Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Morale


La rage au ventre

Parler de l’actualité politique de notre beau pays, c’est s’exposer à faire éclater sa rage, son écœurement, son incompréhension devant les diverses décisions de nos bons dirigeants. D’une certaine façon, l’action du gouvernement semble avoir pour objectif de se mettre à dos l’ensemble des citoyens français, tout en nous faisant croire que ce gouvernement bénéficie du soutien des français, grâce à un traitement déformé et complaisant par les médias, télévisuels notamment.

 

Ce gouvernement n’a plus rien de ‘socialiste’ au sens propre du terme, c’est-à-dire la « recherche d’une organisation sociale et économique plus juste ». Ou bien, je ne suis plus socialiste. Ce gouvernement promet toujours plus de libéralisme au pire patronat de notre temps, et en même temps il s’attaque toujours plus aux classes moyennes, afin qu’elles bénéficient le moins possible des dispositifs étatiques (allocations, services publics ...). Nous avons un gouvernement socialiste qui hait les classes moyennes, déteste les riches et méprise les pauvres (voir à ce sujet l'interview de la député socialiste réunionnaise Monique Orphé sur le quartier populaire du Chaudron), les sans-dents comme notre président aime à les appeler. Et les médias muselés sont même incapables de faire un point véritable sur l’absence de politique de ce gouvernement, se faisant simplement l’écho de la parole politique autorisée (promesses en tout sens) sans s’intéresser à la réalité de l’action gouvernementale.

http://www.clicanoo.re/487909-monique-orphe-une-elue-de-gauche-qui-s-exprime-comme-les-pires-ultras.html

 

Hausse des impôts depuis l’élection de François Hollande, diminution par 2 ou 4  des allocations familiales sous prétexte que les classes moyennes sont des riches nantis (mais je suppose que cette mise sous condition de ressources des allocations familiales ne s’applique pas aux rémunérations des parlementaires encartés au PS), volonté d’imposer à la source les salariés et de fusionner la CSG et l’impôt sur les revenus afin de pouvoir plus facilement continuer à plumer les classes moyennes, jusqu’à leur disparition et que dans un souci d’égalitarisme maladif, les classes moyennes rejoignent non pas les prolétaires de notre société (qui constituent en fait les classes moyennes d’aujourd’hui), mais le peuple des voleurs et des assistés. Pas une tête qui dépasse, semble être le leit-motif de ceux qui nous dirigent aujourd’hui, afin que les classes dirigeantes, politiques ou économiques, soient véritablement au-dessus de la foule. Une foule d’anonymes, avec une partie de serfs et d’esclaves, trimant pour tenter de survivre sans aucune aide de l’état, juste apte à payer des impôts pour faire fonctionner l’état, et une autre partie d’assistés, étrangers ou voleurs ou caids. Et un état ne servant que les intérêts de la minorité des très riches, ou faisant la machine à exclusion, payant les assistés pour que soit maintenue la paix des très riches et des politiques.

 

Alors oui, la ministre des affaires sociale, de la santé et des droits de la femme, Marisol Touraine, nous a adressé une belle lettre pour vanter sa magnifique réforme, pour nous expliquer qu’elle nous retirait les dernières miettes d’allocations auxquelles nous avions tristement droit pour plus de justice, parce que c’est clair que des gens qui ne travaillent pas, qui ne veulent pas travailler, sont bien plus importants que des sales représentants des classes moyennes, qui ont l’outrecuidance de gagner un peu trop d’argent.

 

Alors oui, quelques politiques veulent aussi imposer le prélèvement à la source des impôts sur le revenu et la fusion de la CSG et de l’impôt, et ils arguent d’un soutien des économistes de tout côté, de droite ou de gauche. Il s’agit d’un discours bien commode, puisqu’il est bien facile d’ignorer la position de ceux qui ne sont pas d’accord. Les français qui travaillent vont forcément se faire bien ‘entuber’ dans cette histoire (ceux qui ne travaillent pas ne payent de toute façon ni impôts ni CSG, ne cotisent à rien mais bénéficient de toutes les aides possibles, toutes celles que nous ne toucheront jamais). Cette belle réforme permettra au gouvernement socialiste de ponctionner encore plus les salariés et les classes moyennes, et je suis même sûr qu’un prochain gouvernement aura ensuite toute latitude pour rétablir un nouvel impôt sur le revenu, une nouvelle taxe sur les classes moyennes, dans quelques années, parce qu’il faudra bien trouver des ressources pour financer les allocations des assistés et des voleurs de notre société.

 

Dans le domaine politique, il y a aussi la réforme du collège qui me fait réagir, cette réforme du collège de cette autre pseudo-ministre issue de la diversité culturelle, dont l’objectif est d’égaliser encore plus par le bas le fonctionnement des institutions de l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Interdiction des classes bi-langues en sixième, interdiction de l’enseignement du latin, qui est pourtant au fondement de la langue française. Quel est le prochain pas vers la disparition de la spécificité française et la disparition du sentiment d’appartenance à notre Nation ? Le remplacement de l’enseignement du français par l’anglais ou bien par l’arabe ? L’enseignement du grec ancien et du latin me semble être des marqueurs de culture important et il est invraisemblable qu’un ministère d’incompétents veuille interdire son enseignement en France. Alors oui, le latin est aussi un vecteur de sélection sociale, mais son enseignement est ouvert à tous ; il faut juste que les enfants le sachent et acceptent de subir un enseignement supplémentaire (je le sais pour avoir dû batailler avec mon fils pour qu’il accepte de suivre cet enseignement, dont il a compris l’intérêt plus tardivement, arrivé au Bac et dans les études supérieures). Mais le latin, c’est avant tout une ouverture sur une autre pensée, antique, sur les racines de notre langue, sur la culture. Et c’est peut-être justement cela qui gêne les socialistes : la possibilité laissée de renforcer la culture et les racines françaises, la possibilité laissée aux enfants de s’élever intellectuellement. Eux ne visent qu’à faire disparaître les français dans une foule anonyme, de pauvres et de sans dents, à la merci des intégrismes. Les réformes socialistes en matière d’enseignement scolaire sont catastrophiques ; au final, la présidence de François Hollande aura été cinq années de perdues pour la démocratie française, pour le monde de l’enseignement ; et on n’a pas encore tout vu !

 

Saucratès


28/08/2015
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Le problème musulman

Réflexion 5

Mercredi 14 janvier 2015, La Montagne

Tout recommence donc encore ...

 

Les institutions religieuses des pays arabes remettent donc une nouvelle fois en cause les dessinateurs du journal satirique Charlie Hebdo parce qu'ils voient dans le dessin de la Une de Charlie Hebdo une représentation de leur prophète Mahomet. L'attentat dont a été victime Charlie Hebdo, né des réactions virulentes des autorités religieuses musulmanes, canalisées par les foules musulmanes, ne leur a pas suffi ? Ils veulent encore plus de morts ?

 

Evidemment, c'est vrai que c'est le prophète Mahomet qui se trouve dessiné à la Une de Charlie Hebdo (même si personnellement je ne l'avais personnellement pas lu de cette manière ... et que le dessin pourrait représenter n'importe quel musulman dans le monde). Très personnellement, ce qui m'avait le plus marqué et pratiquement choqué dans cette Une de Charlie Hebdo, c'était le titre de ce dessin : «Tout est pardonné». Comme pardonner à ces millions d'extrêmistes leurs appels au meurtre et à la haine, qui ont conduit quelques lâches terroristes désaxés à attaquer le journal la semaine dernière. Moi, c'est cela qui m'avait choqué !

 

Donc nos amis musulmans vont repartir de plus belle dans leurs menaces de mort, dans leurs manifestations xénophobes contestant la publication médiatique de cette Une. Ce qui conduit déjà certains journaux à faire bien attention de ne pas publier cette Une sacrilège. Ainsi, alors que les journaux Libération ou Le Parisien ne craignent pas de publier une image de la Une de Charlie Hebdo, le journal Le Monde, un peu moins courageux, se garde bien de reproduire le moindre dessin de cette Une dangereuse ; il ne faudrait que Le Monde puisse courir le risque d'être boycoté par son électorat musulman ou fasse l'objet de menaces de mort !

http://www.liberation.fr/societe/2015/01/12/mahomet-en-une-du-charlie-hebdo-de-mercredi_1179193

http://www.leparisien.fr/faits-divers/charlie-hebdo-le-prochain-numero-tire-a-3-millions-d-exemplaires-12-01-2015-4440443.php

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/14/des-institutions-islamiques-denoncent-la-une-de-charlie-hebdo_4555601_3224.html

 

Comme on pouvait le craindre (comme l'indiquait le dessinateur danois Kurt Westergaard), il y a désormais un risque que les journaux s'autocensurent d'eux-mêmes pour ne pas heurter l'opinion et la sensibilité du lectorat musulman. Il sera donc possible, même en Occident, de traiter et de se moquer de tous les sujets, sauf ceux concernant la religion musulmane (mais aussi la religion juive ou la politique d'Israël).

