaturation des sentiments ne concernent pas que la prostitution. Elle concerne de très nombreuses relations sexuelles entre hommes et femmes, en dehors du mariage ou dans le mariage. Ce n'est pas pour un homme le fait de payer pour une relation sexuelle tarifée qui dénote une vision dégradante de la femme. L'homme marié qui obtient d'une partenaire de passage un acte sexuel, en absence d'amour, n'a-t-il pas le même manque de considération pour la femme en général ? L'étudiant qui couche avec une fille pour épater (ou non) ses copains n'est-il pas lui aussi dans le même travers. Et quelle différence cela fait-il s'il paye ou non pour cet acte sexuel ? Et en sens inverse, ne peut-on pas dire la même chose de nombreuses femmes qui peuvent aussi avoir des relations sexuelles sans amour véritable pour leur partenaire ? Mais au fond, une bonne partie des couples ne naissent-ils pas de ce genre de tentatives, d'essais de l'autre ?

 

Que veulent les féministes ? Défendre le droit des femmes à contrôler leur corps ? Attaquer et éliminer l'homme parce qu'il représente un danger pour les femmes ? Instaurer un contrôle des pensées pour interdire tout acte sexuel qui ne reposerait pas sur des sentiments véritables ? Se contenter d'interdire la prostitution puisque ces actes-là au minimum se font sans sentiment véritable ?

 

Je me contenterais de ce que je connais, donc de la part du côté masculin dans la sexualité. Je reconnais que l'usage de la prostitution repose sur un ravalement de la femme au statut d'objet de plaisir. L'homme cherche son seul plaisir (fugace) dans ce réceptacle (terme biblique). Et au fond, il n'y a pas de grande différence entre l'usage d'une prostituée et le recours à une amante d'un jour ou de quelques années. Et au fond avec sa propre femme ! La différence n'est qu'une question de possibilités et de graduations. Graduation des sentiments, graduation de l'attention à l'autre, au plaisir de l'autre, graduation dans l'entretien d'une relation dans le plus ou moins long terme, graduation entre le plaisir sexuel et l'amour véritable.

 

Au fond, dans mon esprit, pour les féministes, vouloir abolir la prostitution, c'est vouloir abolir le sexe, puisque la prostitution n'est qu'une graduation de la sexualité ... Ce que je comprends venant d'une féministe puisque le sexe en lui-même est un acte profondément inégalitaire, entre l'homme et la femme, un acte de pénétration, d'envahissement de la femme par l'homme, de la femelle par le mâle ... Les féministes ne seraient-il que des adeptes de l'abstinence, qui est bien un droit de libre usage (ou non-usage) de son corps, comme les plus purs des puritains anglo-saxons ?

 

Je reconnais que l'homme en tant que touriste sexuel (prédateur sexuel) tente simplement de profiter d'opportunités à bon marché lorsqu'il cherche son plaisir sexuel à l'étranger dans des pays à faible pouvoir d'achat, même s'il tente parfois de se réfugier derrière de pseudos excuses bidons comme de sauver des malheureuses de la misère par leur argent ... Il est ainsi excessivement amusant de savoir que certains d'entre eux se font dépouiller gentiment, victimes de leur propre crédulité sur leurs charmes ravageurs. Mais pour quelques centaines de 'victimes' idiotes, combien y a-t-il de profiteurs sans vergogne ?

 

Pour reciter Michel Houellebecq et son roman «Plateforme», «on retrouve l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman , où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne».

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/MICHEL/13831

 

Mais cette vision réaliste du vacancier minable standard (franchouillard) ne se limite pas au tourisme sexuel. Cela concerne plus généralement le tourisme tout entier, avec sexe ou sans sexe, masculin ou féminin. Ils recherchent dans les vacances un exutoire à leur vie morne, et ils ont besoin de se sentir importants, dans les hôtels ou en croisière pour pauvres, pour en avoir pour leur argent. Cela la misère des pays qu'ils visitent qui leur fait supporter leur vie morne et grise. Passer leurs vacances dans une région plus riche qu'eux, sans misère, au milieu de gens riches, sans considération pour la mesquinerie de leur existence, serait pour eux la catastrophe ultime.

 

Mais de là à vouloir abolir la prostitution ou condamner pénalement les hommes consommateurs (ou les femmes parfois !) de ces plaisirs tarifés, il y a un cap que je ne me vois pas franchir. Car aussi dépravés qu'ils soient, les hommes ne sont pas seuls responsables de cet état de fait !

 

Pourquoi des hommes sont-ils contraints de chercher auprès de prostituées françaises ou étrangères des plaisirs sexuels, une excitation sexuelle, qu'ils ne peuvent pas trouver auprès de leur femme, auprès d'amies, de connaissances ou simplement de rencontres de passage ou de hasard ? Il n'y a que deux explications. Soit les hommes sont naturellement des pervers et cela s'aggrave avec l'âge ! Probable !Soit il y a un problème de communication entre les hommes et les femmes, dans les couples et dans leurs inter-relations tout court, qui leur interdit toute possibilité de communication et de rencontre ; chacun se retrouvant coupés de l'autre sexe. Et à mon avis il y a un peu des deux explications dans les causes de recours des hommes (mais également des femmes d'un certain âge ... car comme l'écrit l'anthropologue Franck Michel dans le Monde diplomatique : «on peut désormais établir une sorte de cartographie du tourisme sexuel : les femmes vont à Goa, en Inde, en Jamaïque, en Gambie ; tandis que les hommes préfèrent les pays du Sud-Est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la République dominicaine, Cuba, le Panamá, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil») à la prostitution ! .

  

 

Réflexion deux (7 novembre 2011)
De l'exagération des 'violences' reprochées aux hommes

 

J'estime que les violences faites aux femmes sont inacceptables et qu'il y a quelque chose de malsain dans la capacité innée de violence de l'être humain de sexe masculin. Toutefois, je vais dire immédiatement le contraire de mes écrits précédents par réaction à la manifestation qui s'est tenue samedi 5 novembre à Paris pour réagir justement à ces violences, mais également à l'affaire Dominique Strauss-Kahn. Certains des propos entendus hier par le biais des journaux télévisés, notamment de la part de Clémentine Autain, du Front de Gauche, m'ont particulièrement énervé. Clémentine Autain ne s'attaque pas seulement aux violences réelles subies par les femmes mais généralisait dans ce que j'ai compris de ses propos à l'ensemble des remarques qui peuvent être faites aux femmes, comme des commentaires sur leur robe ou leur tenue.

 

Evidemment, Clémentine Autain ne représente pas de manière générale la manière de penser des femmes dans leur ensemble. Elle n'est pas leur représentante officielle. Pourtant, ce que j'ai entendu de ce qu'elle disait me paraît outrancier, notamment par l'impossibilité de tracer une limite nette, indiscutable, entre ce qui serait de la drague, voire un simple compliment, de ce qui serait une violence faite aux femmes. Au fond, ce qui distinguerait les deux, violence ou drague ou compliment, ne consisterait qu'en la façon dont cela serait reçu par la femme. De sa réaction dépendrait l'existence de poursuites judiciaires.

 

Je veux bien que l'affaire DSK fasse réagir les féministes de tout poil. Je veux bien qu'une féministe patentée, qu'une égalitariste communiste forcénée, comme un membre du Front de gauche, estime comme totalement déplacée le moindre compliment ou la moindre différence entre une femme et un homme. Je veux même comprendre que Tristane Banon soit remontée contre tout ce qui puisse représenter un homme ... Mais ce qu'elles attaquent me rappelle trop la situation juridique américaine qui transforme tout regard, toute parole échangée entre un homme et une femme, comme une potentielle agression sexuelle ou un potentiel harcellement sexuel. Et ce qui me surprend encore plus dans la situation américaine, c'est qu'il puisse encore y avoir des jeunes qui se rencontrent et des relations extra-conjuguales.

 

Alors oui, les violences dont sont victimes les femmes dans le monde entier, et en France également, sont totalement inacceptables et doivent être combattus violemment. Effectivement, l'homme a un problème de violence qu'il faudrait réussir à faire traiter ; violence que je ne comprends pas ; violence qui touche tout particulièrement les femmes, mais pas uniquement ... et qui pourrait concerner de très nombreux hommes, pourtant tout à fait présentables et normaux, placés dans certaines situations particulières (guerres, réactions en groupe ...) ... Mais en même temps, il me semble extrêmement dangereux de généraliser à toutes les interactions hommes-femmes les situations potentielles de violence (comme de simples compliments) ou de faire disparaître toute trace de la présomption d'innocence pour les hommes qui seraient accusés de viol ou d'agression sexuelle, voire même de modifier les délais de prescription pour les aligner sur les crimes.

 

Ce vingtième-et-unième siècle sera puritain ou bien sera islamiste ...

 

 

Réflexion une (3 août 2011)
Les violences faites aux femmes

 

Les meurtres et viols dont ont été victimes deux jeunes femmes françaises, Houria Moumni et Cassandre Bouvier, âgées de 24 et 29 ans, en Argentine en début de semaine, nous rappelle une horrible évidence : le fait que les femmes sont trop souvent les victimes de violence du fait des hommes. L'actualité est trop souvent occupée de faits divers qui en deviennent banaux par leur régularité, par leur répétition : jeunes femmes retrouvées mortes après avoir été violées lors d'un jogging parce qu'elles ont croisé un violeur récidiviste récemment libéré de prison et sans suivi psychiatrique ... jeunes femmes assassinées par un ex-petit ami ou un ex-mari jaloux qui ne supportait pas une séparation ou bien le fait qu'elle refasse sa vie ... femmes battues par leurs conjoints qui se vengent sur elles de la banalité de leur vie, des humiliations qu'ils subissent le reste de la journée, qui cherchent dans l'alcool ou la violence un antidote à leur médiocrité ...

