Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Projet pour une alternance de gauche en deux mille douze (2)

 

Réflexion treize (14 mars 2012)
Les raisons pour lesquelles le candidat socialiste pourrait être battu par Nicolas Sarkozy lors de la prochaine élection présidentielle

 

Avant hier, je parlais de la mauvaise impression que m'avait fait les réponses du candidat socialiste, François Hollande, sur le problème du coût des logements sociaux et de leur financement par le biais des logements privés. Selon moi, la bonne réponse aurait dû être de s'engager à étudier le prix d'achat des programmes sociaux par les bailleurs sociaux, et éventuellement de le relever s'il s'avérait que l'on ne pouvait pas construire des logements de qualité dans le cadre des normes de prix actuels.

 

Hier, deux sondages sont sortis à la suite, le premier plçant pour la première fois Nicolas Sarkozy devant François Hollande en intention de vote au premier tour de l'élection présidentielle. J'avais trouvé dans le sondage de l'IFOP réalisé les 11 et 12 mars, pour le compte d'Europe 1, Paris Match et Public Sénat, la confirmation de mon analyse selon laquelle le candidat socialiste pouvait s'aliéner le vote des classes moyennes avec un discours trop centré contre elles, trop centré sur la pauvreté et l'exclusion. Le sondage de la SOFRES réalisé au même moment qui donne une avance inchangée à François Hollande face à Nicolas Sarkozy peut évidemment contredire mon propos.

http://sondages.blog.lemonde.fr/2012/03/14/des-sondages-qui-se-contredisent-et-des-interpretations-tres-politiques/

 

Je reste persuadé qu'il faut particulièrement regarder le problème du vote des classes moyennes et supérieures. L'UMP ne s'y trompe pas en insistant tout particulièrement sur ce point, comme le démontre cet article du Monde.

http://bercy.blog.lemonde.fr/2012/03/14/fiscalite-francois-hollande-fera-payer-laddition-aux-classes-moyennes-accuse-lump/

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/03/14/la-droite-cherche-la-parade-a-l-offensive-du-candidat-ps_1633751_823448.html

 

Un ami me rappelait qu'un électeur ou un sympathisant socialiste avait besoin de mesures sociales en faveur des plus déshérités pour se reconnaître dans un programme de gouvernement socialiste. Et il est vrai que les promesses concernant les enfants immigrés (de ne plus les placer dans les camps de rétention) ou les plus pauvres me paraissent tout à fait normales. 

 

De même, la promesse de l'instauration d'une nouvelle tranche d'imposition sur le revenu de 75% sur les très hauts revenus ne doit pas inquiéter grand monde au sein des français des classes moyennes.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/14/la-tranche-a-75-de-hollande-pourrait-etre-inconstitutionnelle_1667767_1471069.html

 

Le nombre de français pouvant penser gagner un jour un million d'euros de revenus annuels est en effet extrêmement faible, mis à part quelques sportifs de haut niveau. Il ne me semble ainsi pas que les inquiétudes des classes moyennes puissent venir des questions fiscales. Même si les accusations régulières de l'UMP sur ce sujet peuvent néanmoins inquiéter un certain nombre de français des classes moyennes et peuvent les conduire à voter UMP ...

 

Par contre, les positions extrêmement floues de François Hollande sur les classes moyennes et sur les questions de fiscalité peuvent venir nourrir cette inquiétude. Quant celui-ci considère comme riches les ménages percevant des revenus mensuels supérieurs à 4.000 euros (par ménage ou par membre du ménage ?) ou lorsqu'il parle de réformer le quotient familial au détriment des classes moyennes, on peut se poser des questions. De même lorsqu'on se rappelle que le parti socialiste souhaitait déjà soumettre à conditions de revenus les prestations familiales, seules prestations que touchent la majorité des classes moyennes ...

