Critiques de notre temps

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Généralités


L'affaire Dieudonné

Réflexion quatre (lundi 13 janvier 2014)
Il n'y a plus d'affaire Dieudonné !

 

Voilà, c'est fini. C'en est presque triste, Dieudonné abandonne le conflit qui l'opposait au Système, au gouvernement, aux associations antiracistes. Il n'y a plus d'affaire Dieudonné. Comment écrire sur une affaire qui n'en est plus une ? De toute façon, contre l'unanimité de droite et de gauche, contre l'unanimité contre lui de tous les bien-pensants et les empêcheurs de penser en rond, il n'avait plus aucune chance. Lorsque les plus hautes instances judiciaires françaises violent allègrement le droit public français, que voulez-vous qu'un pauvre artiste franco-camerounais hors système fasse contre tout le monde ?

 

Ah ! Ca me rappelle les histoires sur Yannick Noah ! Le fait que lorsqu'il gagnait il était «le français qui gagnait» ... Et lorsqu'il perdait, il était «le franco-camerounais qui perdait» ... Parce que combien de fois n'a-t-on pas entendu ces derniers jours, les uns et les autres, de la part des journalistes ou des associations antiracistes, cette petite antienne sur Dieudonné le franco-camerounais ... Mais certainement lui n'a-t-il pas droit aux mêmes égards que les autres opprimés !!!

 

Ceci étant dit, gageons que la curée contre Dieudonné ne prendra pas fin aussi rapidement, et que ses opposants, ses adversaires ne s'arrêteront que lorsque Dieudonné sera mort, assassiné, emprisonné ou en fuite à l'étranger. Sous couvert d'un combat contre l'antisémitisme, c'est tout un système, toute la machinerie d'un système qui s'est déchaîné, et cette machinerie a besoin de sang pour être satisfaite.

 

La rue n'est pas totalement contre Dieudonné. Evidemment, des millions de personnes bien-pensantes en France se disent dégoûtées par les blagues racistes de Dieudonné ; j'en côtois de nombreuses, et défendre Dieudonné est à leurs yeux au mieux incompréhensible, et au pire fait de toi un raciste, un antisémite et un gros con. Malgré tout, une grosse frange des français, ceux des cités, tous ceux qui sont victimes des violences sociales de notre société, chômage, licenciement, doivent, je pense, trouver une certaine jouissance à le voir combattre un système qui les a eux-mêmes exclus, broyés, rejetés ... Comment cette rue peut-elle comprendre les rodomondades de Valls et de sa clique, de la ministre de la culture et autres personnages importants de l'Etat et de la société française ?

 

Comme moi ? L'impression que toute cette histoire n'avait pour seul but que de tenter de noyer l'affaire Hollande-Gayet dont le pouvoir socialiste savait qu'elle était sur le point d'exploser ... Il aurait simplement suffi que le magazine Closer informe quelques jours à l'avance le gouvernement de cette parution ... ou que les renseignements généraux jouent leur rôle et aient transmis cette information à leur hiérarchie ... de quel ministère dépendent-ils donc au fait ? De l'intérieur ? C'est bizarre ... (pour rappel, les RG avaient été capables sous Mitterrand de masquer son aventure extraconjuguale et sa fille Mazarine) ... On appelle cela allumer un contre-feu pour étouffer médiatiquement une autre affaire très dangereuse pour le pouvoir socialiste ...

 

Et les plus récentes paroles de Manuel Valls apparaissent en regard particulièrement désagréables : «Je ne laisserai plus jamais, plus rien passer des mots qui divisent les Français (...). J'ai déclenché un mouvement parce qu'il y avait une forme d'impunité qui me révoltait» ... Ou s'arrêtera le ministre de l'intérieur contre ce qui divise les français ? Des milliers de choses divisent les français ... L'autorisation du mariage des homosexuels divise les français ... Le chômage et le fait de disposer d'un travail divise les français ... Les différences de richesse divisent les français ... Les différences de pouvoir, entre ceux qui peuvent bafouer la loi, rouler à tombeaux ouverts sur les autoroutes parce qu'ils sont ministres, gendarmes ou policiers, et ceux qui à la moindre incartade passent sous les fourches caudines de la justice (comme Dieudonné), tout cela divise les français ... Pourquoi donc ne s'attaquer qu'aux mots ? Les propos moqueurs sur les blancs, sur les noirs, sur les jaunes, sur les musulmans, sur les bretons, sur les auvergnats, bénéficieront-ils également de la même valeureuse condamnation de Manuels Valls ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140111.AFP7321/dieudonne-interdiction-du-spectacle-confirmee-a-orleans.html

 

Enfin, cette non-affaire Dieudonné continue de me laisser un goût d'insatisfaction. Insatisfaction parce que les jugements rendus par le Conseil d'Etat, notamment celui de jeudi soir, violent le droit constitutionnel français, les principes supérieurs du Droit français, ceux en raison desquels nous sommes une Démocratie, une République ... Les principes qui devraient être inviolables et sur lesquels justement le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel sont censés veiller scrupuleusement ... Et gageons que ce qui a été jugé de manière expéditive, sans possibilité pour Dieudonné d'être entendu ni même défendu, cette justice d'exception, gageons que nous nous trouverons nous aussi confronter à ces dérives, dérives d'une justice dévoyée ...

 

Alors oui, j'aimerais que cette affaire qui n'en est plus une ne s'arrête pas là. J'aimerais que la cour de justice européenne, que la cour européennes des droits de l'homme soit saisie de ce jugement du Conseil d'Etat incompréhensible, inacceptable ... J'aimerais que la liberté d'expression soit défendue ... Car on le voit bien, la fatwa du pouvoir socialiste contre Dieudonné va être lancée de la même manière contre le magazine Closer et ses journalistes qui osent s'en prendre au président de la république et à l'actrice avec lui est prêté une liaison ...

 

La boite de Pandorre a été ouverte. Et tous les bien-pensants feraient bien de réfléchir rapidement, sur le fait de savoir s'ils veulent rentrer dans une dictature des derniers bien-pensants, des plus puissants ... Le Conseil d'Etat n'a pas encore été appelé à se prononcer sur l'interdiction du magazine Closer, de la sortie de ce numéro ... ou de la fermeture administrative de ce magazine ... après tout, lui aussi est un récidiviste auquel on ne peut plus faire confiance ... Mais je suis sûr que le Conseil d'Etat saura, à la demande du même ministre de l'intérieur, prendre une nouvelle mesure expéditive et liberticide à la demande du pouvoir socialiste ... Quand je pense que des milliers de salariés protégés licenciés en conflit avec leur employeur, des milliers d'entrepreneurs en conflit avec une administration, attendent parfois des années que ce même Conseil d'Etat statue sur leur affaire ... et là, en quelques heures, en quelques dizaines de minutes, ce même Conseil d'Etat est capable de statuer ... Ca doit les laisser songeur ...

 

 

Réflexion trois (vendredi 10 janvier 2014)
La décision incompréhensible du conseil d'état dans l'affaire Dieudonné

 

A 18 heures 40 hier soir, le Conseil d'Etat, saisi en urgence par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a cassé la décision du tribunal administratif de Nantes qui avait autorisé le spectacle de Dieudonné au Zenith de Nantes. Derrière la décision juridique sur laquelle on peut être ou non d'accord, notamment en ce qui concerne le respect ou non de la liberté d'expression et de la liberté d'opinion, je tiens à réagir sur l'enchaînement de ces événements et sur les délais invraisemblablement courts qui ont été observés dans cette affaire, lorsque l'on sait que le conseil d'état met souvent entre trois et quatre ans pour se prononcer sur les annulations d'autorisation administrative de licenciement de délégués syndicaux et de représentants du personnel.

 

Revenons sur l'enchainement de la journée d'hier.
http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20140109.OBS1800/en-direct-dieudonne-jouera-t-il-a-nantes-le-tribunal-est-reuni.html

 

A 10 heures 30 hier matin, l'audience du tribunal administratif de Nantes débute. A 14 heures 20, le tribunal administratif de Nantes décide d'annuler l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique, ce qui a pour effet de permettre la représentation du spectacle de Dieudonné le soir-même à Nantes. Un peu moins de quatre heures pour le procès et le rendu du délibéré, c'est déjà très rapide.

 

A 15 heures 10, le ministre de l'intérieur annonce la saisie immédiate du Conseil d'état. L'appel du jugement du tribunal administratif de Nantes se fera directement devant le Conseil d'Etat (et non pas devant une Cour administrative d'appel) car il s'agit d'un rejet de référé 'liberté'. Le recours n'aurait pas été suspensif : il n'aurait pas empêché l'exécution de la décision des juges.