 

Tout recommence également sur un autre terrain, celui des réactions gouvernementales aux sorties de l'humoriste (pas forcément rigolo) Dieudonné, comme si la défense de la liberté d'expression, si chère au gouvernement lorsqu'elle concerne Charlie Hebdo, n'avait plus cours pour Dieudonné. Ce qu'explique le premier ministre Manuel Valls :

 

« Quelle honte que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la Nation porte de Vincennes se recueillait », après l’attaque contre la supérette casher, a déclaré Manuel Valls. « Il faut que la justice soit implacable à l’égard de ces prédicateurs de la haine », a-t-il plaidé. Manuel Valls a refusé les parallèles qui ont été fait ici ou là, sous prétexte de liberté d’expression, entre les spectacles polémiques de Dieudonné et les caricatures de Charlie Hebdo. « Il y a une différence fondamentale entre la liberté d’impertinence – le blasphème n’est pas dans notre droit, il ne sera jamais – et l’antisémitisme, le racisme, l’apologie du terrorisme, le négationnisme qui sont des délits, des crimes que la justice devra sans doute punir avec encore plus de sévérité », a-t-il affirmé.

http://quenelplus.com/a-la-une/exclu-dieudonne-repond-a-manuel-valls.html

 

Personnellement encore une fois, je ne vois pas de différences entre des dessins caricaturant des hommes, des divinités ou des symboles, religieux ou gouvernementaux, et des spectacles humoristiques (ou non) attaquant des hommes, des divinités , des croyances ou des symboles, religieux ou gouvernementaux. On peut tout autant, dans mon esprit, si ce n'est selon la constitution française de la Cinquième République, s'attaquer à la Shoah ou aux juifs, qu'au prophète Mahomet, au Dieu chrétien ou aux musulmans ! Tout n'est ensuite seulement que question d'interprétation de nos Lois et de notre constitution.

 

Après tout, en 2006 et 2007, un précédent gouvernement avait fait pression sur la justice pour qu'elle accepte les plaintes des institutions religieuses musulmanes et qu'elle fasse interdire le journal Charlie Hebdo. Ce gouvernement actuel (ou ce premier ministre) défend simplement plus la religion juive (en combattant Dieudonné) et moins la religion musulmane (en ne critiquant pas Charlie Hebdo) ; question vraisemblablement d'air du temps !

 

Pour ma part, je défends l'idée que toutes les agressions contre la liberté d'expression sont inacceptables, qu'elles concernent le journal Charlie Hebdo ou l'humoriste Dieudonné. Merde, depuis quand faire un jeu de mot idiot comme «Je suis Charlie Coulibaly» peut-il être assimilé à faire l'apologie du terrorisme ! Le mot Coulibaly vient-il d'être rayé de la liste des mots prononçables, autorisés ? Nous sommes en plein dans du délit de faciès ou de sale gueule ; le fait qui est poursuivi n'est pas l'expression elle-même, mais la personne qui l'a prononcé. Non, pour ma part, je ne partage pas l'opinion de ceux qui pensent que ce jeu de mot idiot soit la goutte de trop.

http://www.lexpress.fr/actualite/la-derniere-trahison-de-dieudonne_1640016.html#

 

«Je suis Charlie Coulibaly» : c'est con certes, de mauvais goût certainement. En même temps, j'ai cru comprendre qu'il revenait lui-même de ce rassemblement citoyen (ou bien gouvernemental) et après tout, il pouvait tout à fait penser qu'il aurait pu devenir comme Coulibaly, si son histoire avait été différente ... Pour ma part, je ne me sens pas si éloigné de la dérive des tueurs/terroristes de Charlie Hebdo ... A une époque de ma vie, n'aurais-je pas pu basculer dans cette violence (ou bien celle d'Action Directe ou de Mesrine) si j'avais fait les mauvaises rencontres, les mauvais choix ?

 

Donc ... Vive la liberté d'expression pour tous !

 

 

 

Réflexion 4

Dimanche 11 janvier 2015, La Montagne

L'affaire des caricatures de Mahomet : des incendiaires désolés ?


Des centaines de milliers d'anonymes ont défilé en France pour protester contre le lâche attentat ayant visé le journal Charlie Hebdo. Je n'y étais pas présent mais c'est quelque chose de grandiose, vraisemblablement pas encore fini au moment où j'écrivais ces lignes. Néanmoins, sans vouloir paraître chagrin, je reste extrêmement dubitatif devant la volonté des médias de mettre en avant le fait que des gens de toutes religions étaient présents. Cela me semble le comble de l'hypocrisie lorsque l'on se rappelle des réactions des mêmes leaders musulmans à l'époque de l'épisode des caricatures de Mahomet. La simple décence devrait conduire ces personnes à laisser les français chrétiens, juifs, athées et démocrates pleurer leurs morts !


Petit rappel, Charlie Hebdo a été poursuivi en 2006-2007 pour la publication des «caricatures de Mahomet» et le procès s'était tenu les 7 et 8 février 2007, au tribunal correctionnel de Paris. Les parties civiles à ce procès étaient, entre autres, l’Union des organisations islamiques de France, la grande mosquée de Paris ainsi que la Ligue islamique mondiale (organisation basée en Arabie saoudite). L'avocat de la Ligue islamique mondiale était Me Salah Djemai, qui dénonçait la «provocation de Philippe Val, un radical et un arrogant». Il indiquait également : «La Ligue islamique mondiale ne fait pas ça pour le fric. Le fric de M. Val est puant. »

http://m.leparisien.fr/societe/caricatures-de-mahomet-cha...


L'avocat de la grande mosquée de Paris était Me Francis Szpiner, selon lequel : «Charlie voudrait faire croire que c’est le procès de la liberté d’expression. Nous ne reprochons pas le principe de la publication des caricatures. Nous poursuivons Charlie pour les quelques caricatures que nous estimons constituer une injure raciste».


Est-il besoin de rappeler toutes les manifestations anti-occidentales de foules musulmanes organisées dans les années 2006-2007, et les appels au meurtre relayés par une grande partie des responsables musulmans de l´époque ? A Londres où les slogans suivants sont scandés par la foule : «Massacrons ceux qui insultent l'islam» ou «Décapitons ceux qui insultent l'islam» ... Mais aussi à Gaza, de la part de l'organisation terroriste palestinienne Hamas, dont le dirigeant Mahmoud Al-Zahar déclarait : «Nous aurions dû tuer tous ceux qui offensent le Prophète, et au lieu de cela nous sommes là, en train de protester pacifiquement». Jusqu'au MRAP, qui par la voix de son représentant Mouloud Aounit, veut porter plainte pour haine raciale (contre le journal France-Soir qui a également reproduit les caricatures).

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_controve...


Jusqu'au Gouvernement français (UMP) qui avait tenté de faire interdire le journal Charlie Hebdo en cherchant à influencer les juges en leur conseillant d'accepter les plaintes des associations musulmanes (dont le Conseil français du culte musulman-CFCM) et du MRAP. Ils seront déboutés. Yves Guéna, président de l'Institut du monde arabe de Paris, «désapprouve» les caricatures controversées de Mahomet, se disant «tout à fait d'accord» avec le président Jacques Chirac dans cette affaire.


Même les évêques chrétiens s'y mettront. La Conférence des évêques suisses dénonce les caricatures «blessantes». «Si la Déclaration des droits de l'Homme prévoit le droit à la liberté de pensée et d'expression, cela n'implique pas le droit d'offenser le sentiment religieux des croyants». De son côté, l'intellectuel musulman Tariq Ramadan juge stupide sur RMC-Info l'attitude de Charlie Hebdo, contribuant selon lui à développer «un bras de fer», dans un climat de peur».


Le 25 avril 2006, à Lyon, de 250 à 600 musulmans manifestent contre la publication des caricatures, à l'appel du Parti des musulmans de France, en criant «Allahou Akba». Le 13 mars 2006, au Pakistan, à Peshawar, le Mollah Qureshi «Il n'y a pas de limite dans le temps… Si quelqu'un tue le caricaturiste dans 50 ans, il aura droit au million de dollars».


On le sait moins également mais au Nigéria, à cette époque, les manifestations des musulmans dans le Nord du pays en réaction à la publication de caricatures de Mahomet dans des journaux occidentaux ont conduit à l'assassinat de 51 chrétiens et à la destruction de plus de 31 églises. Et ainsi de suite ...


De la sorte, il faut comprendre que l'apparente affliction des musulmans français (ou étrangers) puisse me paraître totalement illusoire et opportuniste. On ne peut pas appeler au meurtre sans que le sang de cet attentat ne rejaillisse sur ces mêmes personnes ! Il me semble ainsi que la place de ces personnes n'est pas dans les manifestations de soutien et de peine aux victimes de la barbarie islamiste. Un peu de décence s'il vous plaît !


