Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Réflexions sur l'actualité politique

 

Réflexion huit (30 avril 2012)
Risque maximal pour le deuxième tour des élections présidentielles ?


Y a-t-il actuellement un risque que la France se transforme en une dictature d'un homme, qui refuserait le verdict des urnes et la possibilité qu'il puisse être battu ? J'ai l'amère impression que ce risque n'a jamais été aussi important qu'actuellement. Nous avons un président de la république que tous les sondages donnent perdant mais qui ne semble pas avoir encore fait le deuil de son mandat. Même en 2002 lorsque le Front National participait au deuxième tour de la présidentielle, et qu'il risquait de rejeter le verdict du scrutin, la possibilité d'un coup de force para-militaire me paraissait moins crédible. Mais aujourd'hui, je n'aimerais pas être à la place de François Hollande. Plus qu'une semaine à attendre et on saura si Nicolas Sarkozy aura accepté le libre jeu de la démocratie jusqu'à la fin, où s'il se transformera en tyran et en dictature, soit en éliminant la candidature de son adversaire (ce qui nous mettrait face à un deuxième tour opposant Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen), soit en procédant à un coup d'état militaire pour conserver le pouvoir.

 

Dans ce cas, je serais particulièrement intéressé de voir la réaction des citoyens français. Auraient-ils le courage de leurs homologues russes, ukrainiens, tunisiens, égyptiens, lybiens, en affrontant les armes à la main un pouvoir dictatorial et ses forces armées, surtout dans le cas où l'élimination du candidat socialiste prendrait la forme d'un stupide accident ou s'apparenterait au geste d'un déséquilibré, qui serait condamné avec la plus extrême sévérité par le locataire actuel de l'Elysée ! 

 

Jamais je pense un tel risque, de telles craintes, n'ont plané sur la cinquième république ! Comme il y a un siècle et demi, en 1852, la démocratie court le risque inérant à la personnalisation à outrance d'un régime de type présidentiel, où un homme peut souhaiter, comme autrefois Louis Napoléon Bonaparte dit le petit, demeurer par tous les moyens à la tête de l'Etat, dans la lumière des projecteurs. La prochaine semaine nous dira si ce risque était avéré ou s'il ne s'agissait que d'une forme aïgue de paranaoïa ... S'il s'agissait d'un mauvais procès fait à un homme détesté, ou bien la réalité d'une ambition démesurée d'un dictateur en herbe !

 

 

Réflexion sept (21 avril 2012)
Demain le premier tour et le vote utile ...


Demain dimanche aura lieu le premier tour de l'élection présidentielle que nous attendons depuis de nombreux mois, dont les médias nous parlent constamment depuis plus d'un an. Et pourtant, une grande partie des électeurs, aux alentours de 30%, n'avaient toujours pas fait leur choix il y a encore quelques jours. Tout l'enjeu de ce premier tour est la qualification pour le deuxième tour de cette élection présidentielle. Quels seront les deux premiers de ce premier tour des élections présidentielles ? Le président actuel et le candidat du parti socialiste comme cela est pronostiqué depuis des mois, ou bien observera-t-on une nouvelle surprise, comme il y a dix ans, lorsque le candidat socialiste avat été battu par Jean-Marie Le Pen ?

 

Il y a une autre question que personne ne se pose ? Est-il possible en France qu'il y ait de la triche électorale, de façon à privilégier le président sortant ou le candidat que celui-ci aurait le plus de facilité à battre, c'est-à-dire Marine Le Pen ? C'est une question qui se pose dans de nombreux pays plus ou moins démocratiques, et même aux Etats-Unis où des manipulations des votes et la complexité des opérations électorales ont pu faire craindre parfois que les élections soient trafiquées. Personne ne semble se poser cette question en France. A tord ou à raison ? Dans quelques jours, nous saurons s'ils avaient raison ou si au contraire, j'ai raison de craindre que nous ne soyons peut-être plus dans une démocratie.

 

Pour ceux qui ont connu le premier tour de l'élection présidentielle de 2002, il y a de cela dix ans, ils comprennent très vraisemblablement l'importance du vote utile. Voter pour le candidat du Front de Gauche ou pour un quelconque parti d'extrême gauche ou pour les écologistes peut conduire à renouveler l'épisode de 2002 : éliminer François Hollande. J'ai connu 2002 et bien que partisan de Lionel Jospin, je me suis amusé à tenter le vote contestataire et avait voté pour Arlette Laguiller. Vote bêtement contestataire : les idées de Lutte Ouvrière sont à cent mille lieux de mes propres idées ! Le frisson du bobo que je suis qui se prend à voter pour se faire peur ! L'immense problème, c'est que je ne fus pas le seul à voter de cette façon. Des centaines de milliers de socialistes s'amusèrent en 2002 à voter contestataire, parce qu'aucun de nous n'avait imaginé l'importance de notre vote individuel.