 

A 15 heures 15, il est annoncé que l'audience en référé du conseil d'état se tiendra à 17 heures, soit avec une heure 45 minutes de délai. L'avocat de Dieudonné ne pourra pas être présent, et donc Dieudonné ne pourra vraisemblablement pas être défendu. Or, il me semblait qu'en droit français, toute personne avait le droit d'être défendue ? Sauf Dieudonné ?

 

A 18 heures 45, au bout donc de 1 heure 45 minutes de jugement et de délibéré, devant apparemment un juge unique, le Conseil d'Etat casse la décision du tribunal administratif de Nantes et donne raison au préfet de Loire-Atlantique. Le spectacle de Dieudonné est donc interdit ce soir à Nantes. 

 

Gageons qu'il s'agit d'un plus rapide jugement intervenu à la suite d'une décision d'un tribunal administratif ! Impossible de savoir si Dieudonné était représenté par un avocat/avoué devant la Conseil d'Etat et s'il a pu être défendu ? Impossible de savoir même de quel manière un rapporteur au conseil d'état a pu élaborer les conclusions du gouvernement ? Impossible surtout de savoir si les droits de cette personne, Dieudonné M'bala M'bala, ont été respectés.

 

Je n'ai jamais vu pareille parodie de justice être tenue, et je n'ai plus l'impression d'être dans un état de droit, même si tout le monde se réjouit de cette décision et de l'annulation du spectacle de Dieudonné. Pour moi, il n'y a pas eu de justice rendue dans cette affaire, aussi sordides puissent être les blagues et horreurs prononcées par Dieudonné sur les juifs. Même les pires criminels de guerre nazis avaient eu droit à un procès juste et équitable à Nuremberg !

 

Certains sont fiers d'être en France suite à ce jugement ! Moi, j'ai honte d'y vivre si la plus haute instance juridictionnelle en droit public français peut prononcer un jugement dans ces conditions, dans cette précipitation ! Gageons que la Cour européenne des droits de l'homme condamnera la France dans cette affaire !

 

 

Réflexion deux (jeudi 9 janvier 2014)
La liberté d'expression

 

A la base de l'affaire Dieudonné, pour sa condamnation ou sa défense, il me semble nécessaire de resituer ce que l'on appelle «la liberté d'expression». Quelles sont les fondements juridiques et constitutionnels de la liberté d'expression, et une personne comme Dieudonné peut-elle être condamnée publiquement et poursuivie pour des opinions, être interdit d'expression de ses opinions, même si celles-ci sont considérées comme racistes et antisémites ?

 

J'ai trouvé plusieurs fondements constitutionnels à la liberté d'expression. Le premier fondement historique, le plus ancien, se trouve dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, principes qui sont repris dans le préambule de la constitution actuelle de la France (du 4 octobre 1958) et ont donc valeur constitutionnelle. Les articles 10 et 11 traitent respectivement de la liberté d'opinion et de la liberté d'expression.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789
http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789

Article 10 : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.»

Article 11 : «La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.»


A noter que les limites de la liberté d'expression doivent être prévues par la Loi. Concernant la liberté d'opinion, on notera que l'article 10 est plus restrictif avec cette référence à d'éventuels troubles de l'ordre public, notion particulièrement subjective. Il est clair que le droit fondamental à la liberté d'expression aux Etats-Unis est beaucoup plus protégé puisque le premier amendement de 1791 à la constition américaine stipule : «Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.» (traduction : «Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis.»)

 

Le deuxième fondement constitutionnel de la liberté d'expression est à chercher dans La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par les 58 membres de l’Assemblée générale de l'Organisation des nations unies (ONU) de l'époque. Les articles 18 et 19 consacrent la liberté d'expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion :

 

Article 18 : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites»

Article 19 : «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit»

 

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle (article 55 de la constitution française de 1958 : «Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie.»). Il doit être noté également que les limites à la liberté d'expression et d'opinion des personnes et des individus ne sont pas prévues dans ces articles de La Déclaration universelle des droits de l'homme, par différence avec les deux premiers textes de 1789 ; signe que les principes démocratiques ont évolué avec les siècles, même si on ne s'en aperçoit pas actuellement en France. 

 

Un troisième fondement constitutionnel de la liberté d'expression peut être trouvé dans La Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe, entrée en vigueur le 3 septembre 1953, dont l'article 10 traite de la liberté d'expression :

 

Article 10 – Liberté d'expression

«1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.

2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.»

 

Il peut être noté que ce texte est plus limitatif puisqu'il prévoit des limites («formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi») pour tout ce qui a trait «à la sûreté publique, à la défense de l'ordre (...), à la protection (...) de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui (...)», certainement supposées être indispensables dans des démocraties comme les nôtres.

 

Enfin, pour ce qui constituerait une opinion politique (puisque la qualité d'humoriste de Dieudonné lui est refusée par ceux qui le contestent), la liberté d'expression est également protégée constitutionnellement par l'article 4 de la Constitution française du 4 octobre 1958 :
http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958

 

«Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en oeuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.»

 

Pour être clair sur ce sujet, il faudrait aussi s'intéresser à ce que l'on appelle la notion d'abus de droit, selon le principe qu'aucun droit ne devrait être absolu. Ce n'est cependant pas le cas dans le cadre des divers amendements à la constitution américaine (pourtant les américains ne s'en portent pas plus mal) ou bien si on lit La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (l'ironie de l'histoire veut que ce texte ait été adopté à Paris, au Palais Chaillot, en un autre temps). 

 

Autre ironie de cette histoire sur Dieudonné, c'est bien que le site du Nouvel Obs puisse appliquer une politique de modération et de censure sur les opinions exprimes sur les blogs concernant cette affaire, alors l'article 10 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales du Conseil de l'Europe de 1953 indique pour la liberté d'expression «sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques (...)». L'équipe des modérateurs du Nouvel Obs n'est certainement pas une autorité publique, mais elle s'attribue un droit de censure qui est refusé aux autorités publiques. 

 

 

Réflexion une (mercredi 8 janvier 2014)
L'affaire Dieudonné

 

Que faut-il penser de cette histoire de quenelle, de Dieudonné, de son antisémitisme et de ses déboires avec le gouvernement français et tout particulièrement le ministre de l'intérieur Manuel Valls ? Je ne connais pas les spectacles de Dieudonné et je ne me suis même pas sûr que je les apprécierais. Mais cela ne suffit pas à m'interdire à prendre position dans cette affaire. Après tout, je ne connais guère plus le moindre humoriste français (autant qu'il soit possible de dire que Dieudonné est un humoriste) et il est certain par exemple que j'aime encore moins les spectacles de Jean-Marie Bigard et l'horrible slip kangourou qu'il a affiché pour un de ses spectacles. Le dernier humoriste que j'aimais bien était Coluche, et son ami Thierry Le Luron. J'ai un peu l'impression depuis cette époque qu'il n'y a eu pas un seul humoriste valable en France (à l'exception de quelques blagues de Roland Magdane). D'une certaine manière, Coluche et Thierry Le Luro étaient des humoristes engagés politiquement, plus que des simples humoristes faiseurs de blagues ... Mais évidemment, ils défendaient les 'bonnes' causes, les causes politiquement 'acceptables', et n'attaquaient pas les symboles qu'il ne faut pas aborder dans une démocratie française qui pose un certain nombre d'interdits.

 

Et c'est pour cette raison qu'il me semble qu'il faut défendre Dieudonné M'bala M'bala. Evidemment, il semble que ses spectacles soient largement occupés par des blagues ou des attaques concernant quelques personnes de la communauté juive française. On peut parler d'une obsession anti-juive de Dieudonné dans ses spectacles. En même temps, son obsession peut se comprendre s'il se croit l'objet d'une caballe des politiques et d'un lobby juif français. 
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140103.OBS1315/au-spectacle-de-dieudonne-rires-non-stop-et-obsession-des-juifs.html

 

Le problème selon moi se trouve à plusieurs niveaux. Premièrement, est-il normal en France qu'on puisse rire d'un certain nombre de choses, d'un certain nombre de gens, mais qu'il soit interdit de critiquer un certain nombre d'autres sujets, comme les juifs, comme la politique d'Israël, comme les handicapés, comme les femmes ... et j'en passe certainement quelques autres sujets. Je pense ainsi que l'on a plus le droit de se moquer des noirs sans risquer une plainte d'une association anti-racisme (notamment de celle de Lozès). Pourtant je me rappelle de certaines blagues d'un ancien humoriste qui aimait bien prendre un supposé accent africain (Michel Leeb) et je ne suis pas sûr que ses blagues ne seraient pas aujourd'hui poursuivies pénalement.

