Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réchauffement climatique (4)

 

Réflexion quarante-trois (28 novembre 2011)
La conférence de Durban en Afrique du Sud


Un an après la conférence de Cancun et deux ans après l'échec de la conférence de Copenhague en décembre 2009, se tient à Durban la dix-septième conférence des parties sur la convention climat (Cop17). L'enjeu en est de relancer les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique et la renégociation de l'accord sur le protocole de Kyoto, signé en 1997, négociations enlisées après Copenhague.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/27/sommet-de-durban-la-planete-au-chevet-du-protocole-de-kyoto_1609846_3244.html

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/11/27/le-temps-presse-a-durban-alors-que-kyoto-expire_1272267.html

 

Vingt années se sont écoulées depuis le premier sommet de la Terre qui s'était tenu à Rio de Janeiro au Brésil, en juin 1992, qui avait vu l'adoption par 131 chefs d'Etat de l'Agenda 21, un recueil de 2.500 recommandations pour le 21ème siècle, et où trois conventions internationales avaient été ouvertes à la signature : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification.


Quinze années se sont également écoulées depuis le deuxième sommet de la Terre qui s'était tenu à New-York aux USA, en juin 1997, et qui avait constaté le désaccord entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Mais l'année 1997 avait également conduit à l'adoption en décembre 1997 du Protocole de Kyoto lors de la troisième conférence des parties à la convention-climat (Cop3).

 

Le protocole de Kyoto présente néanmoins des limites en raison du faible poids des états engagés par des réductions d'émission des gaz à effet de serre (GES) dans le total des émissions mondiales. Les états signataires sont les états européens et l'Australie représentent en effet à peine 30% du total des émissions mondiales. Les Etats-Unis, deuxième pollueur de la planète, n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, et la Chine, désormais premier pollueur de la planète, n'était pas concerné par le protocole en tant que pays nouvellement industrialisé.

 

En cette période de crise financière et de crise de la dette, pour quelles raisons l'Union européenne accepterait-elle de s'engager unilatéralement sur la reconduction du protocole de Kyoto et sur le coût financier des mesures de réduction des émissions de GES, alors que les autres états pollueurs de la planète s'exonèrent de toute contrainte pouvant entraver leur croissance économique ? Mais l'urgence climatique n'a pas diminué, bien au contraire, même si apparemment, l'Europe tout comme les autres principaux pollueurs, ne seront pas les plus concernés par les catastrophes climatiques qui pourraient s'ensuivre d'un emballement du réchauffement climatique. Les pays en développement africains, principalement concernés par des famines consécutivement aux dérèglements climatiques, et les états iliens (en premier lieu l'état du Tuvalu dans le Pacifique ou les îles des Maldives dans l'Océan Indien), concernés eux par l'accroissement des risques cycloniques et la montée du niveau des océans.

 

Ainsi, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué la semaine dernière que la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère avait atteint en 2010 un niveau sans précédent, tandis que un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a fait état d'une menace grandissante des vagues de chaleur pour le vingt-et-unième siècle : des pluies plus fortes, davantage d'inondations, des cyclones plus puissants, des glissements de terrain et des sécheresses plus dures.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/21/la-concentration-des-gaz-a-effet-de-serre-dans-l-atmosphere-atteint-des-niveaux-record_1606916_3244.html

 

Enfin l'Agence internationale de l'énergie (AIE), bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a averti que la hausse des températures pourrait être comprise entre 3 et 6 degrés d'ici la fin du siècle et que les émissions de dioxyde de carbone pourraient progresser de 20% d'ici 2035 pour atteindre annuellement 36,5 gigatonnes.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/09/les-emissions-de-co2-pourraient-augmenter-de-20-d-ici-a-2035_1601285_3244.html 

 

Pour mémoire, les émissions de GES ont ainsi atteint 30,6 gigatonnes en équivalent CO² en 2010, contre 28,9 gigatonnes en 2009 et 29,3 gigatonnes en 2008. Le faible niveau enregistré en 2009 s'expliquait par la crise économique et financière mondiale. Par rapport à 2008, la hausse entre 2010 et 2008 s'établit ainsi à +4,5%.

http://www.qualipole.fr/les-articles-specialises/emissions-mondiales-de-ges-gaz-a-effet-de-serre-en-2010-un-nouveau-et-triste-record.html

 

 

Réflexion quarante-deux (20 décembre 2009)
L'échec de la conférence de Copenhague et l'avenir du capitalisme ...


La conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique s'est ainsi terminée sur un échec, ou plutôt a accouché d'une souris, malgré tous les espoirs qui étaient nourris avant son démarrage, et les mouvements de pétition grandiloquents qui étaient annoncés pour influer sur les négociations. Je ne pense pas que l'humanité soit prête aujourd'hui à prendre des mesures, radicales ou non, pour lutter contre le réchauffement climatique. Parler de l'humanité peut évidemment sembler excessif ; il pourrait sembler plus naturel de parler des acteurs économiques et politiques occidentaux. Il est certain que les peuples africains et de nombreux peuples asiatiques de pays en développement ne participent pratiquement pas au réchauffement de la planète et qu'ils ne seraient pas opposés à des mesures d'économie. Mais en même temps, l'exemple chinois permet de démontrer que les gouvernements de ces pays, s'ils devenaient des émetteurs importants de CO² en raison de leur développement, n'hésiteraient pas à refuser de s'engager à réduire leurs émissions, de peur de voir freiner leur potentiel de développement économique ...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/19/deception-a-copenhague_1282944_3232.html
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/18/un-accord-non-contraignant-obtenu-in-extremis-a-copenhague_1282914_1270066.html

La majeure partie de l'humanité ne souhaite pas aujourd'hui diminuer son empreinte énergétique sur la planète, mais au contraire accroître le plus possible son niveau de consommation et sa richesse personnelle, d'une façon purement égoïste et individuelle, sans prendre en compte l'impact de telles décisions au niveau global. Par ailleurs, il me semble aussi qu'il n'existe aujourd'hui que bien peu de technologies permettant de suppléer aux technologies polluantes et émettrices de carbone, même hors de prix. Il n'existe même pas de technologies propres et sans risques. Je pense ainsi aux capteurs électriques photovoltaïques dont à ce jour on ne sait pas recycler les métaux utilisés (cadium) et gérer leur radioactivité. Je pense aussi aux méthodes d'enfouissage de CO² à grande profondeur terrestre, dans d'anciens gisements de gaz naturel, ou dans des veines salines, dont on ne peut ignorer les risques éventuels qui seraient observés en cas de remontée brutale de ce gaz en surface, qui pourrait alors asphixier toute une population en quelques minutes. Je pense également aux éventuelles voitures à pile à hydrogène, pour lesquelles on ne peut peut-être pas aujourd'hui prévoir les conséquences de l'émission de tant de molécules d'hydrogène libres ; personne au début du vingtième siècle n'aurait pu imaginer que les émissions individuelles de moteurs à explosion seraient capables de polluer l'atmosphère terrestre et de contribuer au réchauffement climatique ... Quels effets de ces piles à hydrogène seront découverts au vingt-et-unième siècle, alors que l'on touche à un élément fondamental à la vie humaine : le cycle de l'eau.

Il nous faudra donc attendre les prochaines négociations sur le climat (à Mexico en décembre 2010) pour voir si l'humanité peut s'engager sur la voie d'un développement plus durable, moins émetteur de gaz à effet de serre, et si les états au niveau multinational seront capables de s'entendre sur un cadre politique contraignant. En attendant, on devra supporter les rotomontades de notre hyper-président national, très doué pour se mettre en valeur et pour accaparer les bonnes idées des autres ...
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41226211@7-37,0.html
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/17/nicolas-sarkozy-conteur-de-ses-succes-diplomatiques-par-arnaud-leparmentier_1282006_3232.html

Néanmoins, peut-on dire que la lutte contre le réchauffement climatique et la poursuite de la croissance économique effrenée de l'Occident ou de la Chine ne sont pas incompatibles ? La décroissance économique n'est-elle pas l'une des seules solutions pour arriver à la diminution des émissions de gaz à effet de serre ? Evidemment, cette affirmation pose problème aux pays en développement pour lesquels le but final et indépassable du développement est la croissance économique pour elle-même. Mais le problème n'est pas d'obtenir plus de croissance économique, mais simplement un meilleur partage de la croissance économique et des richesses produites. Pour les états occidentaux développés, il est évident que l'on pourrait obtenir une meilleure répartition des richesses entre les citoyens, même avec une croissance économique négative, c'est-à-dire avec une décroissance. Evidemment, il est plus simple et moins douloureux de partager les fruits d'une croissance supplémentaire que de modifier la répartition d'une richesse en baisse ...

Le capitalisme actuel ne sait pas résoudre de telles situations. Le capitalisme crée de l'inégalité, des riches, des pauvres et des exclus au sein d'une société, et des différences de développement entre états. C'est donc clairement le capitalisme qu'il faut réformer si on veut faire face à une économie plus vertueuse en matière de développement durable. La décroissance de l'empreinte énergétique sur la Terre passera ainsi peut-être par l'adoption de nouvelles règles pour le capitalisme, imposées par des accords internationaux pour le rendre plus juste, plus humain, moins polluant, moins attentif aux besoins du seul capital et des seuls puissants ... Le principe de la décroissance n'est pas un objectif en lui-même. Dans le cas d'une planète limitée, face à des ressources naturelles déjà surutilisées, face à des écosystèmes surconsommés, la croissance de la production industrielle de biens sera très vraisemblablement prochainement limitée, d'abord dans l'optique de préserver les droits des générations qui nous succéderons sur notre planète et sur ses richesses. La décroissance ne sera alors plus un choix de société mais un fait indépassable et il faudra alors faire plus et mieux avec des richesses décroissantes.
 