 

Evidemment, tout ceux qui votèrent en 2002 se rappellent vraisemblablement de leurs sentiments. Pour les socialistes, devoir voter pour Jacques Chirac par réflexe républicain ou pour Jean Marie Le Pen par rage, ou blanc par dépit ! Seuls ceux qui furent trop jeunes pour voter peuvent l'avoir oublié, ou bien ceux qui ne votaient pas à l'époque.

 

C'est cela qu'il ne faut pas oublier demain ! Que chaque vote compte ! Que chaque électeur socialiste doit voter pour le candidat socialiste, même si certaines sirènes contestataires veulent nous faire croire que nos votes seront importants pour défendre d'autres idées extrêmistes. N'oubliez pas 2002 ! Afin que 2002 ne se reproduise pas !

 

 

Réflexion six (4 avril 2012)
Nicolas Sarkozy, le président-candidat et ses attaques contre les organisations syndicales et les corps constitués ...


Depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy se lance à nouveau dans son sport favori : dresser des catégories de français les unes contre les autres - médire sur les uns ou sur les autres - fanfaronner sur ses interventions présidentielles en enjolivant ce qu'il a obtenu. Ses cibles actuelles : les syndicats de salariés et notamment la CGT et la CFDT.

 

On avait l'habitude de le voir dresser les français de souche (?) contre les immigrés, les travailleurs qui se lèvent tôt contre ceux qui paressent au lit (vraisemblablement). On avait pris l'habitude de l'entendre raconter ses hauts faits d'arme dans les réunions européennes ou internationales lorsqu'il disait avoir arraché par sa seule énergie des accords presque impossibles à obtenir. Evidemment, deux jours plus tard, on apprenait que les beaux accords arrachés par Nicolas Sarkozy, les grandes avancées tant vantées, étaient déjà dépassées et insuffisantes pour contenter les marchés, qu'ils n'apportaient pas vraiment quelque chose de nouveau, ou bien alors qu'un petit état européen avait le pouvoir de refuser de ratifier telle ou telle décision, bien qu'on lui ait consciencieusement tordu le bras lors de la réunion.

 

On découvre lors de cette campagne présidentielle que les arrangements de Nicolas Sarkozy avec la réalité peuvent aussi concerner notre vie de tous les jours. On apprend ainsi qu'il aurait sauvé la situation des hauts-fourneaux d'Arcelor en obtenant de haute lutte, grâce à son entregent, des concessions de son PDG et des investissements massifs. Or, la réalité est très différente ; les investissements cités par Nicolas Sarkozy étant prévus depuis des mois, pour certains déjà anoncés, et sans lien avec la sauvegarde des sites industriels et des emplois menacés.

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/02/florange-sarkozy-presente-son-action-de-maniere-flatteuse_1678902_1471069.html

 

Par ailleurs, le voilà qui donne des leçons de syndicalisme aux représentants du personnel d'Arcelor de Florange, ainsi qu'au secrétaire général de la CGT, dont il était pourtant un grand fan jusqu'à peu. En effet, la CGT a osé publiquement appeler à son départ de l'Elysée. Selon Nicolas Sarkozy, la CGT ferait mieux de défendre les salariés plutôt que de faire de la politique. Par ailleurs, il n'hésite pas non plus à l'accuser de vouloir l'empêcher de s'exprimer parce que l'édition du journal dans lequel il avait donné un interview était gêné par un mouvement de grève de la CGT Livres.

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/02/sarkozy-la-cfdt-a-trahi-la-confiance-des-salaries-a-florange_1678841_1471069.html

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/28/la-cgt-m-empeche-de-parler-l-accusation-trompeuse-de-sarkozy_1676700_1471069.html

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/28/la-cgt-cible-du-candidat-sarkozy_1676884_1471069.html

 

Cela dénote une forme de paranoïa aïgue : le mouvement de grève touchait plusieurs titres et sa raison était aucunement politique mais était liée à la défense de salariés menacés de licenciement. Mais à vouloir se présenter comme la victime des syndicats !

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/29/sarkozy-la-cgt-et-ouest-france-le-precedent-hollande_1677582_1471069.html

 

Nous voilà donc avec un Président de la république, sensé être l'ultime garant de nos droits constitutionnels, se lançant dans des imprécations contre les corps constitués, contre le syndicalisme, dans la plus pure continuité des anciens maîtres des forges !

//www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/19/diktat-des-corps-intermediaires_1672089_3232.html

 

Une belle leçon de démocratie que vous nous donnez là, M. Sarkozy ! Mais c'est vrai, je ne peux pas vous comprendre, je ne suis qu'un salaud de syndicaliste profiteur ... votre exact opposé, vous qui vous battez de manière désintéressée et bénévole pour le sort de vos concitoyens et des travailleurs français !