 

Réflexion 3

Vendredi 9 janvier 2015, La Montagne

Le livre 'Soumission' de Houellebecq : une trop exacte anticipation ?


Michel Houellebecq fera-t-il partie de ces personnes qui eurent tord d'avoir raison trop tôt ? Pour commencer, j'indiquerais que je n'ai jamais lu aucun des livres de Michel Houellebecq ; les critiques et les rumeurs que j'ai toujours entendues sur l'auteur et sur ses livres ne m'ont jamais donné envie de les lire. A tord certainement. Mais il y a tant d'auteurs modernes que je n'ai jamais lu ... Les romanciers les plus récents que j'ai dû lire sont Patrick Modiano (j'aime énormément l'atmosphère de ses bouquins), Albert Cohen, Romain Gary et l'écrivain anglais David Lodge.


Le fait donc que je n'ai jamais lu un livre de Houellebecq n'est pas un signe particulier d'inintérêt ou de rejet de ma part, mais plutôt simplement un signe que je lis peu de romans récents, m'intéressant plutôt récemment, au choix, soit à l'économie, à la sociologie et à la morale, soit à la science fiction. Et à «La recherche du temps perdu» de Marcel Proust.


Pour en revenir donc à Houellebecq, je découvre aujourd'hui son livre et les critiques exarcerbées que l'auteur une nouvelle fois attire. Avant le lâche attentat contre Charlie Hebdo, elles ne m'avaient outre-mesure surprises ni intéressées puisque les livres de l'auteur sont coutumiers de ce fait ; on l'aime ou on le déteste. Mais ce lâche attentat met brutalement en exergue à la fois l'auteur et son livre, même s'il a choisi de mettre fin à la campagne de promotion de son livre (ce qui attiré mon regard et fait comprendre l'existence d'un lien entre l'attentat et le sujet de son livre).


Alors oui, cette fois-ci, je compte lire le livre de Houellebecq. Les critiques virulentes du Monde des Livres (selon Jean Birnbaum, directeur du Monde des livres, le livre suscite «la nausée et la révolte») ne suffiront pas cette fois-ci à me faire fuire, surtout que je pense être particulièrement en harmonie avec ce qu'écrit et pense l'auteur sur le sujet du fait religieux.

http://www.lemonde.fr/livres/video/2015/01/07/le-livre-de...


Dans les différentes interviews qu'il a fait paraître, j'ai retrouvé un certain nombre d'analyses que je partage avec lui. L'islam est bien une religion jeune par rapport à la religion chrétienne, et il est normal qu'elle entre en phase d'expansion comme le catholiscisme au cours du dernier millénaire. Entre le seizième et le dix-neuvième siècle, le catholiscisme a bien tenté d'évangéliser la totalité des terres émergées. Il est donc normal que l'islam suive la même tendance, une nouvelle fois, face à une chrétienté en recul doctrinal.

http://www.lefigaro.fr/livres/2015/01/06/03005-20150106AR...


Comme lui, je pense aussi que l'athéisme qui se généralisait en Occident, en France, depuis quelques décennies, est un phénomène triste, une voix sans issue, et surtout qui ne peut pas répondre aux besoins de spiritualité qui continuent d'habiter les jeunes et les vieux. Si la religion catholique recule dans notre société, il est alors normal que la place soit prise par une autre religion, si celle-ci est capable d'imposer et de proposer une reconnaissance et un choix de vie aux jeunes. Rien n'est plus triste que de n'avoir aucun but dans la vie, si ce n'est un travail, l'enrichissement et la mort sans espoir d'au-delà. Les jeunes comme les vieux ont besoin d'un espoir, d'un engagement, et de réponses à leurs questions.


Alors oui, comme lui, j'espère que l'athéisme et surtout la laïcité va mourir en France. Pour ma part, je pense surtout que la laïcité n'a plus de raison d'être. La France des années 2000 n'a absolument plus rien à voir avec la France des années 1900 qui a inventé le principe de laïcité. Au début des années 1900, dans la droite ligne de la Révolution française et de l'Ancien Régime, la religion catholique pesait d'un poids terrible dans la vie de tous les jours. Dans la suite des mouvements d'inquisition où le simple fait de ne pas se rendre à l'église pouvait vous faire condamner au bûcher, l'Eglise pesait encore d'un poids terrible dans la vie de millions de français et régimentait leur vie et leurs rapports sociaux. Et non, aujourd'hui en 2015, ce n'est plus le cas et ce recul du fait religieux en France pose un énorme problème.

http://www.lepoint.fr/livres/michel-houellebecq-la-laicit...


Ce recul pose problème parce que la France est bien une Terre historique de Chrétienté (même si nous avons auparavant été une Terre païenne, aux temps des druides celtes). Notre Histoire est marquée par l'empire romain, par les invasions barbares (ou des peuples germains), par le développement de la féodalité puis de la royauté, par les affrontements contre l'islam et les Sarrasins, à Soissons d'abord puis en Espagne, à Ronceveaux, puis enfin lors des croisades vers Jérusalem. Notre Histoire ensuite est marquée par le développement de la Raison, des Lumières puis de la Démocratie, toutes notions qui, si elles ne sont pas nées en Occident (ce sont les grands penseurs arabes qui nous ont fait redécouvrir les écrits des philosophes de l'Antiquité, qui avaient été oubliés/perdus/brûlés pendant les années d'obscurantisme du Moyen-Âge chrétien), y ont été développées puis mises en application.


Alors, oui, la France demeure la fille aînée de l'Eglise Catholique, une Terre de catholiscisme où selon moi, seuls sont légitimes de se dresser les clochers des églises. Il faut désormais revenir en arrière. La laïcité n'a plus aucun sens lorsqu'elle interdit les sonneries des cloches des églises, les crêches dans les lieux publics, tout simplement parce que des coreligionnaires d'autres religions (ou des idiots des villes) utilisent nos propres lois pour nous interdire de pratiquer notre religion, notre culture, ou nous oblige à manger de la nourriture halal. La tolérance est une belle chose, mais elle ne doit pas conduire à nier les racines chrétiennes de la France. La France est chrétienne même si on y trouve aussi des millions de musulmans, quelques dizaines ou centaines de milliers de juifs, de boudhistes et d'hindous, etc ... Et il est terrible qu'on puisse avoir l'impression que les personnes actuellement au pouvoir en France jouent aux fossoyeurs de notre Histoire. Nous devons être fiers de notre Histoire, de ses zones sombres comme de ses heures de gloire.


Le lâche attentat dont ont été victimes les journalistes de Charlie Hebdo et des policiers chargés de nous défendre vient nous rappeler que le conflit entre islam et chrétienté est toujours présent, de plus en plus proche de nous, et, tout aussi excessif que le livre de Houellebecq puisse paraître, il est important de souligner ce fait primordial : l'Occident est condamné à mourir et à s'éteindre si l'on ne réagit pas aujourd'hui.


Et oui, enfin, je crois en la possibilité de la création d'un parti politique musulman, comme en celui d'un parti chrétien (ce qu'est déjà en fait le Front National pour grande partie, qui n'est rien d'autre que la fusion entre des groupes fascisants et des groupes catholiques intégristes).

 

 

Réflexion 2

Jeudi 8 janvier 2015, La Montagne

On ne dira rien !


Il n’est donc pas possible d’écrire sur le lâche attentat dont ont été victimes les journalistes de Charlie Hebdo, sans tomber sous les balles de la censure des bien-pensants et autres potentats ? Ce journal craint-il tellement de finir comme Charlie Hebdo sous les fatwas des terroristes qu’il n’interdise toute pensée un peu critique dans ses pages internet ? 


On ne dira donc rien de cet attentat pour cause religieuse et des protestations véhémentes des mêmes autorités religieuses, même si tant de personnes aujourd’hui apparemment désolées, ont condamné autrefois ce même journal satirique pour les caricatures du prophète Mahomet que ce journal publia courageusement. On ne parlera de la lâcheté des terroristes qui s’attaquèrent armes au poing à de pauvres journalistes sans défense autre que leurs mots. Quel courage faut-il pour faire cela ! Tirer sur des hommes et des femmes désarmés, coupables du crime de la liberté d’expression. Je peux donc comprendre la prudence du Nouvel Observateur.


On ne parlera pas non plus des scènes de liesse que cet attentat a dû provoquer dans tant de mouvements terroristes, dans tant de pays arabes, dans tant de familles. Il n’est pas sûr que la journée de deuil national proclamée par le gouvernement français soit partagée par nombre d’entre nous, sauf en façade, pour la galerie. Les terroristes qui se cachent parmi nous, ceux qui appellent à la guerre sainte contre les infidèles, se feront plus discrets pendant quelques jours, quelques semaines, le temps que l’émotion retombe, avant de reprendre leurs diatribes contre l’Occident.