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/02/touristes-francaises-tuees-en-argentine-un-nouveau-suspect-arrete_1555452_3222.html

 

Bizarrement, l'homme use facilement de la violence dans ses relations avec les femmes, comme si la violence était la seconde nature de l'homme ... Cette préoccupation dans mes réflexions n'est évidemment pas nouvelle ... Un certain nombre de mes précédents écrits tournent autour de la violence faites aux femmes  ... par exemple lorsque je réfléchissais au racisme ou à l'esclavage dont furent victimes autrefois les races noires ... ou à la guerre ...

 

Sans être extrêmiste dans le féminisme, on ne peut que se réjouir que des manifestations aient lieu un peu partout dans le monde pour revendiquer un autre regard vis-à-vis des femmes, pour que le machisme disparaisse, pour que les discriminations cessent, pour que les viols s'arrêtent, pour que les violences faites aux femmes ne soient plus qu'un mauvais souvenir, dans une société enfin égalitaire et humaine ...

 

Lister les violences dont les femmes sont les victimes a-t-il un sens ? Je m'y essayerai pourtant ...

 

 

Saucratès


03/08/2011
3 Poster un commentaire

Billet d'humeur

 

Réflexion deux (4 octobre 2012)
Le discours policé de France Télévision, présentant servilement la politique fiscale et scolaire du gouvernement

 

J'ai regardé hier soir le journal télévisé de France 2 et les intervenants y véhiculaient servilement le discours politique du gouvernement, et cela m'a formidablement énervé. Cela concernait déjà la manière de présenter les transferts de charges patronales vers la CSG toujours envisagés par le gouvernement 'socialiste' de la France. Je mets des guillemets à la couleur politique de ce gouvernement parce qu'il applique en faisant cela une politique de pur gouvernement de droite, et cela m'insupporte. Le présentateur de ce journal télévisé et le spécialiste de l'économie qu'il a interrogé avaient un discours totalement orienté et faux sur cette question. Premièrement, à la question de savoir si le gouvernement n'avait pas un discours excessivement favorable aux entreprises (pour rétablir la compétitivité des entreprises), le soi-disant spécialiste répliqua que ce gouvernement leur demandait aussi beaucoup fiscalement en 2013 dans le projet de loi de finances. Ce n'est pas faux mais orienté !

 

Deuxièmement, quant à savoir qui allaient perdre dans cette opération, le soi-disant spécialiste expliqua doctement que ce ne serait pas les salariés. Mais cette affirmation est fausse ! Le transfert des charges patronales pour financer les allocations familiales sur la CSG conduira à une baisse des charges sociales et des salaires pour les employeurs, et à une baisse des salaires des travailleurs/salariés. Et si par malheur, une partie de cette nouvelle CSG n'est pas une nouvelle fois déductible, nous continuerons encore plus que par le passé à payer des impôts sur une part grandissante de revenus que nous ne toucherons pas !

 

Une telle mauvaise foi, ou une telle incompétence (criminelle), m'insupporte atrocement. J'ose espérer que des syndicats et des partis politiques manifesteront leur opposition à ce genre de mesures inacceptables. Je serais avec eux pour exprimer ma rage et demander la démission d'un président socialiste qui se gausse du peuple qui l'a élu, pour répondre aux désideratas de quelques patrons qui feraient mieux de baisser leurs rémunérations mirobolantes pour baisser le coût du travail en France. Je ne voterais plus jamais socialiste après cela. Quitte à avoir une politique de droite, autant voter pour un homme politique de droite !

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/10/01/mobilisation-contre-l-austerite-hollande-deborde-par-la-gauche_1768036_823448.html

 

Il en allait de même dans ce journal d'un reportage sur les rythmes scolaires à l'école. Le journal nous présenta une journée de classe d'élèves de primaire, avec une conclusion terminale de l'enseignante expliquant qu'il faudrait plus d'heures de cours pour les enfants pour qu'elle est plus de temps pour leur apprendre ! La télévision publique qui oublie son rôle d'enseignement, de service public, pour se transformer en usine de manipulation des consciences ! Aucune réflexion sur le sujet, mais une défense aveugle et servile du discours officiel du gouvernement pour préparer les esprits à l'inéluctable nécessité d'augmenter les jours d'école pour que nos pauvres chérubins soient moins fatigués !

 

De même, le journal rendait compte du souhait du ministre Peillon de généraliser dès la sixième les stages en entreprises, en présentant doctement les fortes et viriles paroles du ministre et l'exemple si intéressant d'une élève ayant découvert sa vocation d'avocate ! Mais pour un exemple de stage intéressant, combien y a-t-il de stages bidons et sans intérêt pour de pauvres enfants dont les parents n'ont pas les réseaux nécessaires pour leur ouvrir ce genre de portes ? Combien d'entreprises et d'administrations jouent le jeu de s'ouvrir à ce genre de stagiaires, dont l'intérêt professionel pour l'entreprise est pratiquement nul ? Cette servilité et cette soif de bien véhiculer la parole gouvernementale m'exaspère ! Dans la même veine, le journal donna juste ce qu'il faut la parole à un interviewé pour que celui-ci explique que les parents doivent cesser de stigmatiser le lycée professionnel. Il s'agit encore une fois de véhiculer un autre leit-motif du ministre Peillon pour valoriser les lycées professionnels, afin de nous préparer à devoir y envoyer nos enfants ?

 

Avons-nous élu des socialistes au gouvernement ? Hollande est-il réellement socialiste ?

 

 

Réflexion une (9 septembre 2011)
Ce qui m'énerve


cheers Ce qui m'énerve, c'est la connerie humaine, la méchanceté gratuite, les haines recuites ... Ainsi l'affaire Dominique Strauss-Kahn vs Nafissatou Diallo et les chroniques ou points de vue au vitriol de telles ou telles féministes patentées, qui ont déjà condamné définitivement en leur for intérieur Dominique Strauss-Kahn, pour lesquelles il n'est qu'un carnassier, un prédateur se nourrissant de pauvres femmes éplorées, malheureuses, et dans le besoin.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/06/l-indecent-retour-mediatique-de-dsk_1568176_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/la-pretendue-seduction-a-la-francaise-n-est-que-de-la-violence-sexuelle_1562644_3232.html

http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/08/23/des-feministes-americaines-condamnent-l-abandon-des-poursuites-contre-dsk_1562714_1522571.html

 

La pire de toutes ses feuilles était vraisemblablement celle de Gisèle Halimi. Le crime de Dominique Strauss-Kahn semble apparemment d'être avant tout un homme. Criminel avant même d'avoir été jugé ; criminel avant même qu'il ait été fourni la preuve que les faits s'étaient bien déroulés comme déclarés par la victime ... Criminel à vie justement parce que le procès pénal américain n'aura jamais lieu du fait de l'abandon des poursuites ... Criminel à vie parce qu'une femme de chambre l'aura accusé de l'avoir violé avec des accents de sincérité, parce qu'elle est noire et pauvre alors qu'il est blanc, riche et puissant ... S'il avait été noir et puissant et elle blanche et pauvre, si l'affaire avait concerné le président américain et une femme de chambre française dans un hôtel parisien, ces bonnes âmes se seraient-elles déchaînées de la même manière ?

 

L'abandon des poursuites me semble un argument suffisant pour estimer que les faits reprochés à Dominique Strauss-Kahn ne sont pas prouvés, pas démontrés, et que jusqu'à preuve du contraire, il est innocent dans cette affaire, qu'il n'existe pas de faits délictueux qui peuvent lui être reprochés ... Mais ce n'est pas suffisant pour Gisèle Halimi et les autres féministes de sa clique : il demeure coupable a priori parce qu'il existe encore un procès au civil aux Etats-Unis intenté par Nafissatou Diallo, preuve que depuis le début de cette affaire, comme le démontre les conversations téléphoniques en peul (pour ne pas être comprise sachant qu'elle était sur écoute ?) qu'elle a pu avoir avec un détenu, seules les compensations financières l'intéressent ...

 

Terrible de penser que des femmes est une haine telle des hommes, de l'autre moitié de l'humanité, qu'elles aient besoin de nous faire partager leurs a priori minables et leurs petites haines recuites et glaciales.

 

king Ce qui m'énerve également, ce sont les idées toutes faites, formatées, que les journaux télévisés nous assènent à longueur de temps et d'actualités. Par exemple hier soir, dans le journal télévisé de France 2, le présentateur intervient sur le plan de relance américain de Barak Obama. Les Etats-Unis sont présentés comme une nation surendettée ... Comment peuvent-ils encore relancer leur économie, demande-t-il. Il s'agit d'un jugement d'un présentateur, en aucun cas un fait. Il n'existe ainsi pas le moindre de critère de surendettement pour un état ... Un certain nombre d'économistes ou de pseudo-économistes (il y en avait justement à ses côtés sur le plateau du journal télévisé hier soir) expliquent certes doctement que les Etats-Unis sont surendettés, mais il n'en existe aucune définition. Il y a quelques décennies, l'endettement du moins endetté des états de notre planète aurait été considéré comme en état de surendettement par des économistes de son temps ...

 

Ce qui m'énerve, c'est que l'on nous présente des opinions personnelles de personnes lambda comme des faits avérés et démontrés, comme des certitudes inébranlables, et c'est particulièrement désagréable de penser que pour des millions de télespectateurs moins bien informés (sur ce sujet), ces opinions bancales et parcellaires sont reçues comme des paroles d'évangile.