 

 

Réflexion cinq (25 mars 2012)
Une instrumentalisation de la traque du tueur islamiste ?


Nous sommes en pleine campagne électorale présidentielle en France. Un tueur a assassiné plusieurs militaires puis des enfants dans une école juive, au moment même où la crispation des discours politiques des candidats de l'UMP et du Front National autour des concepts d'immigration faisait craindre à certains que les premiers à pâtir de ces tensions seraient les juifs.

//www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/17/si-la-laicite-se-durcit-et-se-radicalise-les-juifs-seront-les-grands-perdants_1671398_3224.html

 

Le président de la République, candidat déclaré à sa propre succession, déclare solennellement le plus haut niveau possible d'alerte anti-terroriste, le plan vigipirate écarlate. Il devait se croire en plein film cinématographique ! Il y a quelque chose de risiblement grandiloquent dans cette annonce présidentielle télévisée, même si la situation elle-même est loin d'être amusante ou risible, puisqu'il s'agit de la mort de jeunes enfants, tués parce que scolarisés dans une école juive.

 

Mais ce qui est encore plus triste, c'est le fait que la Présidence de la Réublique ait pu gérer cette histoire de la sorte, de façon à attirer au maximum les projecteurs des médias sur le président Nicolas Sarkozy. C'est cela qui est triste et navrant, même si ce n'est rien d'autre que la quintessence de ce que furent les cinq années de la présidence de Nicolas Sarkozy : une sorte d'omni-présidence où Nicolas Sarkozy s'occupait de tout, avait l'oeil à tout.

 

Il y avait un tueur en liberté qui avait tué des jeunes enfants dans une école confessionnelle de la République. Ce tueur devait être empêché de nuire, avec l'intervention de toutes les forces de police ! Mais le rôle du président de la république est-il de suivre l'arrestation et les opérations de police menant à la capture ou à la mort de chaque assassin en liberté dans notre pays ? Son rôle est-il de coordonner chaque attaque, chaque traque, chaque arrestation, avec de grands codes de couleur, les plus grandiloquents possibles. 

 

Avec cette histoire, ne faudra-t-il pas dorénavant inventer un nouveau cran supplémentaire, au delà du code écarlate, pour le jour où le pays sera véritablement dans une situation terroriste catastrophique, avec des risques d'attentat avérés sur tout son territoire ? Tout cela parce qu'un président-candidat irresponsable aura trouvé médiatiquement frappant de déclencher le plus haut niveau d'alerte anti-terroriste pour se donner une posture présidentielle et se relancer dans les sondages !

 

Alors, oui, il me semble important de déclarer que la présidence de la république a instrumentalisé la mort de militaires français et de jeunes enfants juifs pour relancer sa candidature présidentielle et pour attaquer ensuite le supposé irrespect des autres candidats à la présidentielle pour leurs réactions à cette histoire.

 

Il reste évidemment tous les risques de récupération politique liés à la personnalité de l'assassin, à son islamisme radical. Il reste aussi les risques de rejet liés à la religion des victimes, leurs enterrements en Israël, en terre promise et non en France, comme pour rappeler leur étrangeté. 

 

Derrière la grandiloquence des termes employés en direct à la télévision, derrière les fausses confidences télégraphiées de certains proches de Nicolas Sarkozy sur son implication personnelle dans le suivi de cette affaire (on aura heureusement échappé à l'épisode où Nicolas Sarkozy aurait lui-même conduit l'assaut sur le repère du méchant terroriste !) ... il faut apercevoir la tentative habile de récupération politique de cette histoire triste et horrible par un président de la république aux abois. 

 

 

Réflexion quatre (9 février 2012)
De la pertinence du modèle allemand vanté par le président de la république et la droite française ...


Le président de la république et la droite française entendent prendre pour modèle l'Allemagne et ses accords de compétitivité salariale ... Selon moi, il s'agit d'un raccourci idéologique dans une vision néo-libérale, visant à récupérer dans le modèle allemand ce qui intéresse le patronat et les libéraux, tout en allant piocher dans l'idéologie libérale anglo-saxonne d'autres pans idéologiques.

//www.lemonde.fr/depeches/2012/01/20/fillon-vante-la-cogestion-allemande-pour-doper-la-competitivite_1410732.html

 

Un modèle de société est un tout, et le modèle du capitalisme et du syndicalisme à la française n'a rien à voir avec le modèle allemand, dit du capitalisme rhénan, ou avec les modèles anglo-saxons, américain ou britannique. Chacun de ses modèles économiques ou de société a ses propres équilibres, qui fonctionnent plus ou moins bien, et qui présentent tels ou tels difficultés. L'idée d'aller chercher dans chacun de ses modèles les éléments les plus intéressants pour l'un ou l'autre camp est une forme d'aberration.

