Critiques de notre temps

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Généralités


Jusqu'où peut-on combattre le terrorrisme ?

 

Réflexion une (le 21 août 2017)

Jusqu'où ?

 

Je ne parle jamais ou rarement du terrorisme dans mes écrits ou réflexions. Et pourtant, tout comme des millions d'humains, il doit nous arriver très souvent d'y penser. Les lieux où j'y pense le plus sont les avions, mais aussi et surtout les lignes de métro de la région parisienne, en relation avec les attentats menés par le GIA algérien, il y a extrêmement longtemps, dans la station de métro de Saint-Michel. Cela s'était passé le 25 juillet 1995.

 

Je ne peux m'empêcher d'avoir une peur panique lorsque je rentre dans un métro parisien, scrutant chaque musulman putatif, de type arabe, vérifiant qu'il n'y a pas de paquet abandonné sous un siège autour de moi, et angoissant apres ma sortie d'une rame jusqu'à ce que le métro est totalement disparu. Evidemment, je sais parfaitement que la probabilité que le terroriste ou l'explosif soit dans le wagon que j'occupe, suffisamment proche de moi pour que je le vois, est bien évidemment extrêmement faible ! Il m'est arrivé de quitter un métro, pour prendre ensuite le suivant, parce qu'une personne arabe louche était rentré, et une fois, en panique, parce que j'ai vu un paquet apparemment oublié sous un siège de la rame ! Mais était-ce bien un paquet ?

 

Si un maghrébin rentre dans la partie de la rame que j'occupe, j'essaie de vérifier qu'il ne porte pas de tenue blanche sous son manteau ou sa veste, et s'il ne porte pas d'explosifs sur lui, sous ses vêtements. Evidemment, c'est carrément de la paranoïa, visant explicitement toute personne d'apparence maghrébine, mais également africaine, plutôt jeune. Certes, on doit être des millions de français non maghrébins à vivre avec cette peur. Mais il doit y avoir également des millions de jeunes maghrébins à vivre avec cette impression d'exclusion et de sectarisme. Et ces jeunes exclus peuvent être conduits à basculer dans le terrorisme en comprenant qu'ils ne seront jamais intégrés ni assimilés ! 

 

C'est un cercle vicieux dont je suis bien évidemment aussi responsable. Mais comment pouvoir ne pas avoir peur de ces gens là, sachant que les terroristes sont issus de leur rang, des cités françaises, de l'immigration, de ceux qui prient dans les mosquées ou les salles de prière musulmanes ! Le terrorisme comme la peur qu'il fait naître créent justement les conditions de son auto-entretien.

 

Si on écoute les bonnes âmes anti-racistes, notamment ceux eux-mêmes issus de l'immigration, il ne faut pas avoir peur entre français et entre religion, il ne faut pas tuer notre capacité à vivre tous ensemble ... Mais c'est facile à dire, mais tellement difficile à mettre en œuvre, tellement difficile de pardonner tous ces meurtres abominables et lâches à cette fraction de la population française dont les terroristes font partie !

 

Alors oui, jusqu'où peut-on aller pour se protéger de sa peur, de ses craintes, de sa crainte de voir ses proches être tués par ses fous sanguinaires de terroristes, sans sombrer dans le racisme, dans la discrimination, dans la dénonciation de la simple différence de couleur de peau ou de physique ? Et à partir de quand ce que l'on fait devient également un crime raciste. Et en sens inverse, comment des français peuvent-ils continuer à aider à faire entrer et à faire accepter des immigrés ou des demandeurs d'asile, dont une partie viendra grossir le nombre de terroristes, des voleurs et des violeurs, ou bien rentrent en France pour y perpétrer des attentats terroristes !

 

Et ai-je même le droit d'écrire cela ?

 

 

Saucratès


21/08/2017
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Retour sur les affaires

 

Réflexion deux (20 août 2017)

Que faut-il conclure de l'affaire «Arche de Zoé» ?

Et aussi de l'affaire Zoé Shepard ...

 

Eric Breteau et Émilie Lelouch sont-ils finalement coupables dans cette histoire ? Condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés puis graciés, et jamais condamnés en France pour le projet de voler des enfants pour les faire adopter par des familles en France, sont-ils vraiment coupables ? Devraient-ils être condamnés au Tchad ou bien leur arrestation, leur emprisonnement puis leur condamnation n'étaient-ils quune sanction politique à l'égard de méchants blancs volant de gentils enfants noirs ... une sorte de catharsis pour pauvres africains victimes des méchants blancs esclavagistes ? Au final, toute cette histoire se traduit donc par une condamnaction à deux ans de prison avec sursis, soit rien du tout ... Evidemment, ces deux là se rêvaient comme sauveurs ... et la France les condamne malgré tout... Alain Péligat, l´un de leur collègue, sera quant à lui relaxé. 

 

Au fond, le projet d'Eric Breteau et Émilie Lelouch était-il véritablement un crime ? Aider à l'adoption de jeunes africains victimes, même non orphelins, était-il criminel ? Si oui, ne faudrait-il pas interdire toutes les associations qui aident à l'adoption de jeunes enfants et des bébés ? Interdire toutes les ONG ? Condamner les orphelinats catholiques qui aident tellement de familles à adopter ? Par ailleurs, l'Etat français lui-même n'a pas non plus hésité à voler des enfants réunionnais pour les placer dans des familles en France, dans la Creuse, pour les faire adopter par des familles françaises (creusoises). Comment l'Etat français pourrait-il condamner des faits qu'il a lui-même mis en oeuvre ! Au fond, cette histoire était un casse tête. Le combat d'Eric Breteau et Émilie Lelouch était peu-être juste, mais ni dans la forme, ni dans le fond !

 

Mais est temps de parler d'une autre affaire beaucoup plus simple et à la fin heureuse, celle de Zoé Shepard ! Cette auteur avait sorti en 2010 un livre pamphlet sur la fonction publique territoriale française sous un nom d'emprunt. Sous son vrai nom, elle s'appelait Aurélie Boullet, et travaillait réellement dans la fonction publique territoriale (l'une des trois fonctions publiques française, avec la FP d'état et la FP hospitalière), au conseil régional d'Aquitaine. Son crime ? Elle avait sorti un livre intitulé «Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire». J'ai adoré ses descriptions de «Coconne» et «Simplet». J'ai longuement parlé et défendu de cette affaire.

//saucrates.blog4ever.com/l-affaire-aurelie-boulet-alias-zoe-shepard

 

Pour ce crime, Aurélie Boulard a failli être exclue (révoquée) de la Fonction publique. Elle est passée en conseil de discipline, dont les représentants, pour la moitié syndicalistes, ont voté son exclusion. J'ai écrit au président de la région Aquitaine à ce sujet, lui indiquant qu'en tant que socialiste, ce serait une honte s'il révoquait cette agent, niant la liberté d'expression. Au final, elle écopa de 10 mois de suspension, dont 4 mois ferme !

 

Aurelie Boullet a sorti deux autres livres depuis 2010, l'un «Ta carrière est finie» en 2012 et le deuxième «Zoé à Bercy» en 2015. Elle a passée de nombreuses années à être placardisée à la Région Aquitaine, et je ne peux que frémir en pensant à toutes ces années qu'elle a passé sans occupation au milieu d'agents qui la détestent, l'évitent, la fuient ou se liguent contre elle. Elle est sacrément solide Aurelie ! Chapeau ! 