On ne parlera pas également du respect de la liberté d’expression. Après tout, existe-t-elle véritablement lorsqu'existe des systèmes de censure ? Après tout, il y a quelques mois de cela, la liberté d’expression n’était pas défendue aussi véhément par le gouvernement socialiste français. Les temps changent apparemment et cet attentat contre la liberté d’expression d’un journal satirique devient une attaque contre la France ! Aurait-il fallu que Dieudonné tombe sous les balles de terroristes islamistes pour que sa liberté d’expression lui soit enfin reconnue ?


On ne parlera de rien, pas même des crèches, symboles honnis de la Chrétienté, qu’il nous est désormais interdit d’installer dans les lieux publics, au nom d’une laïcité qui ne dit pas son nom. A quand une interdiction d’installer des crèches ou des arbres de Noël dans nos maisons ? A quand des condamnations pour avoir acheté un sapin de Noël ? Faudra-t-il bientôt se cacher pour professer la religion chrétienne, comme dans certains pays ou en Chine communiste ?


A-t-on d’ailleurs le droit de parler de Charlie Hebdo et de ses journalistes, tombés sous les balles de l’obscurantisme, de l’intolérance et de la haine de l’occident ? Néanmoins, les journalistes et salariés de Charlie Hebdo tombés sous les balles des terroristes ne voudraient certainement pas que leur mort soit récupérée par tous ceux, populistes, fascistes ou racistes, qui prêchent la haine de l’autre et l’intolérance ! Mais a-t-on aujourd’hui le choix ? Y a-t-il un autre échappatoire pour l’Occident chrétien ? Selon moi, il n'y en a pas, comme ce lâche attentat nous le rappelle cruellement.

 

On ne dira donc rien ...

 

 

Réflexion 1

Mercredi 7 janvier 2015, La Montagne

Le lâche attentat contre Charlie Hebdo et l'impossible coexistence entre islam et chrétienté


Le lâche attentat perpétré à Paris par des terroristes musulmans contre le journal Charlie Hebdo vient une nouvelle fois nous rappeler qu'il n'y a aucune possibilité de coexistence pacifique entre l'islam et la chrétienté. Evidemment, on peut être sûr que l'on va nous expliquer que ce lâche attentat est l'œuvre d'intégristes, de déséquilibrés qui n'ont rien à voir avec l'islam lui-même, qui est une religion de tolérance. Mais ce sera un mensonge éhonté ! Mis à part le fait que ces musulmans dits modérés n'auront pas appuyé sur la gâchette, il m'est difficile de ne pas les imaginer se réjouir de cet attentat, causé par leurs frères. Après tout, la majeure partie de ces musulmans, le recteur de la Mosquée de Paris en premier, n'avaient-ils pas condamné les caricatures de Mahomet que Charlie Hebdo avait publié il y a quelques années ?


On devrait résister à la haine que nous fait ressentir ce lâche attentat ? Pour ma part, je rapprocherais plutôt la fuite de la chrétienté devant l'islam, cette peur panique de la confrontation face à un ennemi intérieur qui nous hait, des événements ayant précédé la seconde guerre mondiale, comme les accords de Munich. A cette époque déjà, les pays démocratiques européens avaient fuit la confrontation avec les états fascistes, avant que la volonté expansionniste et guerrière de l'Allemagne hitlérienne.


Après les attentats du World Trade Center de septembre 2001, il y aura donc désormais le lâche attentat perpétré contre Charlie Hebdo de janvier 2015 ! Autre signe d'une impossible cohabitation entre nos deux religions, et de la coupable inaction de la République française contre les atteintes à l'encontre des racines chrétiennes historiques de notre pays, j'avais été profondément choqué il y a quelques semaines par l'interdiction des crèches chrétiennes décrétées par la Justice française, suite à des plaintes et des manifestations de musulmans contre cette magnifique et merveilleuse habitude !


Pour conclure en quelques mots rapides, la réponse apportée par le Président de la république, et par les quelques personnes qui ont choisi de se réunir place de la République, est totalement insuffisante. Ce n'est pas un message de tolérance qu'il faut adresser à ces monstres. C'est un message de guerre, de guerre sainte. Marre de tendre l'autre joue. Et marre des mensonges des représentants de la religion musulmane !


Tant que l'islam ne changera pas, dans les termes que cette religion réserve aux autres religions monothéistes (les mécréants), dans les peines qu'elle impose pour les apostats (ceux qui quittent l'islam pour se convertir à une autre religion peuvent être condamnés à mort dans tous les États qui appliquent la Charia !), et plus largement dans tous les archaïsmes qu'elle conserve pieusement, aucune coexistence pacifique ne sera possible entre chrétienté et islam ... A quand enfin le déclenchement d'une nouvelle croisade contre l'islam ?

 

Saucratès


08/01/2015
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Les rôles masqués des commissions nommées par l'Etat - Une lecture de Pierre Bourdieu

Réflexion 1 (4 juillet 2014)

 

En écrivant ma précédente note sur l'amende de 8,9 milliards de dollars de BNP Paribas et en cherchant des sources sur son précédent président, Michel Pebereau, grand donneur de leçon en matière bancaire pendant la crise financière de 2008-2010, je suis tombé sur la commission qu'il présida en 2005 qui avait pour objet l'analyse des causes de la dette publique et des risques qu'elle fait peser sur l'ensemble de l'économie française.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054004454/0000.pdf

 

Le rapport a été remis le 13 décembre 2005, et c'était le ministre des finances de cette époque, Thierry Breton, qui l'avait commandé. En redécouvrant ce rapport, cette commission et leurs travaux, c'est l'analyse faite par Pierre Bourdieu dans les cours qu'il donna au Collège de France en 1990 qui m'est revenu. Ces cours portant sur l'Etat viennent d'être publiés dans un livre monumental mais instructif.
http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/bourdieu/surletatT.html

 

Dans ces cours du 18 et 25 janvier 1990, il prend pour exemple la commission Barre qui en 1975 eut pour objet les aides publiques apportées au logement et ses impacts sur le marché de la maison individuelle (les aides au logement qui existent encore aujourd'hui). Il analyse dans ce cours l'importance des commissions constituées par l'Etat, qui contrairement aux apparences ou à la manière dont elles sont présentées, ne sont pas de simples petits groupes de personnalités devant se prononcer sur un sujet quelconque qui sera immédiatement enterré, mais une véritable fabrique de l'opinion publique.

 

Il faudrait citer ce qu'en dit Pierre Bourdieu tel qu'il est retranscrit dans un article du Monde Diplomatique en janvier 2012.
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/BOURDIEU/47159

 

«Un homme officiel est un ventriloque qui parle au nom de l’Etat : il prend une posture officielle — il faudrait décrire la mise en scène de l’officiel —, il parle en faveur et à la place du groupe auquel il s’adresse, il parle pour et à la place de tous, il parle en tant que représentant de l’universel.

 

On en vient ici à la notion moderne d’opinion publique. Qu’est-ce que cette opinion publique qu’invoquent les créateurs de droit des sociétés modernes, des sociétés dans lesquelles le droit existe ? C’est tacitement l’opinion de tous, de la majorité ou de ceux qui comptent, ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Je pense que la définition patente dans une société qui se prétend démocratique, à savoir que l’opinion officielle, c’est l’opinion de tous, cache une définition latente, à savoir que l’opinion publique est l’opinion de ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Il y a une sorte de définition censitaire de l’opinion publique comme opinion éclairée, comme opinion digne de ce nom.

 

La logique des commissions officielles est de créer un groupe ainsi constitué qu’il donne tous les signes extérieurs, socialement reconnus et reconnaissables, de la capacité d’exprimer l’opinion digne d’être exprimée, et dans les formes conformes. Un des critères tacites les plus importants dans la sélection des membres de la commission, en particulier de son président, est l’intuition qu’ont les gens chargés de la composition de la commission que la personne considérée connaît les règles tacites de l’univers bureaucratique et les reconnaît : autrement dit, quelqu’un qui sait jouer le jeu de la commission de la manière légitime, celle qui va au-delà des règles du jeu, qui légitime le jeu ; on n’est jamais autant dans le jeu que quand on est au-delà du jeu. Dans tout jeu, il y a des règles et le fair-play (...)»

 

Cette approche, et la désignation de commissions supposées rendre des avis et des rapports sur tel ou tel autre sujet, n'est pas aussi peu importante que l'on pourrait le penser. Il ne faut pas oublier l'inflation très importante de la désignation de commissions qu'ont connu les présidences de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, qu'elles concernent la productivité des entreprises françaises ou le temps de travail des salariés. Ces deux cours de Pierre Bourdieu mettent en lumière que ces commissions et le choix de leur président sont tout sauf anodins, et qu'elles préfigurent des décisions politiques impactantes et que le gouvernement utilise ces commissions pour rendre officielles les idées qui sont envisagées par des lobbys au sein du gouvernement et qui sont simplement relayées dans ces commissions et par leur président.