 

En 2007, le modèle de Nicolas Sarkozy était le capitalisme financier américain, dont il était un admirateur véhément, souhaitant notamment copier en France les crédits hypothécaires rechargeables ... crédits qui en Amérique, quelques semaines à peine plus tard, à l'été 2007, conduisirent à l'explosion de la crise dite des subprimes ... A quelques mois ou années près, il aurait pu appauvrir toutes les classes moyennes ou pauvres françaises et fragiliser plus encore notre système bancaire ... s'il avait été au pouvoir un peu plus tôt ...

 

L'idéologie libérale de la droite française consiste à remettre en cause les principaux acquis sociaux des travailleurs et du peuple français : réduction du temps de travail, mécanisme de couverture du chômage, départ à la retraite ... Avec un leit-motiv : rétablir la compétitivité de l'économie française, faire travailler plus les salariés, remettre au travail les assistés et les chômeurs ... sans toucher aux revenus exorbitants et à la richesse des capitalistes français les plus riches.

 

Aujourd'hui, certains des cercles qui gravitent autour de l'UMP lui ont fait découvrir les accords de compétitivité allemands et sa nouvelle lubie est de se rapprocher sous certains aspects de ce modèle allemand qu'il vante désormais. Mais seuls certains aspects des réformes engagées par le capitalisme rhénan intéressent les personnes concernées des cercles gravitant autour de l'UMP (le premier cercle et le cercle France), les gentils riches donnateurs, essentiellement constitués de patrons et de chefs d'entreprise.

 

En effet, le modèle allemand repose avant tout sur le principe de la cogestion, auquel les patrons français sont violemment opposés : qui n'a pas entendu son patron répondre que l'on est pas en cogestion et qu'il décide seul ! Le droit du travail français est très différent de la cogestion allemande, point que je vais tenter de développer un peu ci-après.

 

1) La cogestion à l'allemande a été instituée en 1951 dans les industries minières et en 1952 dans le reste des grandes entreprises. Il faudra attendre 1976 pour que la cogestion soit généralisée législativement en Allemagne à l'ensemble des entreprises de plus de 2.000 salariés. La cogestion est l'exercice en commun de la gestion et de l'administration d'une institution ou d'une entreprise. Elle permet le partage de l'autorité et de la responsabilité de gestion. Il s'agit d'un système de participation active des salariés à la gestion de leur entreprise, mode de gestion où la direction et le personnel prennent ensemble les grandes décisions. Pour se faire, les salariés disposent en Allemagne de la moitié des sièges dans les conseils d'administration, même si la direction dispose d'une voix prépondérante.
//www.toupie.org/Dictionnaire/Cogestion.htm

 

Il y ainsi un partage des responsabilités de gestion et d'autorité entre les représentants des actionnaires et des salariés dans les grands groupes et dans les grandes PME allemandes, qui peuvent parfois conduire à des dérives et à la prison, comme dans l'exemple de Volswagen. Néanmoins, il y a en Allemagne une véritable représentation des salariés dans les organes de décision et un véritable partage du pouvoir de décision et de l'autorité. Evidemment, un tel système nécessite des syndicats puissants (IGMetal) et en même temps responsables (capables de prendre des décisions courageuses pour la survie des entreprises dont ils assument pour partie la cogestion).

//patsy.blog.free.fr/index.php?post/2012/01/31/Le-mythe-de-la-non-politisation-du-syndicalisme-allemand

 

2) Le modèle français diffère profondément. Le modèle le plus proche est représenté par les organismes sociaux paritaires, comme les caisses de sécurité sociale, les caisses de retraites complémentaires ou les associations de médecine du travail. Dans ces organismes sociaux, les représentants des salariés et du patronat disposent d'un même nombre d'administrateurs ou de membres du conseil de surveillance ou de contrôle des comptes. La présidence de ces organismes tournent régulièrement entre salariés et employeurs (et inversement pour la vice-présidence). Mais le paritarisme se limite le plus souvent aux décisions du conseil d'administration, sans aucun partage de l'autorité ni immiction dans les décisions de gestion. Les relations des dirigeants de ces groupes avec la présidence du conseil d'administration diffèrent même par ailleurs selon que celui-ci est occupé par un employeur ou un représentant des salariés. Paritarisme et cogestion n'ont pas grand chose à voir puisque le paritarisme à la française signifie simplement que la présidence tourne, sans aucune réelle cogestion de l'entreprise par les représentants des salariés ou des syndicats.