 

farao Ce qui m'énerve encore, toujours dans ce même journal télévisé, ce sont ces prétendus pseudo-économistes dont le seul mérite est de paraître doctes, et dont le grand jeu aujourd'hui est de parier sur la désagrégation de la finance mondiale, avec cet espoir d'être présenté comme le grand économiste de leur temps qui aura prévu la grande crise, la méga-crise financière qui emportera l'économie mondiale. Fatigant d'entendre leurs excès de pessimisme, leurs accents de peur, leurs trémolos pour affoler la gallerie, alors qu'ils savent parfaitement que c'est justement l'accumulation de nouvelles pessimistes qui créent et entretiennent les crises économiques et financières, et l'écho médiatique que ces nouvelles reçoivent ... Ces apprentis magico-économistes jouent les apprentis-sorciers, mais ce ne seront pas eux qui en paieront l'addition, mais la masse de ceux qui les écoutent. Eux seront toujours rémunérés pour passer à la télévision, ou pour des livres, pour rappeler combien ils avaient bien prévu ce dont ils sont à l'origine ...

 

alien Ce qui m'énerve enfin, ce sont ces connards de motards et leur mauvaise foi innommable (désolé pour les quelques motards qui me liraient) ... Leur opposition prétendue au gilet jaune pour masquer le fait que la seule chose qui les agace, les énerve dans ces nouvelles mesures, ce sont les modifications apportées à leur plaque d'immatriculation qui les rendront plus facilement repérables et contrôlables, et qui les empêcheront de maquiller leurs motos (plaque minéralogique trafiquée qui se relève à grande vitesse pour les empêcher d'être flashés) ... Ce qui m'énerve, c'est également leur comportement sur la route, aux intersections et aux feus tricolores, dépasser partout pour être toujours devant tout le monde, leurs idées que les règles du code de la route ne s'appliquent pas eux, qu'ils sont les rois de la route, et que les automobilistes doivent se pousser, se ranger sur le bord pour les laisser passer ... D'une certaine façon, c'est leur manque total de respect des autres, d'éducation, de morale, qui m'insupporte ... Ce rejet de ce principe fondamental de la vie en société qui veut que l'on ne fasse pas aux autres ce que l'on aimerait qu'ils nous fassent ... Principe que les motards n'appliquent aucunement et en aucune façon ...

 

Et pour finir, un petit morceau de musique ...


«Avé Maria» de Nana Mouskari ... 

 

 

Saucratès


09/09/2011
6 Poster un commentaire

De l'impôt

 

Réflexion six (29 août 2012)
Les grands groupes français organisent la fuite devant l'impôt de leurs plus riches salariés ...

 

Les entreprises françaises transfèrent hors de France leurs plus gros salaires, pour leur permettre d'échapper à la hausse de la fiscalité française. Les banques envisagent ainsi de transférer leurs salles des marchés à Londres (et l'emploi de leurs traders), chez les britanniques qui avaient proposé de dérouler le tapis rouge pour les riches contribuables français. Le pire, c'est que les mêmes traders avaient fui l'Angleterre à l'époque de la crise financière lorsqu'ils avaient perdu leur travail bien rémunérés, pour venir profiter de l'état providence français et son système d'allocation chômage bien plus intéressant que son homologue britannique. Les grandes entreprises envisagent aussi de transférer leur siège social et les membres de leur comité de direction à l'étranger, dans un pays fiscalement accueillant, pour les mêmes raisons (la Société Générale qui envisage de transférer des postes de traders à Londres, LVMH et son président Bernard Arnault qui étudie la délocalisation du comité exécutif du groupe dans une capitale étrangère, Schneider Electric et son président Jean-Pascal Tricoire qui a transféré son comité exècutif à Hong-Kong ...).

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/08/23/londres-attire-les-refugies-fiscaux-des-banques-francaises_1749106_3234.html

 

Il y a avant tout dans ces comportements un problème de morale. On ne peut pas toujours rechercher à maximiser son intérêt personnel dans la vie sociale. C'est même strictement incompatible, même si de très nombreuses personnes semblent gérer leurs relations sociales de cette manière : affables et prévenants avec les personnes qui peuvent leur apporter quelque chose ou plus puissants qu'eux ; secs et désagréables avec tous les autres. Chercher à payer le moins d'impôts et de taxes dans certains cas lorsque cela nous arrange ; chercher à bénéficier du maximum d'allocations, de droits et d'aides dans d'autres cas. C'est exactement ce que recherchent les traders et autres hauts diplômés réfugiés à l'étranger, hors de France, pour échapper au fisc français, mais qui n'hésiteront pas à revenir en France le jour où leur intérêt le leur commandera, le jour où ils subiront un épisode de chômage ... Les mêmes également qui appelleront à l'aide les pouvoirs publics français lorsqu'ils se trouveront en danger quelque part, lorsqu'il faudra les arracher à des terroristes ou à une guerre civile, où il faudra faire valoir leurs droits. Tous ces gens-là se rappelleront parfaitement être de nationalité française ce jour-là, pour bénéficier des avantages de l'état providence français qu'ils ont pourtant toujours refusé de financer !

 

Le même problème de morale se retrouve aussi chez tous ceux qui vivent du travail au noir, non déclaré, et profite en même temps des diverses allocations, minimas sociaux et aides financières de la collectivité. Je ne fais pas de différences morales entre ces diverses personnes, même si les sommes en jeu sont beaucoup plus faibles dans ce dernier cas ; les économies d'impôts que ces personnes réalisent étant beaucoup plus faibles que celles des premiers ...

 

J'ai à l'égard de ces personnes, qui représentent pourtant une fraction très importante de notre population, un sentiment de honte. Honte d'appartenir à la même communauté nationale, et rage de financer les avantages et les aides dont ils sont les principaux bénéficiaires, dont je ne bénéficie jamais mais dont aucun d'eux ne participent au financement. Contre ces populations, il me semble qu'il faudrait prendre des mesures violentes, pour éliminer les avantages indus dont ils bénéficient. Pour les personnes vivant du travail non déclaré et des allocations sociales, il faudrait plus de contrôles sociaux et fiscaux. Pour les très nombreux expatriés fiscaux, il faudrait qu'il soit possible de percevoir les impôts qu'ils devraient payer en France, ou bien de leur retirer la nationalité française et tous les avantages, sociaux, hospitaliers et diplomatiques, qui vont avec ... Qu'ils deviennent des apatrides ! N'est-il pas insupportable de voir Johny Haliday (alias Jean-Philippe Smet) se faire soigner gratuitement dans un hopital français, le CHU de Guadeloupe et de Martiniques aux Antilles, alors qu'il a fait le choix de s'expatrier en Suisse pour ne plus payer d'impôts et ne plus financer le système de soin français ?

 

Quant aux entreprises françaises qui jouent à ce jeu immoral, il faudrait compliquer leurs interventions en France et le contrôle des entreprises françaises qu'elles détiennent. Si tous les dirigeants d'un grand groupe français sont expatriés fiscalement dans un autre état, européen ou étranger, qu'ils ne peuvent plus être présents qu'un nombre de jours restreints en France, comment pourraient-ils diriger des entreprises en France, décider du devenir de ces entreprises, et récupérer les bénéfices de ces activités françaises ?

 

Est-il possible d'être riche et moral ? Un philosophe avait posé la question si le capitalisme pouvait être moral. Pour moi, la réponse est non, comme le prouvent les milliers de traders qui ont abusé du système entre 2008 et 2010 ou les comportements de la Société Générale, de LVMH ou de Schneider Electric ... ou de France Telecom entre autres milliers d'exemples !

 

 

Réflexion cinq (23 décembre 2009)
Paradis fiscaux - Au-delà du secret bancaire ... Les trusts


Depuis le G20 d’avril 2009, le débat s’est concentré sur la question du secret bancaire en oubliant celle de l’anonymat garantie par les trusts. En effet, l’opacité des paradis fiscaux ne se limite pas à la question des comptes bancaires. Certains d’entre eux offrent aux particuliers et aux entreprises de nombreux autres services qui permettent de dissimuler leur identité à l’administration fiscale et aux autorités judiciaires de leur pays d’origine. Prête-noms, sociétés écrans, trusts, fondations… tous ces montages aux intitulés et aux formes juridiques multiples n’ont en fait qu’un objectif : l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent. 

Comment ça fonctionne ?

Un trust (fiducie) est un montage juridique par lequel un particulier ou une entreprise (fiduciant ou « settlor ») transfère irrévoquablement la propriété de fonds ou de biens à une autre personne (fiduciaire ou « trustee ») chargée de les gérer dans l’intérêt d’un ou plusieurs bénéficiaires. Pour le fiduciant, l’avantage du trust est qu’il est irrévocable, contrairement au mandat de droit français, ce qui en fait un mécanisme recherché en matière de succession. Ce dispositif n’est pas condamnable si l’identité des trois parties prenantes est connue.


Quels sont les avantages ?

Mais, dans la plupart des paradis fiscaux et judiciaires, l’anonymat des donneurs d’ordre et des bénéficiaires est justement au cœur du dispositif. En effet, la particularité du trust, de droit anglo-saxon à l’origine, est de ne pas être soumis à enregistrement car il est considéré comme un simple contrat et non comme une entité juridique, soumise elle à déclaration, à l’instar des sociétés, personnes morales, etc. Comme dans la plupart des pays, il n'est pas prévu d'enregistrer les trusts, l’anonymat des fiduciants et des bénéficiaires est ainsi totalement garanti. Dans les paradis fiscaux et judiciaires, cela permet tous les dérapages. Par exemple, quand le bénéficiaire n’est autre que le fiduciant lui-même ! Destiné à leurrer l’administration fiscale et les autorités judiciaires, le trust permet d’obtenir un résultat très proche du secret bancaire absolu.


Que proposer ?

Il faut mettre fin aux sociétés écrans et aux prête-noms en rendant obligatoire la tenue par chaque État ou territoire d’un registre national des trusts et autres structures juridiques qui concourent à l’opacité du système financier. Ce registre doit préciser le nom de leurs bénéficiaires réels, de leurs opérateurs et de leurs donneurs d’ordre, et rester ouvert aux autorités fiscales, douanières et judiciaires des autres États.