 

Le problème de la mixité sociale et de la place des logements sociaux me semble enfin une vraie pierre d'achoppement dans le programme socialiste. Sur le principe évidemment, on ne peut qu'adhérer à la mixité sociale, puisque la seule autre alternative est la création de ghettos et de cités HLM impliquant exclusion et violence. Mais la mixité sociale est source de risques accrus pour leurs voisins. La violence peut également naître dans des habitats mixtes. De même, leurs voisins peuvent craindre une recrudescence des vols et une détérioration de l'habitat, impliquant une diminution de la valeur de leurs propriétés. La mixité sociale vient donc accroître le besoin de sécurité des habitants.

 

Par ailleurs, même pour les classes moyennes les moins riches, qui auraient fait en sorte de quitter un habitat social dégradé pour investir dans le logement privé, ce n'est vraisemblablement pas pour que des logements sociaux viennent se construire juste à côté de chez eux. Il y a ainsi sur le problème du logement social une grande schizophrénie des électeurs socialistes, qui à la fois ne peuvent rejeter par socialisme les promesses en faveur des logements sociaux, et en même temps en craignent les conséquences sur leur cadre de vie personnel.

 

Ainsi, si le candidat socialiste veut rassembler pour le premier et le deuxième tour de la prochaine présidentielle, il lui faut selon moi rassurer les classes moyennes sur la politique qu'il envisagera de mener une fois élu, et clarifier ses propositions fiscales et sociales. Sans cela, l'élection présidentielle ne sera pas jouée.

 

 

Réflexion douze (12 mars 2012)
Le problème des logements sociaux et les difficultés de la loi SRU - Ou comment concilier une envie du socialisme avec la réalité des logement sociaux et du financement de leur construction

 

Je suis tombé par hasard sur une de ces émissions télévisées recevant un candidat à l'élection présidentielle, aujourd'hui François Hollande. Le sujet du débat était apparemment le logement. Un reportage intéressant expliquait que l'obligation faite aux promoteurs immobiliers de prévoir des logements sociaux dans leurs constructions les obligeaient à faire financer par les acquéreurs privés les logements sociaux vendus aux bailleurs sociaux. Dans le reportage, le promoteur dijonnais expliquait que le coût de revient de son programme lui revenait à 3.000 euros du m² alors que le prix de vente aux bailleurs sociaux était de 2.000 euros du m². Les 1.000 euros du m² étaient ainsi payés par les acquéreurs privés, et les obligations de la loi SRU  expliquait ainsi selon le promoteur la plus grande partie de la hausse des prix de l'immobilier.

 

Ce reportage m'a interloqué. En réchérissant très largement le prix du m²(la partie non financée des logements sociaux représente le tiers de leur coût de revient), la loi SRU contribue ainsi à exclure des acquéreurs potentiels qui ne peuvent forcément pas suivre le renchérissement du prix de vente intégrant le financement des logements sociaux. 

 

Par ailleurs, ce n'est pas aux acquéreurs privés de financer le logement social français, mais bien à l'état et aux bailleurs sociaux ; tous les acquéreurs privés ne sont pas de cupides capitalistes bourrés de fric qu'il s'agit de pressurer comme des citrons. Il y a des jeunes ménages acquéreurs qui s'endettent sur trente ans, ainsi que des vieux ménages acquéreurs qui investissent les économies de toute leur vie.

 

Quelques instants durant, j'ai cru en une intervention intéressante de François Hollande, qui a dans ses propositions de campagne un projet de renforcement des obligations de la loi SRU. Mais sa réaction m'a énormément déçu. Il a mentionné qu'un deuxième promoteur du côté de Bordeaux (que je n'avais pas vu dans le reportage) expliquait qu'il prenait sur sa marge pour couvrir la perte sur la vente des logements sociaux ... Ce qui signifie en fait exactement la même chose même si François Hollande ne l'a pas compris ... puisque cela revient à majorer le prix des ventes des appartements pour les acquéreurs privés pour financer l'augmentation de la marge nécessaire du promoteur.