 

Réflexion quarante-et-une (17 décembre 2009)
«Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé» ...


J'ai beaucoup aimé cette phrase de Hugo Chavez à la conférence de Copenhague où semble s'éloigner la perspective de signature d'un accord novateur et contraignant sur le changement climatique. Mais il ne faut pas désespérer ; avant la signature de l'accord de Kyoto, en décembre 1997, plusieurs grands sommets précédents s'étaient soldés par des échecs des négociations.
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/17/lueur-d-espoir-sur-le-climat-apres-un-jour-de-chaos_1281871_1270066.html

Mais il y a malgré tout quelques points qui me semblent importants de mettre en évidence dans le cadre des mouvements citoyens qui s'agitent autour de ce sommet. On entend parler dans la presse de pétitions électroniques auxquelles les citoyens de tout pays sont appelés à adhérer pour influer sur les gouvernements et leurs négociateurs. Pourquoi pas ! Même si je me demande si une telle pétition aura la moindre influence sur un régime politique comme le gouvernement chinois qui n'avait pas hésité à réprimer dans le sang les manifestations de la place Tien An Men, attitude dont dépend malgré tout en dernier ressort la conclusion d'un accord sur le climat.

Sommes-nous réellement prêts, nous autres européens, français ou autres, à modifier notre mode de vie, notre consommation, notre style de vie, pour adopter un mode de vie économe pour la planète, ou faiblement émetteur de carbone ? Sommes-nous prêts à abandonner nos rêves automobiles de belles berlines puissantes pour acheter des peugeots 107 aux moteurs ridiculeusement petits, émettant peu de dioxyde de carbone et consommant peu d'essence ? Ou alors à abandonner le rêve de la maison individuelle pour se réfugier dans des barres d'immeubles dans lesquelles les coûts de chauffage sont plus faibles et où la concentration de l'habitat facilite l'approvisionnement en eau et en électricité ?

En tant que citoyen lambda d'un quelconque gouvernement européen, sommes-nous prêts à des sacrifices en terme de qualité de vie, d'image sociale, en terme financier, ou bien sommes-nous tout simplement trop égoïstes, trop enfermés dans nos petits rêves et notre petite soif de consommation et d'image, pour faire autre chose que souhaiter la signature d'un accord internatonal qui nous donne bonne conscience ... Pour la majorité d'entre nous, et moi le premier, je n'y crois pas.

Evidemment, nous serions prêts à consommer non plus éthique mais économe en rejet de CO² si cela ne devait rien nous coûter, ni en terme de qualité de vie, ni en terme de style de consommation, ni surtout en terme de pouvoir d'achat. Nous serions même prêts, pour une forte majorité, à quelques sacrifices de temps à autre ... Eviter le fois gras de canard sauf pour les réveillons ... Ce que bon nombre de personnes attendent, c'est que les gouvernements imposent de nouvelles normes d'émission aux industriels, aux producteurs d'électricité, et autres sociétés mondiales, de telle sorte que celles-ci soient obligées de modifier leurs produits pour les rendre économes, tout en espérant que la concurrence permette d'en maintenir les prix au niveau antérieur. Pas un des manifestants n'accepterait ainsi que le prix de la baguette de pain passe à 3 ou 4 euros en vertu de norme anti-pollution, ni que le prix de l'électricité ou de l'eau soit multiplié par deux ou trois ... Les mêmes manifestants manifesteraient contre le diktat des industriels ...

Et d'une certaine façon, il est amusant de comprendre que ces manifestants écolo-tiersmondistes-gauchistes sont en fait des partisans inébranlables du libre jeu de la concurrence, c'est-à-dire du capitalisme ... (mais sans le savoir ou se l'avouer évidemment ... les écolo-tiersmondistes-gauchistes seraient ainsi un peu les 'messieurs Jourdain' du capitalisme) ...

D'où mon malaise devant tous ces gens qui jouent à se donner bonne conscience en signant et en appelant à signer des pétitions sur internet, alors que dans les faits, ils ne sont pour la plupart moins égoïstes que les autres et qu'ils croient dans les faits que la pollution au CO² vient des autres, consommateurs ou industriels, mais en aucun cas de leur petite et admirable personne ...