//www.breizh-info.com/2016/02/06/38687/ministere-economie-finances-publiques-shepard-interview

 

L'histoire finit bien d'une certaine façon. Aurélie Boullet n'a pas été révoquée et travaille toujours à la Région Aquitaine. Elle a sorti trois livres et continue de s'exprimer parfois sur les errements de la Fonction publique territoriale. Les abrutis et les ineptes qu'elle a dépeint existe bien sûr dans la fonction publique territoriale, de même que dans presque toutes les entreprises ... on y trouve souvent des «Simplet», des «Coconnes», mais aussi des «Joli cœur» et des «Manipulateur». Elle aurait aussi pu nous parler beaucoup plus longuement des syndicalistes, qui ne l'ont pas loupé dans cette histoire. Je me rappelle encore d'un élu CGT, Pascal Gomez, qui expliquait en janvier 2011 que «la base s’est sentie atteinte dans son honneur». Le pire de cette histore, c'est qu'à un moment, elle a pourtant été syndiquée à la CGT ! 

 

Certains pourront penser qu'attaquer la Fonction publique est une solution de facilité. Que pour une «Coconne» ou un «Simplet», il y a de nombreux fonctionnaires méritants, courageux, travailleurs et intègres. Certains pourront estimer qu'elle fait le jeu de la droite et de l'extrême-droite dans cette affaire, des ultra-libéraux ...

//www.lepoint.fr/economie/les-verites-de-zoe-shepard-27-06-2013-1700785_28.php

//tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-politique/20110110.RUE0280/fonctionnaires-zoe-shepard-la-coconne-de-l-ump.html

 

Zoé Shepard ne dit justement pas le contraire, bien évidemment, en rappelant qu'il y a des milliers d'humbles fonctionnaires dans les mairies, au quotidien et au contact de la population, qui rendent d'insignes services pour une considération et un traitement misérable. 

 

Mais pour autant, il s'agit d'un courant politique (l'ultra-libéralisme) que l'on ne pourra pas stopper ... Parler du réchauffement climatique ne le fait pas arriver plus vite, que je sache ! Pourquoi en irait-il différemment dans le cas d'Aurélie Boullet alias Zoé Shepard ? Ce qu'elle dit n'est pas faux. Juste un florilège des aberrations quotidiennes rencontrées dans la Fonction publique territoriale !

 

 

Réflexion une (19 août 2017)

Le temps des affaires n'est pas celui de la justice

L'affaire de l'Arche de Zoé

 

Un certain nombre d'affaires m'ont interpellé au fil des dernières années. Ces affaires pour certaines ne sont toujours pas terminées, pendant, en cours ... Un peu comme l'affaire de Pénélope et François Fillon ... elle aussi va se poursuivre pendant des années et des années, même si pendant les quelques mois de la campagne présidentielle, de nouvelles révélations se succédaient tous les jours ... mise en examen, auditions ... et puis depuis le retrait de François Fillon de la vie politique ... plus rien ... bizarrement !

 

Donc d'abord l'affaire de l'arche de Zoé ...

//saucrates.blog4ever.com/l-affaire-arche-de-zoe-2

 

Une sombre affaire de tentative d'enlèvement de jeunes enfants au Tchad, supposés être de jeunes orphelins du Darfour, par une pseudo association humanitaires et de nombreux bénévoles manipulés par le leader du groupe, Eric Breteau, et sa compagne Émilie Lelouch. Affaire qui avait failli conduire cette association humanitaire à voler de jeunes enfants tchadiens à leur famille, familles qui ne les aurait jamais revus s'il avait réussi à faire décoller son avion et sa centaine d'enfants, avec l'objectif de les faire adopter en France par des familles à la recherche d'enfants.

 

L'histoire débute en octobre 2007. L'opération humanitaire échouera avec l'intervention de la police tchadienne, l'emprisonnement d'une partie des bénévoles au Tchad (dans des conditions de détention forcément atroces) en tant que voleurs d'enfants, eux qui se croyaient des sauveurs des orphelins du Darfour ! Puis leur procès au Tchad, leur condamnation à huit de travaux forcés (peine oubliée en France), les interventions diplomatiques notamment de Nicolas Sarkozy pour les rapatrier en France pour qu'ils y effectuent leur peine, peine qu'ils n´effectueront évidemment pas. Ils ont été rapatriés en France le 28 décembre 2007, trois mois à peine après l'éclatement de l'affaire. On ne pourra pas critiquer la justice tchadienne sur sa lenteur. Des intérêts supérieurs plaidaient pour une justice rapide, expéditive (au fond, peu importait la peine, puisque les condamnés devaient être extradés vers la France et leurs peines être annulées). En janvier 2008, leur peine de travaux forcés est commué en une peine classique de prison. Depuis leur retour, ils sont incarcérés à la prison de Fresne. Et en mars 2008, le président tchadien leur accorde une grâce présidentielle, même si bizarrement l'armée française vient d'intervenir au Tchad pour lui permettre de rester au pouvoir. Les six membres emprisonnés sont libérés le 31 mars 2008.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/L%27Arche_de_Zoé

 

Mais cette histoire n'était pas terminée. Eric Breteau, Émilie Lelouch et quelques uns des bénévoles restent poursuivis par la justice française. Signe que la justice francaise est beaucoup plus longue à juger que la justice tchadienne, ce n'est qu'en décembre 2012 que la justice statue sur le sort des membres de l'Arche de Zoé : Eric Breteau, Emilie Lelouch, Philippe Van Winkelberg, Christophe Lentien, 

Alain Péligat, Marie-Agnès Peleran et Nathalie Cholin. A noter qu'Eric Breteau et Émilie Lelouch ne seront pas présents lors de leur procès, vivant alors en Afrique du Sud, laissant leurs collègues et victimes seuls sur le ban des accusés, face au tribunal. Ils seront tous les deux condamnés à deux ans de prison ferme le 12 février 2013. Les ont-ils fait ? Mystère ?

 

Evidemment que non. Ils sont libérés et placés sous contrôle judiciaire en avril 2013, dans l'attente de leur procès en appel. Quand on pense que des gosses sont jetés en prison de manière préventive, parfois sur de simples présomptions, mais que ces deux manipulateurs chevronnés n'auront fait que deux mois de prison sur les deux ans de leur peine. Sacrément injuste !

 

C'est le 14 février que se terminera leur procès en appel, qui les voit être condamnés simplement à deux ans de prison avec sursis. Le troisième prévenu à avoir fait appel de sa condamnation, Alain Péligat, a lui été relaxé. Eric Breteau et Emilie Lelouch se virent aussi interdire d'exercer pour cinq ans toute activité professionnelle d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs. 

//www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/15/proces-de-l-arche-de-zoe-juste-peine-juste-place_4367139_3224.html

 

Et, apparemment, le pourvoi en cassation de leur condamnation a depuis été rejeté.

 

Aujourd'hui, en 2017, les gamins qu'ils devaient enlever au Tchad ont dix ans de plus ; ils doivent être pour certains de jeunes adultes, dont certains tentent peut-être la traversée de la Méditerranée sur des coques de fortune. A moins qu'ils ne soient devenus riches grâce à cette histoire ; le jugement du Tchad prévoyait le versement d'une amende de plus de 4 milliards de francs CFA aux familles des enfants victimes. Mais ces milliards ont-ils été versés ? Et par qui ? L'Etat Français ? Même si Nicolas Sarkozy avait juré ses grands dieux que le gouvernement ne se substituerait pas aux condamnés ! Mais François Hollande qui n'aime pas les riches ?

 

Eric Breteau est désormais âgé de 47 ans, Émilie Lelouch de 41 ans, et jusqu'en 2019, ils ne devraient plus pouvoir exercer d'activité d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs ! Où sont-ils ? Répartis en Afrique du Sud ? Au Tchad ?