 

Puis François Hollande s'est lancé dans une explication de la chance des futurs acquéreurs privés qui ont la chance que ce programme ait été lancé, avec les contraintes SRU, et qu'ils auront le bonheur de profiter de la mixité sociale.

 

Réaction caricaturale de ce candidat socialiste, qui une nouvelle fois fait comme si la classe moyenne française était un ennemi à abattre, qu'il faut toujours tonsurer. La mixité sociale n'est pas exactement une chance. Il faut n'avoir jamais vécu dans des barres HLM d'une quelconque cité d'une quelconque grande ville, avec les ascenceurs cassés, les cages d'escaliers dévastés et vandalisés, les corridors et les caves squattés par des dealers de drogue ou des jeunes désoeuvrés pour en avoir une telle image idyllique. Je me demande à chaque fois si sa jolie maisonnette personnelle est bien entourée de programmes de logements sociaux pour mettre en application ses belles idées politiques, ou bien s'il s'est bien gardé de mettre ses grandes idées en application pour son propre compte ?

 

J'ai été à ce point déçu de sa réaction que je me suis interrogé sur le fait de continuer à vouloir voter pour lui ! Jusqu'à penser voter pour Nicolas Sarkozy ! Je n'ose penser ce que doivent penser des électeurs beaucoup plus versatiles, encore hésitants ? D'une certaine manière, mes opinions politiques se trouvent en opposition avec mes intérêts personnels de la classe moyenne. Il me faudra bien me positionner en vertu de l'une ou de l'autre. Mais j'aimerais tant que le parti socialiste cesse de s'intéresser aux seuls miséreux français pour avoir un programme politique qui ne vise pas seulement à pressurer le plus possible la classe moyenne.

 

Gageons que la droite saura se saisir de ces réactions malhabiles et malheureuses et que les sondages traduiront dans leurs résultats les contradictions de ces positions incompréhensibles et oiseuses !

 

 

Réflexion onze (25 janvier 2012)
Le discours du Bourget de François Hollande, les réactions de la droite et le débat sur les riches et les pauvres (suite)

 

Nicolas Sarkozy a bien noté la principale faiblesse du programme du parti socialiste : le traitement des classes moyennes. En effet, le candidat socialiste ne propose rien pour les classes moyennes tandis qu'un certain nombre d'axes programmatiques les visent prioritairement, comme par exemple les propositions socialistes visant à développer les logements sociaux, auxquels ils n'ont pas accès mais qui sont construits de manière diffuse et contribuent à la création de poches de criminalité parfois proches des résidences cossues des classes moyennes.

 

Autres propositions envisagées évoquées par le candidat socialiste qui impacteront les classes moyennes : la remise en cause envisagée du quotient familial, la progressivité de la CSG, l'indexation sur le revenu du prix de l'eau, du gaz, de l'électricité ... Sans oublier la vieille proposition de soumettre à plafond de revenu les rares allocations familliales qui ne le sont pas encore. 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/24/sarkozy-accuse-hollande-de-mener-une-attaque-contre-les-classes-moyennes_1633652_1471069.html

 

La crainte des classes moyennes est d'être les seuls qui demeurent imposés sur leurs revenus, entre les plus pauvres majoritairement non imposables, et qui le deviendraient encore plus avec une réforme du quotient familial dont l'objectif est de favoriser les ménages moins riches au détriment des classes moyennes, et les très riches qui échappent à l'impôt grâce aux montages fiscaux savants ...

 

Evidemment, la réponse de François Hollande à Nicolas Sarkozy est parfaite. L'UMP au pouvoir n'a rien fait en faveur des classes moyennes (elles ont pleinement bénéficié par contre de l'abaissement des tranches fiscales des précédents gouvernements sous l'ère Chirac). Les cadeaux fiscaux de Nicolas Sarkozy ont concerné les ménages très riches. Mais aucune véritable mesure défavorable ne les a non plus touché.