 

Voilà ce qu'écrivait Rama Yade de Michel Leeb, dans un ouvrage intitulé 'Noirs de France' :

« En jouant avec l’inconscient collectif de son public, Michel Leeb, grimé en noir et les lèvres rougies, a construit toute sa carrière d’humoriste sur ces clichés, notamment le supposé accent africain présenté comme la manifestation d’un handicap intellectuel, sans que, pendant longtemps, personne ne s’en étonne. On entend quelquefois dire que ces sketches ne sont pas racistes et que, décidément, on ne peut plus rire de rien. Pour savoir si les sketches de Michel Leeb sont drôles ou racistes, il suffirait d’imaginer, un instant, que son public soit entièrement noir »

 

De qui en France peut-on se moquer sans danger aujourd'hui ? A part des blancs, et de certains régionalismes de blancs français (les auvergnats par exemple), je ne suis pas sûr qu'on puisse se moquer ouvertement d'autres types de couleur de peau. Les chinois et les niakwés ? Je ne pense pas non plus que cela soit sans danger pénal ? Les guignols de Canal Plus se permettent simplement de se moquer des militaires américains ressemblant à Stallone se moquant des Niakwés ... Il est extraordinaire que Brice Hortefeux ait dû mentir pour travestir une de ses sorties racistes sur les arabes pour prétexter qu'il parlait en fait des 'auvergnats' ... «Un seul cela suffit ...». Personne ne l'a attaqué pour s'être attribué cette attaque et personne n'y aurait pensé. «Un seul auvergnat cela suffit ...» n'aurait été considéré comme raciste par personne. Mais l'expression «un seul magrebhin cela suffit ...» serait raciste ?

 

Mais il y a pire que de se moquer des noirs ou des magrebhins ou des niakwés. C'est de se moquer des juifs. Les premières blagues vous exposent à être poursuivis au plan civil ou pénal par les associations communautaristes noires ou antiracistes, si vous êtes un humoriste blanc. Les blagues sur les juifs ou Israël vous exposent à condamner politiquement comme antisémite par les associations communautaristes juives ou antiracistes et d'être en poursuivi et condamné par le gouvernement et par le ministre de l'intérieur. Elles vous exposent à être victime d'un déchainement de violences et d'une condamnation morale. Vous n'êtes plus un homme, ni un humoriste : vous êtes devenus un antisémite !

 

Défendre Dieudonné, c'est simplement selon moi combattre l'idée que la liberté d'expression puisse être limitée, c'est défendre l'idée que la liberté d'expression est illimitée et constitutionnellement protégée, et qu'elle ne se limite pas aux seules moqueries contre les 'hommes blancs'. Que ce n'est pas une sorte d'auto-dérision pour hommes blancs ayant le sens de l'humour, ou une catharsis pour les autres peuples ou pour les femmes qui peuvent leur faire payer des siècles de domination sans que la justice française n'y ait rien à redire. N'oublions pas que le simple fait qu'une association anti-raciste ait pu se constituer partie civile dans une histoire de racisme anti-blanc avait fait polémique il y a quelques mois.

 

Un deuxième raison me poussant à défendre la liberté d'expression de Dieudonné concerne l'acharnement de Manuel Valls à son égard. Les ministres de l'intérieur ont régulièrement des marottes. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait la marotte des organisations terroristes d'extrême-gauche et un petit groupuscule de militants (le groupe de Tarnac autour de Julien Coupat) en avait fait les frais. La ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy de l'époque, Michèle Alliot-marie, avait pour objectif de s'attaquer aux groupes supposés terroristes d'extrême gauche et n'avait trouvé à s'attaquer qu'au groupe de Tarnac, supposé être le rédacteur d'un petit livret (libelle) intitulé 'l'insurrection qui vient'. J'avais condamné cette affaire comme je condamne aujourd'hui la marotte de l'antisémitisme de Manuel Valls. Comme le disait Julien Coupat à l'époque : «l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie». Aujourd'hui, avec ce gouvernement socialiste, c'est plutôt l'antisémitisme qui est la forme moderne du procès en sorcellerie. Tout ceci est bassement politique et ne devrait pas occuper l'espace médiatique. Je crains que cela ne vise qu'à étouffer toute autre forme de débat sur l'impopularité de ce gouvernement socialiste et à cristalliser une opposition et une opinion publique sur des sujets moins dangereux pour un président de la république aux abois. Les chiens (en général) ont besoin d'un os à ronger ; c'est simplement tombé sur Dieudonné comme il y a quelques années c'était tombé sur Julien Coupat et son amie Yldune Levy.

 

Après cela, que dire d'autres. Il est évident qu'en défendant Dieudonné, je me suis attiré la haine de toute une partie influente de la blogosphère du Nouvel Obs autour d'Allegra et Mirage ... et d'Anna (mais est-elle encore là) et que je ne vais pas pouvoir y faire long feu. On peut parler du contenu des blagues de Dieudonné ou de ce geste condamné (la quenelle). Je n'en ai strictement aucune opinion. Mais un geste qui choque a forcément beaucoup d'attrait pour tous ceux qui veulent s'inscrire contre le système (les jeunes adolescents ou adulescents), ou qui apprécient simplement le personnage de Dieudonné, pour X raisons. Les réactions indignées provoquées par la quenelle d'Anelka, les appels au limogeage/expulsion de ce joueur m'amusent ainsi extraordinairement. La quenelle d'Anelka est ainsi simplement révélateur que toute critique à l'égard des juifs et du sionisme est ainsi impossible en Europe (du moins en France et en Angleterre) et cette impossibilité anti-démocratique devrait de fait imposer à tous ceux qui militent pour la démocratie de combattre cette histérie anti-antisémite.

 

Saucratès


08/01/2014
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Articles les plus lus du blog de Saucratès

En cette fin du mois de décembre 2013, l'heure des bilans sonne. Voici la liste des articles de mon blog qui vous ont le plus intéressés. Evidemment, le critère retenu, celui du nombre de pages lues, n'est pas forcément le plus objectif ou le plus pertinent qui soit, mais il s'agit du seul outil précis et fiable dont on dispose. En raison également de ma méthode de reécriture de mes articles à la suite les uns des autres, il m'est difficile de produire un classement de la seule année 2013 et certains de ses articles remontent donc parfois à des temps lointains. 

 

Les trois articles les plus lus depuis l'origine, avec chacun près de 1.500 vues, sont :

1.http://saucrates.blog4ever.com/une-histoire-des-crises-financieres-du-19e-au-21e-siecle avec 1.549 vues (dernier article datant d'avril 2011). L'article le plus lu de mon blog traite donc des crises financières, soit l'un de mes sujets de prédilection. Article non terminé à ce jour par ailleurs puisque je m'arrête en 1882 dans mon voyage dans les crises.

2.http://saucrates.blog4ever.com/l-affaire-aurelie-boulet-alias-zoe-shepard avec 1.495 vues (dernier article datant de septembre 2011). Cette histoire de révocation m'avait particulièrement alarmée, notamment en raison de l'acharnement des syndicats contre cette jeune femme, dans une collectivité territoriale gérée par un pouvoir socialiste.

3.http://saucrates.blog4ever.com/la-situation-politique-dans-les-pays-arabes avec 1.478 vues (dernier article datant de février 2011). Un certain regard, pas forcément positif, sur les printemps arabes.

 

Parmi les autres articles ayant eu le plus de visites, on trouve aussi :

4.http://saucrates.blog4ever.com/sur-la-societe avec 947 vues (dernier article datant de janvier 2011). Une tentative de réflexion philosophique sur une société idéale.

5.http://saucrates.blog4ever.com/theories-du-developpement-2 avec 909 vues (dernier article datant d'avril 2012). Le développement a été mon deuxième thème privilégié de réflexion après la finance, avant que je me focalise sur l'actualité politicienne et fiscale.

6.http://saucrates.blog4ever.com/du-pouvoir-de-revocation-des-fonctionnaires avec 900 vues (dernier article datant de décembre 2010). Un article qui traite aussi de l'affaire Aurélie Boulet, et d'autres turpitudes subies par quelques autres fonctionnaires.

7.http://saucrates.blog4ever.com/des-monstres-la-noirceur-de-l-ame-humaine-2 avec 813 vues (dernier article datant de mars 2012). Les monstres assassins et violeurs m'horrifient et je trouve la clémence de la justice à leur égard incompréhensible.

8.http://saucrates.blog4ever.com/le-cas-reunionnais-1 avec 805 vues (dernier article datant de janvier 2011). Un article traitant d'un sujet qui me touche à coeur ; le racisme à la Réunion.

9.http://saucrates.blog4ever.com/du-droit-des-non-fumeurs-a-ne-pas-etre-enfumes avec 646 vues (dernier article datant de mars 2012)

10.http://saucrates.blog4ever.com/de-la-justice-2 avec 607 vues (dernier article datant de janvier 2011). Réfléchir sur la justice et la morale a longtemps été mon principal intérêt.