Ce qui ne m'empêche pas de rire devant cette phrase d'Hugo Chavez, particulièrement vraie ... «Si le climat était une banque, on l'aurait déjà sauvé» ... Pour sauver une banque, ni les Etats-Unis, ni l'Europe, n'ont lésiné sur les moyens financiers, ni attendu que les autres sauvent d'abord leurs propres banques ... un autre des secrets du capitalisme ... Les intérêts du capitalisme ont réussi à devenir ceux de la société dans son entier, des gouvernants dans leur ensemble ... Ce qui est particulièrement vrai puisque même les écolo-tiersmondistes-gauchistes sont aussi gagnés par le culte des bienfaits de la concurrence ...



Réflexion quarante (3 décembre 2009)
Les enjeux du sommet de Copenhague ...

En préambule, un lien pour visionner le court-métrage diffusé par le Danemark, pays hôte de la conférence COP15, lors de la session d'ouverture du sommet de Copenhague, lundi dernier ... Ce court-métrage met en scène une fillette affrontant les éléments déchainés et suppliant les 1 200 délégués d'aider à sauver la planète.
http://www.youtube.com/watch?v=NVGGgncVq-4&feature=player_embedded

Le sommet de Copenhague se tiendra du 7 au 18 décembre 2009, dans la capitale du Danemark. Ce sera la quinzième conférence traitant du problème du réchauffement climatique, réunissant les pays (191 à l'heure actuelle) ayant ratifié la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Les enjeux de ce sommet sont cruciaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique à l'échelle de notre planète. La Chine est désormais devenue le premier émetteur de dioxyde de carbone (CO²) de la planète, devant les Etats-Unis d'Amérique, qui demeure toutefois le premier pollueur de la planète lorsque l'on rapporte leurs émissions au nombre d'habitants. A eux deux, ces deux pays sont responsables de plus de 40% des émissions mondiales de CO², notamment en raison de l'utilisation de centrales à charbon pour produire de l'électricité.

Copenhague a pour objectif de complèter, de prendre la suite ou de renforcer, le protocole de Kyoto qui avait été conclu en décembre 1997, pour la période 2008-2012, qui imposait aux 37 pays les plus industrialisés l'ayant ratifié de réduire leurs émuissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, au premier rang desquels on trouve le CO². Une partie du débat vient du fait de l'exonération des pays en développement des engagements contraignants souscrits à Kyoto, et tout particulièrement des plus gros pollueurs actuels que sont la Chine mais également l'Inde ou le Brésil, qui souhaitent voir la responsabilité historique des pays industrialisés dans le processus actuel de réchauffement climatique et dans l'accumulation de CO² dans l'atmosphère terrestre. La non-ratification du protocole de Kyoto par les Etats-Unis est un autre élément du débat.

Pour mémoire, la précédente conférence (la quatorzième) dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique s'était tenue à Pozman, en Pologne (conférence dite Cop14), du 1er au 12 décembre 2008. Pour une liste des précédentes conférences, voir le point 5 de mon article suivant ...
http://saucrates.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/06/14/vade-mecum-en-developpement-durable.html

A Copenhague, dans quelques jours, il faudra à la fois acter des projets de réduction précise et contraignante des émissions de gaz à effet de serre des principaux pays pollueurs de la planète, mais surtout prévoir de nouveaux mécanismes de financement pour transformer le fonctionnement énergétique des économies et soutenir l'adaptation des pays pauvres. De la même manière que le protocole de Kyoto avait créé trois mécanismes de flexibilité : le Mécanisme de développement propre (MDP), la mise en œuvre conjointe (MOC) et les permis négociables ... qui commencent cependant seulement à être mis en oeuvre et à se développer, près de dix ans après Kyoto. Il s'agira aussi et surtout pour les pays les plus riches de s'engager sur le financement du climat, à raison de centaines de milliards de dollars par an ... Challenge difficile en cette période budgétaire difficile ...

Le sommet de Copenhague sera-t-il un nouveau sommet pour rien, comme une bonne partie des précédents sommets de ces dernières années, ou permettra-t-il de faire avancer la lutte contre le changement climatique ? En tout cas, les nombreuses propositions de divers états pour des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre laissent augurer une issue favorable à cette négociation :
- baisse de 17% des émissions en 2020 par rapport à 2005 pour les Etats-Unis, de 30% en 2025 et de 42% en 2030.
- baisse de 40% à 45% des émissions par unité de PIB en 2020 par rapport à 2005 pour la Chine.
- baisse de 20% à 30% des émissions par rapport à 2005 pour l'Europe et de 80% à 95% en 2050.
- baisse de 4% des émissions en 2020 par rapport à 2005 pour la Corée du Sud.
- baisse de 25% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour le Japon.
- baisse de 39% des émissions en 2020 par rapport aux prévisions antérieures pour le Brésil.
- baisse de 20% à 25% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour la Russie.
- baisse de 20% des émissions en 2020 par rapport à 2006 pour le Canada.
- baisse de 10% à 20% des émissions en 2020 par rapport à 1990 pour la Nouvelle-Zélande.
- baisse de 50% des émissions en 2050 pour le Mexique s'il dispose de la technologie et du financement adéquats ...