 

 

Saucratès 


18/08/2017
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L'affaire Dieudonné

Réflexion quatre (lundi 13 janvier 2014)
Il n'y a plus d'affaire Dieudonné !

 

Voilà, c'est fini. C'en est presque triste, Dieudonné abandonne le conflit qui l'opposait au Système, au gouvernement, aux associations antiracistes. Il n'y a plus d'affaire Dieudonné. Comment écrire sur une affaire qui n'en est plus une ? De toute façon, contre l'unanimité de droite et de gauche, contre l'unanimité contre lui de tous les bien-pensants et les empêcheurs de penser en rond, il n'avait plus aucune chance. Lorsque les plus hautes instances judiciaires françaises violent allègrement le droit public français, que voulez-vous qu'un pauvre artiste franco-camerounais hors système fasse contre tout le monde ?

 

Ah ! Ca me rappelle les histoires sur Yannick Noah ! Le fait que lorsqu'il gagnait il était «le français qui gagnait» ... Et lorsqu'il perdait, il était «le franco-camerounais qui perdait» ... Parce que combien de fois n'a-t-on pas entendu ces derniers jours, les uns et les autres, de la part des journalistes ou des associations antiracistes, cette petite antienne sur Dieudonné le franco-camerounais ... Mais certainement lui n'a-t-il pas droit aux mêmes égards que les autres opprimés !!!

 

Ceci étant dit, gageons que la curée contre Dieudonné ne prendra pas fin aussi rapidement, et que ses opposants, ses adversaires ne s'arrêteront que lorsque Dieudonné sera mort, assassiné, emprisonné ou en fuite à l'étranger. Sous couvert d'un combat contre l'antisémitisme, c'est tout un système, toute la machinerie d'un système qui s'est déchaîné, et cette machinerie a besoin de sang pour être satisfaite.

 

La rue n'est pas totalement contre Dieudonné. Evidemment, des millions de personnes bien-pensantes en France se disent dégoûtées par les blagues racistes de Dieudonné ; j'en côtois de nombreuses, et défendre Dieudonné est à leurs yeux au mieux incompréhensible, et au pire fait de toi un raciste, un antisémite et un gros con. Malgré tout, une grosse frange des français, ceux des cités, tous ceux qui sont victimes des violences sociales de notre société, chômage, licenciement, doivent, je pense, trouver une certaine jouissance à le voir combattre un système qui les a eux-mêmes exclus, broyés, rejetés ... Comment cette rue peut-elle comprendre les rodomondades de Valls et de sa clique, de la ministre de la culture et autres personnages importants de l'Etat et de la société française ?

 

Comme moi ? L'impression que toute cette histoire n'avait pour seul but que de tenter de noyer l'affaire Hollande-Gayet dont le pouvoir socialiste savait qu'elle était sur le point d'exploser ... Il aurait simplement suffi que le magazine Closer informe quelques jours à l'avance le gouvernement de cette parution ... ou que les renseignements généraux jouent leur rôle et aient transmis cette information à leur hiérarchie ... de quel ministère dépendent-ils donc au fait ? De l'intérieur ? C'est bizarre ... (pour rappel, les RG avaient été capables sous Mitterrand de masquer son aventure extraconjuguale et sa fille Mazarine) ... On appelle cela allumer un contre-feu pour étouffer médiatiquement une autre affaire très dangereuse pour le pouvoir socialiste ...

 

Et les plus récentes paroles de Manuel Valls apparaissent en regard particulièrement désagréables : «Je ne laisserai plus jamais, plus rien passer des mots qui divisent les Français (...). J'ai déclenché un mouvement parce qu'il y avait une forme d'impunité qui me révoltait» ... Ou s'arrêtera le ministre de l'intérieur contre ce qui divise les français ? Des milliers de choses divisent les français ... L'autorisation du mariage des homosexuels divise les français ... Le chômage et le fait de disposer d'un travail divise les français ... Les différences de richesse divisent les français ... Les différences de pouvoir, entre ceux qui peuvent bafouer la loi, rouler à tombeaux ouverts sur les autoroutes parce qu'ils sont ministres, gendarmes ou policiers, et ceux qui à la moindre incartade passent sous les fourches caudines de la justice (comme Dieudonné), tout cela divise les français ... Pourquoi donc ne s'attaquer qu'aux mots ? Les propos moqueurs sur les blancs, sur les noirs, sur les jaunes, sur les musulmans, sur les bretons, sur les auvergnats, bénéficieront-ils également de la même valeureuse condamnation de Manuels Valls ?
//tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140111.AFP7321/dieudonne-interdiction-du-spectacle-confirmee-a-orleans.html

 

Enfin, cette non-affaire Dieudonné continue de me laisser un goût d'insatisfaction. Insatisfaction parce que les jugements rendus par le Conseil d'Etat, notamment celui de jeudi soir, violent le droit constitutionnel français, les principes supérieurs du Droit français, ceux en raison desquels nous sommes une Démocratie, une République ... Les principes qui devraient être inviolables et sur lesquels justement le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel sont censés veiller scrupuleusement ... Et gageons que ce qui a été jugé de manière expéditive, sans possibilité pour Dieudonné d'être entendu ni même défendu, cette justice d'exception, gageons que nous nous trouverons nous aussi confronter à ces dérives, dérives d'une justice dévoyée ...

 

Alors oui, j'aimerais que cette affaire qui n'en est plus une ne s'arrête pas là. J'aimerais que la cour de justice européenne, que la cour européennes des droits de l'homme soit saisie de ce jugement du Conseil d'Etat incompréhensible, inacceptable ... J'aimerais que la liberté d'expression soit défendue ... Car on le voit bien, la fatwa du pouvoir socialiste contre Dieudonné va être lancée de la même manière contre le magazine Closer et ses journalistes qui osent s'en prendre au président de la république et à l'actrice avec lui est prêté une liaison ...

 

La boite de Pandorre a été ouverte. Et tous les bien-pensants feraient bien de réfléchir rapidement, sur le fait de savoir s'ils veulent rentrer dans une dictature des derniers bien-pensants, des plus puissants ... Le Conseil d'Etat n'a pas encore été appelé à se prononcer sur l'interdiction du magazine Closer, de la sortie de ce numéro ... ou de la fermeture administrative de ce magazine ... après tout, lui aussi est un récidiviste auquel on ne peut plus faire confiance ... Mais je suis sûr que le Conseil d'Etat saura, à la demande du même ministre de l'intérieur, prendre une nouvelle mesure expéditive et liberticide à la demande du pouvoir socialiste ... Quand je pense que des milliers de salariés protégés licenciés en conflit avec leur employeur, des milliers d'entrepreneurs en conflit avec une administration, attendent parfois des années que ce même Conseil d'Etat statue sur leur affaire ... et là, en quelques heures, en quelques dizaines de minutes, ce même Conseil d'Etat est capable de statuer ... Ca doit les laisser songeur ...

 

 

Réflexion trois (vendredi 10 janvier 2014)
La décision incompréhensible du conseil d'état dans l'affaire Dieudonné

 

A 18 heures 40 hier soir, le Conseil d'Etat, saisi en urgence par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a cassé la décision du tribunal administratif de Nantes qui avait autorisé le spectacle de Dieudonné au Zenith de Nantes. Derrière la décision juridique sur laquelle on peut être ou non d'accord, notamment en ce qui concerne le respect ou non de la liberté d'expression et de la liberté d'opinion, je tiens à réagir sur l'enchaînement de ces événements et sur les délais invraisemblablement courts qui ont été observés dans cette affaire, lorsque l'on sait que le conseil d'état met souvent entre trois et quatre ans pour se prononcer sur les annulations d'autorisation administrative de licenciement de délégués syndicaux et de représentants du personnel.