 

3) Le reste du modèle français repose sur une participation infime des représentants des salariés au sein des conseils d'administration, avec à peine un rôle de porte-parole autorisé au sein du conseil. Il existe même des établissements publics en France où la loi de démocratisation du secteur public ne s'est pas appliquée et où le personnel n'est représenté que par un seul représentant, parfois deux (cas de l'IEDOM, de l'IEOM et de l'Agence Française de Développement). Incapables d'influer sur les conseils d'administration où les salariés sont ultra-minoritaires et parfois interdits de parole, les salariés français sont aussi représentés dans les instances représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT) mais leurs représentants n'y bénéficient que d'un droit d'information et d'expression, protégé. Mais l'information des IRP réalisée, quelque soit l'avis exprimé par les élus, les employeurs retrouvent l'intégralité de leur liberté de gérer comme ils le souhaitent leur entreprise ; la droite ayant par ailleurs eu de cesse de faire disparaître toute forme de responsabilité pénale des employeurs lorsqu'ils ne respectent le minimum d'informations des IRPP qui leur est imposé.

 

La France est ainsi caractérisée par l'incapacité totale des syndicats et des représentants des salariés d'influer sur la gestion des entreprises, ce qui explique ainsi toutes les décisions de délocalisation prises en fonction des seuls intérêts financiers des actionnaires, et conduit des entreprises françaises à ne plus avoir qu'un siège en France et à tout soustraiter à l'étranger (Majorette ...). La faiblesse des syndicats est également assurée par l'individualisme favorisé pour les salariés, incités à avoir un comportement de passagers clandestins des luttes et des négociations sociales, puisqu'aucune discrimination à l'embauche ou pour bénéficier des avantages acquis n'est autorisée en fonction de l'appartenance à tel ou tel syndicat ... D'où un taux de syndicalisation microscopique (moins de 7% des salariés et des fonctionnaires) qui obère la légitimité des organisations syndicales.

 

Selon moi, le modèle rhénan dans son ensemble est un système économique et social partiellement attractif et dont les résultats économiques apparaissent positifs en regard de ceux de la France : meilleur rétablissement de la compétivité coût de l'industrie allemande, produits industriels de meilleure qualité et mieux positionnés, bonne tenue des exportations ... Ce modèle implique néanmoins des syndicats forts et capables de prendre des décisions courageuses, qu'un syndicat comme la CGT n'est pas à même de prendre, restant dans une idéologie de lutte de classe et d'attente du grand soir des travailleurs ...

 

Néanmoins, des interrogations demeurent fortes sur le coût social des mesures du chancelier Shroëder en matière d'inégalité et de pauvreté croissante des allemands.

//www.monde-diplomatique.fr/2012/02/A/47430

 

Ne vouloir prendre dans le modèle allemand que les seuls accords de rétablissement de la compétitivité salariale en faisant totalement l'impasse sur la cogestion et le partage du pouvoir dans les entreprises entre salariés, patrons et actionnaires, et une insulte à l'intelligence des électeurs et des salariés. C'est minable et indigne d'un fonctionnement démocratique de l'état et de son gouvernement. S'il y a une chose à prendre dans le modèle allemand, c'est justement le principe de la cogestion et du partage du pouvoir et de l'autorité dans les entreprises, préalable nécessaire à la mise en place de négociations salariales sur la compétitivité des entreprises. Evidemment, on ne peut attendre cela de l'UMP, suppôt du patronat français. Il serait bon que le parti socialiste se saisissent de cet argument électoraliste.

  

 

Réflexion trois (30 janvier 2012)
Les débats sur la perte de compétivité salariale des entreprises françaises ... Quelles validité des comparaisons internationales ?... Et les mesures gouvernementales visant à flexibiliser le marché du travail ...


Dimanche 29 janvier 2012 - Nicolas Sarkozy décide d'accélérer la remise en cause des trente-cinq heures dans les entreprises en autorisant les négociations des horaires de travail dans les entreprises lorsqu'elles rencontrent l'adhésion des salariés. Les syndicats patronaux et des salariés ont deux mois pour se mettre d'accord sur la flexibilisation du temps de travail ... Au-delà, le gouvernement légiférera ... Ou comment respecter le texte de la constitution sans en respecter aucunement l'esprit ...

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/29/tva-logement-les-mesures-annoncees-par-nicolas-sarkozy_1636100_1471069.html

 

C'est une honte ! Ce gouvernement a décidé de s'attaquer en toute urgence aux dernières avancées sociales dont bénéficient encore les salariés ... A noter que l'UMP fera tout pour que cette mesure s'applique avant leur prochaine déroute électorale, alors qu'il ne se gêne pas pour repousser l'instauration d'une hausse de la TVA après les prochaines élections ...

 

Mais il me semble extrêmement intéressant de nous intéresser à ce qui se cache derrière tout ce débat sur la perte de compétitivité salariale de l'industrie française. Pour mémoire, ce débat a été relancé en ce tout début d'année 2012 par une nouvelle étude d'un organisme d'études, COE-Rexecode, très proche de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, et du patronat français du patronat, qui a démontré chiffres à l'appui que les travailleurs français travaillaient beaucoup moins que leurs homologues allemands. COE-Rexecode est habitué de ce genre de publications tendancieuses ; en janvier 2011, ils avaient fait paraître une étude sur la perte de compétivité des industries françaises et allemandes, et en 2007, sur les programmes politiques des différents candidats à la présidentielle, en se trompant lourdement sur le chiffrage du programme socialiste.