 

Pour en revenir à la commission présidée par Michel Pébereau, on retrouve dans les vingt membres qui la composèrent toute une brochette de libéraux, de banquiers, ou d'ex-banquiers centraux : Patrick Artus, Christian Blanc, Pascal Lamy, Edouard Michelin, Jacques de Larosière, Michel Camdessus, Xavier Fontenet, Alain Lambert, Xavier Musca ... Des pistes présentées par des donneurs de leçon qui impactent aujourd'hui encore l'évolution des finances publiques et les décisions du gouvernement.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_P%C3%A9bereau_sur_la_dette_publique

 

Ces commissions dont faisait une telle consommation Nicolas Sarkozy ou son successeur François Hollande ne sont pas simplement là pour faire jolies ! Elles sont là pour fabriquer l'opinion publique, et ce sont des lieux d'affrontement entre plusieurs groupes sur des choix politiques impactants pour notre vie de tous les jours. Je ne verrais plus les commissions et leurs présidents comme de simples hochets donnés à des personnalités politiques pour les satisfaire à la place de postes ministériels, mais comme des chevaux de Troie qui arrivent masqués pour rendre légitimes et publiques des décisions illégitimes et partisanes !

 

 

Saucratès


07/07/2014
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L'affaire Bnp Paribas et les vaines promesses socialistes de lutte contre la Finance

Mardi 1er juillet 2014

 

L'affaire de l'amende de la BNP Paribas est l'autre sujet (le troisième) que je souhaitais évoquer. On vient ainsi d'apprendre que la BNP Paribas accepte de plaider coupable auprès des autorités judiciaires américaines dans l'accusation de violation des embargos décrétés contre Cuba, l'Iran et le Soudan. La banque accepte ainsi de payer une amende de 8,9 milliards de dollars, ce qui devrait faire plonger dans le rouge les comptes de l'établissement en 2014.
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20140629.AFP0789/b...

 

Mais ce qui me fait réagir n'est bien sûr pas cette condamnation, ainsi que les autres éléments visant la Banque (comme l'interdiction de transactions en dollars ou les sanctions à l'encontre de certains de ses dirigeants). Ce qui me fait réagir, ce sont les réactions et le comportement des membres du Gouvernement français ou de la Présidence de la République, qui ont pris fait et cause pour la BNP Paribas et ont tenté, vainement, d'influencer les autorités américaines pour contester et faire baisser le montant de l'amende à laquelle la Banque était exposée.

 

Un gouvernement socialiste, un Président de la République qui s'était auto-proclamé en 2012 grand ennemi de la Finance, défendent becs et ongles l'un des plus grands établissements financiers français, qui a volontairement enfreint les décisions internationales (ou américaines) d'embargo contre un certain nombre de pays (dont l'Iran et le Soudan ... Cuba étant seulement une fixation américaine) ! L'un des plus grands représentants emblématiques du monde de la Finance honnie est justement défendue par les socialistes, par le Président de la République, par le premier ministre ? Et cela ne choque personne ? J'espère au moins que les militants socialistes de base se posent des questions. Comment peut-on être élu pour combattre le monde de la Finance, pour au final, défendre ce même monde de la Finance sur la scène internationale, alors que ce Président ne conduit aucune action pour défendre tous ceux pour lesquels il s'y était engagé, les chômeurs, les pauvres ... Evidemment, il faut lui rendre justice, il n'avait pas non plus oublié par contre les promesses faites aux homosexuels/homosexuelles. Dans un sens, il vaut mieux être homosexuel et/ou dirigeant de banque plutôt que pauvre et/ou chômeur !

 

Il y a une autre chose aberrante dans cette histoire. C'est que le gouvernement socialiste français ait choisi comme moyen de pression la signature du traité transatlantique USA-UE, alors qu'à entendre les socialistes il y a quelques années, ce traité était le diable personnifié. Nous avons donc un Président de la République socialiste qui menace de ne pas ratifier un accord international contre lequel il s'élevait de manière véhémente dans son programme de campagne en 2012 si les sanctions visant la BNP Paribas ne sont pas diminuées ou annulées ... Ce qui veut dire a contrario que ce gouvernement et ce Président serait prêt à ratifier cet accord transatlantique (le diable personnilfié) dans le cas contraire ! C'est justement cela le plus choquant, que pour défendre un très gros établissement bancaire (l'un des plus emblématique représentant de la Finance honnie), les socialistes soient prêts à renier toutes leurs valeurs, toutes les promesses, tous leurs engagements de campagne, comme si la BNP Paribas était une sorte de messie réincarné sur Terre. Cela m'est incompréhensible !

 

Dans cette affaire, il y a quand même des choses un plus légères. Il est amusant de découvrir que le plus grand donneur de leçon en matière financière des années de crise, en 2008-2010, soit aujourd'hui condamné de la sorte, contraint de plaider coupable pour éviter un procès pénal aux Etats-Unis, et condamné à payer 8,9 milliards de dollars pour une telle faute. Rappelons-nous des multiples interventions médiatiques de Michel Pebereau, président de BNP Paribas, dans les années 2008-2010, où on le voyait conseiller le gouvernement et le président Sarkozy pour sauver le système financier français. C'était l'homme qui tirait les ficelles dans le secteur financier français. Il faut relire ses discours de 2008 : «Nous avons naturellement une très grande solidité (...) nous n'avons pas été affectés par cette crise des 'subprimes' donc nous allons continuer notre action», déclarait-il sur BFM. «Le président du géant bancaire français a expliqué que la crise financière, déclenchée l'été dernier par les subprimes, concerne d'abord les banques américaines et un certain nombre d'autres établissements. Parmi les grandes banques internationales, il est jusqu'à présent tout à fait évident que les banques françaises ont été moins affectées que les autres, et effectivement parmi les grandes banques françaises, nous beaucoup moins que les autres.»

 

Heureusement pour lui, Michel Pebereau a quitté la présidence de la BNP Paribas fin décembre 2011, en plein dans la période concernée par les investigations des autorités américaines. Rassurons-nous, son successeur à la tête de la Bnp Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, ne semble pas plus inquiété ; les sanctions étant tombées sur les moins gradés, comme par exemple le directeur général délégué Georges Chodron de Courcel. Agé de 64 ans, celui-ci partira en retraite fin septembre 2014. Il y a pire comme purgatoire. Gageons qu'il ne perdra pas le bénéfice de sa retraite-chapeau de la BNP Paribas, comme le laisse préjuger la position des administrateurs de BNP Paribas citée par Les Echos : «Le conseil d’administration de BNP Paribas a aussi tenu à saluer le parcours et l’action de Georges Chodron de Courcel, qui a été, au travers des différentes fonctions qu’il a exercées, l’un des acteurs clés de la croissance de BNP Paribas et de ses métiers, notamment à l’international».
http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/...

 

 

Saucratès


03/07/2014
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Sur la politique (6)

 
Réflexion cinquante-huit (31 mars 2014)
Les élections municipales : une claque pour le PS


Les élections municipales de ce dimanche 30 mars 2014 ont démontré un fort recul électoral du parti socialiste et de son implantation. Le Parti socialiste a ainsi perdu dans ces élections 68 villes de plus de 30.000 habitants et 87 villes de plus de 9.000 habitants (et moins de 30.000 habitants). A noter que selon Wikipédia, les villes de plus de 30.000 habitants en France sont au nombre de 260 au total, outre-mer compris.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_communes_de_France_les_plus_peuplées
http://www.lemonde.fr/municipales/article/2014/03/31/la-chute-du-socialisme-municipal_4392563_1828682.html

 

Dans ces conditions, le chiffre de 68 villes ayant basculé représente une proportion énorme (26%) qui permet réellement de considérer ce recul électoral comme un séisme politique. Quelle proportion des villes de plus de 30.000 habitants demeurent dans le giron du Parti socialiste ? Alors que l'UMP de son côté claironne qu'il contrôle désormais plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants.

 

Il a été également amusant lors de ces élections d'observer le jeu des hommes politiques. Au Parti socialiste, les représentants interrogés au cours des semaines passées parlaient d'élections purement locales sans lien avec le plan national. Selon eux, il était incompréhensible d'en tirer des conclusions nationales. Du côté des élus UMP par contre, ils s'évertuaient à chaque fois de resituer ces élections dans le contexte national. De manière amusante, lors des précédentes municipales (2008), les situations étaient inversées et les politiques socialistes, au premier rang desquels François Hollande, s'efforçaient de tirer un enseignement national de ces élections alors que les politiques UMP, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, limitaient ces élections municipales à un niveau purement local.