30/12/2013
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La condition féminine

 

Réflexion quatre (19 novembre 2013)
Le socialisme ou la haine de l'autre.
Premières victimes des haines nourries par les socialistes : les Hommes ...

 

Le socialisme devrait être un humanisme. Seulement voilà, depuis le retour des socialistes à la tête de ce gouvernement, depuis même la campagne électorale de 2007 et de 2012, je me rends compte que le socialisme préfère s'attaquer aux uns et aux autres. Les seuls auxquels le socialisme ne s'attaque pas, ce sont les minorités : minorités de genre comme les homosexuels, minorités sociales comme les exclus ou les étrangers d'Afrique ...

 

Le projet de pénalisation des clients de prostituées criminalisation me pose, à moi comme à Elisabeth Badinter, un énorme problème de conscience. Et surtout, avec les méthodes de fascistes utilisées par les bien-pensants et bien-pensantes socialistes et féministes, il n'est pas possible pour un homme de s'opposer à ce projet de loi sans passer pour un énorme phalocrate et un esclavagiste.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-l-etat-n-a-pas-a-legiferer-sur-l-activite-sexuelle-des-individus_3516107_3224.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/12/ce-sont-les-acheteurs-de-sexe-qu-il-faut-penalise_3512622_3232.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-les-deputes-renforcent-les-droits-des-victimes_3516715_3224.html

 

C'est une guerre déclarée aux hommes comme l'écrit Elisabeth Badinter ... Je suis totalement d'accord avec sa position. Les socialistes relaient les haines que portent les féministes et les esprits bien-pensants aux hommes.

 

Tous les hommes évidemment ne recourent pas aux services de prostituées. Evidemment ! Toutes les prostituées ne sont pas non plus des femmes, évidemment aussi ! Même si une très forte majorité des clients de prostituées sont des hommes !

 

Je ne me réfugierais pas derrière l'argument que des femmes aussi paient des prostitués, ou que la prostitution est parfois un choix librement consenti ... Se prostituer est clairement un choix terrible et présente un coût humain terrible. Et pourtant, il est également terrible de penser que parfois le choix de se prostituer puisse apparaître comme l'une des plus faciles solutions pour une fille de gagner de l'argent relativement facilement. Qu'elle est cette société qui n'offre comme seul débouché à des jeunes gens que la prostitution ou l'assistanat !

 

Je ne réagirais que sur le principe de la haine de l'homme que représente ce projet de criminalisation du client des prostituées. Le recours à la prostitution pour un homme est parfois la seule façon de pouvoir avoir accès à une relation sexuelle ! J'aimerais que les relations amoureuses soient tellement plus simples de telle sorte que tant d'hommes ne soient pas exclus des jeux sexuels. Que doivent faire tous les hommes auxquels le sexe est refusé, ou qui ne peuvent s'évader d'un couple mortel ? Si les rôles entre les sexes étaient plus équilibrés, si les hommes pouvaient aussi facilement trouver des amants que les femmes, si le regard de la société sur le sexe n'était pas aussi puritaine, alors oui, on pourrait criminaliser le recours à la prostitution. Mais ce n'est pas le cas !

 

Je vois bien le prochain combat des féministes et des esprits socialistes bien-pensants contre les Hommes : la criminalisation de l'infidélité masculine ! Clouer au pilori les hommes infidèles, sources de maladies vénériennes pour ces si douces et tendres épouses !

 

Et je me demande : pourquoi cette haine à l'égard des hommes ? Et pourquoi les socialistes participent-ils à ce genre de croisade anti-masculine, à ces interférences dans nos vies ? Avec le projet de mariage pour tous pourtant, il était interdit aux hommes de se juger ou de se mêler de la vie des autres sexes. Il devenait normal de se marier entre personnes homosexuelles, femmes ou hommes, et ce genre de relations amoureuses et sexuelles sont désormais présentées comme normales. Et pourtant, cela ne gêne les mêmes parlementaires, les mêmes féministes, les mêmes moralistes de vouloir condamner un homme qui aurait recours à une prostituée ? D'un côté, les homosexuels et homosexuelles (tantouzes ou gouines) doivent avoir le droit de vivre comme ils l'entendent. De l'autre, nous, les hommes, ces mêmes personnes veulent nous dicter et criminaliser notre sexualité ?

 

N'y a-t-il pas là une différence de traitement inexplicable ?

 

Esprits bien-pensants, moralistes et féministes de tout crin, halte à la haine contre les hommes ! Halte à la dictature des consciences ! Laissez-nous vivre notre vie comme nous l'entendons ! Laissez-nous vivre notre sexualité comme nous le souhaitons, de la manière dont nous le souhaitons !

 

 

Réflexion trois (31 juillet 2012)
Le débat sur l'abolition de la prostitution (féminine)

 

Pour cette réflexion, je m'appuierais sur un certain nombre d'articles de blog ou journalistiques. Et les articles traitant de la prostitution en Thaïlande me sont parus particulièrement éclairants sur certains aspects de cette question, ce qui se comprend si on se référe à ce que dit Michel Houellebecq et son livre «Plateforme».

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/apologie-de-la-prostitution-une-attitude-politiquement-incorrecte_1736508_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/23/reconnaitre-la-prostitution-et-non-l-abolir_1736509_3232.html

http://sexe.blog.lemonde.fr/2012/07/28/prostituee-ou-travailleur-du-sexe/

http://www.thailande-infos.net/nuit-thailande/les-bars-a-filles-mode-demploi-pratique/7623/

 

Je ne comprends pas tout à fait l'argumentation de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem et de ceux que s'appellent 'féministes', qui appellent à l'abolition de la prostitution et à la pénalisation des clients. Mais évidemment, je ne suis qu'un homme et je ne peux pas forcément les comprendre puisque je n'ai pas subi ce qu'elles ont vécu.

 

Entre parenthèses, Najat Vallaud-Belkacem pourrait aussi souhaiter l'abolition de la connerie humaine, et cela ne toucherait pas pour une fois que des hommes, vu ce que Ségolène Royal a sorti aigrement sur son ancienne porte-parole, selon laquelle «Najat Vallaud-Belkacem, qui fut longtemps une de ses fidèles, devait sa réussite avant tout à ses origines». Abolir la connerie humaine ou combattre l'aigreur des mesquins ? «Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière». Aigreur d'une ancienne 'ex-future présidente présidente de la république' battue à plate couture et privée de toute possible ambition ministérielle ?

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/27/royal-sur-vallaud-belkacem-elle-s-appelerait-dupont-elle-ne-serait-peut-etre-pas-la_1739427_823448.html 

 

Que recouvre la position des féministes sur la prostitution ? Elle me semble vouloir en faire porter la faute et la responsabilité sur l'espèce masculine, et à lui en faire payer le prix. Si l'homme n'avait pas des pulsions malsaines, il n'y aurait pas de prostitution et la femme serait libre de son corps ! Au fond, cela me semble plus ou moins vrai ! De la même manière que si des femmes ne répondaient pas à ces pulsions sexuelles masculines, il n'y aurait pas non plus de prostitution, de relations adultérines ni même probablement de pulsions masculines. Il me semble donc vraisemblablement difficile de mettre la faute sur l'une ou sur l'autre de ces deux espèces humaines (l'homme et la femme) condamnées à vivre ensemble et à se supporter pour se perpétuer.

 

Je ne peux pas ainsi accepter la position des abolitionnistes du parti socialiste, même s'il n'y est pas simple voire même difficilement justifiable, d'exposer une position contraire sur ce sujet, pour la raison qu'il est difficile de se déclarer en tant qu'homme favorable à la prostitution, sans être soupçonné immédiatement d'être un consommateur putatif.

 

Et en même temps, je reconnais que recourir à la prostitution repose pour partie sur des bases de perversion (qui est une maladie) et sur une chosification, une réification, une réduction de la femme au statut de simple objet de plaisir. Mais cette dégradation de la femme et de la dénaturation des sentiments ne concernent pas que la prostitution. Elle concerne de très nombreuses relations sexuelles entre hommes et femmes, en dehors du mariage ou dans le mariage. Ce n'est pas pour un homme le fait de payer pour une relation sexuelle tarifée qui dénote une vision dégradante de la femme. L'homme marié qui obtient d'une partenaire de passage un acte sexuel, en absence d'amour, n'a-t-il pas le même manque de considération pour la femme en général ? L'étudiant qui couche avec une fille pour épater (ou non) ses copains n'est-il pas lui aussi dans le même travers. Et quelle différence cela fait-il s'il paye ou non pour cet acte sexuel ? Et en sens inverse, ne peut-on pas dire la même chose de nombreuses femmes qui peuvent aussi avoir des relations sexuelles sans amour véritable pour leur partenaire ? Mais au fond, une bonne partie des couples ne naissent-ils pas de ce genre de tentatives, d'essais de l'autre ?