//www.coe-rexecode.fr/public/content/download/32364/323546/version/2/file/Document-de-travail-Coe-Rexecode-Durée-effective-du-travail-Fance-Europe-2012-29.pdf

 

Selon COE-Rexecode, les salariés français à plein temps travailleraient beaucoup moins que nombre de leurs homologues européens, et notamment allemands. Les allemands travailleraient 1.900 heures par an lorsque les français ne travailleraient que 1.679 heures.

//www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/12/une-etude-affirme-que-la-duree-de-travail-des-salaries-francais-a-temps-plein-est-l-une-des-plus-basses-d-europe_1628542_3234.html

 

Je vais faire l'hypothèse que les statistiques qu'utilisent COR-Rexecode existent véritablement et ne sont pas trafiquées pour prouver ce qu'ils cherchent par tous les moyens à démontrer depuis des années. Car ces statistiques divergent complètement des statistiques existantes en comptabilité nationale sur les mesures internationales du temps de travail.

 

Ces mesures font bien état d'une forte baisse du temps de travail en France, mais celle-ci est très ancienne parce qu'elle remonte aux années 1950 et qu'elle est régulière de décennies en décennies. Elle s'observe par ailleurs pratiquement dans tous les pays du monde, que ce soit en Allemagne et même au Japon. Seuls les Etats-Unis n'enregistrent pas une telle baisse, avec un temps de travail qui demeure stable sur les cinquante dernières années, très au-dessus de notre moyenne ! Il s'agit ainsi d'un phénomène général de réduction du temps de travail, et celui-ci n'a même pas été accéléré par la réforme socialiste des trente-cinq heures !

 

Deuxièmement, l'Allemagne a toujours affiché un temps de travail annuel moyen par salarié d'après la comptabilité nationale très inférieur à celui de la France et celui-ci demeure encore aujourd'hui très inférieur (1.400 heures contre environ 1.600 heures pour la France).

 

On a ainsi  deux statistiques totalement divergentes ; cette divergence s'expliquant peut-être par la plus grande flexibilité du marché du travail allemand et COE-Rexecode a peut-être choisi la seule statistique qui corroboraient ce qu'elle voulait démontrer, sans rappeler que d'autres statistiques existantes démontraient tout le contraire. J'espère simplement qu'en terme de déontologie, COE-Rexecode a bien comparé des données comparables !

 

Ceci étant dit, cette démonstration partisane permet au gouvernement libéral de Nicolas Sarkozy de vouloir imposer une réforme du marché du travail français, sur la base d'éléments d'explication faux, mensongers, ou au minimum partiels !

 

 

Réflexion deux (9 janvier 2012)
Un florilège d'informations intéressantes en ce début janvier 2012 ... Ou lorsque les mensonges de la droite commencent à se fissurer et la vérité à apparaître ...


L'affaire de Tarnac d'abord ... La justice s'intéresse désormais à des écoutes téléphoniques illégales découvertes à la coopérative en mars 2008, c'est-à-dire largement avant les mises en examen des supposés-terroristes suspectés de Tarnac. Souvenons-nous. L'affaire de Tarnac passe à la une de l'actualité en fin d'année 2008. Julien Coupat restera emprisonné (embastillé) jusqu'en mai 2009. Cela fera bientôt trois ans, et il n'y a toujours aucune preuve, aucun procès intenté. Pourtant, la ministre de l'intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, claironnera sa victoire contre un groupe terroriste lié à la mouvance de l'ultra-gauche ... son groupe action directe à elle ... D'une certaine façon, elle n'aura eu que ce qu'elle méritait celle-là avec son affaire tunisienne ...

 

Bien au contraire, l'affaire du groupe de Tarnac ne cesse de se dégonfler, ou plutôt de démontrer que ce n'était qu'une énorme baudruche, le produit de l'imagination débordante de milieux policiers paranoïaques et d'un gouvernement autiste et anti-gauche si ce n'est anti-démocratique ... Ecoutes illégales, pose également illégale d'un traceur sous la voiture du couple Julien Coupat-Yldune Lévy ... Tout cela suite à l'occupation de la faculté de Nanterre en 2002 et la soustraction à un contrôle d'identité par le FBI à la frontière canadienne en janvier 2008 ...

 

J'attends toujours que la vérité sorte sur cette affaire du groupe de Tarnac et l'acharnement médiatique et policier mené contre Julien Coupat par le gouvernement de Nicolas Sarkozy ... Un jour, on aura des réponses.