Où sont les trusts ?


Ces mécanismes de prête-noms font la fortune des îles anglo-normandes comme Jersey, Guernesey et l’île de Man qui dépendent en partie de la Couronne britannique mais aussi de la City de Londres qui est, de manière plus surprenante, la première pourvoyeuse de trusts. Des services équivalents existent également en Europe continentale, comme par exemple les fondations au Liechtenstein à l’origine d’un scandale récent. Des entreprises comme Michelin, Adidas et Elf sont en effet soupçonnées d’y avoir placé 800 millions d’euros pour échapper à l’impôt. L’opacité entourant ces montages juridiques est telle qu’il est impossible de chiffrer leur nombre et encore moins les sommes qu’ils détiennent. Un rapport du Parlement européen a d’ailleurs listé, en avril 2009, les différentes formes de prêtes-noms et leur localisation.
http://www.stopparadisfiscaux.fr/content/au-del%C3%A0-du-secret-bancaire%E2%80%A6-les-trusts

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/dossier/paradis-fiscal-la-liste-de-tax-justice-network/city-de-londres-une-plateforme-financiere-pratique.shtml

 

 

Réflexion quatre (20 mai 2008)
L'évasion fiscale et les migrations internationales de contribuables migrateurs ?


On a ainsi appris mardi en lisant le Figaro que 843 redevables de l'impot sur la fortune (ISF) avaient quitté la France en 2006 pour des cieux plus cléments en matière fiscale (la Belgique, la Suisse, le Royaume-Uni et les Etats-Unis regrouperaient environ la moitié des destinations choisies par ces drôles d'oiseaux migrateurs). Ils n'étaient environ que 650 l'année précédente (2005). Selon le quotidien, en dix années, ils seraient au total 4.658 contribuables à avoir choisi la même solution ...

Cela conforte évidemment la droite libérale dans son discours d'élimination de l'ISF ... dixit le rapporteur général du Budget au Sénat, Philippe Marini. Ces 843 contribuables ayant quitté la France en 2006 auraient apporté avec eux 2,8 milliards d'euros de capitaux au total.

Ce qui me gêne par contre profondément, c'est que ces drôles d'oiseaux migrateurs continuent de bénéficier de toutes les facilités octroyées par la société française et de tous les biens publics financés sur les deniers des contribuables restants.

1. Ces contribuables 'migrateurs' demeurent présents le plus souvent pratiquement la moitié de l'année en France ...

2. Ils se font soigner le plus souvent lorsqu'ils tombent malades dans les hôpitaux publics français ... et bénéficient en plus du fait, de leurs relations et de leur argent, de rendez-vous rapides auprès des grands docteurs payés sur fonds publics, auxquels ils ne participent ...

3. Ils bénéficient des réseaux d'infrastructures aériennes et autoroutières qu'ils utilisent même plus souvent que les français qui les financent par leurs impôts ...

4. Ils ont l'assurance d'être protégé par la diplomatie française s'ils se trouvaient en face de difficultés à l'étranger, par exemple dans le pays où ils ont choisi d'émigrer pour payer moins d'impôts (Argentine pour le chanteur ) ...

5. Ce sont les consommateurs contribuables français, qui, le plus souvent, en plus de financer les biens et les services publics que ces drôles d'oiseaux migrateurs utilisent, achètent par ailleurs les produits qui enrichissent ces personnes (disques de Johny Halliday, de Florent Pagny ou de Richard Cocciente ... produits d'autres entreprises dont les patrons se sont exilés ... Jean Marie Messier ...) ...

Evidemment, la justice veille. Mais je trouverais plus normal que ces personnes soient interdites de toute utilisation de biens et services publics en France.


Réflexion trois (21 septembre 2006)
Zéro impôt ou de l’art de les transférer à d’autres


Sur leur blog paru le 14 septembre (2006), Malika Elkord et Sylvie Prioul nous parlaient de la commune de Bellefontaine et de son maire (Gilbert Boutin), qui venaient d’être distingués du prix de la Marianne d’Or pour ne pas faire payer d’impôts locaux à ces administrés. Comme le soulignaient les deux journalistes du Nouvel Observateur, cette récompense s’inscrit d’abord dans l’actualité électorale. Alain Trampogliéri, initiateur de ce prix, observait que Bellefontaine, 159 habitants, était «un exemple qui devrait inspirer l’ensemble des candidats à la présidentielle».

Au delà de la répétition de ce ’débat’ de la semaine dernière (il n’y eu point beaucoup d’arguments échangés), il me semble qu’il faut dépasser cette analyse pour s’interroger sur ce qui est caché derrière cette notion de ’zéro impôt’, et notamment le transfert des charges que devraient couvrir ces impôts à d’autres contribuables.

Le débat du ’zéro impôt’ me semble une abomination. Les impôts locaux tout comme l’impôt sur le revenu voire l’impôt de solidarité sur la fortune sont une nécessité ainsi qu’un geste citoyen. Le seul débat doit concerner leur montant. L’impôt est en effet la contrepartie de services publics consentis à tous les citoyens ainsi qu’aux étrangers (et aux expatriés fiscaux). L’exemple de Bellefontaine n’est pas aussi simple. Malika Elkord et Sylvie Prioul rappellent qu’un certain nombre de compétences (écoles, habitat, économie et tourisme, pompiers, etc.), ont été transférées depuis 1995 à une communauté de communes, et que l’équipe municipale a alors décidé de ne plus prélever la part communale. Les administrés de Bellefontaine continuent ainsi à payer des taxes foncières et d’habitation, mais sans part communale.

Le cas de Bellefontaine n’est non seulement pas généralisable mais est en plus pervers. Bellefontaine peut se retirer de ses tâches régaliennes uniquement parce qu’elle compte sur la solidarité locale et nationale. Ainsi, «quand il a fallu restaurer l’église, le département et la communauté de communes ont versé une subvention » (cf. le blog de Malika Elkord et Sylvie Prioul). Mais d’où sort cet argent ... des impôts locaux de tous les habitants de la communauté de communes, qui payent tous pour Bellefontaine. Bellefontaine n’aurait-elle pas mieux fait de continuer à récupérer sa partie des impôts locaux, pour financer ce genre de dépenses. Rien ne l’empêchant cependant si elle le souhaite de conserver un train de dépenses faible. En tout cas, les impôts locaux du reste de la communauté de communes auraient pu être un peu moins élevés.

Comme je l’écrivais en commentaire, généraliser l’absence d’imposition locales à toutes les communes correspondrait à cesser de souhaiter des routes entretenues ou même construites, des écoles pour nos enfants (car les personnels communaux sont payés par les communes), des policiers communaux pour y assurer la sécurité. Cela me semble impossible, sauf à être sans enfant, n’être jamais malade, rouler en 4x4 (et polluer à tout va), et faire partie d’un gang de malfaiteurs ou d’un groupe d’autodéfense.

Cependant, on oublie facilement que les impôts (même locaux) servent à financer des investissements (routes mais pas seulement). Les réparations de l’église ont dû être financées par d’autres contribuables. Mais la construction de la salle polyvalente de la mairie n’avait-elle pas non plus été financée par des impôts locaux de l’époque. Une commune sans moyens financiers est une commune qui ne construit plus, qui ne répare plus.

Et supprimer les taxes locales, c’est un transfert des investissements à réaliser sur les générations suivantes. Bellefontaine ne construira plus rien tant qu’elle n’imposera pas ses habitants. Et ses habitants ne sont plus en droit de réclamer de nouveaux investissements de leur maire. Sans les impôts passés, il n’y aurait rien à Bellefontaine. Je me demande également si cette décision est bien innocente. Qui sera prêt à remplacer une équipe municipale qui s’investit autant dans l’entretien et le fonctionnement de la commune ou de la voirie ? N’est-ce pas une assurance pour le maire de conserver son fauteuil ad vitaem eternum ?

Donc, ce débat sur le ’zéro impôt’, c’est le débat sur le transfert sur d’autres (les contribuables des autres communes, nos descendants) des charges que nous devrions financer. Et ce n’est rien d’autre. A l’échelle d’une vie d’homme politique, ce n’est peut-être pas grand chose.

Derrière ce débat d’une meilleure utilisation des fonds publics pointe aussi autre chose. Evidemment, les électeurs de Bellefontaine n’ont pas à s’inquiéter de possibles détournements de fonds de leur maire. Mais ce que je sens pointer derrière ce débat de la Marianne d’Or, c’est une mise en cause de la fonction publique et de son coût financier. C’est la possibilité d’un remplacement de la fonction publique par des élus municipaux volontaires ou par une secrétaire à mi-temps non titulaire. Mais encore une fois, n’est-ce pas transférer les possibles erreurs de cette équipe municipale sur d’autres ou sur les générations futures. Imaginons que des entretiens ou des réparations soient mal effectués (sur des routes, des monuments, des passerelles ...) et qu’il y ait mort d’homme (ou de femme ou d’enfant), de résidents ou de touristes, le coût de cette économie minime d’impôts ne pourra-t-il pas être considéré comme excessif ?

Le comportement égoïste de certains (qui se cache derrière cette notion de ’zéro impôt’ ne fait-il pas courir un risque énorme au reste de la société, en plus du transfert sur d’autres de la charge d’impôt ?
 

 
Réflexion deux (2 août 2006)
De l’état des finances publiques de la France
Une lecture d’un article d’Alexandre Siné


Les partis politiques français peuvent-ils encore promettre monts et merveilles à leurs électeurs pour les prochaines échéances électorales de 2006 ?

Le constat est accablant : après 30 années de déficits publics successifs (le dernier budget voté à l’équilibre remonte à 1975), le déficit public de la France a dépassé le cap des 1.000 milliards d’euros en 2005 (et bien plus en tenant compte des provisions pour retraites des fonctionnaires que l’Etat devrait comptabiliser). La dette publique représente plus de 65% du PIB français en 2005 (hors provisions de retraites), soit plus de 16.000 euros par habitants.