 

Revenons sur l'enchainement de la journée d'hier.
//tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140109.OBS1800/en-direct-dieudonne-jouera-t-il-a-nantes-le-tribunal-est-reuni.html

 

A 10 heures 30 hier matin, l'audience du tribunal administratif de Nantes débute. A 14 heures 20, le tribunal administratif de Nantes décide d'annuler l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique, ce qui a pour effet de permettre la représentation du spectacle de Dieudonné le soir-même à Nantes. Un peu moins de quatre heures pour le procès et le rendu du délibéré, c'est déjà très rapide.

 

A 15 heures 10, le ministre de l'intérieur annonce la saisie immédiate du Conseil d'état. L'appel du jugement du tribunal administratif de Nantes se fera directement devant le Conseil d'Etat (et non pas devant une Cour administrative d'appel) car il s'agit d'un rejet de référé 'liberté'. Le recours n'aurait pas été suspensif : il n'aurait pas empêché l'exécution de la décision des juges.

 

A 15 heures 15, il est annoncé que l'audience en référé du conseil d'état se tiendra à 17 heures, soit avec une heure 45 minutes de délai. L'avocat de Dieudonné ne pourra pas être présent, et donc Dieudonné ne pourra vraisemblablement pas être défendu. Or, il me semblait qu'en droit français, toute personne avait le droit d'être défendue ? Sauf Dieudonné ?

 

A 18 heures 45, au bout donc de 1 heure 45 minutes de jugement et de délibéré, devant apparemment un juge unique, le Conseil d'Etat casse la décision du tribunal administratif de Nantes et donne raison au préfet de Loire-Atlantique. Le spectacle de Dieudonné est donc interdit ce soir à Nantes. 

 

Gageons qu'il s'agit d'un plus rapide jugement intervenu à la suite d'une décision d'un tribunal administratif ! Impossible de savoir si Dieudonné était représenté par un avocat/avoué devant la Conseil d'Etat et s'il a pu être défendu ? Impossible de savoir même de quel manière un rapporteur au conseil d'état a pu élaborer les conclusions du gouvernement ? Impossible surtout de savoir si les droits de cette personne, Dieudonné M'bala M'bala, ont été respectés.

 

Je n'ai jamais vu pareille parodie de justice être tenue, et je n'ai plus l'impression d'être dans un état de droit, même si tout le monde se réjouit de cette décision et de l'annulation du spectacle de Dieudonné. Pour moi, il n'y a pas eu de justice rendue dans cette affaire, aussi sordides puissent être les blagues et horreurs prononcées par Dieudonné sur les juifs. Même les pires criminels de guerre nazis avaient eu droit à un procès juste et équitable à Nuremberg !

 

Certains sont fiers d'être en France suite à ce jugement ! Moi, j'ai honte d'y vivre si la plus haute instance juridictionnelle en droit public français peut prononcer un jugement dans ces conditions, dans cette précipitation ! Gageons que la Cour européenne des droits de l'homme condamnera la France dans cette affaire !

 

 

Réflexion deux (jeudi 9 janvier 2014)
La liberté d'expression

 

A la base de l'affaire Dieudonné, pour sa condamnation ou sa défense, il me semble nécessaire de resituer ce que l'on appelle «la liberté d'expression». Quelles sont les fondements juridiques et constitutionnels de la liberté d'expression, et une personne comme Dieudonné peut-elle être condamnée publiquement et poursuivie pour des opinions, être interdit d'expression de ses opinions, même si celles-ci sont considérées comme racistes et antisémites ?

 

J'ai trouvé plusieurs fondements constitutionnels à la liberté d'expression. Le premier fondement historique, le plus ancien, se trouve dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, principes qui sont repris dans le préambule de la constitution actuelle de la France (du 4 octobre 1958) et ont donc valeur constitutionnelle. Les articles 10 et 11 traitent respectivement de la liberté d'opinion et de la liberté d'expression.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
//www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789

Article 10 : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.»

Article 11 : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.»


A noter que les limites de la liberté d'expression doivent être prévues par la Loi. Concernant la liberté d'opinion, on notera que l'article 10 est plus restrictif avec cette référence à d'éventuels troubles de l'ordre public, notion particulièrement subjective. Il est clair que le droit fondamental à la liberté d'expression aux Etats-Unis est beaucoup plus protégé puisque le premier amendement de 1791 à la constition américaine stipule : «Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.» (traduction : «Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis.»)

 

Le deuxième fondement constitutionnel de la liberté d'expression est à chercher dans La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par les 58 membres de l’Assemblée générale de l'Organisation des nations unies (ONU) de l'époque. Les articles 18 et 19 consacrent la liberté d'expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion :

 

Article 18 : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites»

Article 19 : «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit»

 

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle (article 55 de la constitution française de 1958 : «Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie.»). Il doit être noté également que les limites à la liberté d'expression et d'opinion des personnes et des individus ne sont pas prévues dans ces articles de La Déclaration universelle des droits de l'homme, par différence avec les deux premiers textes de 1789 ; signe que les principes démocratiques ont évolué avec les siècles, même si on ne s'en aperçoit pas actuellement en France. 

 

Un troisième fondement constitutionnel de la liberté d'expression peut être trouvé dans La Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe, entrée en vigueur le 3 septembre 1953, dont l'article 10 traite de la liberté d'expression :

 

Article 10 – Liberté d'expression

«1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.

2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.»

 

Il peut être noté que ce texte est plus limitatif puisqu'il prévoit des limites («formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi») pour tout ce qui a trait «à la sûreté publique, à la défense de l'ordre (...), à la protection (...) de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui (...)», certainement supposées être indispensables dans des démocraties comme les nôtres.

 

Enfin, pour ce qui constituerait une opinion politique (puisque la qualité d'humoriste de Dieudonné lui est refusée par ceux qui le contestent), la liberté d'expression est également protégée constitutionnellement par l'article 4 de la Constitution française du 4 octobre 1958 :
//www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958

 

«Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en oeuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.»

 

Pour être clair sur ce sujet, il faudrait aussi s'intéresser à ce que l'on appelle la notion d'abus de droit, selon le principe qu'aucun droit ne devrait être absolu. Ce n'est cependant pas le cas dans le cadre des divers amendements à la constitution américaine (pourtant les américains ne s'en portent pas plus mal) ou bien si on lit La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (l'ironie de l'histoire veut que ce texte ait été adopté à Paris, au Palais Chaillot, en un autre temps). 

 

Autre ironie de cette histoire sur Dieudonné, c'est bien que le site du Nouvel Obs puisse appliquer une politique de modération et de censure sur les opinions exprimes sur les blogs concernant cette affaire, alors l'article 10 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe de 1953 indique pour la liberté d'expression «sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques (...)». L'équipe des modérateurs du Nouvel Obs n'est certainement pas une autorité publique, mais elle s'attribue un droit de censure qui est refusé aux autorités publiques. 