 

Il manque clairement dans le programme socialiste une vision en faveur des classes moyennes. Et ce n'est pas selon moi les propositions en faveur de l'école, portée par Bruno Julliard, contrairement à ce que semble penser François Hollande, qui risque de satisfaire les classes moyennes «donner une espérance aux classes moyennes, qui ont besoin d'être confortées, notamment par l'école» ... En effet, le programme du parti socialiste en la matière semble plus destiné à satisfaire les milieux enseignants du public, appuis traditionnels du parti socialiste, qu'à s'intéresser au sort des enfants et des adolescents ou bien à donner la parole aux parents d'élèves. Bien au contraire, je sens le parti socialiste prêt à se réattaquer à l'enseignement privé, comme dans les années 1980, investi préférentiellement justement par les classes moyennes, qui y voit un moyen de fuir un enseignement public envahi par la violence, la délinquence et le je-m-en-voutisme des enseignants du public ...

 

Clairement, il est à craindre que les classes moyennes soient une fois encore les dindons de la  farce dans une élection présidentielle qui verra s'opposer le candidat des moins riches et le candidat du Fouquet's et des milliardiaires.

 

Dans les autres critiques de l'UMP vis-à-vis des propositions socialistes, il y en a quand même une extrêmement savoureuse. La proposition du relèvement du plafond du livret A de 15.300 euros à 30.600 euros est en effet contestée par le ministre UMP du logement parce qu'elle ne profitera aucunement à la CDC mais uniquement aux banques ! C'est ce même gouvernement qui a fait, il y a quelques années, un cadeau aux banquiers en leur permettant de commercialiser des livrets A auparavant uniquement réservés aux caisses d'épargne (vieille demande des banques commerciales), et qui surtout ne les a pas astreint aux mêmes obligations de reversement des sommes collectées à la CDC (ce qui n'intéressait pas absolument pas les banques) ... et c'est ce même gouvernement qui se permet cette critique ?

 

Il suffira juste de réimposer à tous les établissements de crédit, banques comprises, de retransférer 85% des sommes collectées à la CDC, pour lui permettre de financer le logement social (les 15% restant pouvant être affectés au financement des prêts aux collectivités locales comme cela était autrefois imposé à l'Ecureuil) ... ce qui retirera vraisemblablement beaucoup de l'intérêt des banques commerciales vis-à-vis de ce produit d'épargne !

 

Il demeure nécessaire que le parti socialiste réfléchisse à la question des classes moyennes, (dans le sens où je l'entends, c'est-à-dire aux ménages dont les revenus se situent entre 60.000 et 120.000 euros annuels) et à l'impact de leurs propositions électorales sur leurs craintes et leurs attentes. A moins que l'objectif du parti socialiste ne soit de laisser cet électorat à l'UMP et aux partis de centre-droite !

 

 

Réflexion dix (23 janvier 2012)
Le discours du Bourget de François Hollande, les réactions de la droite et le débat sur les riches et les pauvres

 

Par certains côtés, le discours prononcé par François Hollande au Bourget, en Seine-Saint-Denis, ce dimanche 22 janvier, m'a particulièrement plu. Je me retrouve notamment dans ce qu'il dit de Nicolas Sarkozy («Je vais vous confier mon secret, que j'ai gardé depuis longtemps : j'aime les gens comme d'autres sont fascinés par l'argent») ou du monde de la finance internationale («Dans cette bataille qui s'engage, je vais vous dire quel est mon véritable adversaire : il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc jamais élu. Cet adversaire, c'est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l'économie, de la société et même de nos vies»).