Les dépenses liées aux rémunérations des fonctionnaires et au paiement des intérêts de la dette représentent aujourd’hui plus de 60% du budget de l’Etat ; le solde seul restant disponible pour les interventions et pour le financement des investissements.

En regard, la valorisation de l’ensemble des actifs de l’Etat ne dépasse pas une centaine de milliards d’euros, soit 10% à peine de la dette publique. Même en vendant tout ce que l’Etat possède (biens immobiliers, entreprises publiques .....), l’Etat ne remboursera qu’une infime partie de ce qu’il doit, et ne financera que deux ou trois années de déficit public.

Ces éléments d’information sont tirés de l’article "Etat imposant, Etat impuissant, l’insoutenable rigidité des dépenses de l’Etat en France" publié dans Futurible n° 313, novembre 2005 et écrit par Alexandre Siné (chargé de mission à la Direction du Budget du Ministère de l’Economie).

Dans cette situation pourtant, on entend en permanence des syndicats contester la diminution du nombre de fonctionnaires et des partis politiques d’opposition dénoncer l’apparition de cagnottes fiscales et proposer de nouvelles dépenses publiques. Leurs opposants au gouvernement ne proposent toutefois que de continuer à diminuer les impôts des plus riches.

Pendant combien de temps encore les prochains gouvernements pourront-ils laisser cette machine s’emballer, avant d’être obligé de réagir ?

Cet article à l’intérêt d’étudier les diverses possibilités qui pourraient permettre de résoudre ce problème. Selon l’auteur, l’augmentation des recettes est difficilement envisageable car le poids des prélèvements dépasse déjà 43% à 44%, et que seuls quelques pays (dits scandinaves) dépassent tout juste ce taux. L’augmentation de la croissance de l’économie française apparaît également comme insuffisante, qui permettrait au mieux de diminuer de quelques milliards d’euros le déficit public, sans commune mesure avec ce qui serait nécessaire. Enfin, le retour à une inflation plus élevée, qui permettrait de diminuer le poids de la dette, apparaît impossible dans le cadre de l’euro, et très difficile dans le cadre d’une sortie de la France de la monnaie unique européenne.

La conclusion de cet article, que peut partager toute personne un peu saine d’esprit, c’est que le retour à des marges de manoeuvre politique nécessite une diminution des dépenses publiques et un retour à un budget en équilibre sur le long terme, pour laisser la possibilité de recourir parfois à un déficit public contracyclique de relance budgétaire. A avoir trop longtemps utilisé l’outil budgétaire, celui-ci n’a plus aujourd’hui aucune possibilité action. Un peu comme un automobiliste utilisant sans arrêt ses freins, qui ne fonctionneront plus lorsqu’il en aura réellement besoin.

Evidemment, ceci est contraire aux intérêts particuliers de nombreux groupes de pression, et des syndicats de fonctionnaires en premier lieu, qui se foutent des finances publiques, de l’efficacité publique, des contribuables et des jeunes générations. A moins d’attendre la banqueroute de l’Etat, qui s’accompagnera de la fin des retraites, des pensions et de la sécurité sociale. Mais il ne faudra pas ce jour-là être vieux et pauvre.

Mais après tout, le manque de courage (des hommes politiques, des syndicalistes, des électeurs tout courts) n’est jamais (et ne doit jamais être) récompensé.
 

 
Réflexion une (21 juillet 2006)
De l’obligation de participer à l’entretien de la cité à proportion de ses moyens


Il y a quelques millénaires, la citoyenneté était inventée et théorisée en Grèce, et l’exemple d’Athènes est arrivé jusqu’à nous grâce aux écrits des philosophes antiques. Qu’était-ce que la citoyenneté ? D’abord le devoir et l’honneur de participer à l’entretien de la cité (constructions, force navale) à proportion des moyens de chacun. Cela faisait de ces grecs imposables (pour utiliser un anachronisme) des citoyens et des combattants, par opposition aux étrangers et aux esclaves.

De se rappeler que payer des impôts pouvait être considéré en ces temps-là comme un devoir et un honneur nous fait mesurer le fossé qui sépare notre époque de cette époque révolue, dont pourtant nos démocraties modernes se sont inspirées pour l’organisation et le partage du Pouvoir. Aujourd’hui, en France, le sport national, après le football, demeure le fait de tenter d’échapper aux services fiscaux et de payer le moins possible d’impôts directs. Les plus riches de nos compatriotes s’exilent pour des raisons fiscales dans des Etats plus cléments en matière de fiscalité (Royaume-Uni pour les topmodels, Suisse pour les acteurs, Argentine pour les chanteurs). Les classes moyennes recherchent toutes les astuces de défiscalisation pour réduire l’impôt qu’ils devront payer. Et une grosse partie de la population française est exonérée d’imposition sur le revenu, dont une partie parce qu’elle ne déclare pas ses revenus d’activité, grâce au système du travail non déclaré.

Comme l’exemple grec est lointain. Le pire, c’est que tous nos riches compatriotes exilés vivent cependant toujours une bonne partie de l’année en France, et continuent d’user de tous les biens et services publics dont ils n’assurent pourtant plus l’entretien par le paiement de leurs impôts. Ils ne cessent pas d’utiliser nos réseaux routiers, ni nos aéroports, construits et entretenus grâce à l’argent public. Ils continuent également de faire appel aux forces de police et aux tribunaux (rémunérés également grâce à l’argent public) lorsqu’ils sont agressés, outragés ou dès que leurs droits (sur une chanson, sur une photo, sur un film) ne sont pas respectés. Il se pourrait même qu’ils usent plus de nos biens et services publics que nous, leurs compatriotes non exilés. N’est-ce pas un comble ? Comment peuvent-ils oser utiliser des moyens publics qu’ils refusent par ailleurs de financer à hauteur de leurs richesses ? Imaginons par ailleurs demain un nouveau coup d’Etat en Argentine et des massacres de civils par des groupes militaires ; ne risque-t-on pas de voir ces mêmes exilés solliciter l’aide de la France pour sauver leur vie. Je trouve ce genre de comportement révoltant.

La même analyse peut être par ailleurs étendue à tous ceux qui recherchent toutes les possibilités légales ou les montages moins légaux pour défiscaliser et diminuer leur fiscalité. Les départements d’outre-mer sont notamment plein de ce genre de personnes, de même que beaucoup de cadres des classes moyennes. Ces personnes n’arrêtent pas pour autant d’user des biens et services publics. Ils utilisent tout autant que les autres les routes et autoroutes. Leurs enfants vont dans nos écoles (même privées, les écoles bénéficient d’aides publiques de fonctionnement) et dans nos crêches. Leurs véhicules et leurs domiciles ne sont pas placardés d’affiches informant les voleurs que ces personnes sont exclues de la protection des forces de police et que ceux-ci peuvent s’y servir. Mais pour autant, le comportement de ces personnes est-il normal, est-il juste ? Est-ce eux qui ont raison de profiter de toutes les failles du système, de jouer les passagers clandestins de notre société, en bénéficiant de tout sans en payer le prix ? Sont-ce ceux qui estiment qu’il est citoyen de payer normalement ses impôts sans chercher toutes les astuces fiscales imaginables qui ont tord ?

Je ne le pense pas. Toute chose à un coût. Le fait de pouvoir bénéficier de notre système social et de nos infrastructures nécessitent d’en assurer l’entretien au travers du paiement de ce qu’on doit. Ceux qui estiment que le ’fisc’ les escroque devraient quitter définitivement la France, et ne plus jamais y remettre les pieds.

La citoyenneté devrait être inséparable du fait de payer ses impôts. Il devrait y avoir des droits rattachés à cet acte citoyen. Pratiquement tout le monde utilise les services et biens publics. Tout le monde devrait également participer à leur entretien grâce au paiement de l’impôt sur le revenu, même si c’est de manière symbolique pour les plus faibles revenus. Et les plus riches contribuables en exil, ou bien ceux qui défiscalisent leurs revenus, ne devraient plus pouvoir bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens.

Conception fasciste de la citoyenneté ? Les anciens grecs étaient-il fascistes ? Non ! Notre société, et c’est encore plus vrai pour les plus riches de nos contemporains, a tendance à ne mettre en avant que les droits individuels, et oublier les devoirs de chacun. Il serait bon de refonder l’acte de citoyenneté. De faire en sorte que des droits soient attachés à l’acte de payer ses impôts. L’une des solutions à retenir est de légiférer. Nul besoin pour cela de modifier la Constitution ; il suffit de réformer le code des impôts et de sociétés, de supprimer le plus possible de possibilités de défiscalisation et de montages fiscaux. De limiter les possibilités de défiscalisation à un certain montant ou pourcentage des impôts. Et de réformer les tranches d’imposition pour généraliser le versement même symbolique de l’impôt.

Mais quel parti politique aura le courage de s’attaquer à ce problème. La gauche comme la droite ont participé à la création de niches fiscales. Et la gauche ne souhaite qu’annuler les dispositions prises par la droite depuis 2002, pas d’annuler leurs propres déductions et réductions d’impôts (emploi de personnes à domicile) aussi justes que celles de la droite.

Bien sûr, certains diront que les exilés fiscaux et les défiscalisateurs paient malgré tout quelques impôts en France (TVA, impôts locaux sur leurs immeubles, etc ...). Au fait, ’éxilés fiscaux’ ; ce terme me rappelle les nobles exilés en Angleterre fuyant la Révolution française. Peut-être par analogie faudrait-il pour eux également rétablir l’usage de la guillotine et criminaliser l’exil ou la fraude fiscale. D’une certaine manière, un peu comme aux Etats-Unis.
 

 
Saucratès


29/08/2012
0 Poster un commentaire

Sujets de société (2)


Réflexion dix (22 août 2012)
Sur l'homosexualité ...