Réflexion trente-neuf (19 novembre 2009)
Des émissions mondiales de 10 milliards de tonnes de carbone en 2008 ...

Ce chiffre peut faire peur. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint en 2008 un nouveau record d'émission à plus de 10 milliards de tonnes équivalent carbone (GeTC), selon les estimations d'une étude annuelle du consortium scientifique Global Carbon Project, publiée mardi 17 novembre dans la revue Nature Geoscience. Quant à la captation de ces émissions par les puits naturels de carbone (océan, végétation terrestre, etc.), elle aurait atteint 40% de ces émissions en 2008, perdant légèrement en efficacité puisqu'il y un demi-siècle, ils fixaient 45% des émissions de gaz anthropiques. Lire à ce sujet l'intéressant article du Monde.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/18/les-emissions-de-co2-ont-atteint-un-niveau-record-en-2008_1268592_3244.html

On en serait néanmoins légèrement au-delà des plus pessimistes prévisions du GIEC en matière d'émission de carbone de l'atmosphère ; ces plus pessimistes prévisions du GIEC qui envisagent, il faut le rappeler, une hausse des températures à la fin du siècle de 6 degrés celcius par rapport à aujourd'hui, et une montée des masses océaniques de près d'un mètre. L'humanité ne prend pas aujourd'hui le chemin d'une meilleure évolution énergétique. Parmi les autres enseignements à tirer de cette étude, il faut noter la part majoritaire dans les émissions prise par les pays en développement par rapport aux pays occidentaux, et l'importance des émissions de gaz à effet de serre (carbone) provenant des centrales électriques au charbon, extrêmement malpropres, de Chine notamment. Il existe pourtant des technologies 'propres' (supercritiques ou ultra-supercritiques, à lits fluidisés, ou IGCC ...) pour les centrales à charbon, néanmoins beaucoup plus coûteuses en regard des centrales normales à charbon (voir à ce sujet mes réflexions 30 et 31 d'avril 2008 sur ces technologies plus 'propres').
http://saucrates.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/12/10/rechauffement-climatique-donnees-1.html

Enfin, maigre consolation, du fait de la crise économique actuelle, les émissions de gaz à effet de serre devraient normalement baisser en 2009 par rapport à 2008 ...

Un autre article du Monde fait état de l'intérêt croissant des marchés financiers et des principales entreprises polluantes pour les crédits carbone.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/18/les-financiers-alleches-par-le-marche-du-co2_1268756_3234.html

Mais ce n'est un secret pour personne. Nombre d'intervenants pronostiquent déjà que la prochaine bulle financière spéculative concernera les dérivés climatiques et les dérivés carbone, et les acquisitions d'entreprises dont cet article fait état en offrent une première confirmation (l'acquisition par JPMorgan d'EcoSecurities, société écossaise spécialisée dans la syndication de projets verts producteurs de crédits carbone, pour 138,5 millions d'euros - l'acquisition par Rhodia de OneCarbon International, société spécialisée dans le développement de projets forestiers en Afrique propre, pour 10 millions d'euros). Il est vraisemblable que les grandes entreprises paieront au cours des prochaines années de plus en plus chères pour mettre la main sur des projets offrant le bénéfice de crédits carbone, et de la même manière que des sociétés dotcom avaient atteint des niveaux de valorisation extrêmement élevés avant la crise de 2002-2003, de même ces projets carbone verront leur capitalisation atteindre des sommets d'ici quelques années, avant de s'écrouler d'ici quatre à cinq ans au cours de la prochaine crise financière, entraînant de nombreux grands groupes dans la tourmente.

Enfin, un dernier article intéressant concerne la liaison effectuée par le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) entre natalité galopante et réchauffement climatique. Dans son rapport 2009 publié mercredi 18 novembre, la natalité galopante des pays en développement est ainsi considérée comme l'un des principaux moteurs du réchauffement et l'un de ses premiers risques.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/18/limiter-les-naissances-un-remede-au-peril-climatique_1268626_3244.html

Cette position démographique surprend puisqu'elle est notamment totalement absente des réflexions du GIEC et des négociations internationales. Surtout, elle surprend en regard de la vision prolife des Etats-Unis et de la précédente administration républicaine américaine, qui avait notamment cessé ces financements à ce fonds des Nations unies. Elle surprend également en raison de l'opposition plus large de l'épiscopat et de l'Eglise catholique à l'égard du planning familial et de la promotion, voire de l'utilisation, des moyens contraceptifs. Mais selon l'Unfpa, une variation en plus ou en moins de 1 milliard d'habitants à l'horizon 2050 aura une influence considérable sur le réchauffement climatique. L'Unfpa défend cette position depuis de nombreuses années.