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/23/francois-hollande-surprend-ses-adversaires-et-ses-proches_1633189_1471069.html

 

Evidemment, l'UMP fidèle à sa devise, attaque tout azimut le discours de François Hollande, selon des thèmes choisis qui laissent deviner une nouvelle fois que ses attaques sont concertés, font partie d'un plan d'attaque, qu'une nouvelle fois, des éléments de langage ont été élaborés par certains que tous sont sensés utiliser ... Une sorte de concours au plus méchant où la récompense dépendra de l'issue de la bataille présidentielle ... Avec la chance pour les plus méchants d'intégrer l'équipe rapprochée du maître du chateau.

 

Néanmoins, pour ma part, il me semble que l'on ne pourra pas faire l'économie au cours de cette campagne présidentielle d'un débat sur les riches et les pauvres ... Et si cet éclaircissement n'est pas apporté dans le débat, ce débat aura forcément lieu en chaque électeur.

 

Je ne me retrouve pas complètement dans la position dogmatique du parti socialiste sur les riches et les pauvres, pas plus que je ne me retrouve dans les positions de l'UMP ou celles prises par Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Comme un leit-motiv, pour la droite, les pauvres ont une responsabilité dans leur état de pauvreté. Par ailleurs, les pauvres sont bénéficiaires des politiques publiques de protection sociale, et peuvent être considérés comme des poids pour la société, ou être accusés de triches aux allocations. On retrouve souvent cette position dans les divers discours présidentiels de Nicolas Sarkozy ... A l'inverse, les riches sont les financeurs des politiques publiques de protection sociale, dont ils bénéficient rarement. Mais on les accuse de chercher à échapper à l'impôt ...

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/23/la-carte-de-l-isf-revele-la-separation-entre-riches-et-pauvres_1629128_1471069.html

 

Chez François Hollande et au parti socialiste, les pauvres occupent une place différente. Ils ont régulièrement bénéficié de nouveaux droits sociaux sous les gouvernements de gauche (revenu minimum d'insertion, Cmu ...) et je considère parfois en le regrettant que le parti socialiste ne voit qu'eux dans la société française. Les charges de François Hollande contre les riches ne sont pas les premières. Le discours du Bourget ouvre néanmoins un nouveau sujet sur la «nouvelle aristocratie» des plus riches français : «Ils vivent à côté de nous mais ils ne vivent déjà plus avec nous. Parfois, ils ne vivent même pas chez nous». Selon moi, accuser les riches de grégarisme, de vivre entre riches, à l'écart des pauvres, pose un problème plus large. Le fait qu'il s'agit d'une préoccupation générale, dans tous les milieux sociaux.

 

Le parti socialiste a une position que je considère comme dogmatique : le triplement des amendes dues en cas de non-respect de la loi LRU, c'est-à-dire la présence d'un certain pourcentage de logements sociaux dans les villes. Pauvres ou riches, nous ne sommes pas nombreux, je crains, à nous réjouir dans le cas où un programme de logements sociaux vendrait à se constuire à côté de notre lieu d'habitation, que l'on soit propriétaire ou locataire. Vol, vandalisme, irrespect ... Voilà ce qui a des chances de nous attendre dans une telle situation, que l'on soit pauvre ou riche ...

 

Il m'est ainsi difficile de condamner ce que je comprends et ce que je fais pour moi-même ... même si François Hollande pense différemment ... Je suppose qu'il s'est appliqué à lui-même ses belles résolutions dans sa bonne ville de Tulle, en se faisant construire des logements sociaux juste à côté de sa propre demeure !

 

Ce que je regrette dans cette élection présidentielle, c'est que l'on n'est pas vraiment le choix. D'un côté, une politique ultra-favorable aux plus riches, et un discours de fermeté pour les plus pauvres, accusés de profiter indûment des allocations, et appeler à rejoindre la France qui travaille et se lève tôt, et un oubli complet des autres classes sociales (auxquelles l'UMP souhaite juste retirer un certain nombre d'acquis sociaux comme la réduction du temps de travail) ... D'un autre côté, un discours manichéen sur les plus riches, et une priorité donnée aux plus pauvres, avec une volonté de plus grande mixité entre pauvres et moins pauvres ... J'aimerais une position moyenne, plus au centre-gauche ...