A l'heure où des débats publics importants (en fréquence d'interventions et en enjeux) ont cours sur le mariage de couples homosexuels, je me sens interpelé par mes propres réactions sur l'homosexualité et sur ces débats. Disons-le immédiatement, je ne suis pas du tout favorable au mariage homosexuel ; je ne comprends pas cette revendication ! Le mariage civil auquel les couples homosexuels veulent accéder n'est historiquement rien d'autre que la transposition civil, profane, du mariage religieux, initialement catholique ou juif (même si le mariage ou l'union entre un homme et une femme préexistait vraisemblablement à ses deux religions, par exemple chez les anciens égyptiens). Pour quelles raisons le mariage civil a-t-il été inventé ? Vraisemblablement dans le cadre du développement de l'état de droit, dans un but d'enregistrement et de recensement des populations, pour suivre les analyses de Michel Foucault ! Les états en construction modernes ne pouvaient pas laisser aux seules églises l'enregistrement des mariages !

 

Pour cette raison, j'estime parfaitement justifiées les contestations des églises s'opposant à cette extension du mariage ! Le terme de mariage concerne une union entre un homme et une femme. Ce n'est pas seulement une notion juridique, pouvant être modifié par une simple loi, mais une notion d'essence religieuse, sanctifiant un lien contracté devant Dieu et la société. Une simple loi ne peut pas éliminer cette essence, et une simple loi ne doit pas être prise surtout lorsque cette revendication n'est rien d'autre qu'une argutie judiciaire pour obtenir la seule chose qui intéresse vraiment quelques associations de gays et de lesbiennes, à savoir la possibilité d'avoir des enfants. Ainsi, cette histoire du Pacs n'était rien d'autre qu'un premier pas des gays et des lesbiennes pour obtenir le droit à se marrier puis à avoir des enfants ! Ce n'était rien d'autre que cela et il est regrettable que l'on puisse manipuler les foules et les représentations nationales pour un combat qui n'est même pas un but en soi ! Sans que je n'ai rien contre le Pacs, qui est aujourd'hui utilisé par de nombreux jeunes couples hétérosexuels.

 

Qu'il existe une possibilité de festivité pour sanctifier, pour rendre officielle, l'union d'un couple homosexuel, deux hommes ou deux femmes, je n'y suis pas particulièrement opposé (même si cette union me paraît improbable ... j'y reviendrais) mais il me semble qu'elle devrait prendre un nom différent du mariage qui demeure marqué religieusement comme l'union entre un homme et une femme.

 

Evidemment, il sera difficile de reprendre l'exemple des grecs anciens pour lesquels l'homosexualité était d'usage courant (entre un jeune homme et un homme mûr), puisque le terme français correspondant est «pédérastie» (du grec ancien παις/paid «enfant» et ἐραστής/erastès «amant»), particulièrement connoté péjorativement actuellement. Les termes désignant l'homme et le garçon pouvaient varier d'une cité à l'autre : par exemple, erastes (amant) et eromenos (aimé) à Athènes, eispnelas (inspirateur) et aites (auditeur) à Sparte. La pédérastie existe également en Crète (modèle le plus ancien d'institution pédérastique), où, après en avoir obtenu l'approbation du père, l'homme procédait à l'enlèvement rituel du garçon (le rapt pédérastique), précédant une période d'apprentissage de deux mois environ pour faire du garçon un chasseur adroit et un combattant courageux. A Thèbes, il existait un bataillon sacré (Hiéros Lokhos) de trois cents combattants, formé de couples pédérastiques, célèbre pour avoir écrasé Sparte. Ils ne furent vaincu que par la cavalerie macédonienne du jeune Alexandre le Grand à Chéronée.

(cf. source wikipédia sur la «pédérastie»).

 

Mais bon, il devrait être possible de trouver un terme pour désigner l'union des deux hommes ou des deux femmes, et que celui-ci puisse disposer d'un decorum comparable à celui du mariage, avec voeux prononcés devant le maire, à moins que l'objectif de cette revendication ne soit pas seulement d'une sanctification d'une telle union, contrairement à ce qui est avancé par ses défendeurs, mais une pure argutie juridique d'égalité des droits avec les couples hétérosexuels ou de raccourci judiciaire pour pouvoir avoir (!!!) des enfants.

 

Au delà du mariage homosexuel qui m'interpelle, il me faut néanmoins revenir plus largement sur cette notion d'homosexualité qui me pose problème. Non que j'ai quelque chose contre l'existence de l'homosexualité ou son acceptation ; j'ai des amis homosexuels et cela ne me pose pas problème. Non, mais je suis mal à l'aise devant l'étalage visuel des relations homosexuelles (à la télévision notamment), et je pourrais difficilement accepter  l'idée (purement théorique pour l'instant) que mes jeunes garçons pourraient se révéler homosexuels ! Et mes réactions m'interpellent ! Parce qu'à un autre niveau, mes croyances en la possibilité de la réincarnation devrait me conduire à être plus souple sur cette question. Si la réincarnation existe, s'il reste des traces de nos passages, si l'on peut donc retrouver des âmes soeurs d'une vie précédente (ce qui me conduit à m'interroger sur les possibilités de réincarnation d'Hitler et des nazis et sur le prix qu'ils auront à payer pour leurs actes de 1945), comme il me semble improbable que les hommes ne se réincarnent qu'en hommes et les femmes en femmes, on doit forcément risquer de voir des âmes soeurs se réincarner dans le même sexe. Mais de là à pouvoir comprendre ou accepter l'homosexualité !

 

Comment peut-on trouver naturel et admirable de voir un homme et une femme s'enlacer tendrement, s'embrasser, se tenir amoureusement, afficher leur amour en public, et être fortement gêné par les mêmes actes effectués par deux hommes ou par deux femmes ? Au fond, je/nous sommes plein de préjugés ! Le même étalage de sentiment nous gênerait également de la part d'un petit vieux et d'une petite vieille (et d'un vieux et d'une jeunette) alors que l'on trouve cela tout à fait naturel et charmant venant de deux jeunes gens. Tout ce qui contrevient aux bonnes manières, aux habitudes sociales communément admises, nous gêne. Les petits vieux doivent ressembler aux vieux sages (l'image que l'on a de nos grands-parents de notre enfance) dont on n'imagine pas qu'ils puissent avoir une activité sexuelle ou amoureuse (ce qui est institutionalisé dans les maisons de retraite où les couples sont séparés). Les hommes doivent avoir des comportements d'hommes ; jouer aux cartes ou à la pétanque sont des activités honorables, tout comme éructer devant un match de foot une chopine de bière à la main ... Toutes activités viriles socialement valorisantes ... Et les jeunes garçons doivent courtiser les jeunes femmes ...

 

En fait, j'en ai fait içi la démonstration, je ne suis rien d'autre qu'une somme de préjugés enracinés, transmission de génération en génération de bonnes manières et d'usages sociaux communément admis, dont une bonne partie consiste en la négation de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à des réactions un peu féminines. D'où l'extrême difficulté que doit représenter l'acceptation de sa propre homosexualité (sans compter l'acceptation par la société), ce qui peut participer à l'explication du fort taux de suicide des jeunes homosexuels.

 


Réflexion neuf (7 décembre 2011)
A-t-on le droit d'être contre l'abolition de la prostitution ...


Les députés de droite et de gauche sont favorables à la position abolitionniste pour la prostitution ... Ils ont tous voté pour une résolution réaffirmant la position abolitionniste de la France en la matière. Ils prévoient également de déposer un projet de loi pour la pénalisation des clients des prostituées, à l'instar de ce qui existe en Suède depuis 1999. 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/06/prostitution-l-assemblee-affirme-la-position-abolitionniste-de-la-france_1614062_823448.html

 

Pour clarifier ma position pour ceux qui me liront, je n'utilise pas les services de prostituées, que ce soit en France ou à l'étranger, même si cela a pu m'arriver une ou deux fois il y a très très longtemps, par accident.

 

Mais le courant actuel de pruderie et de puritanisme qui est en train de gagner la France m'hérisse énormément. Je ne comprends pas la position de ceux qui veulent rentrer dans ce débat idiot et totalement déplacé. Je suis évidemment d'accord avec l'idée de combattre les réseaux et les trafics de femmes et d'êtres humains, à l'échelon européen ou plus éloigné ... Mais je ne pense pas que cela doive passer par la pénalisation des clients.

 

Que deviendrait notre société sans cette soupape de sécurité que représente la possibilité pour un homme (plus rarement pour une femme), de recourir aux services sexuelles tarifés d'une (ou d'un) prostitué(e) ? Je pense que sans cela, les jeunes gens (ou plus vieilles gens) n'auraient plus alors comme seule possibilité pour extérioriser leurs fantasmes, ou simplement leurs désirs inassouvis, de recourir à la violence et au viol. La prostitution comme protection contre les viols ? Cela ne me semble pas incompréhensible.

 

Parce qu'il y a un point sur lequel je suis en complet désaccord : selon la position sociale, l'âge et le sexe des uns et des autres, nous ne sommes pas tous placés à égalité face à la possibilité d'avoir accès au sexe de manière libre et non tarifé. Certainement que l'attrait du pouvoir aidant, les députés masculins de l'hémicycle n'ont pas de difficultés pour trouver des partenaires de sexe féminin (ou masculin). De même, les hommes et les femmes ne sont pas non plus à égalité. Une femme, pour peu qu'elle ne soit pas trop vieille, trouvera également assez facilement un partenaire sexuel. Au maximum, elle se prendra quelques rateaux avec quelques hommes particulièrement fidèles et elle passera pour une femme facile. Mais un homme, même jeune, aura énormément de difficultés à trouver une partenaire sexuelle pour quelques heures, et risquera de passer pour un obsédé et un pervers.