 

Que veulent les féministes ? Défendre le droit des femmes à contrôler leur corps ? Attaquer et éliminer l'homme parce qu'il représente un danger pour les femmes ? Instaurer un contrôle des pensées pour interdire tout acte sexuel qui ne reposerait pas sur des sentiments véritables ? Se contenter d'interdire la prostitution puisque ces actes-là au minimum se font sans sentiment véritable ?

 

Je me contenterais de ce que je connais, donc de la part du côté masculin dans la sexualité. Je reconnais que l'usage de la prostitution repose sur un ravalement de la femme au statut d'objet de plaisir. L'homme cherche son seul plaisir (fugace) dans ce réceptacle (terme biblique). Et au fond, il n'y a pas de grande différence entre l'usage d'une prostituée et le recours à une amante d'un jour ou de quelques années. Et au fond avec sa propre femme ! La différence n'est qu'une question de possibilités et de graduations. Graduation des sentiments, graduation de l'attention à l'autre, au plaisir de l'autre, graduation dans l'entretien d'une relation dans le plus ou moins long terme, graduation entre le plaisir sexuel et l'amour véritable.

 

Au fond, dans mon esprit, pour les féministes, vouloir abolir la prostitution, c'est vouloir abolir le sexe, puisque la prostitution n'est qu'une graduation de la sexualité ... Ce que je comprends venant d'une féministe puisque le sexe en lui-même est un acte profondément inégalitaire, entre l'homme et la femme, un acte de pénétration, d'envahissement de la femme par l'homme, de la femelle par le mâle ... Les féministes ne seraient-il que des adeptes de l'abstinence, qui est bien un droit de libre usage (ou non-usage) de son corps, comme les plus purs des puritains anglo-saxons ?

 

Je reconnais que l'homme en tant que touriste sexuel (prédateur sexuel) tente simplement de profiter d'opportunités à bon marché lorsqu'il cherche son plaisir sexuel à l'étranger dans des pays à faible pouvoir d'achat, même s'il tente parfois de se réfugier derrière de pseudos excuses bidons comme de sauver des malheureuses de la misère par leur argent ... Il est ainsi excessivement amusant de savoir que certains d'entre eux se font dépouiller gentiment, victimes de leur propre crédulité sur leurs charmes ravageurs. Mais pour quelques centaines de 'victimes' idiotes, combien y a-t-il de profiteurs sans vergogne ?

 

Pour reciter Michel Houellebecq et son roman «Plateforme», «on retrouve l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman , où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne».

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/MICHEL/13831

 

Mais cette vision réaliste du vacancier minable standard (franchouillard) ne se limite pas au tourisme sexuel. Cela concerne plus généralement le tourisme tout entier, avec sexe ou sans sexe, masculin ou féminin. Ils recherchent dans les vacances un exutoire à leur vie morne, et ils ont besoin de se sentir importants, dans les hôtels ou en croisière pour pauvres, pour en avoir pour leur argent. Cela la misère des pays qu'ils visitent qui leur fait supporter leur vie morne et grise. Passer leurs vacances dans une région plus riche qu'eux, sans misère, au milieu de gens riches, sans considération pour la mesquinerie de leur existence, serait pour eux la catastrophe ultime.

 

Mais de là à vouloir abolir la prostitution ou condamner pénalement les hommes consommateurs (ou les femmes parfois !) de ces plaisirs tarifés, il y a un cap que je ne me vois pas franchir. Car aussi dépravés qu'ils soient, les hommes ne sont pas seuls responsables de cet état de fait !

 

Pourquoi des hommes sont-ils contraints de chercher auprès de prostituées françaises ou étrangères des plaisirs sexuels, une excitation sexuelle, qu'ils ne peuvent pas trouver auprès de leur femme, auprès d'amies, de connaissances ou simplement de rencontres de passage ou de hasard ? Il n'y a que deux explications. Soit les hommes sont naturellement des pervers et cela s'aggrave avec l'âge ! Probable !Soit il y a un problème de communication entre les hommes et les femmes, dans les couples et dans leurs inter-relations tout court, qui leur interdit toute possibilité de communication et de rencontre ; chacun se retrouvant coupés de l'autre sexe. Et à mon avis il y a un peu des deux explications dans les causes de recours des hommes (mais également des femmes d'un certain âge ... car comme l'écrit l'anthropologue Franck Michel dans le Monde diplomatique : «on peut désormais établir une sorte de cartographie du tourisme sexuel : les femmes vont à Goa, en Inde, en Jamaïque, en Gambie ; tandis que les hommes préfèrent les pays du Sud-Est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la République dominicaine, Cuba, le Panamá, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil») à la prostitution ! .

  

 

Réflexion deux (7 novembre 2011)
De l'exagération des 'violences' reprochées aux hommes

 

J'estime que les violences faites aux femmes sont inacceptables et qu'il y a quelque chose de malsain dans la capacité innée de violence de l'être humain de sexe masculin. Toutefois, je vais dire immédiatement le contraire de mes écrits précédents par réaction à la manifestation qui s'est tenue samedi 5 novembre à Paris pour réagir justement à ces violences, mais également à l'affaire Dominique Strauss-Kahn. Certains des propos entendus hier par le biais des journaux télévisés, notamment de la part de Clémentine Autain, du Front de Gauche, m'ont particulièrement énervé. Clémentine Autain ne s'attaque pas seulement aux violences réelles subies par les femmes mais généralisait dans ce que j'ai compris de ses propos à l'ensemble des remarques qui peuvent être faites aux femmes, comme des commentaires sur leur robe ou leur tenue.

 

Evidemment, Clémentine Autain ne représente pas de manière générale la manière de penser des femmes dans leur ensemble. Elle n'est pas leur représentante officielle. Pourtant, ce que j'ai entendu de ce qu'elle disait me paraît outrancier, notamment par l'impossibilité de tracer une limite nette, indiscutable, entre ce qui serait de la drague, voire un simple compliment, de ce qui serait une violence faite aux femmes. Au fond, ce qui distinguerait les deux, violence ou drague ou compliment, ne consisterait qu'en la façon dont cela serait reçu par la femme. De sa réaction dépendrait l'existence de poursuites judiciaires.

 

Je veux bien que l'affaire DSK fasse réagir les féministes de tout poil. Je veux bien qu'une féministe patentée, qu'une égalitariste communiste forcénée, comme un membre du Front de gauche, estime comme totalement déplacée le moindre compliment ou la moindre différence entre une femme et un homme. Je veux même comprendre que Tristane Banon soit remontée contre tout ce qui puisse représenter un homme ... Mais ce qu'elles attaquent me rappelle trop la situation juridique américaine qui transforme tout regard, toute parole échangée entre un homme et une femme, comme une potentielle agression sexuelle ou un potentiel harcellement sexuel. Et ce qui me surprend encore plus dans la situation américaine, c'est qu'il puisse encore y avoir des jeunes qui se rencontrent et des relations extra-conjuguales.

 

Alors oui, les violences dont sont victimes les femmes dans le monde entier, et en France également, sont totalement inacceptables et doivent être combattus violemment. Effectivement, l'homme a un problème de violence qu'il faudrait réussir à faire traiter ; violence que je ne comprends pas ; violence qui touche tout particulièrement les femmes, mais pas uniquement ... et qui pourrait concerner de très nombreux hommes, pourtant tout à fait présentables et normaux, placés dans certaines situations particulières (guerres, réactions en groupe ...) ... Mais en même temps, il me semble extrêmement dangereux de généraliser à toutes les interactions hommes-femmes les situations potentielles de violence (comme de simples compliments) ou de faire disparaître toute trace de la présomption d'innocence pour les hommes qui seraient accusés de viol ou d'agression sexuelle, voire même de modifier les délais de prescription pour les aligner sur les crimes.

 

Ce vingtième-et-unième siècle sera puritain ou bien sera islamiste ...

 

 

Réflexion une (3 août 2011)
Les violences faites aux femmes

 

Les meurtres et viols dont ont été victimes deux jeunes femmes françaises, Houria Moumni et Cassandre Bouvier, âgées de 24 et 29 ans, en Argentine en début de semaine, nous rappelle une horrible évidence : le fait que les femmes sont trop souvent les victimes de violence du fait des hommes. L'actualité est trop souvent occupée de faits divers qui en deviennent banaux par leur régularité, par leur répétition : jeunes femmes retrouvées mortes après avoir été violées lors d'un jogging parce qu'elles ont croisé un violeur récidiviste récemment libéré de prison et sans suivi psychiatrique ... jeunes femmes assassinées par un ex-petit ami ou un ex-mari jaloux qui ne supportait pas une séparation ou bien le fait qu'elle refasse sa vie ... femmes battues par leurs conjoints qui se vengent sur elles de la banalité de leur vie, des humiliations qu'ils subissent le reste de la journée, qui cherchent dans l'alcool ou la violence un antidote à leur médiocrité ...