 

Enfin, il faudra aussi aborder au cours de cette campagne ce que cela signifie d'être riche, comme d'être socialiste. Je me sens d'abord interpellé lorsque j'entends dire que le niveau de revenu moyen des français ne dépasse pas 1.800 à 2.000 euros mensuels ... Cela n'a aucun rapport avec les salaires des centaines de cadres et fonctionnaires que je connais autour de moi. Par ailleurs, il me semble que l'objectif de tous les salariés, de tous les fonctionnaires, est de se promouvoir dans leur vie professionnelle et personnelle ... Il me semble alors manichéen de vouloir jeter l'opprobre sur ceux qui ont réussi, dont les revenus s'approchent de 4.000 euros ou de 10.000 euros, qui ont rejoint la classe moyenne, grâce à la chance le plus souvent, à quelques risques professionnels ou familiaux pris, souvent grâce à leur réussite scolaire (qui est rarement de leur seul fait mais le plus souvent des parents qui les ont poussés, motivés, conseillés et parfois même frappés) ...

 

Le fait d'être riche ne me semble pas devoir être un motif de discrimination dans la société française, même si parfois la richesse de certains s'est construite sur la misère du plus grand nombre ... (les salaires mirobolants des grands patrons des entreprises du CAC40 me font effectivement réagir, essentiellement parce que les salaires du reste de leur personnel demeurent extrêmement bas, parce que leur personnel se voit parfois même imposer des temps partiels au SMIC comme à Carrefour) ...

 

Il faut simplement qu'une politique fiscale juste leur soit appliquée (comme à tous les français), et que les niches fiscales qui leur permettent d'échapper à l'impôt soient supprimées et comme il est proposé par le parti socialiste, qu'une nouvelle tranche d'imposition soit créée.

 

 

Réflexion neuf (5 avril 2011)
Flot de critiques à l'UMP contre le programme politique pour 2012 du Parti Socialiste ...

 

Les chiens sont lâchés ! C'est un peu l'impression que peuvent donner les réactions débridées des parlementaires UMP après la présentation du projet de programme du Parti socialiste pour la prochaine élection présidentielle de 2012.

http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Les-grands-axes-du-projet-du-Parti-socialiste-pour-l-election-presidentielle-de-2012-293869/

 

Ils semblent vouloir à tout prix se faire remarquer par je ne sais qui, pour je ne sais quelle raison ... Comme en son temps avec Frédéric Lefebvre, ces attaques n'ont pas pour objectif d'être justes ou fondées ... Il semble que le rôle d'obscurs porte-flingues de Nicolas Sarkozy leur suffisent amplement ...

 

Les critiques de l'UMP portent ainsi notamment sur la proposition de création de 300.000 nouveaux emplois aidés pour les jeunes ... Elles viennent d'un peu partout, de Lionel Luca, député UMP, de Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur, de Luc Chatel, ministre de l'éducation, de Franck Riester, jeune député UMP, d'Hervé Novelli, ancien secrétaire d'état disgracié et actuel secrétaire général adjoint de l'UMP, de Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, à Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP au Sénat ...

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/l-ump-raille-le-retour-vers-le-futur-du-ps-04-04-2011-1315193_240.php

 

Evidemment, cela fait quelques années que l'UMP a retenu la solution inverse de ne pas renouveler les départs en retraite dans les fonctions publiques pour diminuer le nombre de fonctionnaires, même si, en faisant cela, l'UMP a bloqué le nombre d'embauches de jeunes dans la fonction publique, accroissant notamment les problèmes de chômage des jeunes ...