 

Qu'est-ce qui explique le fort recul du Parti socialiste ? Les positions sont diamétralement opposées entre le PS, l'UMP et le FN. De ce que j'ai pu entendre hier, au soir des élections et des réactions des personnes interrogées, le PS parlait d'un message de colère, d'un problème de chômage et d'un besoin de justice sociale. Pour le PS, il faut pouvoir inciter les entreprises à investir et à embaucher pour faire repartir l'emploi dans les entreprises. Pour l'UMP, le message n'est pas très différent. Il faut permettre aux entreprises de créer de l'emploi et diminuer les impôts, sur les entreprises et sur les ménages. Il n'y a que du côté du FN que le message semble différent : il faut arrêter le matraquage fiscal sur les classes moyennes, et relancer le pouvoir d'achat.

 

Les solutions préconisées divergent également. Pour certains, il faut mettre fin au pacte de responsabilité pour les entreprises qui n'est pas compris par les électeurs (FN ?). Pour le FN, il faut aussi sortir de l'Europe et de l'euro-monnaie, qui impose l'austérité fiscale et une monnaie surévaluée de 30% qui tue les entreprises françaises. Pour les autres, il faut autre chose ... Mais quoi ?

 

Ce qui me marque, c'est l'accord de l'UMP et du PS sur le diagnostic sur les entreprises. Défendre la compétitivité des entreprises, leur permettre d'investir et d'embaucher, sans lien avec un diagnostic social qui devrait être la préoccupation première des socialistes. C'est cela qui est le plus choquant. Que des socialistes développent l'idée de compétitivité, alors que l'on sait que la compétitivité vise en premier lieu l'abaissement du coût du travail ou l'accroissement du temps de travail ! Et il est certainement aberrant que tant d'électeurs aient voté pour des maires UMP qui défendront des idées encore plus extrêmistes sur des retours en arrière sociaux alors qu'au fond, tant d'électeurs sont en colère contre le discours socialiste qui a oublié ses accents sociaux.

 

Le plus grand problème du Parti socialiste ne sont pas les personnes au gouvernement ou bien le premier ministre. Ce n'est même pas forcément la politique menée. Le plus grand problème du Parti socialiste, c'est François Hollande. C'est lui qui devrait démissionner. Un homme comme le Général de Gaulle aurait entendu ce message mais Hollande n'est pas de Gaulle.

 

François Hollande est élu depuis bientôt deux ans, et il est extrêmement bas dans les sondages, en deça même de Nicolas Sarkozy. les politiques qu'il a mené depuis deux ans ont divisé les français irrémédiablement, encore plus que sous la précédente présidence. Ces politiques ne visent une nouvelle fois qu'à satisfaire les revendications de franges de l'électorat du PS, quelques groupes de pression comme les homosexuels par exemple. La politique éducative menée par le ministre de l'éducation, sur la réforme des rythmes scolaires par exemple ou sur les programmes, vise à faire quoi ? Arracher les enfants à leur famille ? Les arracher à l'idée de Nation ? Supprimer Jeanne d'Arc, Saint Louis ou Clovis du programme scolaire, qu'est-ce que cela veut dire ? «Arracher l'élève à tous les déterminismes familiaux, ethniques, sociaux ou intellectuels» ? J'ai appris l'histoire africaine en classes primaires en Afrique dans les années 1970, celles des grandes civilisations arabes et africaines. Cela n'a pas fait de moi un enfant déterminé, mais bien au contraire un enfant ouvert à d'autres réalités, à d'autres histoires. Ce qui pose problème, c'est le rejet de l'histoire de notre pays par certains jeunes et leurs familles, comme si elle était illégitime ... et l'écho que cette contestation reçoit chez les politiques et les pédagogues socialistes, qui appuient cette délégimitisation qui répond à leur volonté de sacrifier la Nation et ses racines chrétiennes.

 

Je me dis parfois que la colère actuelle subie par François Hollande et par le Parti socialiste doit trouver une ressemblance dans la France de François Miterrand. La politique de nationalisation et les hausses d'impôts (avec la création de l'impôt sur la richesse) ont dû faire naître également une profonde contestation politique à son encontre. Cette contestation conduisit même à la première cohabitation avec Jacques Chirac, le Parti socialiste ayant perdu les élections législatives de 1986.

 

En même temps, je pense que la France du début des années 1980 n'a à rien à voir avec la France des années 2010. En trente ans, une profonde mutation de la société française a pu être observée. En 1981, la France ouvrière existait encore alors qu'elle a presque disparu dans la France d'aujourd'hui. Le monde ouvrier a muté également en devenant plus un monde de techniciens. Plus même que le monde ouvrier, c'est le monde capitaliste qui a muté en cours de ces trente dernières années. Les capitalistes ont été remplacés par les managers. La démocratisation de la bourse fait que des millions de petits porteurs se croient détenteurs d'une fraction du capital et du pouvoir dans les entreprises et dans les banques, alors qu'il y a trente ans, la bourse était une abstraction et le pouvoir détenu par quelques grandes familles bourgeoises ou capitalistes. Les banques il y a trente ans étaient l'émanation de quelques grandes familles. Elles sont aujourd'hui devenues des entreprises comme les autres, mutualistes pour certaines d'entre elles. On ne parle plus des grandes familles qui les contrôlent mais de ces quelques managers qui les dirigent, payer à des salaires astronomiques. 

 

Le monde a changé. Des dizaines de millions de français se considèrent comme appartenant aux classes moyennes, ce qui est d'ailleurs le cas, par construction statistique. Il n'y a plus d'opposition de classes entre les capitalistes et les ouvriers chacun de leur côté, et les employés au milieu. Les français des classes moyennes se sentent à la fois concernés, à tord ou à raison, par les hausses d'impôts décidés et par la montée des risques du chômage. Les managers des entreprises essaient de faire croire que les entreprises peuvent avoir des préoccupations sociales ou éthiques qui pourraient faire des entreprises des citoyens à part entière, non uniquement préoccupés par la recherche du profit. Mais ceci est faux. Les managers ne défendent qu'une idée : l'asservissement de leurs employés à l'intérêt de l'entreprise et une préoccupation d'image des entreprises pour faire joli, pour faire vendre. Les managers n'auront jamais de préoccupations purement sociales, même ceux qui se disent socialistes ou de gauche. Seul les intéressent la recherche du pouvoir et du profit !

 

Même si peu le savent, l'action législative de ce gouvernement de gauche a été une nouvelle fois de détricoter le droit du travail français et de répondre à toutes les revendications des patrons et des managers visant à plus de souplesse dans les relations de travail. Bientôt, le gouvernement prendra de nouvelles mesures pour unifier les instances représentatives du personnel dans les entreprises, ce qui est une préoccupation habituelle de la droite et non pas de la gauche.

 

Il y a ainsi une erreur stratégique insupportable des gouvernants socialistes.
--> En s'attaquant aux classes moyennes, ils s'attaquent à la majorité des français qui se sentent concernés.
--> En défendant les revendications de quelques groupes de pression ethniques ou d'identité sexuelle, ils ne touchent qu'une infime minorité de leurs électeurs, et ils agressent les sentiments d'une grande majorité d'entre eux.
--> Ils s'aliènent la classe d'âge des plus jeunes qui dans huit-dix ans, disposeront du droit de vote et n'oubliront pas la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon.
--> En défendant les entreprises et leurs managers et en oubliant la mantra socialiste de défense des travailleurs, ils s'aliènent le peuple de gauche, le peuple des travailleurs, qui n'aura bientôt plus comme seule solution pour être entendu que de se tourner vers les extrêmes, et notamment vers le Front National qui présente l'avantage de ne pas être moribond.
--> Surtout, ils oublient qu'ils ne sont plus en 1980. Il n'y aura pas de législative intermédiaire qui leur permettra d'être oublié par les électeurs, ni à François Hollande d'apparaître comme un arbitre au dessus des partis !

 

 
Réflexion cinquante-sept (7 janvier 2014)
Les voeux 2014 aux Français de François Hollande : comment y croire ?


Ce que j'ai pu lire ou voir en racourci des voeux de François Hollande m'a largement suffi pour conforter mon opinion négative de ce personnage. «Des voeux de combat et de confiance dans l'avenir» ? A d'autres ! Derrière une image pompeuse que l'Elysée veut promouvoir pour les voeux 2014, il y a le même personnage grotesque et le même gouvernement d'incompétents et d'apprentis sorciers que les mois précédents. Rien à attendre de bon de ces ministres socialistes, même si ceux-ci ont normalement le monopole de la parole publique pour les prochaines années. Et j'ai lu qu'une proportion très importante des français ne lui faisait absolument pas confiance pour cette année 2014. «Depuis janvier 2013, le chef de l’Etat est [ainsi] passé de 46 % à 31 % de jugements positifs sur  sa compétence». Et «de 48 % à 26 % sur sa  capacité à prendre des décisions qui s’imposent». Seuls «27% des Français ont une bonne opinion de lui». «L’image du capitaine de pédalo inventée par Jean-Luc Mélenchon lui [colle] à la peau comme un sparadrap».

http://www.leparisien.fr/politique/sondage-seuls-31-des-francais-jugent-francois-hollande-competent-04-01-2014-3462501.php

 

Des voeux de combat ! Comment peut-on croire aux grandes idées, aux grands enjeux que François Hollande met en avant ? La lutte pour inverser la courbe du chômage, pour relancer l'emploi ? Promesse oubliée du même personnage pour cette fin d'année 2013 ! Evidemment, à force de faire cette promesse, avec un peu de chance, il arrivera à la tenir avant la fin de son mandat en 2017. En l'absence d'une nouvelle crise économique, cette promesse ne devrait pas être trop difficile à tenir. Mais même en l'absence de gouvernement et de président de la république, cette promesse aurait été tenue. L'emploi devrait repartir avant 2017 !