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/02/touristes-francaises-tuees-en-argentine-un-nouveau-suspect-arrete_1555452_3222.html

 

Bizarrement, l'homme use facilement de la violence dans ses relations avec les femmes, comme si la violence était la seconde nature de l'homme ... Cette préoccupation dans mes réflexions n'est évidemment pas nouvelle ... Un certain nombre de mes précédents écrits tournent autour de la violence faites aux femmes  ... par exemple lorsque je réfléchissais au racisme ou à l'esclavage dont furent victimes autrefois les races noires ... ou à la guerre ...

 

Sans être extrêmiste dans le féminisme, on ne peut que se réjouir que des manifestations aient lieu un peu partout dans le monde pour revendiquer un autre regard vis-à-vis des femmes, pour que le machisme disparaisse, pour que les discriminations cessent, pour que les viols s'arrêtent, pour que les violences faites aux femmes ne soient plus qu'un mauvais souvenir, dans une société enfin égalitaire et humaine ...

 

Lister les violences dont les femmes sont les victimes a-t-il un sens ? Je m'y essayerai pourtant ...

 

 

Saucratès


03/08/2011
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L'affaire Arche de Zoé (2)


Réflexion seize (11 décembre 2012)
Le gachis de l'affaire Arche de Zoé

 

Ces jours-ci se tient la partie française du procès de l'affaire de l'Arche de Zoé, cinq ans après les faits. Deux des prévenus (Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch) se sont réfugiés en Afrique du Sud, laissant seuls leurs compagnons répondent de cette sordide et désastreuse affaire, qui ont conduit certains de leurs membres dans les geôles tchadiennes et devant la justice de ce pays, où ils furent condamnés à huit ans de travaux forcés par la cour criminelle de N’Djamena (il y a cinq ans le 26 décembre 2007).

 

Signe d'une absence d'indépendance de l'Etat tchadien, les condamnés seront extradés immédiatement après leur condamnation vers la France pour soi-disant y purger leur peine, puis ils furent grâciés par le président tchadien quelques mois plus tard, le 31 mars 2008. Je m'interroge toujours sur les pressions exercées à l'époque par l'Elysée et Nicolas Sarkozy sur le président tchadien, voire sur les dessous de cette opération.

 

Dans le cadre de ce procès apparaît clairement l'aveuglement des personnes de bonne volonté qui se lancèrent dans cette opération aux côtés d'Eric Breteau, persuadés d'oeuvrer dans la plus stricte légalité, pour le bien d'enfants en difficulté. Les témoignages présentés par Le Monde concernent Alain Peligat, logisticien, et Nathalie Cholin, infirmière urgentiste hospitalière, qui s'occupait du suivi psychologique des enfants et des membres de l'expédition.

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/10/arche-de-zoe-un-immense-gachis/

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/03/arche-de-zoe-la-detresse-dune-benevole/

 

Apparaît le côté mégalomane du leader de ce groupe, Eric Breteau, sa folie, son autisme et la dérive criminelle de son plan, qui le conduisit à prévoir d'enlever de jeunes enfants volés à leur famille pour les faire adopter en France, alors qu'initialement, il devait s'agir d'enfants orphelins du Darfour. L'histoire d'un homme ne connaissant pas grand chose à une telle aventure humanitaire et qui ne sut pas comment réagir à une faille de son plan si magique sur le papier, et qui se mua en voleur d'enfants, faisant un tord extrême à toutes les autres opérations humanitaires françaises dans le monde, créant une suspicion de vol d'enfants ...

 

Et le pire, c'est que pour un peu, il a failli réussir à voler des enfants tchadiens à leur famille, familles qui ne les aurait jamais revus s'il avait réussi à faire décoller son avion et sa centaine d'enfants.

 

Le malaise qui ressort de cette affaire, c'est que de telles opérations (de vols d'enfants de pays en développement) ont souvent eu lieu par le passé et qu'elles n'ont jamais été condamnées par la justice. L'une d'elles concerne l'affaire des enfants de la Creuse, de jeunes réunionnais qui dans les années 1950-1960, ont été de la même manière arrachés à leurs parents, à leur famille, pour être envoyés en France, dans la Creuse comme garçons de ferme, pour y être adoptés, alors qu'à leur famille il était expliqué qu'ils allaient suivre une formation. La Réunion à l'époque était pourtant un département français !

 

Alors l'indignation publique des autorités françaises dans l'affaire Arche de Zoé me fait bien rire !

 

Cette histoire fait également apparaître un ethnocentrisme marqué de ces soi-disant bénévoles humanitairement impliqués. Ainsi Alain Péligat et son épouse ont élevé sept enfants, dont trois enfants adoptés, et sont engagés dans l'accueil temporaire d'adolescents ou de femmes en difficulté. Un ethnocentrisme qui veut faire croire qu'un jeune enfant africain sera forcément plus heureux en France que de son pays d'origine, à pouvoir être élevé par une famille française que par les siens, à pouvoir bénéficier de la culture française que de se contenter de la culture africaine. Ces humanitaires semblent ne pas s'être véritablement libérés de l'impression que seule la civilisation européenne est intéressante/valorisante/valable.

 

Epilogue de cette affaire, trois ans de prison dont deux ans fermes ont été requis par la procureure contre Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch ; celle-ci ayant également demandé au tribunal de délivrer un mandat d'arrêt contre les deux prévenus qui vivent actuellement en Afrique du Sud et ne se sont pas présentés à l'audience. Des peines avec sursis ont aussi été requises contre les quatre autres prévenus : le docteur Philippe Van Winkelberg (18 mois), Christophe Lentien (12 mois), Alain Péligat (8 mois) et Marie-Agnès Peleran (8 mois). Ces derniers s'apparentent pourtant autant à des victimes abusées qu'à des coupables criminels ... De même que Nathalie Cholin, infirmière qui avait accompagné l'association au Tchad, qui était plus une victime entraînée qu'une coupable. 

http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/12/11/arche-de-zoe-un-an-ferme-et-mandat-darret-requis-contre-breteau-et-lelouch/

 

D'une certaine manière, on aurait pu se retrouver embarquer facilement dans cette affaire si on avait croisé la route d'Eric Breteau et que l'on avait cru à son histoire de sauvetage d'enfants, si on avait eu envie de sauver des enfants, si on avait été tenté par l'aventure et l'humanitaire ...

 

 

 

Réflexion quinze (13 avril 2012)
Actualités récentes des aventures judiciaires des membres de l'Arche de Zoé

 

Le 27 octobre 2007, il y a quatre ans et demi, débutait les péripéties pénales de l'affaire de l'Arche de Zoé, et notamment de ses six principaux membres, Eric Breteau (37 ans à l'époque), sa compagne Emilie Lelouch (31 ans), Alain Péligat (56 ans), Dominique Aubry (50 ans), Philippe Van Winkerberg (48 ans) et Nadia Merimi (la benjamine).

Deux mois plus tard, le 26 décembre 2007, ils étaient condamnés à huit années de travaux forcés par la cour criminelle de N’Djamena au Tchad, après cinq jours de procès, ainsi qu'à verser solidairement 4,12 milliards de francs CFA (6,5 millions d’euros) aux familles des enfants.

 

Le 28 décembre, ils sont rapatriés en France pour purger leur peine. Evidemment, à ce moment-là, on comprend à la fois que le procès tchadien était une comédie autorisée par le gouvernement français pour faire semblant de respecter l'indépendance de l'état tchadien, mais on devine aussi que les six condamnés français ne purgeront pas leur condamnation. Le 28 janvier 2008, le tribunal correctionnel de Créteuil transforme la peine de travaux forcés en une peine de prison ferme. Et le 31 mars 2008, le président tchadien signe un décret leur accordant une grâce présidentielle.