 

 

Réflexion une (mercredi 8 janvier 2014)
L'affaire Dieudonné

 

Que faut-il penser de cette histoire de quenelle, de Dieudonné, de son antisémitisme et de ses déboires avec le gouvernement français et tout particulièrement le ministre de l'intérieur Manuel Valls ? Je ne connais pas les spectacles de Dieudonné et je ne me suis même pas sûr que je les apprécierais. Mais cela ne suffit pas à m'interdire à prendre position dans cette affaire. Après tout, je ne connais guère plus le moindre humoriste français (autant qu'il soit possible de dire que Dieudonné est un humoriste) et il est certain par exemple que j'aime encore moins les spectacles de Jean-Marie Bigard et l'horrible slip kangourou qu'il a affiché pour un de ses spectacles. Le dernier humoriste que j'aimais bien était Coluche, et son ami Thierry Le Luron. J'ai un peu l'impression depuis cette époque qu'il n'y a eu pas un seul humoriste valable en France (à l'exception de quelques blagues de Roland Magdane). D'une certaine manière, Coluche et Thierry Le Luro étaient des humoristes engagés politiquement, plus que des simples humoristes faiseurs de blagues ... Mais évidemment, ils défendaient les 'bonnes' causes, les causes politiquement 'acceptables', et n'attaquaient pas les symboles qu'il ne faut pas aborder dans une démocratie française qui pose un certain nombre d'interdits.

 

Et c'est pour cette raison qu'il me semble qu'il faut défendre Dieudonné M'bala M'bala. Evidemment, il semble que ses spectacles soient largement occupés par des blagues ou des attaques concernant quelques personnes de la communauté juive française. On peut parler d'une obsession anti-juive de Dieudonné dans ses spectacles. En même temps, son obsession peut se comprendre s'il se croit l'objet d'une caballe des politiques et d'un lobby juif français. 
//tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140103.OBS1315/au-spectacle-de-dieudonne-rires-non-stop-et-obsession-des-juifs.html

 

Le problème selon moi se trouve à plusieurs niveaux. Premièrement, est-il normal en France qu'on puisse rire d'un certain nombre de choses, d'un certain nombre de gens, mais qu'il soit interdit de critiquer un certain nombre d'autres sujets, comme les juifs, comme la politique d'Israël, comme les handicapés, comme les femmes ... et j'en passe certainement quelques autres sujets. Je pense ainsi que l'on a plus le droit de se moquer des noirs sans risquer une plainte d'une association anti-racisme (notamment de celle de Lozès). Pourtant je me rappelle de certaines blagues d'un ancien humoriste qui aimait bien prendre un supposé accent africain (Michel Leeb) et je ne suis pas sûr que ses blagues ne seraient pas aujourd'hui poursuivies pénalement.

 

Voilà ce qu'écrivait Rama Yade de Michel Leeb, dans un ouvrage intitulé 'Noirs de France' :

« En jouant avec l’inconscient collectif de son public, Michel Leeb, grimé en noir et les lèvres rougies, a construit toute sa carrière d’humoriste sur ces clichés, notamment le supposé accent africain présenté comme la manifestation d’un handicap intellectuel, sans que, pendant longtemps, personne ne s’en étonne. On entend quelquefois dire que ces sketches ne sont pas racistes et que, décidément, on ne peut plus rire de rien. Pour savoir si les sketches de Michel Leeb sont drôles ou racistes, il suffirait d’imaginer, un instant, que son public soit entièrement noir »

 

De qui en France peut-on se moquer sans danger aujourd'hui ? A part des blancs, et de certains régionalismes de blancs français (les auvergnats par exemple), je ne suis pas sûr qu'on puisse se moquer ouvertement d'autres types de couleur de peau. Les chinois et les niakwés ? Je ne pense pas non plus que cela soit sans danger pénal ? Les guignols de Canal Plus se permettent simplement de se moquer des militaires américains ressemblant à Stallone se moquant des Niakwés ... Il est extraordinaire que Brice Hortefeux ait dû mentir pour travestir une de ses sorties racistes sur les arabes pour prétexter qu'il parlait en fait des 'auvergnats' ... «Un seul cela suffit ...». Personne ne l'a attaqué pour s'être attribué cette attaque et personne n'y aurait pensé. «Un seul auvergnat cela suffit ...» n'aurait été considéré comme raciste par personne. Mais l'expression «un seul magrebhin cela suffit ...» serait raciste ?

 

Mais il y a pire que de se moquer des noirs ou des magrebhins ou des niakwés. C'est de se moquer des juifs. Les premières blagues vous exposent à être poursuivis au plan civil ou pénal par les associations communautaristes noires ou antiracistes, si vous êtes un humoriste blanc. Les blagues sur les juifs ou Israël vous exposent à condamner politiquement comme antisémite par les associations communautaristes juives ou antiracistes et d'être en poursuivi et condamné par le gouvernement et par le ministre de l'intérieur. Elles vous exposent à être victime d'un déchainement de violences et d'une condamnation morale. Vous n'êtes plus un homme, ni un humoriste : vous êtes devenus un antisémite !

 

Défendre Dieudonné, c'est simplement selon moi combattre l'idée que la liberté d'expression puisse être limitée, c'est défendre l'idée que la liberté d'expression est illimitée et constitutionnellement protégée, et qu'elle ne se limite pas aux seules moqueries contre les 'hommes blancs'. Que ce n'est pas une sorte d'auto-dérision pour hommes blancs ayant le sens de l'humour, ou une catharsis pour les autres peuples ou pour les femmes qui peuvent leur faire payer des siècles de domination sans que la justice française n'y ait rien à redire. N'oublions pas que le simple fait qu'une association anti-raciste ait pu se constituer partie civile dans une histoire de racisme anti-blanc avait fait polémique il y a quelques mois.

 

Un deuxième raison me poussant à défendre la liberté d'expression de Dieudonné concerne l'acharnement de Manuel Valls à son égard. Les ministres de l'intérieur ont régulièrement des marottes. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait la marotte des organisations terroristes d'extrême-gauche et un petit groupuscule de militants (le groupe de Tarnac autour de Julien Coupat) en avait fait les frais. La ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy de l'époque, Michèle Alliot-marie, avait pour objectif de s'attaquer aux groupes supposés terroristes d'extrême gauche et n'avait trouvé à s'attaquer qu'au groupe de Tarnac, supposé être le rédacteur d'un petit livret (libelle) intitulé 'l'insurrection qui vient'. J'avais condamné cette affaire comme je condamne aujourd'hui la marotte de l'antisémitisme de Manuel Valls. Comme le disait Julien Coupat à l'époque : «l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie». Aujourd'hui, avec ce gouvernement socialiste, c'est plutôt l'antisémitisme qui est la forme moderne du procès en sorcellerie. Tout ceci est bassement politique et ne devrait pas occuper l'espace médiatique. Je crains que cela ne vise qu'à étouffer toute autre forme de débat sur l'impopularité de ce gouvernement socialiste et à cristalliser une opposition et une opinion publique sur des sujets moins dangereux pour un président de la république aux abois. Les chiens (en général) ont besoin d'un os à ronger ; c'est simplement tombé sur Dieudonné comme il y a quelques années c'était tombé sur Julien Coupat et son amie Yldune Levy.

 

Après cela, que dire d'autres. Il est évident qu'en défendant Dieudonné, je me suis attiré la haine de toute une partie influente de la blogosphère du Nouvel Obs autour d'Allegra et Mirage ... et d'Anna (mais est-elle encore là) et que je ne vais pas pouvoir y faire long feu. On peut parler du contenu des blagues de Dieudonné ou de ce geste condamné (la quenelle). Je n'en ai strictement aucune opinion. Mais un geste qui choque a forcément beaucoup d'attrait pour tous ceux qui veulent s'inscrire contre le système (les jeunes adolescents ou adulescents), ou qui apprécient simplement le personnage de Dieudonné, pour X raisons. Les réactions indignées provoquées par la quenelle d'Anelka, les appels au limogeage/expulsion de ce joueur m'amusent ainsi extraordinairement. La quenelle d'Anelka est ainsi simplement révélateur que toute critique à l'égard des juifs et du sionisme est ainsi impossible en Europe (du moins en France et en Angleterre) et cette impossibilité anti-démocratique devrait de fait imposer à tous ceux qui militent pour la démocratie de combattre cette histérie anti-antisémite.