 

Ce qui pose problème dans ces voeux sur ce sujet, c'est plus simplement que François Hollande et son gouvernement n'ont absolument rien fait pour relancer l'économie et l'emploi depuis l'élection présidentielle de 2012. Rien du tout, si ce n'est une cacophonie sur quelques emplois aidés qui n'arrivent même pas à se mettre en place. Comment créer de l'emploi, comment consommer lorsque l'on a aucune confiance dans la politique qui va être menée par un gouvernement ? Investir, embaucher, consommer, s'endetter lorsque l'on ne sait pas combien d'impôts on va se voir prélever, qu'une équipe d'incompétents parle de pause fiscale en même temps que de création de nouveaux impôts, voire de réforme de la fiscalité ! Il ne faut pas être devin pour comprendre que lorsqu'un gouvernement incompétent parle uniquement de baisser les impôts sur les plus ménages les plus modestes (et surtout les plus assistés) ainsi que sur les entreprises, les classes moyennes ainsi que les plus hauts revenus vont être encore plus matraquées fiscalement qu'ils ne l'étaient par le passé. En effet, ce gouvernement est incapable de baisser les dépenses pour permettre d'abaisser le niveau des prélèvements fiscaux ! En matière de niveau d'imposition, de consommation et d'investissement, la science économique a totalement raison : la confiance est indispensable à leur redémarrage. L'absence de confiance des agents économiques dans le niveau des prélèvements futurs les conduit à bloquer la consommation et l'investissement, et interdit à la machine économique de repartir.

 

La promesse de baisser les impôts des français ? Vaine promesse également puisqu'il est évident que les baisses qui seront consentis à certains seront obligatoirement prélevées sur d'autres français, les classes moyennes que François Hollande semble haïr depuis 2007 et ses diverses sorties contre les classes moyennes ou sa politique anti-familiale ou pro-homosexuels depuis son élection de 2012 ... Moins d'impôts pour certains, les assistés que le parti socialiste ne cesse de défendre depuis le début des années 1990 ... et plus d'impôts pour d'autres, les classes moyennes en général qui seront les plus faciles à matraquer fiscalement !

 

La baisse des charges des entreprises pour celles qui respecteraient le pacte de responsabilité ? Encore une fois, ce sont encore les salariés (appartenant à la classe moyenne) qui subiront les baisses des charges patronales promises par le gouvernement aux entreprises françaises, pacte de responsabilité ou non ! Ce sont nos salaires qui baisseront à hauteur de la hausse de la CSG pour permettre de baisser les charges patronales payées par les entreprises. On s'amuse à nous faire croire que les cadeaux aux entreprises seront favorables à l'emploi ou neutres pour les salariés, mais si on touche à la CSG, on touche aux salaires des salariés !

 

Je ne peux finir cet article sans reprendre cet excellent article de Paris Match, qui retranscrit si admirablement ce que j'ai tant de peine à exprimer. J'y retrouve exprimer la majeure partie des points de crispation qui ne me conduisent plus désormais à me dire socialiste ...

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-541989

 

«On est forcé de dire, et les sondages, hélas, l’attestent, que Hollande ne répond pas aux attentes des Français. Loin d’être rassurant, il est anxiogène dans sa manière tranquille de dire que tout va s’arranger. Cet homme incontestablement intelligent, sympathique, qu’on disait fin politique, a déçu ceux qui voyaient en lui un nouveau Blair. Au lieu de redonner de l’espoir en relançant la machine économique, il l’a bloquée par une surtaxation généralisée. Rien de plus démotivant pour les entrepreneurs, de plus paralysant pour l’investisseur et le consommateur. Loin de tenir politiquement un discours de consensus qu’on attendait, de tolérance politique, il a détricoté l’œuvre de son prédécesseur et entonné un discours idéologique qu’on croyait appartenir aux vieilles lunes du socialisme. Bénéficiant d’un a priori favorable, il est aujourd’hui décalé par rapport aux aspirations d’une opinion déboussolée.
Les Français ont en outre mal supporté la manière soviétique avec laquelle a été mené le projet du mariage pour tous : aucune concertation, pas de débat, mépris de ses adversaires ont envenimé une question qui aurait pu, et aurait dû, être traitée avec tact et compréhension. D’autant que les questions ne touchaient pas le fond mais la forme. Beaucoup de gens qui n’étaient coupables que de vouloir maintenir à la famille son caractère traditionnel se sont vus traités avec mépris par un pouvoir politique arrogant. Quant au projet qui vise à faire condamner les clients des prostituées, il a été de même voté à la va-vite sans qu’on en ait mesuré les conséquences, plus par souci de satisfaire sa bonne conscience idéologique que de venir réellement en aide aux malheureuses prostituées. Ces deux réformes ont cependant un point commun : ce sont des importations de l’Europe du Nord. On les a adoptées avec un zèle technocratique sans se soucier de savoir si elles s’inséraient dans la tradition française. Et que dire du grand cafouillage qui a accompagné le rapport sur l’intégration, commandé par le Premier ministre ! On a eu le sentiment que le gouvernement, pris de folie, était subitement submergé par une idéologie gauchiste totalement irréaliste.»

 

 
Réflexion cinquante-six (24 juin 2013)
La législative partielle de Villeneuve-sur-Lot : face à un Parti socialiste désavoué, le Front National fait jeu égal avec l'UMP


Ce qui s'est passé ce week-end (et les semaines précédentes) lors de la législative partielle du Lot-et-Garonne (à Villeneuve-sur-Lot) devrait être considéré comme extrêmement préoccupant. Le candidat du Front National, Etienne Bousquet-Cassagne, âgé de 23 ans, a recueilli 46,24% des suffrages (après 26,04% au premier tour) derrière le candidat de l'UMP, Jean-Louis Costes, qui a lui recueilli 53,76% des suffrages.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/23/villeneuve-sur-lot-le-candidat-ump-l-emporte-face-au-fn_3435118_823448.html

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/10/a-l-assemblee-nationale-la-majorite-absolue-des-socialistes-fragilisee_3427321_823448.html

 

Cette victoire du candidat de l'UMP ne doit pas masquer l'ampleur de la progression du vote Front National. Face à l'ensemble des partis de gouvernement et aux appels au vote républicain, le Front National fait pratiquement jeu égal avec son adversaire politique.

 

Consternation. D'un côté, nous avons un parti socialiste qui perd des milliers de voix lors des huit dernières législatives partielles enclenchées depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la république, et qui perd ces huit dernières législatives ... Et de l'autre, nous avons un parti frontiste qui progresse inexorablement dans l'électorat.

 

A chaque fois, évidemment, les commentateurs et les hommes politiques trouvent des explications à ce qui est en train de se passer dans l'électorat. L'élimination au premier tour de Villeneuve-sur-Lot s'expliquerait par les séquelles de l'affaire Cahuzac, ou par la désunion des forces de gauche ! Ceux qui se réfugient derrière ces arguments misérables, en premier lieu le président de la république et le chef du gouvernement, devraient avoir le courage de regarder la vérité en face : c'est la politique menée depuis un an par le gouvernement socialistes qui est à l'origine du désaveu de l'électorat de la gauche ! Et il ne s'agit pas d'un désaveu temporaire, mais d'une rupture.

 

Le gouvernement socialiste a attaqué les valeurs dans lesquelles croyaient une partie de son électorat de gauche. Des valeurs humanistes et religieuses qui n'empêchaient pas ces électeurs de voter socialiste parce qu'ils croyaient en une justice sociale, en des valeurs de partage et de respect des autres. Mais l'affaire du mariage des homosexuels/homosexuelles et les attaques de François Hollande vis-à-vis de la religion catholique, orchestrée depuis son élection, ont créé un fossé croissant entre cet électorat modéré et le parti socialiste.

 

Et se pose aujourd'hui de façon drastique la question de la récupération de cet électorat, qui est perdu à la fois pour le Parti socialiste et pour l'UMP. Cet électorat pourra-t-il trouver ses représentants au sein d'un parti centriste dans lequel cet électorat modéré et croyant devrait pouvoir être recueilli (mais encore faudrait-il qu'un tel parti émerge de la multitude de factions qui croient représenter le centre) ? Mais cette possibilité est empêchée par tous ceux qui croyant bien faire s'échinent à défendre l'idée d'un parti UMP unitaire regroupant la Droite et le Centre (voir par exemple les interventions de Jean-Pierre Raffarin). 