//www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/09/tarnac-la-justice-enquete-sur-des-ecoutes-illegales-menees-avant-l-affaire-du-sabotage_1627308_3224.html

 

Deuxièmement, malgré toutes les promesses de Nicolas Sarkozy, son premier ministre, François Fillon, n'exclut de nouveau pas un troisième plan de rigueur pour faire diminuer plus rapidement que prévu le déficit budgétaire de l'état français ... Ce serait bien que les promesses de Nicolas Sarkozy survivent plus d'une semaine à ces allocutions et à ces discours ... Ce serait bien aussi que ces deux-là arrivent une fois de temps à autre à se parler et à se comprendre ...

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/09/fillon-n-exclut-pas-de-nouvelles-mesures-de-rigueur_1627390_1471069.html

 

Troisièmement la TVA sociale. Un article s'interroge sur l'hypothèse d'un coup médiatique du président-candidat Sarkozy. Sur le fond, cet article donne quelques pistes de réflexion sur la mise en place de la TVA sociale. Projet pilote du Medef, la TVA sociale qui s'accompagnerait d'une forte baisse des charges sociales patronales aurait pour avantage de rétablir la rentabilité des productions françaises en diminuant les coûts de fabrication des usines françaises et en relevant de manière générale les prix de tous les produits, importés ou produits localement. La TVA sociale agirait ainsi sur l'offre en permettant aux entreprises d'embaucher grâce à la baisse des charges sociales patronales. Mais celles-ci pourraient simplement relever leur niveau de marge ... (possibilité non évoquée dans l'article).

 

Pour les ménages par contre, la TVA sociale aurait vraisemblablement un effet inflationniste, qui toucherait selon les associations de consommateurs et les syndicats plus fortement les ménages à faible niveau de vie que les ménages les plus riches ... Par ailleurs, du fait de son impact inflationniste, la création de la TVA sociale aurait un effet récessionniste sur l'activité économique, avant que les effets dûs à la politique de l'offre (baisse du chômage) interviennent. On apprend aussi dans cet article que l'Allemagne n'est pas la seule économie européenne à avoir mis en oeuvre un relèvement de son taux de TVA en janvier 2007 ; le Danemark avait également aplliqué une telle mesure (accompagné d'une baisse de 20 points des cotisations patronales) entre 1987 et 1992.

 

Je reste favorable à l'instauration de la TVA sociale, ou au relèvement du taux de TVA ... La marge de relèvement est de près de 5 points, par rapport au taux maximum de 25% autorisé par la législation européenne. Mais le transfert des taxes salariales doit se faire de manière paritaire entre taxes salariales et patronales, afin que cette mesure s'accompagne aussi d'un relèvement des salaires ... 

 

Quant au caractère injuste de la TVA, si on suivait ce raisonnement, il faudrait faire disparaître la TVA et la remplacer par un impôt sur le revenu énormément majoré ... Avec une perte immense ... La TVA étant l'impôt le plus indolore qui soit et le plus résistant à la conjoncture économique ... Par ailleurs, c'est le plus souvent le seul impôt payé par les ménages les plus pauvres, voire par ceux qui fraudent les allocations et les Assedics ... Pour ma part, je l'estime comme l'un des impôts les plus justes qui soit, qui frappe chacun en fonction de sa consommation ! Et si on peut favoriser de cette manière l'industrie française tout en redressant les comptes de l'état !

//www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/09/tva-sociale-vraie-reforme-ou-leurre-politique_1627324_3234.html

 

Quatrièmement, il y a évidemment l'épisode du sale mec de François Hollande (à l'encontre de Nicolas Sarkozy) et de l'emballement des réactions des ténors ou roquets de l'UMP, hurlant comme des loups à l'acharnement médiatique. Amusant de les voir tous ensemble vilipender François Hollande parce qu'il aurait été ordurier avec l'extraordinaire et si gentil et agréable Nicolas Sarkozy ... Mon opinion vis-à-vis de ces gens-là n'est pas très différente de celle de François Hollande ... Au cas où il me faudrait choisir entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen au deuxième tour, dans l'hypothèse extrêmement improbable où cela se jouerait entre ces deux-là, je ne voterais de toute façon en aucun cas pour Nicolas Sarkozy ...

 

L'UMP donne un parfum absolument nauséabonneux à la campagne présidentielle de 2012, et après l'épisode Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New-York, je crains aujourd'hui le pire pour François Hollande. Dans la France de maintenant, même si ce n'est pas encore la Russie de Poutine, il faut être fou ou inconscient pour se présenter contre Nicolas Sarkozy.