 

Hommes et femmes, nous ne sommes pas égalité devant le sexe ; nous ne sommes même pas intéressés par les mêmes choses en matière de sexe (les femmes ne sont pas intéressés par du sexe pour quelques heures). Comme le dit une blague : une femme est prête à tout pour se marrier, même à coucher ... un homme est prêt à tout pour coucher, même à se marrier ...

 

Pénaliser les clients des prostituées, c'est en fait simplement s'attaquer à une fraction de la société française, les hommes n'appartenant pas aux plus hautes couches de la société (qui eux payent mais pas en liquide). Et je trouve cela particulièrement inacceptable et autiste de croire que les grandes idées de quelques femmes et de quelques hommes puissants doivent s'appliquer à tout le reste de la population masculine française.

 

De même, les prostituées permettent vraisemblablement à un certain nombre de clients masculins d'avoir quelques moments de rêve pour échapper à un conjoint qui ne les attire plus, ou qui accuse un âge trop élevé, une trop grande prise de poids, ou un inintérêt pour le sexe ... mais qui n'iront jamais jusqu'au fait de divorcer et de risquer de se retrouver seuls. Par exemple, quel homme n'aimerait pas coucher juste une fois avec une fille presqu'aussi jeune et jolie que la nouvelle miss France. Mais pour l'immense majorité des hommes, cela n'est possible qu'en payant une prostituée. Bien sûr, on peut trouver que cela est inacceptable, condamnable, immoral, insupportable pour l'espèce féminine, mais c'est un fait que nombre d'hommes se trouvent dans cette situation, sans avoir ni l'envie, ni les moyens, ni même pas la possibilité de prendre une maîtresse. Evidemment, on peut aussi penser que ces hommes n'ont qu'à pratiquer l'abstinence voire de faire cela entre mecs ...

 

Il s'agit d'une position morale qui relève du pire puritanisme anglo-saxon, même si je peux comprendre que les femmes pourraient facilement se satisfaire de cette pénalisation, même si elles seront alors les premières victimes de l'augmentation des agressions sexuelles qui en découlera immanquablement ... Evidemment, dans quelques dizaines d'années, lorsque tous les mecs seront emprisonnés, leur position sera plus simple.

 

Pauvres hommes ! Entre l'adultère dans le marriage qui est considéré comme une faute par les religions, par les tribunaux et par la société ... Les magazines et les sites internet pornographiques qui nous font passer pour des obsédés ... Et la prostitution qui va être considéré comme un crime ... On nous prépare, à nous, pauvres hommes, une drôle de société pour les prochaines années !

 

On peut aussi évidemment nous accuser de tous les maux de la Terre, et nous assurer que ce sont nos fantasmes sexuels qui incitent des réseaux mafieux à enlever et à forcer des jeunes femmes à se prostituer ... et que cela favorise les trafics et le crime ... On peut aussi considérer que le tourisme sexuel est mal et immoral ... Mais j'en ai surtout marre !

 

Nota bene. J'aime bien la position d'Elisabeth Badinter lorsqu'elle déclare : «Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit» ... Je suis d'accord avec elle, les salaires des travailleurs n'ont qu'à être plus élevés si on veut que la prostitution volontaire disparaisse.



Saucratès

 

 

Précédents écrits sur le même sujet

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2060831-sujets_de_societe__1_.html


07/12/2011
0 Poster un commentaire

Questions sociales

 

Réflexion trois (13 juillet 2012)
Harcèlement moral, suicides et France Telecom (suite)


La lecture d'un entretien paru sur le site www.terraeco.net m'a amené à quelques nouvelles réflexions sur les suicides de France Telecom et sur la mise en examen de son ancien PDG Didier Lombard.

http://www.terraeco.net/Malgre-les-morts-France-Telecom-n,44797.html

 

Il est assez invraisemblable de découvrir que malgré les années écoulées depuis cette horrible affaire et malgré les centaines de salariés de France Telecom qui se sont suicidés par la faute de la politique managériale qu'il a mise en oeuvre, cet homme soit resté braqué sur son analyse de la situation, sur sa croyance que France Telecom était en guerre économique et que ses mesures managériales toxiques étaient la seule réponse possible à une soi-disant agression subie par l'entreprise qu'il dirigeait («on est en guerre économique, on n’a pas le choix»).

 

La psychologue  du travail interrogée par www.terraeco.net (Marie Pezé, docteur en psychologie et expert auprès de la Cour d’appel de Versailles, qui a créé en 1997 la première consultation «Souffrance et travail» à Nanterre) rappelle ainsi un certain nombre de choses qui se sont passées à France Telecom, mais également sur ce qui continue de s'y passer tout comme dans de nombreux autres lieux de travail :

 

1) «Il s'agit d'un mode de management à la française, qui implique qu’un salarié, même en CDI, même fonctionnaire, doit être secoué et mis dans une organisation du travail déstabilisante. Mais pourquoi ? Le salarié français est déjà le troisième au monde en termes de productivité ! Il est aussi le premier consommateur de psychotropes».

 

2) Le plan NExT de Didier Lombard chez France Telecom, c'était le fait de «pousser 22 000 personnes du groupe à partir sans avoir à les licencier». Ce plan «a contraint des salariés de droit public à déménager à l’autre bout de la France alors que leur conjoint(e) ne pouvait pas les suivre. On leur a aussi imposé de changer de métier, comme ce docteur en mathématiques qu’on a muté sur un plateau téléphonique. On a doublement nié leur identité de salariés, avec une brutalité incroyable, et on a failli à l’obligation légale de protéger la sécurité des salariés».

 

3) «Le guide de management distribué aux managers consistait en une série de ficelles pour rendre les salariés dociles». Y «sont décrites les étapes du deuil par lesquelles va passer un salarié confronté à une mobilité forcée ou à un changement de métier. Ces phases sont la stupeur à l’annonce, le refus de comprendre, la résistance, la décompression, la résignation puis l’intégration du salarié. La décompression, c’est le désespoir et la dépression. Donc la direction a bien informé ses managers du risque, pour les salariés, de traverser une phase de désespoir».

 

4) Les suicides à France Telecom n'ont pas cessé avec le remplacement de Didier Lombard par Stéphane Richard au poste de PDG. «Il y a eu autant de suicides l’an dernier qu’en 2010. On en est donc à 70. Et il y a 2 000 agents de France Télécom qui sont actuellement en congé de longue durée. (...) Comment peut-on imaginer qu’en changeant une personne, on va changer une culture managériale et une politique ? Certes, il y a eu une pause dans les mobilités forcées, mais elles sont en train de reprendre».

 

5) «On est toujours sur les mêmes explications simplistes : si un salarié ne tient pas le coup, voire se suicide, c’est qu’il était fragile. On conserve les mêmes stéréotypes, et les mêmes modes de management. Pire, avec la crise, la situation continue à se dégrader. Le chômage endémique fait que les salariés ont peur de perdre leur place, ils ne savent pas vers quoi ils vont. Ils sont perdus. Cela les pousse à la servitude collective, à l’omerta, au consentement à des pratiques ignobles».

 

6) Sur le rôle des managers dans la maltraitance managériale. «Les dirigeants sortent de grandes écoles de commerce en ayant appris qu’ils sont les maîtres du monde. On leur dit désormais qu’il faut punir les salariés au lieu de les récompenser pour le travail bien fait. Mais quand vient le moment pour la direction de faire des coupes claires, on applique au manager les techniques qu’on lui a demandé d’employer à d’autres salariés. Le voile se déchire. Il se rend compte que son investissement corps et âme dans l’entreprise n’a servi à rien. Et il craque. C’est à son tour de subir la maltraitance managériale. D’ailleurs, si on a tant parlé de France Télécom (...) c’est justement parce qu’il s’agissait de cadres».

 

7) Enfin, un peu d'espoir. «Certaines entreprises bougent en termes de formation. La mairie de Montreuil a récemment formé 400 cadres de sa municipalité aux risques psychosociaux. Désormais, quand quelqu’un ne va pas bien dans un service, tout le service est invité à s’exprimer. Il faut laisser les salariés fédérer une force collective pour aller mieux. Or le but de la mobilité forcée, c’est justement de séparer sans arrêt les salariés, afin qu’ils se retrouvent isolés. (...) L’important est de ne pas rester seul, et de connaître ses droits. Quand on est averti, on déconstruit sa peur du manager».

 

 

Réflexion deux (8 juillet 2012)
Harcèlement moral, suicides et France Telecom

 

Quoique puisse dire l'ex-PDG de France Telecom, Didier Lombard, en se déclarant non responsable de la vague de suicides qui a touché l'entreprise semi-publique France Telecom dans les années 2000, en accusant la déréglementation du marché de la téléphonie et l'endettement laissé par son prédécesseur (il est beaucoup plus précis sur ce point que sur le nom des victimes de sa politique managériale), on ne peut nier ni oublier l'absence de toute attention de la direction générale de France Telecom, et de toute la hiérarchie, au coût humain des sacrifices imposés à son personnel.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/04/france-telecom-n-a-pas-agi-contre-ses-salaries_1728998_3232.html

 

Et sous couvert d'adaptation à une déréglementation du marché, la même politique anti-humaine et managériale toxique peut de nouveau à tout moment être conduite par une nouvelle entreprise publique à laquelle ses dirigeants imposeraient de s'adapter à une modification du marché (par exemple La Poste et la Banque Postale).

 

Néanmoins, on ne peut s'empêcher de se demander si les méthodes de management de France Télécom ne correspondent-elles pas plus largement à une modification plus importante des techniques gestionnaires de l'Etat ? La déréglementation de la majeure partie des marchés de téléphonie, de la poste, de l'énergie, de l'eau, voire bientôt de l'éducation, sont des décisions politiques nationales prises pour se mettre en conformité avec des règles imposées par l'Europe et par la Commission, soi-disant pour améliorer la concurrence intra-communautaire.