Réflexion trente-huit (5 juillet 2009)
Le plan climat que la France pourrait mettre en oeuvre et ses limites ... une gigantesque escroquerie ...


Le gouvernement français réfléchirait à la mise en oeuvre d'une taxe carbone (à l'image de la contribution climat-énergie (CCE) défendue par les écologistes. L'objectif d'une telle taxe : lutter contre le réchauffement climatique en taxant l'utilisation des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz…). Un groupe d'experts présidé par l'ancien premier ministre Michel Rocard est chargé de rendre des recommandations ; il s'est réuni pour la première fois jeudi 2 et vendredi 3 juillet à Paris. Mais l'ambition du président de la République est de permettre avant tout un allègement des charges pesant sur le travail ... "Je souhaite que nous allions le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail" ... dans son discours devant le Congrès, lundi 22 juin, à Versailles. Il suffit pour cela de se rappeler les premiers essais du gouvernement de mise en oeuvre d'une TVA sociale pour les législatives de 2007 avant que celui-ci n'y renonce devant le retournement de l'électorat et l'opposition de l'opinion publique.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/02/la-france-pourrait-instaurer-une-taxe-carbone-des-2010_1214184_3244.html
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/02/l-impact-de-la-taxe-carbone-en-question_1214538_3244.html
http://fr.news.yahoo.com/64/20090705/twl-taxe-carbone-questions-autour-du-chq-acb1c83.html

D'après Le Monde, sur le papier, le principe de la CCE est simple : toutes les sources d'émissions de CO² doivent être taxées, à un taux ayant vocation à augmenter progressivement. Cette fiscalité carbone – grâce au "signal-prix" qu'elle introduit – doit entraîner, selon ses partisans, une diminution de la consommation d'énergies fossiles et une "migration" des achats vers des énergies et des produits moins destructeurs pour le climat. La taxe visera en priorité le secteur "diffus", c'est-à-dire les transports, le logement, l'agriculture…. Les grandes entreprises industrielles et les installations électriques (responsables d'un peu moins de 40 % des rejets nationaux) sont déjà soumises au système européen d'échange de quotas et il ne s'agit donc pas de leur infliger une "double peine".

Selon les évaluations de la direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE), l'alourdissement de la fiscalité environnementale et sa compensation par un allègement des charges sociales et d'autres impôts pesant sur les entreprises pourraient entraîner un gain de croissance compris entre 0,2 % et 0,6 % du produit intérieur brut. Cet effet positif sur la croissance a déjà été observé dans des pays qui ont introduit une taxe carbone, comme la Suède et le Danemark.

Ce seront donc essentiellement les ménages qui seront les plus touchés par cette nouvelle taxe, ce qui explique ainsi que les associations de consommateurs montent au créneau pour mettre en garde contre l'impact d'une telle taxe sur le pouvoir d'achat des ménages. Alain Bazot, de l'association UFC-Que Choisir, évoque une instrumentalisation du sentiment écologiste. «Cette taxe carbone, en réalité, a d'abord pour finalité de financer une réforme de la fiscalité des entreprises. C'est une manipulation de l'opinion publique», juge-t-il, tout en plaidant pour l'utilisation d'autres leviers (impôt sur le revenu, impôt sur le capital...). «Qu'on veuille alléger les charges, pourquoi pas, mais sans faire des consommateurs la vache à lait exclusive.» Et le président de l'association de consommateurs de s'interroger : «Comment se fait-il que l'on taxe les consommateurs d'énergie et pas les producteurs d'énergie, qui font des milliards de bénéfices ? Est-ce normal ?» ...

Une gigantesque escroquerie

L'idée que les grandes entreprises, tels les producteurs d'énergie ou les industriels, étant déjà soumis à une politique de quotas d'émission au plan européen, c'est-à-dire à des droits d'émission carbone, ne devraient pas être soumis à un double système imposition, est une gigantesque escroquerie.

Premièrement, les droits d'émission carbone auxquels les industriels sont effectivement soumis ne constituent pas un système de taxation, mais un système d'échange de quotas de droits d'émission. C'est ainsi un système à somme nulle ; les droits sont échangés entre industriels et les sommes payées par les uns sont récupérées par les autres. Si certains industriels sont effectivement soumis à une forme de taxation, il s'agit par contre d'une source de financement pour les autres, à somme nulle pour l'état.