 

Les membres de l'Arche de Zoé n'en ont cependant pas terminé avec la justice française. Ils demeurent poursuivis par la justice française pour escroquerie, aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers et exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption. Ils ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris par les juges d'instruction Yann Daurelle et Martine Vezant en charge du dossier (Dominique Aubry et Nadia Merimi ont bénéficié pour leur part d'un non-lieu). Le 21 septembre 2011, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris a fixer les charges retenues contre eux. Outre Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch, sont également poursuivis le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat, ainsi que la journaliste Agnès Pelleran et un membre de l'association resté en France, Christophe Letien. Eric Breteau et Emilie Lelouch risquent dix ans de prison et 750.000 euros d'amende.

http://basse-normandie.france3.fr/info/non-lieu-pour-le-pompier-bas-normand-65537647.html

http://provence-alpes.france3.fr/info/suite-de-l-affaire-arche-de-zoe--70511346.html

 

Alain Peligat avait également fait appel de sa condamnation par l'état tchadien (il était le seul membre de l'association à conduire cette démarche). Sa condamnation a pourtant était confirmée d'abord par la cour d'appel de Paris le 19 janvier 2011, jugement au cours duquel il avait appelé les magistrats à laver son honneur («... que vous puissiez penser que nous avons été jugés correctement, ça, je ne comprends pas ... je ne vais pas accepter d'être condamné alors que je n'ai rien fait, je suis parti faire de l'humanitaire et non enlever des enfants»), puis rendu définitive par la Cour de cassation, qui a rejetté son pourvoi le 28 septembre 2011.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110928.OBS1266/arche-de-zoe-alain-peligat-definitivement-condamne.html

 

En sens inverse, la procédure engagée par l'état tchadien pour le compte des familles des victimes pour obtenir le paiement de l'indemnité de 6,5 millions d'euros, à laquelle les six membres de l'association avait été condamnée, a été rejetée par la justice française. Le tribunal de grande instance de Digne-les-Bains a en effet débouté le 27 octobre 2011 l’association tchadienne qui réclamait 6,3 millions d’euros de dommages-intérêts au médecin de Castellane en exécution du procès de N’Djamena. «L’ordonnance du référé a débouté les plaignants sur deux plans : d’une part, sur l’irrégularité de l’arrêt tchadien (qui ne mentionne pas les noms des victimes) et, d’autre part, sur la procédure d’exequatur, c’est-à-dire l’exécution du jugement en France».
http://www.journaldutchad.com/article.php?aid=1969

http://www.lequotidiendumedecin.fr/information/le-dr-van-winkelberg-gagne-un-round

 

Cependant, derrière toutes ses péripéties judiciaires, il ne faut pas perdre de vue le sort des enfants tchadiens (ou du Darfour) totalement oubliés en France. A entendre les principaux membres de l'association Arche de Zoé, ces enfants étaient réellement des orphelins du Darfour, sans père ni mère, et ceux-ci ont depuis disparu, alors qu'ils leur promettaient une vie de rêve et de bonheur en France auprès de familles d'accueil.

 

La réalité semble être toute autre. Ibrahim Oubali Mahomet, paysan de l’ethnie masalit, est le père de trois enfants « volés » par l’Arche de Zoé : Hamza, Ami, Ahmat, aujourd’hui âgés de 10, 8 et 6 ans. «Des Tchadiens de la commune nous avaient dit que des Blancs avaient ouvert une école à Adré, pour apprendre l’arabe et le français», raconte-t-il. Marié à deux femmes, l’agriculteur a 14 enfants. Pourquoi aurait-il refusé d’envoyer trois de ses fils aux cours de l’Arche de Zoé ?

 

L’aîné (Hamza) a gardé des souvenirs de cette histoire. Il insiste sur sa grande frayeur lors de son départ vers Abéché, ainsi que sur les faux pansements dont l’avaient affublé les membres de l’Arche de Zoé dans le but de parfaire leur déguisement de réfugiés soudanais. «J’ai compris qu’on nous trompait à ce moment-là. J’ai eu peur et j’ai essayé d’avertir les autres. Puis je me suis mis à pleurer», raconte-t-il.

 

Hamza et ses frères sont désormais scolarisés à l’école d’Adré. Ibrahim Oubali Mahomet a tout de même obtenu un premier dédommagement. À chaque famille de la partie civile, l’État tchadien a versé 3,7 millions de francs CFA (environ 5 600 €) en 2008. Autant dire une petite fortune : le revenu mensuel moyen d’un fonctionnaire tchadien n’atteint pas les 100 000 francs CFA (151 €). Cet argent a permis à Ibrahim Oubali Mahomet de quitter son village à la frontière, d’acheter un terrain à Adré, de construire un abri en terre séchée et d’y installer ses proches. «Le reste de la somme a été dépensé à la scolarisation des enfants», assure-t-il.

 

Autre parent d'enfants victime, Zenaba Oubali, veuve de 35 ans, avait confié ses deux plus jeunes garçons à l’association : Youssouf, 8 ans et Mahamat, 9 ans. L'argent versé par l'état tchadien lui a permis d'ériger une clôture autour de sa maison, d'installer des latrines, de bâtir de nouvelles chambres pour ses huit enfants. La paysanne a aussi investi dans une charrette, une presse à huile, des poules, qui lui ont permis de diversifier ses faibles revenus tirés de l’agriculture pluviale.

 

Youssouf garde aussi ses distances. Chez lui aussi, visiblement, l’affaire a laissé de mauvais souvenirs. «Je vois des Blancs qui nous enseignent et qui nous mentent en même temps», lâche-t-il. Sa mère dit se réveiller en sursaut la nuit, cherchant à tâtons ses deux garçons qu’elle a cru ne plus jamais revoir. Zenaba Oubali a longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité, voire de honte. Comment a-t-elle pu faire confiance à des étrangers ? Aujourd’hui, demeure l’amertume d’avoir été dupé par de belles paroles. «Des chefs locaux m’avaient assuré du sérieux de l’ONG», se souvient l’agricultrice qui venait de perdre son mari. «Autour de moi, beaucoup de gens voulaient inscrire leurs enfants dans cette école où ils devaient être nourris et soignés. Mes deux aînés n’ont jamais appris à lire. J’ai voulu que les deux derniers réussissent.»

http://osi.bouake.free.fr/?Les-enfants-oublies-de-l-Arche-de

 

Enfin, lire également une analyse intéressante qui remet en perspective cette affaire dans le champ de l'interventionnisme humanitaire et du déracinement. En n'oubliant pas que ce sont d'abord les ONG et les plus largement les blancs qui pâtissent de cette affaire Arche de Zoé au Tchad et en Afrique, et qui ont conduit les ONG a quitté la région frontalière entre Abéché et Adré (marquée par l'assassinat en mai 2008 de Pascal Malingre, chef de mission de l'ONG 'Save the children', alors qu’il accompagnait un convoi humanitaire vers Adré. Le Français devait mener à bien des programmes socio-éducatifs et nutritionnels dans les localités des enfants de l’Arche de Zoé)

http://humanitaire.revues.org/index198.html



Saucratès


Note précédente :
http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2110930-l_affaire_arche_de_zoe__1_.html


13/04/2012
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Billet d'humeur

 

Réflexion deux (4 octobre 2012)
Le discours policé de France Télévision, présentant servilement la politique fiscale et scolaire du gouvernement

 

J'ai regardé hier soir le journal télévisé de France 2 et les intervenants y véhiculaient servilement le discours politique du gouvernement, et cela m'a formidablement énervé. Cela concernait déjà la manière de présenter les transferts de charges patronales vers la CSG toujours envisagés par le gouvernement 'socialiste' de la France. Je mets des guillemets à la couleur politique de ce gouvernement parce qu'il applique en faisant cela une politique de pur gouvernement de droite, et cela m'insupporte. Le présentateur de ce journal télévisé et le spécialiste de l'économie qu'il a interrogé avaient un discours totalement orienté et faux sur cette question. Premièrement, à la question de savoir si le gouvernement n'avait pas un discours excessivement favorable aux entreprises (pour rétablir la compétitivité des entreprises), le soi-disant spécialiste répliqua que ce gouvernement leur demandait aussi beaucoup fiscalement en 2013 dans le projet de loi de finances. Ce n'est pas faux mais orienté !

 

Deuxièmement, quant à savoir qui allaient perdre dans cette opération, le soi-disant spécialiste expliqua doctement que ce ne serait pas les salariés. Mais cette affirmation est fausse ! Le transfert des charges patronales pour financer les allocations familiales sur la CSG conduira à une baisse des charges sociales et des salaires pour les employeurs, et à une baisse des salaires des travailleurs/salariés. Et si par malheur, une partie de cette nouvelle CSG n'est pas une nouvelle fois déductible, nous continuerons encore plus que par le passé à payer des impôts sur une part grandissante de revenus que nous ne toucherons pas !

 

Une telle mauvaise foi, ou une telle incompétence (criminelle), m'insupporte atrocement. J'ose espérer que des syndicats et des partis politiques manifesteront leur opposition à ce genre de mesures inacceptables. Je serais avec eux pour exprimer ma rage et demander la démission d'un président socialiste qui se gausse du peuple qui l'a élu, pour répondre aux désideratas de quelques patrons qui feraient mieux de baisser leurs rémunérations mirobolantes pour baisser le coût du travail en France. Je ne voterais plus jamais socialiste après cela. Quitte à avoir une politique de droite, autant voter pour un homme politique de droite !