 

Même type de réactions au sujet du projet du parti socialiste de plafonner et réglementer les salaires maximums des dirigeants des grandes sociétés françaises à capitaux publics ... Selon l'UMP, la seule conséquence d'une telle mesure sera l'émigration des grands patrons français, ou leur départ vers le privé (où ils viendront vraisemblablement faire concurrence aux députés UMP non réélus ... d'où leur énervement) ...

 

Argument également parfaitement idiot de l'UMP, puisque même si les dirigeants actuels des groupes publics français devaient partir pour le privé, je suis absolument certain que ces grands groupes publics arriveront à trouver en interne quelques hauts cadres compétents intéressés par de telles promotions et qui réussiront à se contenter des salaires plafonnés proposés. Au pire, une telle mesure créera un peu de mobilité dans les grands groupes publics français, et on n'y trouvera quelques patrons un peu moins intéressés par le fric et un peu plus par leur société. 

 

Quant à l'idée d'augmenter les impôts sur les plus riches, il semble normal qu'elle fasse bondir les députés UMP qui n'ont eu de cesse de vouloir faire baisser les impôts des plus grands patrimoines français. 

 

A noter également que les sénateurs UMP commencent à vouloir contester la forme des primaires du parti socialiste ...

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-senat-va-se-pencher-sur-les-primaires-ps_980221.html


Apparemment, certains à l'UMP ont extrêmement peur du parti socialiste et du fait que les primaires ne puissent être uniquement cette machine à perdre qui ferait désigner la plus mauvaise candidate socialiste ... Mais qui a donc sonné l'halali ?
 

 

Réflexion huit (11 mars 2011)
Les primaires et le Parti socialiste ...

 

Quelques personnalités d'envergure du parti socialiste commencent depuis quelques jours à contester la pertinence et la validité de la tenue de primaires au sein du parti socialiste, pour désigner le candidat du parti (ou de la gauche) pour la future élection présidentielle de 2012.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/09/pierre-moscovici-doute-de-la-pertinence-des-primaires_1490833_823448.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/10/des-responsables-socialistes-appellent-a-annuler-la-primaire-du-ps_1491361_823448.html

 

Evidemment, ce qui est déjà contesté par un certain nombre d'autres prétendants à l'investiture suprême, c'est que ces prises de position interviennent après quelques sondages électoraux faisant état de la percée de Marine Le Pen du Front National, et de la possible réédition du premier tour de l'élection présidentielle de 2002, qui avait vu l'élimination de Lionel Jospin ... et témoignent selon eux d'un affolement de mauvaise aloi. Ce qui est également contesté, c'est que ces prises de position émanent surtout de proches de Dominique Strauss-Kahn, qui ne semble pas voir d'un oeil très favorable la tenue de ces primaires ...

 

Par ailleurs, est-il intellectuellement possible d'annuler de telles primaires promises aux adhérents socialistes depuis de longues années, qui ont déjà conduit à la désignation du précédent candidat de l'élection présidentielle de 2007, pour faire désigner ce candidat par un congrès du parti socialiste ? D'une certaine manière, est-il concevable qu'un candidat qui ne serait pas capable de remporter l'investiture des adhérents de son propre parti, puisse être capable de briguer le mandat présidentiel auprès de l'ensemble des électeurs ?

 

Mais il se trouve que je suis totalement en accord avec tous ceux qui demandent l'annulation de ces primaires. Les primaires ne sont pourtant pas une machine à perdre. Mais elles sont copiées sur le modèle de ce qui se fait aux Etats-Unis, où elles sont appliquées de manière assez conformes dans les deux grands partis (mais pas dans les autres petits partis puisqu'il est arrivé qu'il y ait un troisième candidat à l'élection présidentielle américaine).