Deuxièmement, le gouvernement n'a jamais été géné de taxer doublement ou triplement les ménages. Ainsi, les revenus soumis à CSG et à CRDS sont également soumis à l'impôt sur le revenu (augmentés de la CSG-CRDS payée), puis une nouvelle fois à la TVA (et autres taxes - TIPP, octroi de mer ...). Alors, pourquoi ce qui ne gêne pas le gouvernement dans le cas des ménages le gêne-t-il lorsqu'il s'agit des grandes entreprises ?

Evidemment, il est vain d'attendre d'un gouvernement de droite, dirigé par Nicolas Sarkozy, de défendre autre chose que les intérêts des grands groupes industriels. Ce projet de taxe carbone, s'il entre en application, n'aura pour seul conséquence, qu'une augmentation de la pression fiscale sur les ménages français et qu'une nouvelle hausse des profits des grands groupes industriels.

Ce n'est pas un système de taxation carbone de ce genre qu'il faut mettre en oeuvre, même si toute nouvelle forme de taxation sera de toute façon supportée ex-nihilo par les seuls ménages. Il faut que parallèlement, une telle réforme se double d'une politique fiscale confiscatoire des profits des entreprises et de l'enrichissement des grandes fortunes, avec des taux d'imposition qui dépassent le seuil de 90% pour les très hautes tranches de revenus ou de profits. Et seul un gouvernement de gauche pourra évidemment appliquer et assumer un tel programme fiscal.


Réflexion trente-sept (14 mars 2009)
L'urgence d'agir pour lutter contre le réchauffement climatique ...


Je suis d'accord avec le climatologue américain James Hansen sur l'urgence d'une action contre le réchauffement et sur le fait qu'il est indispensable de mettre en place un système de taxation pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre, en lieu et place de marchés de droits d'émission, et ceci dans les plus brefs délais.

Quel est l'enjeu de ce débat sur l'organisation d'un marché de droits à polluer ou d'un système de taxation ? Comme le souligne James Hansen, les grands groupes industriels sont plutôt favorables à la mise en place de marchés de droits à polluer, qui serait une nouvelle source de financement pour une majorité d'entre elles, et qui s'apparente dans les faits d'un jeu à somme nulle ; les droits d'émission payés par les uns étant récupérés par les autres intervenants. Aux Etats-Unis par exemple, certains considèrent que le refus américain de signer le protocole de Kyoto handicape les entreprises américaines puisque ce refus interdit aux Etats-Unis de mettre en place un marché de droits à polluer et de récupérer les droits à polluer économisés à l'étranger.

Pour avoir une idée plus clair des enjeux de ces deux solutions, je reprends un de mes précédents écrits en économie de l'environnement sur ce sujet ... qui est ... l'internalisation des effets externes ...

1. L'intervention de l'état par le biais d'une taxe
 

Face à une externalité, l'état peut décider d'intervenir pour influer sur le fonctionnement du marché et l'obliger à prendre en compte d'une manière ou d'une autre, le coût social des externalités que son schéma de production (ou sa consommation produit).

C'est l'économiste Arthur Cecil Pigou qui a formalisé cette notion de taxe, que l'on a appelé 'taxe pigovienne'. « Il s’agit de mesurer le niveau de production du pollueur si celui-ci prenait en compte le coût de l’externalité (Coût marginal privé + Coût de l’externalité = Coût marginal social). La valeur du Coût de l’externalité correspondant à l’optimum social (c’est-à-dire au niveau Q*) fournit la valeur de la taxe pigovienne à appliquer à toute unité produite par A, afin que la production de celui-ci corresponde à l’optimum social. » (source Wikipédia)

Cette solution peut être retenue dans les cas notamment où il y a atteinte à l'environnement. Il est évident que le niveau fixé pour la taxe permet de désinciter plus ou moins fortement une entreprise polluante à produire dans un endroit donné, ou à rechercher des technologies plus propres. Mais les taxes environnementales peuvent simplement conduire des entreprises multinationales à effectuer leurs productions polluantes dans des états moins fiscalisés (notamment les pays en voie de développement), avec les conséquences que cela peut avoir sur l'emploi dans les pays à fiscalité environnementale.

On s'aperçoit donc ici que le traitement d'une externalité environnementale peut avoir d'autres externalités sociales, sans effet sur l'environnement mondial global (puisque la production polluante aura malgré tout lieu). Une telle solution s'apparente simplement pour les pays développés à une exportation d'activités polluantes. Pour avoir un effet valide sur l'environnement, de telles actions se doivent donc d'être appliquées au niveau multinational.