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/10/01/mobilisation-contre-l-austerite-hollande-deborde-par-la-gauche_1768036_823448.html

 

Il en allait de même dans ce journal d'un reportage sur les rythmes scolaires à l'école. Le journal nous présenta une journée de classe d'élèves de primaire, avec une conclusion terminale de l'enseignante expliquant qu'il faudrait plus d'heures de cours pour les enfants pour qu'elle est plus de temps pour leur apprendre ! La télévision publique qui oublie son rôle d'enseignement, de service public, pour se transformer en usine de manipulation des consciences ! Aucune réflexion sur le sujet, mais une défense aveugle et servile du discours officiel du gouvernement pour préparer les esprits à l'inéluctable nécessité d'augmenter les jours d'école pour que nos pauvres chérubins soient moins fatigués !

 

De même, le journal rendait compte du souhait du ministre Peillon de généraliser dès la sixième les stages en entreprises, en présentant doctement les fortes et viriles paroles du ministre et l'exemple si intéressant d'une élève ayant découvert sa vocation d'avocate ! Mais pour un exemple de stage intéressant, combien y a-t-il de stages bidons et sans intérêt pour de pauvres enfants dont les parents n'ont pas les réseaux nécessaires pour leur ouvrir ce genre de portes ? Combien d'entreprises et d'administrations jouent le jeu de s'ouvrir à ce genre de stagiaires, dont l'intérêt professionel pour l'entreprise est pratiquement nul ? Cette servilité et cette soif de bien véhiculer la parole gouvernementale m'exaspère ! Dans la même veine, le journal donna juste ce qu'il faut la parole à un interviewé pour que celui-ci explique que les parents doivent cesser de stigmatiser le lycée professionnel. Il s'agit encore une fois de véhiculer un autre leit-motif du ministre Peillon pour valoriser les lycées professionnels, afin de nous préparer à devoir y envoyer nos enfants ?

 

Avons-nous élu des socialistes au gouvernement ? Hollande est-il réellement socialiste ?

 

 

Réflexion une (9 septembre 2011)
Ce qui m'énerve


cheers Ce qui m'énerve, c'est la connerie humaine, la méchanceté gratuite, les haines recuites ... Ainsi l'affaire Dominique Strauss-Kahn vs Nafissatou Diallo et les chroniques ou points de vue au vitriol de telles ou telles féministes patentées, qui ont déjà condamné définitivement en leur for intérieur Dominique Strauss-Kahn, pour lesquelles il n'est qu'un carnassier, un prédateur se nourrissant de pauvres femmes éplorées, malheureuses, et dans le besoin.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/06/l-indecent-retour-mediatique-de-dsk_1568176_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/la-pretendue-seduction-a-la-francaise-n-est-que-de-la-violence-sexuelle_1562644_3232.html

http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/08/23/des-feministes-americaines-condamnent-l-abandon-des-poursuites-contre-dsk_1562714_1522571.html

 

La pire de toutes ses feuilles était vraisemblablement celle de Gisèle Halimi. Le crime de Dominique Strauss-Kahn semble apparemment d'être avant tout un homme. Criminel avant même d'avoir été jugé ; criminel avant même qu'il ait été fourni la preuve que les faits s'étaient bien déroulés comme déclarés par la victime ... Criminel à vie justement parce que le procès pénal américain n'aura jamais lieu du fait de l'abandon des poursuites ... Criminel à vie parce qu'une femme de chambre l'aura accusé de l'avoir violé avec des accents de sincérité, parce qu'elle est noire et pauvre alors qu'il est blanc, riche et puissant ... S'il avait été noir et puissant et elle blanche et pauvre, si l'affaire avait concerné le président américain et une femme de chambre française dans un hôtel parisien, ces bonnes âmes se seraient-elles déchaînées de la même manière ?

 

L'abandon des poursuites me semble un argument suffisant pour estimer que les faits reprochés à Dominique Strauss-Kahn ne sont pas prouvés, pas démontrés, et que jusqu'à preuve du contraire, il est innocent dans cette affaire, qu'il n'existe pas de faits délictueux qui peuvent lui être reprochés ... Mais ce n'est pas suffisant pour Gisèle Halimi et les autres féministes de sa clique : il demeure coupable a priori parce qu'il existe encore un procès au civil aux Etats-Unis intenté par Nafissatou Diallo, preuve que depuis le début de cette affaire, comme le démontre les conversations téléphoniques en peul (pour ne pas être comprise sachant qu'elle était sur écoute ?) qu'elle a pu avoir avec un détenu, seules les compensations financières l'intéressent ...

 

Terrible de penser que des femmes est une haine telle des hommes, de l'autre moitié de l'humanité, qu'elles aient besoin de nous faire partager leurs a priori minables et leurs petites haines recuites et glaciales.

 

king Ce qui m'énerve également, ce sont les idées toutes faites, formatées, que les journaux télévisés nous assènent à longueur de temps et d'actualités. Par exemple hier soir, dans le journal télévisé de France 2, le présentateur intervient sur le plan de relance américain de Barak Obama. Les Etats-Unis sont présentés comme une nation surendettée ... Comment peuvent-ils encore relancer leur économie, demande-t-il. Il s'agit d'un jugement d'un présentateur, en aucun cas un fait. Il n'existe ainsi pas le moindre de critère de surendettement pour un état ... Un certain nombre d'économistes ou de pseudo-économistes (il y en avait justement à ses côtés sur le plateau du journal télévisé hier soir) expliquent certes doctement que les Etats-Unis sont surendettés, mais il n'en existe aucune définition. Il y a quelques décennies, l'endettement du moins endetté des états de notre planète aurait été considéré comme en état de surendettement par des économistes de son temps ...

 

Ce qui m'énerve, c'est que l'on nous présente des opinions personnelles de personnes lambda comme des faits avérés et démontrés, comme des certitudes inébranlables, et c'est particulièrement désagréable de penser que pour des millions de télespectateurs moins bien informés (sur ce sujet), ces opinions bancales et parcellaires sont reçues comme des paroles d'évangile.

 

farao Ce qui m'énerve encore, toujours dans ce même journal télévisé, ce sont ces prétendus pseudo-économistes dont le seul mérite est de paraître doctes, et dont le grand jeu aujourd'hui est de parier sur la désagrégation de la finance mondiale, avec cet espoir d'être présenté comme le grand économiste de leur temps qui aura prévu la grande crise, la méga-crise financière qui emportera l'économie mondiale. Fatigant d'entendre leurs excès de pessimisme, leurs accents de peur, leurs trémolos pour affoler la gallerie, alors qu'ils savent parfaitement que c'est justement l'accumulation de nouvelles pessimistes qui créent et entretiennent les crises économiques et financières, et l'écho médiatique que ces nouvelles reçoivent ... Ces apprentis magico-économistes jouent les apprentis-sorciers, mais ce ne seront pas eux qui en paieront l'addition, mais la masse de ceux qui les écoutent. Eux seront toujours rémunérés pour passer à la télévision, ou pour des livres, pour rappeler combien ils avaient bien prévu ce dont ils sont à l'origine ...

 

alien Ce qui m'énerve enfin, ce sont ces connards de motards et leur mauvaise foi innommable (désolé pour les quelques motards qui me liraient) ... Leur opposition prétendue au gilet jaune pour masquer le fait que la seule chose qui les agace, les énerve dans ces nouvelles mesures, ce sont les modifications apportées à leur plaque d'immatriculation qui les rendront plus facilement repérables et contrôlables, et qui les empêcheront de maquiller leurs motos (plaque minéralogique trafiquée qui se relève à grande vitesse pour les empêcher d'être flashés) ... Ce qui m'énerve, c'est également leur comportement sur la route, aux intersections et aux feus tricolores, dépasser partout pour être toujours devant tout le monde, leurs idées que les règles du code de la route ne s'appliquent pas eux, qu'ils sont les rois de la route, et que les automobilistes doivent se pousser, se ranger sur le bord pour les laisser passer ... D'une certaine façon, c'est leur manque total de respect des autres, d'éducation, de morale, qui m'insupporte ... Ce rejet de ce principe fondamental de la vie en société qui veut que l'on ne fasse pas aux autres ce que l'on aimerait qu'ils nous fassent ... Principe que les motards n'appliquent aucunement et en aucune façon ...

 

Et pour finir, un petit morceau de musique ...


«Avé Maria» de Nana Mouskari ... 

 

 

Saucratès


09/09/2011
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