 

C'est également ce que peut laisser supposer l'observation des méthodes de quantification utilisées par les responsables politiques français au cours des dernières décennies et la modification du discours et des valeurs morales utilisés au sujet du service public. Que sont ces méthodes de quantification mises en œuvre par les pouvoirs publics français ? J'utiliserais pour cela les analyses d'Albert Ogien et Sandra Laugier de leur ouvrage : «Pourquoi désobéir en démocratie». Si je ne suis pas en accord avec la thèse principale de cet ouvrage, je rejoins par contre totalement nombre des analyses des auteurs, notamment sur l'Etat. 

«Car l'histoire contemporaine de l'Etat n'est pas simplement celle de la lente réduction de ses prérogatives et de ses interventions en matière industrielle, financière et sociale. Elle est également celle de sa modernisation, c'est-à-dire celle des transformations qui touchent les manières de gouverner, de prendre des décisions, d'organiser le travail des bureaucraties d'Etat et de penser les pratiques de la démocratie. Pour certains, ces transformations ne sont que le reflet et la conséquence d'un inexorable mouvement de marchandisation de pans entiers des services publics. Cette façon de voir les choses n'est que très partiellement juste : si on observe que des entreprises privées cherchent effectivement à capter les secteurs les plus rentables de l'enseignement, de la santé, de la sécurité ou de la défense, on constate également qu'elles ne se précipitent pas pour prendre en charge l'intégralité des missions que remplissent l'ensemble des services publics institués dans les démocraties de droit social. Bref, la libéralisation et les privatisations qui l'accompagnent ne permettent d'expliquer qu'une dimension du changement qui affecte aujourd'hui l'ordre du politique.

 

Et, de fait, un autre phénomène intervient dans ce changement, qu'on peut tenir pour bien plus déterminant et dont les conséquences se font sentir indépendamment de la question que pose la forme de propriété : la quantification de l'action publique.»

Albert Ogien et Sandra Laugier, «Pourquoi désobéir en démocratie», page 68 

En fait, il s'agit d'appliquer à l'action publique les principes des entreprises privées : efficacité, sélectivité, rentabilité, mise en concurrence ... et transformation de l'usager du service public en une clientèle qu'il faut satisfaire mais qui doit également être servie à hauteur de la rentabilité de l'investissement qu'elle représente.

«La première de ces conséquences (de la quantification dans l'enseignement) tient à l'obli-gation d'organiser la mesure de la qualité de l'enseignement, donc à produire une description statistique de ce dont elle est précisément constituée. Cette obligation a rendu nécessaires la définition de critères d'évaluation aussi détaillés que possible, et la reconnaissance de leur caractère objectif (...).

 

La seconde conséquence de l'intégration des quantifications (administrative et académique) est d'exclure de l'ordre du calculable - c'est à dire du représentable et du formulable - les missions ou les résultats que les techniciens de la mesure sont incapables de chiffrer (comme, par exemple, les bénéfices de l'éducation pour les citoyens, la valeur attachée à la culture générale ou à l'originalité, le travail accompli pour le plaisir ou de façon gratuite, ou le temps passé à explorer des pistes qui se révèlent fausses).

 

Une autre conséquence de cette intégration des quantifications est, ici comme ailleurs, l'introduction d'une confusion lexicale : celle qui naît du heurt entre deux versions de l'autonomie. (...) La notion d'autonomie a subi une métamorphose : alors qu'elle renvoyait traditionnellement à des questions de démocratie (relatives à l'exercice des pouvoirs dans les institutions d'un Etat juste), son usage moderne s'apparente à ce que le terme signifie dans la langue économique (...).

 

Cette conception de l'autonomie s'oppose à celle, traditionnelle, dans laquelle la notion renvoie à la pleine souveraineté concédée au corps enseignant en matière de création et de diffusion du savoir, de sanction de l'acquisition des connaissances et de délivrance des diplômes. Dans l'ordre républicain, le rôle de l'Etat est de garantir, d'organiser et de protéger les conditions de cette autonomie, c'est-à-dire de consacrer la liberté et la responsabilité des enseignants ; dans l'ordre gestionnaire, il consiste à imposer l'autonomie à l'établissement qui les emploie, en le dotant d'une liberté et d'une responsabilité financière et organisationnelle lui permettant d'entrer dans le jeu mondial de la compétition.

 

L'analyse de la LRU montre donc que le mouvement de réforme, loin de se réduire à une substitution des règles du marché à celles du politique, émerge à la confluence de trois forces de transformation : une pression idéologique visant à dévaloriser l'Etat et favoriser l'initiative privée ; une volonté d'ajustement aux mutations sociales et économiques auxquelles le système de formation doit s'adapter ; la mise en application des innovations techniques qui modifient les usages de l'appareil statistique et le recours aux méthodes de management moderne que ce nouveau type de quantification permet. Le cadre législatif aujourd'hui en place porte la marque de chacune de ces forces, même si l'objectif affiché de la LRU est de faire entrer les établissements d'enseignement supérieur dans l'univers de la concurrence, en tablant sur ses effets potentiels en terme de privatisation partielle ou totale.»

Pages 137-140 

Voilà appliqué au cas des universités et de l'enseignement supérieur les réformes mises en oeuvre par l'Etat, par le biais de la LRU (loi sur l'autonomie des universités du 10 août 2007), pour réformer son fonctionnement afin de le rendre efficace, rentable, à l'image du secteur privé.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/09/a-l-universite-il-faut-abroger-la-lru_1655242_3232.html

http://www.liberation.fr/societe/01012373178-lru-les-finances-des-facs-a-la-rue

 

Ainsi, d'une certaine façon, les méthodes managériales, ou plutôt la remise en cause extrêmement violente des principes de fonctionnement qu'a subi l'entreprise France Telecom n'est pas véritablement indépendante d'une réforme beaucoup plus large des modes de fonctionnement que l'Etat et ses décideurs politiques ont décidé de mettre en oeuvre dans les années 2000 dans toute la fonction publique et dans tous les services publics. Mais ce qui s'est produit à France Telecom a été beaucoup plus grave que ce qui a été conduit dans le reste des services publics, et la responsabilité de Didier Lombard dans cet acharnement managérial mené contre tous ceux qui étaient fonctionnaires, qui ne changeaient pas assez vite, qui n'acceptaient le changement lui est totalement imputable. Et il est invraisemblable, je l'ai déjà dit, qu'il tente d'échapper à sa responsabilité en se réfugiant derrière un discours d'irresponsabilité et en tentant de rendre responsable les autres, le hasard ou la fatalité !

 

 

Réflexion une (5 juillet 2012)
La mise en examen de l'ex-PDG de France Telecom pour harcèlement moral


On a énormément parlé dans la presse et dans quelques émissions télévisuelles des suicides de salariés de France Telecom et des méthodes managériales extrêmement violentes qui étaient utilisées dans cette entreprise semi-publiques. Des salariés de cette entreprise ayant connu ctte période nous rappelaient ainsi il y a quelques mois qu'à l'époque, leur PDG expliquait qu'il avait dans son entreprise 20.000 fonctionnaires de trop qu'il lui fallait faire partir ! Il doit certainement y avoir des traces de telles déclarations de M. Lombard dans les archives de presse ou dans les réunions sociales internes au groupe France Telecom. Gageons dès lors qu'il lui sera difficile de continuer d'assurer «qu’à aucun moment les plans conçus et mis en œuvre par France Télécom n’ont été dirigés contre les salariés», comme il l'a indiqué aujourd'hui dans une tribune publiée dans Le Monde.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/04/france-telecom-n-a-pas-agi-contre-ses-salaries_1728998_3232.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/04/suicides-a-france-telecom-didier-lombard-mis-en-examen-pour-harcelement-moral_1729208_3234.html

http://lauer.blog.lemonde.fr/2012/07/05/france-telecom-le-debat-sur-les-suicides-change-de-dimension/

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/France-Telecom-une-mise-en-examen-qui-peut-bouleverser-le-droit-du-travail-_NG_-2012-07-05-827697

 

Aussi la mise en examen de Didier Lombard, PDG de France Telecom à l'époque des faits, représente-t-elle une énorme victoire pour tous ceux qui se sont battus contre cette politique managériale, en mémoire de tous ceux qui sont morts dans cette histoire.

 

Et elle représentera surtout un avertissement très clair, extrêmement précis et distinct pour toutes les entreprises qui veulent copier le cas d'école de France Telecom et ses méthodes managériales limites pour se débarasser de ses fonctionnaires. Des salariés de La Poste avec lesquels je discutais récemment me mentionnaient ainsi que La Poste suivait désormais des méthodes comparables, ce que quelques suicides de fonctionnaires de La Poste venaient de corroborer !

 

Il me semble particulièrement insupportable de découvrir que cet homme, Didier Lombard, malgré tout le mal qu'il a pu faire, ne reconnaisse toujours pas sa responsabilité dans cette catastrophe humaine qu'a été la mutation à marche forcée de France Telecom vers le statut d'entreprise soumise à la concurrence, au mépris de la santé et de la vie de nombre de ses salariés historiques. Il est atroce de le voir refuser encore d'endosser sa part de responsabilité et de s'exonérer de toute faute, alors qu'il est à l'origine de la mise en place d'une politique managériale toxique et meurtrière, qui a broyé sans état d'âme des milliers de ses salariés, les poussant pour certains vers la démission, pour les plus chanceux, et vers le suicide et la mort pour les moins chanceux ou les plus fragiles. «Je conteste que les plans indispensables à la survie de l’entreprise aient pu être la cause des drames humains cités à l’appui de la plainte» ! Que cet homme royalement payé pour des tâches meurtrières est courageux dans la reconnaissance de ses actes !

 

 

Saucratès


05/07/2012
0 Poster un commentaire