 

Saucratès


08/01/2014
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Articles les plus lus du blog de Saucratès

En cette fin du mois de décembre 2013, l'heure des bilans sonne. Voici la liste des articles de mon blog qui vous ont le plus intéressés. Evidemment, le critère retenu, celui du nombre de pages lues, n'est pas forcément le plus objectif ou le plus pertinent qui soit, mais il s'agit du seul outil précis et fiable dont on dispose. En raison également de ma méthode de reécriture de mes articles à la suite les uns des autres, il m'est difficile de produire un classement de la seule année 2013 et certains de ses articles remontent donc parfois à des temps lointains. 

 

Les trois articles les plus lus depuis l'origine, avec chacun près de 1.500 vues, sont :

1.//saucrates.blog4ever.com/une-histoire-des-crises-financieres-du-19e-au-21e-siecle avec 1.549 vues (dernier article datant d'avril 2011). L'article le plus lu de mon blog traite donc des crises financières, soit l'un de mes sujets de prédilection. Article non terminé à ce jour par ailleurs puisque je m'arrête en 1882 dans mon voyage dans les crises.

2.//saucrates.blog4ever.com/l-affaire-aurelie-boulet-alias-zoe-shepard avec 1.495 vues (dernier article datant de septembre 2011). Cette histoire de révocation m'avait particulièrement alarmée, notamment en raison de l'acharnement des syndicats contre cette jeune femme, dans une collectivité territoriale gérée par un pouvoir socialiste.

3.//saucrates.blog4ever.com/la-situation-politique-dans-les-pays-arabes avec 1.478 vues (dernier article datant de février 2011). Un certain regard, pas forcément positif, sur les printemps arabes.

 

Parmi les autres articles ayant eu le plus de visites, on trouve aussi :

4.//saucrates.blog4ever.com/sur-la-societe avec 947 vues (dernier article datant de janvier 2011). Une tentative de réflexion philosophique sur une société idéale.

5.//saucrates.blog4ever.com/theories-du-developpement-2 avec 909 vues (dernier article datant d'avril 2012). Le développement a été mon deuxième thème privilégié de réflexion après la finance, avant que je me focalise sur l'actualité politicienne et fiscale.

6.//saucrates.blog4ever.com/du-pouvoir-de-revocation-des-fonctionnaires avec 900 vues (dernier article datant de décembre 2010). Un article qui traite aussi de l'affaire Aurélie Boulet, et d'autres turpitudes subies par quelques autres fonctionnaires.

7.//saucrates.blog4ever.com/des-monstres-la-noirceur-de-l-ame-humaine-2 avec 813 vues (dernier article datant de mars 2012). Les monstres assassins et violeurs m'horrifient et je trouve la clémence de la justice à leur égard incompréhensible.

8.//saucrates.blog4ever.com/le-cas-reunionnais-1 avec 805 vues (dernier article datant de janvier 2011). Un article traitant d'un sujet qui me touche à coeur ; le racisme à la Réunion.

9.//saucrates.blog4ever.com/du-droit-des-non-fumeurs-a-ne-pas-etre-enfumes avec 646 vues (dernier article datant de mars 2012)

10.//saucrates.blog4ever.com/de-la-justice-2 avec 607 vues (dernier article datant de janvier 2011). Réfléchir sur la justice et la morale a longtemps été mon principal intérêt.


30/12/2013
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La condition féminine

 

Réflexion quatre (19 novembre 2013)
Le socialisme ou la haine de l'autre.
Premières victimes des haines nourries par les socialistes : les Hommes ...

 

Le socialisme devrait être un humanisme. Seulement voilà, depuis le retour des socialistes à la tête de ce gouvernement, depuis même la campagne électorale de 2007 et de 2012, je me rends compte que le socialisme préfère s'attaquer aux uns et aux autres. Les seuls auxquels le socialisme ne s'attaque pas, ce sont les minorités : minorités de genre comme les homosexuels, minorités sociales comme les exclus ou les étrangers d'Afrique ...

 

Le projet de pénalisation des clients de prostituées criminalisation me pose, à moi comme à Elisabeth Badinter, un énorme problème de conscience. Et surtout, avec les méthodes de fascistes utilisées par les bien-pensants et bien-pensantes socialistes et féministes, il n'est pas possible pour un homme de s'opposer à ce projet de loi sans passer pour un énorme phalocrate et un esclavagiste.

//www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-l-etat-n-a-pas-a-legiferer-sur-l-activite-sexuelle-des-individus_3516107_3224.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/12/ce-sont-les-acheteurs-de-sexe-qu-il-faut-penalise_3512622_3232.html

//www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-les-deputes-renforcent-les-droits-des-victimes_3516715_3224.html

 

C'est une guerre déclarée aux hommes comme l'écrit Elisabeth Badinter ... Je suis totalement d'accord avec sa position. Les socialistes relaient les haines que portent les féministes et les esprits bien-pensants aux hommes.

 

Tous les hommes évidemment ne recourent pas aux services de prostituées. Evidemment ! Toutes les prostituées ne sont pas non plus des femmes, évidemment aussi ! Même si une très forte majorité des clients de prostituées sont des hommes !

 

Je ne me réfugierais pas derrière l'argument que des femmes aussi paient des prostitués, ou que la prostitution est parfois un choix librement consenti ... Se prostituer est clairement un choix terrible et présente un coût humain terrible. Et pourtant, il est également terrible de penser que parfois le choix de se prostituer puisse apparaître comme l'une des plus faciles solutions pour une fille de gagner de l'argent relativement facilement. Qu'elle est cette société qui n'offre comme seul débouché à des jeunes gens que la prostitution ou l'assistanat !

 

Je ne réagirais que sur le principe de la haine de l'homme que représente ce projet de criminalisation du client des prostituées. Le recours à la prostitution pour un homme est parfois la seule façon de pouvoir avoir accès à une relation sexuelle ! J'aimerais que les relations amoureuses soient tellement plus simples de telle sorte que tant d'hommes ne soient pas exclus des jeux sexuels. Que doivent faire tous les hommes auxquels le sexe est refusé, ou qui ne peuvent s'évader d'un couple mortel ? Si les rôles entre les sexes étaient plus équilibrés, si les hommes pouvaient aussi facilement trouver des amants que les femmes, si le regard de la société sur le sexe n'était pas aussi puritaine, alors oui, on pourrait criminaliser le recours à la prostitution. Mais ce n'est pas le cas !

 

Je vois bien le prochain combat des féministes et des esprits socialistes bien-pensants contre les Hommes : la criminalisation de l'infidélité masculine ! Clouer au pilori les hommes infidèles, sources de maladies vénériennes pour ces si douces et tendres épouses !

 

Et je me demande : pourquoi cette haine à l'égard des hommes ? Et pourquoi les socialistes participent-ils à ce genre de croisade anti-masculine, à ces interférences dans nos vies ? Avec le projet de mariage pour tous pourtant, il était interdit aux hommes de se juger ou de se mêler de la vie des autres sexes. Il devenait normal de se marier entre personnes homosexuelles, femmes ou hommes, et ce genre de relations amoureuses et sexuelles sont désormais présentées comme normales. Et pourtant, cela ne gêne les mêmes parlementaires, les mêmes féministes, les mêmes moralistes de vouloir condamner un homme qui aurait recours à une prostituée ? D'un côté, les homosexuels et homosexuelles (tantouzes ou gouines) doivent avoir le droit de vivre comme ils l'entendent. De l'autre, nous, les hommes, ces mêmes personnes veulent nous dicter et criminaliser notre sexualité ?