2. L'intervention de l'état par le biais d'une norme

A la place d'une taxe, l'état peut imposer des normes de pollution maximale, obligeant l'entreprise considérée à investir dans des dispositifs anti-pollutions coûteux. Cela suppose toutefois que l'état soit capable de mesurer précisément les émanations polluantes de chaque acteur et d'imposer une norme uniforme pour tous. On peut aussi imaginer que l'état fixe des normes différenciées, différentes selon les agents et les technologies de production utilisées par chacun d'eux.

Mais dans un monde où le réglementeur est incapable de mesurer précisément les émissions de chaque agent ou de connaître les technologies de production et les coûts de dépollution associés, seule la taxe est solution optimale. (source Wikipédia)

C'est la méthode de lutte contre la pollution qui semble être actuellement suivie par le gouvernement chinois. Un article du Monde du 16 janvier 2007 faisait état des menaces de sanctions agitées par celui-ci à l'égard des entreprises d'état pollueuses. La Sepa (Agence chinoise de protection de l'environnement), dont le directeur adjoint (Pan Yue) est un ancien journaliste écologiste, mesure l'activité polluante des entreprises en Chine. Les autorités chinoises avaient ainsi fixé des objectifs de réduction annuelle de 4 % de la consommation d'énergie et de 2 % pour les émissions de substances polluante. Ces objectifs n'auraient pas été atteints et la SEPA aurait annoncé des sanctions à l'encontre de quatre des cinq premiers producteurs d'électricité chinois, dressé une liste noire de quatre villes industrielles qui ont atteint leur quota de pollution et énuméré 82 projets industriels, qui ne respecteraient pas les normes environnementales.

"Le recours à un tir groupé est nouveau, d'autant plus que les sociétés d'Etat désignées sont, par exemple, cotées en Bourse à Shanghaï et, pour l'une d'entre elle, Datang International Power Generation, à Hongkong. Ce producteur d'électricité est épinglé pour ne pas avoir fermé, fin 2006, comme l'avait requis la SEPA, des générateurs obsolètes dans ses chaudières à charbon à Tangshan. Le groupe, selon son porte-parole, annonce pourtant qu'il continuera à produire de l'électricité à la demande de la ville. Tangshan, un gros foyer industriel de l'axe Pékin-Tianjin, qui fournit 10% de la production totale d'acier chinois, fait justement partie des villes que la SEPA accuse de violer de façon flagrante ses critères d'impact environnemental. Des autorités locales et des industries ont défié les politiques de régulation macro-économique du gouvernement pour poursuivre leurs propres intérêts, en développant de manière aveugle, et en toute illégalité, des secteurs hautement polluants et hautement consommateurs d'énergie, tels que l'acier, la métallurgie, l'électricité et la chimie, dénonce M. Pan."

3. Le marché des droits à polluer

Cette solution est une variante des précédentes formes de réglementation étatique. L'idée est toujours d'imposer des normes maximales de pollution, mais d'autoriser des dépassements par certains pollueurs à charge pour eux d'acheter des droits à polluer non utilisés par certains autres pollueurs.

Selon Wikipédia, la création d'un tel marché fut proposée pour la première fois par John Dales en 1968. Plusieurs marchés de ce type (tonne carbone ou tonne CO²) sont mis en oeuvre dans le monde depuis l'adoption du protocole de Kyoto, par exemple en Europe mais aussi en Corée. Il existe notamment des bourses sur les droits (d'émission de) carbone dans le monde.

Chaque état fixe « la quantité maximale de polluants qu’il souhaite émettre. Puis, il distribue ou vend des droits à polluer de façon équitable aux pollueurs. Les entreprises polluant moins que prévu par l’État (ou ayant dépollué) sont alors gagnantes : elles peuvent revendre leurs droits à polluer inutilisés à d’autres entreprises qui polluent plus que prévu, et perçoivent donc une récompense pour leur civisme. Symétriquement, les entreprises polluant plus sont perdantes, ce qui satisfait au principe pollueur-payeur.

La pollution devient d’autant plus chère que les pollueurs souhaitent polluer (par mécanisme de l’offre et de la demande de droits à polluer), tout en limitant la quantité effectivement émise à un niveau déterminé par l’État, correspondant au montant des droits émis. Cette solution a l’avantage d’être moins coûteuse à l’État qui laisse au marché le soin de déterminer de façon optimale la répartition inter-entreprises de la pollution (à l’exception de la distribution/vente initiale). » (source Wikipédia)

Pour une autre réflexion sur le processus d'internalisation des externalités et un exemple précis, voir le site suivant.


Saucratès


Mes autres écrits sur le Réchauffement climatique :
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2012175-rechauffement_climatique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020927-rechauffement_climatique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2020949-rechauffement_climatique__3_.html



04/12/2010
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