 

Leur transposition à la France ne me semble pas suffisamment réfléchie. Elles comprennent un unique vote des adhérents et non une succession de votes comme aux Etats-Unis, qui permet de créer une dynamique pour un candidat et de faire naître une empathie avec les adhérents, qui élimine des candidats au fur et à mesure de leur perte de chances et conduit ces derniers à appeler à voter pour tel autre candidat - Barack Obama aurait très facilement pu être éliminé sur un vote unique d'investiture - il a très certainement perdu quelques scrutins d'investiture - et les démocrates auraient alors pu perdre les dernières élections présidentielles américaines ... Mais en France, les égaux sur-dimensionnés des quelques candidats déclarés à cette investiture empêcheraient ce genre de désistements. Elles (les primaires) ne reposent pas sur le corps électoral dans son entier (du moins les sympathisants) ... mais je ne suis pas sûr que le système américain de détermination des sympathisants de tels ou tels des deux grands partis puisse être transposable en France ...

 

Surtout, des adhésions massives de nouveaux adhérents téléguidés, intéressés simplement par l'élection d'une certaine personne, peuvent très facilement biaiser le résultat de ces primaires socialistes, comme cela a semblerait-il été le cas lors des primaires des dernières présidentielles française de 2007. Par ailleurs, le fait d'ouvrir cette désignation à tous les sympathisants de gauche est peut-être une bonne idée dans l'absolu ; mais ces mêmes autres partis de la gauche s'ils sont battus dans le cadre de la primaire socialiste auront toujours la possibilité de se présenter sous la bannière de leur propre parti à cette même élection présidentielle (je pense au Front de gauche, au Npa, au Parti communiste ...).

 

En somme, les primaires du parti socialiste sont construites sur une durée trop courte en terme de scrutins et présentent trop de difficultés pour appréhender le format des électeurs susceptibles de se prononcer ... le risque étant grand en le restreignant de limiter le nombre des adhérents mais en permettant aux partisans d'un candicat (ou d'une candidate) de prendre d'assault le contrôle du parti comme en 2007 ... ou à l'inverse de voir des militants du parti opposé de tenter de faire barrage au candidat le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy ... ou de favoriser le candidat qui défendrait les idées les plus gauchisantes ... Les primaires n'ont fonctionné à l'UMP pour la dernière élection présidentielle qu'en raison de la personnalité de Nicolas Sarkozy ; il aurait en effet été suicidaire de s'opposer à la candidature de Nicolas Sarkozy au sein de l'UMP et de tenter de lui faire barrage, sans craindre de mesures de rétorsion judiciaire par la suite ...

 

Les précédentes primaires au parti socialiste ont conduit à la désignation d'une candidate qui n'a, pour certains, jamais souhaité associer le parti socialiste à l'élaboration de son programme électoral ... De nouvelles primaires qui conduiraient une nouvelle fois à la désignation de Ségolène Royal (même si elle semble avoir perdu du terrain au sein du parti socialiste), auraient-elles le moindre intérêt, alors qu'elle n'a vraisemblablement aucune chance de s'imposer, ni face à Marine Le Pen pour atteindre le deuxième tour de la présidentielle, ni face à Nicolas Sarkozy pour le deuxième tour ...

 

Annuler les primaires au parti socialiste me semblerait la meilleure solution. Il vaudrait mieux que le meilleur candidat de la gauche face à Nicolas Sarkozy soit désigner par le parti, que ce candidat et le parti négocie un accord de gouvernement avec les autres partis de gauche (comme Miterrand en 1981 ou Jospin avec la Gauche plurielle) pour que le nombre de candidats de gauche soit le plus restreint possible afin de limiter au maximum le risque de voir le candidat socialiste ne pas obtenir le plus grand nombre de voix au premier tour de l'élection présidentielle ... (je ne disais pas vraiment autre chose dans mon premier article d'octobre 2009 ...).

 

Parce que l'important pour le parti socialiste est de remporter l'élection présidentielle de 2012 !

 

 

Saucratès

 

 

Précédents écrits sur le même sujet :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2185947-projet_pour_une_alternance_de_gauche_en_deux_mille.html



05/04/2011
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