 

N'y a-t-il pas là une différence de traitement inexplicable ?

 

Esprits bien-pensants, moralistes et féministes de tout crin, halte à la haine contre les hommes ! Halte à la dictature des consciences ! Laissez-nous vivre notre vie comme nous l'entendons ! Laissez-nous vivre notre sexualité comme nous le souhaitons, de la manière dont nous le souhaitons !

 

 

Réflexion trois (31 juillet 2012)
Le débat sur l'abolition de la prostitution (féminine)

 

Pour cette réflexion, je m'appuierais sur un certain nombre d'articles de blog ou journalistiques. Et les articles traitant de la prostitution en Thaïlande me sont parus particulièrement éclairants sur certains aspects de cette question, ce qui se comprend si on se référe à ce que dit Michel Houellebecq et son livre «Plateforme».

//www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/apologie-de-la-prostitution-une-attitude-politiquement-incorrecte_1736508_3232.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/reconnaitre-la-prostitution-et-non-l-abolir_1736509_3232.html

//sexe.blog.lemonde.fr/2012/07/28/prostituee-ou-travailleur-du-sexe/

//www.thailande-infos.net/nuit-thailande/les-bars-a-filles-mode-demploi-pratique/7623/

 

Je ne comprends pas tout à fait l'argumentation de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem et de ceux que s'appellent 'féministes', qui appellent à l'abolition de la prostitution et à la pénalisation des clients. Mais évidemment, je ne suis qu'un homme et je ne peux pas forcément les comprendre puisque je n'ai pas subi ce qu'elles ont vécu.

 

Entre parenthèses, Najat Vallaud-Belkacem pourrait aussi souhaiter l'abolition de la connerie humaine, et cela ne toucherait pas pour une fois que des hommes, vu ce que Ségolène Royal a sorti aigrement sur son ancienne porte-parole, selon laquelle «Najat Vallaud-Belkacem, qui fut longtemps une de ses fidèles, devait sa réussite avant tout à ses origines». Abolir la connerie humaine ou combattre l'aigreur des mesquins ? «Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière». Aigreur d'une ancienne 'ex-future présidente présidente de la république' battue à plate couture et privée de toute possible ambition ministérielle ?

//www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/27/royal-sur-vallaud-belkacem-elle-s-appelerait-dupont-elle-ne-serait-peut-etre-pas-la_1739427_823448.html 

 

Que recouvre la position des féministes sur la prostitution ? Elle me semble vouloir en faire porter la faute et la responsabilité sur l'espèce masculine, et à lui en faire payer le prix. Si l'homme n'avait pas des pulsions malsaines, il n'y aurait pas de prostitution et la femme serait libre de son corps ! Au fond, cela me semble plus ou moins vrai ! De la même manière que si des femmes ne répondaient pas à ces pulsions sexuelles masculines, il n'y aurait pas non plus de prostitution, de relations adultérines ni même probablement de pulsions masculines. Il me semble donc vraisemblablement difficile de mettre la faute sur l'une ou sur l'autre de ces deux espèces humaines (l'homme et la femme) condamnées à vivre ensemble et à se supporter pour se perpétuer.

 

Je ne peux pas ainsi accepter la position des abolitionnistes du parti socialiste, même s'il n'y est pas simple voire même difficilement justifiable, d'exposer une position contraire sur ce sujet, pour la raison qu'il est difficile de se déclarer en tant qu'homme favorable à la prostitution, sans être soupçonné immédiatement d'être un consommateur putatif.

 

Et en même temps, je reconnais que recourir à la prostitution repose pour partie sur des bases de perversion (qui est une maladie) et sur une chosification, une réification, une réduction de la femme au statut de simple objet de plaisir. Mais cette dégradation de la femme et de la dénaturation des sentiments ne concernent pas que la prostitution. Elle concerne de très nombreuses relations sexuelles entre hommes et femmes, en dehors du mariage ou dans le mariage. Ce n'est pas pour un homme le fait de payer pour une relation sexuelle tarifée qui dénote une vision dégradante de la femme. L'homme marié qui obtient d'une partenaire de passage un acte sexuel, en absence d'amour, n'a-t-il pas le même manque de considération pour la femme en général ? L'étudiant qui couche avec une fille pour épater (ou non) ses copains n'est-il pas lui aussi dans le même travers. Et quelle différence cela fait-il s'il paye ou non pour cet acte sexuel ? Et en sens inverse, ne peut-on pas dire la même chose de nombreuses femmes qui peuvent aussi avoir des relations sexuelles sans amour véritable pour leur partenaire ? Mais au fond, une bonne partie des couples ne naissent-ils pas de ce genre de tentatives, d'essais de l'autre ?

 

Que veulent les féministes ? Défendre le droit des femmes à contrôler leur corps ? Attaquer et éliminer l'homme parce qu'il représente un danger pour les femmes ? Instaurer un contrôle des pensées pour interdire tout acte sexuel qui ne reposerait pas sur des sentiments véritables ? Se contenter d'interdire la prostitution puisque ces actes-là au minimum se font sans sentiment véritable ?

 

Je me contenterais de ce que je connais, donc de la part du côté masculin dans la sexualité. Je reconnais que l'usage de la prostitution repose sur un ravalement de la femme au statut d'objet de plaisir. L'homme cherche son seul plaisir (fugace) dans ce réceptacle (terme biblique). Et au fond, il n'y a pas de grande différence entre l'usage d'une prostituée et le recours à une amante d'un jour ou de quelques années. Et au fond avec sa propre femme ! La différence n'est qu'une question de possibilités et de graduations. Graduation des sentiments, graduation de l'attention à l'autre, au plaisir de l'autre, graduation dans l'entretien d'une relation dans le plus ou moins long terme, graduation entre le plaisir sexuel et l'amour véritable.

 

Au fond, dans mon esprit, pour les féministes, vouloir abolir la prostitution, c'est vouloir abolir le sexe, puisque la prostitution n'est qu'une graduation de la sexualité ... Ce que je comprends venant d'une féministe puisque le sexe en lui-même est un acte profondément inégalitaire, entre l'homme et la femme, un acte de pénétration, d'envahissement de la femme par l'homme, de la femelle par le mâle ... Les féministes ne seraient-il que des adeptes de l'abstinence, qui est bien un droit de libre usage (ou non-usage) de son corps, comme les plus purs des puritains anglo-saxons ?

 

Je reconnais que l'homme en tant que touriste sexuel (prédateur sexuel) tente simplement de profiter d'opportunités à bon marché lorsqu'il cherche son plaisir sexuel à l'étranger dans des pays à faible pouvoir d'achat, même s'il tente parfois de se réfugier derrière de pseudos excuses bidons comme de sauver des malheureuses de la misère par leur argent ... Il est ainsi excessivement amusant de savoir que certains d'entre eux se font dépouiller gentiment, victimes de leur propre crédulité sur leurs charmes ravageurs. Mais pour quelques centaines de 'victimes' idiotes, combien y a-t-il de profiteurs sans vergogne ?

 

Pour reciter Michel Houellebecq et son roman «Plateforme», «on retrouve l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman , où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne».