//www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/08/la-polemique-sale-mec-n-a-eu-qu-un-faible-impact-sur-la-campagne-de-hollande-selon-un-sondage_1627208_1471069.html

 

Cinquièmement, de manière plus légère, un excellent article sur les devoirs de vacances et du soir pour les enfants et leurs parents. Interdits par la réglementation à l'école primaire, mais toujours imposés dans la réalité, le plus souvent parce qu'ils sont demandés par des parents d'élève qui y voient un lien avec la réussite de leurs chérubins, les devoirs du soir et de vacances sont effectivement un véritable problème de société. Et ils sont très souvent sources d'énervements pour les parents et d'engueulades pour les enfants. Et en plus, ils donnent l'occasion aux enseignants de donner des avertissements et des observations à la pelle aux enfants lorsque les devoirs n'ont pas été faits ...

 

Bon, en même temps, ces devoirs me semblent nécessaires au collège et au lycée. Et ils peuvent se surajouter aux punitions donnés par les parents pour des résultats scolaires insuffisants ... Analyse intéressante d'un pédopsychiatre et psychanalyste, Patrice Huerre : «Aux premières difficultés scolaires, les parents sont confrontés au décalage entre leur enfant rêvé et leur enfant réel». 

//www.lemonde.fr/rendez-vous/article/2012/01/07/devoirs-scolaires-le-chatiment-familial_1627076_3238.html

 

Enfin, sixièmement, un article intéressant sur les mauvaises affaires des procédures dites de partenariat public privé (PPP) ... Procédure consistant à «confier à un opérateur privé le financement, la conception, la construction d'un équipement, hôpital, prison, musée, école, ligne de chemin de fer, puis son exploitation ainsi que sa maintenance pendant quinze, vingt, voire quarante ans. L'attributaire d'un PPP est principalement rémunéré sous forme de loyers payés par la collectivité publique, l'objectif étant d'alléger la dette publique». Cette procédure est considérée comme un gage d'efficacité et de modernité en matière de politique ... Mais cet article signale de manière intéressante que c'est surtout extrêmement favorable pour l'entreprise bénéficiaire, pas pour l'état ni pour le contribuable ... Et il site les cas d'abus manifeste ... Mais des milliers de PPP seront encore conclus et mis en oeuvre au cours des prochaines années ...

//www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/09/les-mauvaises-affaires-des-partenariats-public-prive_1627238_3234.html

 

 

Réflexion une (21 décembre 2010)
Hortefeux et Wikileaks


Tirées de l'actualité de ces derniers jours, quelques phrases, quelques tirades, quelques expressions que je trouve particulièrement justes, fortes, nécessaires ...

 

... De Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme, s'exprimant sur le scandale soulevé le 10 décembre dernier par le soutien du ministre de l'intérieur Brice Hortefeux à des policiers condamnés par le tribunal de Bobigny pour avoir 'fabriqué' des preuves (établis de faux procès-verbaux) ... 
 

«Que ces manifestations déplacées trouvent le secours d'un préfet et d'un ministre de l'intérieur touche aux fondements de la démocratie. Si l'on avait besoin de la confirmation que les plus hautes autorités politiques sont prêtes à nier les règles de tout Etat de droit, voici qui l'atteste. Ce mépris répété des lois les plus intimes de la République a un nom : la forfaiture. Sa force n'est que politique mais il amène à poser la question de la légitimité d'un pouvoir, certes élu, mais sans éthique et sans principes. Le ministre de l'intérieur devrait donc démissionner et il ne le fera pas. Là est bien la preuve que notre démocratie n'en est plus tout à fait une.»

//www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/20/la-forfaiture-ou-le-mepris-repete-des-lois-les-plus-intimes-de-la-republique_1455130_3232.html

 

J'aime tout particulièrement l'usage du terme de 'forfaiture' ainsi que l'idée de «la question de la légitimité d'un pouvoir, certes élu, mais sans éthique et sans principes» ... Comme l'écrit Michel Tubiana, «Là est bien la preuve que notre démocratie n'en est plus tout à fait une».

 

... Cette autre réflexion de Jean-Christophe Rufin, médecin (à ce titre pionnier de Médecins sans frontières), écrivain (prix Goncourt pour «Rouge Brésil») et diplomate (ce qui lui valu sauf erreur de ma part notamment l'ire du président sénégalais lorsqu'il fut ambassadeur de France au Sénégal) traitant de Wikileaks et de son patron emblématique Julien Assange, aujourd'hui criminel recherché ...

«Par-delà l'intérêt de ses révélations, le mérite de WikiLeaks est de rendre ce débat nécessaire. Jusqu'où le citoyen est-il fondé à aller contre l'Etat dans un régime démocratique ? A partir de quel seuil passe-t-on de la mobilisation utile à la menace contre le contrat social ? Toutes ces questions étaient contenues en germe dans les formes d'action plus consensuelles. Elles sont dévoilées aujourd'hui par l'action désinhibée des petits-enfants de Mai 68».
//www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/20/wikileaks-ou-la-troisieme-revolte-par-jean-christophe-rufin_1455888_3232.html

 

 

Saucratès



21/12/2010
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