//www.monde-diplomatique.fr/2006/08/MICHEL/13831

 

Mais cette vision réaliste du vacancier minable standard (franchouillard) ne se limite pas au tourisme sexuel. Cela concerne plus généralement le tourisme tout entier, avec sexe ou sans sexe, masculin ou féminin. Ils recherchent dans les vacances un exutoire à leur vie morne, et ils ont besoin de se sentir importants, dans les hôtels ou en croisière pour pauvres, pour en avoir pour leur argent. Cela la misère des pays qu'ils visitent qui leur fait supporter leur vie morne et grise. Passer leurs vacances dans une région plus riche qu'eux, sans misère, au milieu de gens riches, sans considération pour la mesquinerie de leur existence, serait pour eux la catastrophe ultime.

 

Mais de là à vouloir abolir la prostitution ou condamner pénalement les hommes consommateurs (ou les femmes parfois !) de ces plaisirs tarifés, il y a un cap que je ne me vois pas franchir. Car aussi dépravés qu'ils soient, les hommes ne sont pas seuls responsables de cet état de fait !

 

Pourquoi des hommes sont-ils contraints de chercher auprès de prostituées françaises ou étrangères des plaisirs sexuels, une excitation sexuelle, qu'ils ne peuvent pas trouver auprès de leur femme, auprès d'amies, de connaissances ou simplement de rencontres de passage ou de hasard ? Il n'y a que deux explications. Soit les hommes sont naturellement des pervers et cela s'aggrave avec l'âge ! Probable !Soit il y a un problème de communication entre les hommes et les femmes, dans les couples et dans leurs inter-relations tout court, qui leur interdit toute possibilité de communication et de rencontre ; chacun se retrouvant coupés de l'autre sexe. Et à mon avis il y a un peu des deux explications dans les causes de recours des hommes (mais également des femmes d'un certain âge ... car comme l'écrit l'anthropologue Franck Michel dans le Monde diplomatique : «on peut désormais établir une sorte de cartographie du tourisme sexuel : les femmes vont à Goa, en Inde, en Jamaïque, en Gambie ; tandis que les hommes préfèrent les pays du Sud-Est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la République dominicaine, Cuba, le Panamá, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil») à la prostitution ! .

  

 

Réflexion deux (7 novembre 2011)
De l'exagération des 'violences' reprochées aux hommes

 

J'estime que les violences faites aux femmes sont inacceptables et qu'il y a quelque chose de malsain dans la capacité innée de violence de l'être humain de sexe masculin. Toutefois, je vais dire immédiatement le contraire de mes écrits précédents par réaction à la manifestation qui s'est tenue samedi 5 novembre à Paris pour réagir justement à ces violences, mais également à l'affaire Dominique Strauss-Kahn. Certains des propos entendus hier par le biais des journaux télévisés, notamment de la part de Clémentine Autain, du Front de Gauche, m'ont particulièrement énervé. Clémentine Autain ne s'attaque pas seulement aux violences réelles subies par les femmes mais généralisait dans ce que j'ai compris de ses propos à l'ensemble des remarques qui peuvent être faites aux femmes, comme des commentaires sur leur robe ou leur tenue.

 

Evidemment, Clémentine Autain ne représente pas de manière générale la manière de penser des femmes dans leur ensemble. Elle n'est pas leur représentante officielle. Pourtant, ce que j'ai entendu de ce qu'elle disait me paraît outrancier, notamment par l'impossibilité de tracer une limite nette, indiscutable, entre ce qui serait de la drague, voire un simple compliment, de ce qui serait une violence faite aux femmes. Au fond, ce qui distinguerait les deux, violence ou drague ou compliment, ne consisterait qu'en la façon dont cela serait reçu par la femme. De sa réaction dépendrait l'existence de poursuites judiciaires.

 

Je veux bien que l'affaire DSK fasse réagir les féministes de tout poil. Je veux bien qu'une féministe patentée, qu'une égalitariste communiste forcénée, comme un membre du Front de gauche, estime comme totalement déplacée le moindre compliment ou la moindre différence entre une femme et un homme. Je veux même comprendre que Tristane Banon soit remontée contre tout ce qui puisse représenter un homme ... Mais ce qu'elles attaquent me rappelle trop la situation juridique américaine qui transforme tout regard, toute parole échangée entre un homme et une femme, comme une potentielle agression sexuelle ou un potentiel harcellement sexuel. Et ce qui me surprend encore plus dans la situation américaine, c'est qu'il puisse encore y avoir des jeunes qui se rencontrent et des relations extra-conjuguales.

 

Alors oui, les violences dont sont victimes les femmes dans le monde entier, et en France également, sont totalement inacceptables et doivent être combattus violemment. Effectivement, l'homme a un problème de violence qu'il faudrait réussir à faire traiter ; violence que je ne comprends pas ; violence qui touche tout particulièrement les femmes, mais pas uniquement ... et qui pourrait concerner de très nombreux hommes, pourtant tout à fait présentables et normaux, placés dans certaines situations particulières (guerres, réactions en groupe ...) ... Mais en même temps, il me semble extrêmement dangereux de généraliser à toutes les interactions hommes-femmes les situations potentielles de violence (comme de simples compliments) ou de faire disparaître toute trace de la présomption d'innocence pour les hommes qui seraient accusés de viol ou d'agression sexuelle, voire même de modifier les délais de prescription pour les aligner sur les crimes.

 

Ce vingtième-et-unième siècle sera puritain ou bien sera islamiste ...

 

 

Réflexion une (3 août 2011)
Les violences faites aux femmes

 

Les meurtres et viols dont ont été victimes deux jeunes femmes françaises, Houria Moumni et Cassandre Bouvier, âgées de 24 et 29 ans, en Argentine en début de semaine, nous rappelle une horrible évidence : le fait que les femmes sont trop souvent les victimes de violence du fait des hommes. L'actualité est trop souvent occupée de faits divers qui en deviennent banaux par leur régularité, par leur répétition : jeunes femmes retrouvées mortes après avoir été violées lors d'un jogging parce qu'elles ont croisé un violeur récidiviste récemment libéré de prison et sans suivi psychiatrique ... jeunes femmes assassinées par un ex-petit ami ou un ex-mari jaloux qui ne supportait pas une séparation ou bien le fait qu'elle refasse sa vie ... femmes battues par leurs conjoints qui se vengent sur elles de la banalité de leur vie, des humiliations qu'ils subissent le reste de la journée, qui cherchent dans l'alcool ou la violence un antidote à leur médiocrité ...

//www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/02/touristes-francaises-tuees-en-argentine-un-nouveau-suspect-arrete_1555452_3222.html

 

Bizarrement, l'homme use facilement de la violence dans ses relations avec les femmes, comme si la violence était la seconde nature de l'homme ... Cette préoccupation dans mes réflexions n'est évidemment pas nouvelle ... Un certain nombre de mes précédents écrits tournent autour de la violence faites aux femmes  ... par exemple lorsque je réfléchissais au racisme ou à l'esclavage dont furent victimes autrefois les races noires ... ou à la guerre ...

 

Sans être extrêmiste dans le féminisme, on ne peut que se réjouir que des manifestations aient lieu un peu partout dans le monde pour revendiquer un autre regard vis-à-vis des femmes, pour que le machisme disparaisse, pour que les discriminations cessent, pour que les viols s'arrêtent, pour que les violences faites aux femmes ne soient plus qu'un mauvais souvenir, dans une société enfin égalitaire et humaine ...

 

Lister les violences dont les femmes sont les victimes a-t-il un sens ? Je m'y essayerai pourtant ...

 

 

Saucratès


03/08/2011
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