 

Ou bien cet électorat échouera-t-il auprès du Front national dont l'une des composantes est justement constituée par une aile catholique intégriste ... mais dont la dirigeante réussit à tenir un discours extrêmement fédérateur, asseptisé ... Le vote Front national n'est aujourd'hui plus un vote repoussoir, ou bien de moins en moins, et il n'en est que plus dangereux ! 

 

 
Réflexion cinquante-cinq (22 décembre 2012)
Le MEDEF, les exilés fiscaux et 1789


Laurence Parisot, la patrone du MEDEF, a eu quelques mots extrêmement révélateurs d'un certain état d'esprit. Que voulait-elle dire lorsqu'elle a déclaré : «On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s'apparente à 1789».

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Economie/Depeches/Parisot-exil-fiscal-un-climat-de-guerre-civile-453685/

 

1789, moment emblématique de l'histoire française, qui voit la fin des privilèges d'une classe de nobles, la fin de l'esclavage dont était victime l'immense majorité de la population, dont la servitude à l'égard de leurs suzerains pouvait toujours être rétablie, qui était de temps à autre rétabli par quelques seigneurs violents ... La fin d'une justice seigneuriale possiblement injuste ... La fin des privilèges de quelques uns ... et la fin de la royauté.

 

1789 fut aussi le temps de l'exil des nobles vers l'Angleterre toute proche, mais également vers les empires voisins (Autriche-Hongrie, le Saint empire romain germanique ...).

 

Et enfin 1789 et les années suivantes furent aussi l'époque de la guillotine, d'abord pour les nobles, puis pour la famille royale, et enfin pour tous ceux considérés comme ennemis du peuple, jusqu'à Robespierre lui-même.

 

De quel 1789 nous parle Laurence Parisot. Auquel pense-t-elle en nous en parlant. De cette société de privilèges pour les puissants que la France est devenue depuis les années 1970-1980 sous les coups de boutoir du libéralisme, où la richesse est désormais considérée comme un but ultime ? On ne peut s'empêcher de penser à cette France des privilèges et des privilégiés lorsqu'elle nous parle de 1789 ; elle, la représentante de ce monde des puissants et des privilégiés !

 

On ne peut s'empêcher lorsqu'elle nous parle de 1789 de faire ce rapprochement entre les exilés fiscaux actuels et les exilés nobles de l'époque. Mais aujourd'hui leur fuite est beaucoup moins difficile, beaucoup moins dangereuse, mais plus simple. Ils partent avec toutes leurs richesses non pas parce qu'ils craignent pour leur vie, mais simplement parce qu'ils veulent économiser de l'argent, payer moins d'impôts ... Il ne s'agit plus de fuir en callèche en évitant les ornières et en fuyant des bandes de paysans assoifés de sang ... Ils prennent simplement l'avion au vu et au sus de tous, en se gaussant de ceux qui restent, des pauvres qu'ils mettent au chômage, juste dans un but politique, pour faire pression sur le gouvernement ...

 

Laurence Parisot nous parle de guerre civile mais ne craint-elle pas une révolte de tous ceux qui n'ont rien vis-à-vis de tous ceux qui ont tout, qui possèdent tout, jusqu'à la vie des pauvres, comme aux pires moments qui précédèrent 1789 ?

 

Il y a des discours qui vous trahissent. Celui de Laurence Parisot en fait partie ... Le discours d'une représentante de la nouvelle classe des nobles de notre temps, qui ont reconstruit la même domination de classe que celle qui avait existé jusqu'avant 1789. Une forme d'aveu !

 

 
Réflexion cinquante-quatre (16 décembre 2012)
Le gouvernement, l'exil fiscal de Depardieu et les impôts ...


Quelques mois se sont écoulés depuis les dernières élections présidentielles et législatives ... Depuis lors, les cotes de popularité de François Hollande et de son premier ministre se sont effondrées, de nombreux français semblent particulièrement insatisfaits de la politique gouvernementale, et les plus récentes élections législatives partielles montrent un recul du parti socialiste, qui n'a pas réussi à rassembler ses électeurs selon ses dirigeants, ou qui plutôt fait déjà l'objet d'un vote sanction des élections plus probabablement. De mon côté, si c'était à refaire, je ne revoterais plus pour François Hollande à la présidentielle.

 

Pour un homme qui a si peu agi depuis l'élection présidentielle, comment expliquer ce désamour dont il fait désormais l'objet ? Comment expliquer ce mécontentement diffus de tant de millions d'électeurs ? J'ai de la peine personnellement à m'expliquer ma propre déception. C'est une accumulation de petites déceptions, de petites décisions plus ou moins déjà actées mais soi-disant non encore arrêtées, qui avantagent on ne sait quels groupes de pression mais qui ne servent aucunement l'intérêt de tous, prises par quelques uns des sbires qu'il a placé au gouvernement. C'est le débat sans aucune réelle concertation autour de l'école, autour de l'idée hollandaise arrêtée au cours de la campagne de faire travailler les enfants cinq jours par semaine. C'est le mariage pour les homosexuels, faisant par la même disparaïtre les notions de père et de mère. C'est la découverte que la laïcité socialiste est un dogmatisme anti-clérical scélorosé et haineux, me permettant de comprendre que les croyants catholiques ne devraient pas voter socialiste, mais rejoindre la droite ou le centre-droit. C'est aussi cette impression que ce gouvernement élu par des électeurs socialistes mène une politique purement libérale, tournée autour de la préservation de la compétitivité des entreprises par le biais de la baisse des salaires, et qui a un jour envisagé sereinement de remettre en cause l'acquis social des trente-cinq heures. 

 

Les socialistes pourront-ils tenir encore quatre ans et demi de cette manière, menant une politique appelée à devenir de plus en plus impopulaire, de plus en plus éloignée des aspirations de ceux qui les ont élus ? A moins que l'appui des seuls homosexuels ne leur suffise !

 

Le débat autour de la fiscalité que l'exil fiscal de Gérard Depardieu en Belgique a déclenché présente un certain nombre d'autres points intéressants. Des hommes politiques de premier plan comme le premier ministre et des députés ou sénateurs devraient-ils émettre des opinions plus mesurées, plus respectueuses lorsqu'ils parlent d'autres français, dont le seul crime est de vouloir quitter la France ? Le premier ministre pouvait-il traiter le départ de Gérard Depardieu de minable ?

 

Au-delà de ce point rhétorique, la politique fiscale de la France pose de véritables questions. L'impôt peut-il reposer principalement sur quelques hauts revenus très lourdement imposés sans risque ? La pression fiscale n'est-elle pas trop importante sur ceux qui restent, avec le risque que le nombre de ceux lourdement imposés ne croissent à proportion de la fuite des plus riches d'entre eux ? Le fait de devoir verser au fisc 85% des revenus d'une année n'est-il pas exagéré, même lorsque l'on est immensément riche ?

 

La réponse à toutes ces questions me semble évidente. Il me semble que le système fiscal français devrait être revu pour imposer de manière beaucoup plus générale tous les contribuables français, quelque soit leur niveau de revenu. Il n'est pas normal qu'une si forte proportion de français ne paient pas d'impôt sur le revenu, voire que tant bénéficient de remboursement d'impôts (la prime à l'emploi). Le nombre de contribuables imposés tend ainsi à diminuer d'années en années, et la base fiscale à se rétrécir au fur et à mesure de l'exil des plus riches ... Un impôt vraisemblablement moins élevé mais concernant tout le monde, contrepoint à une citoyenneté désormais vécue comme ouvrant des droits et non des devoirs. La fuite des français devant l'impôt n'est pas normale, qu'elle concerne l'exil et les triches des plus riches ou les triches des moins riches ! Il ne s'agit pas simplement de prendre aux pauvres pour donner aux riches, mais de reconnaître que la politique fiscale française va désormais dans le mur. Il s'agit de remettre en cause non seulement les niches fiscales des plus riches, mais aussi celles qui permettent à tous les pauvres et les fraudeurs sociaux d'échapper à l'impôt.

 

Concernant enfin les exilés fiscaux et la politique à conduire à leur égard, c'est d'abord aux français de réagir. Si les français continuent à acheter les disques de Johny Halliday ou ceux de Florent Pagny, s'ils continuent à affluer à leurs spectacles, si les français continuent d'aller voir les films de Gérard Depardieu, alors ces riches fuyards ont tout à fait raison de s'enfuir à l'étranger pour payer moins d'impôt et échapper à la justice française. Les français n'ont qu'à être eux-mêmes citoyens, refuser de regarder les émissions de variété qui invitent ces exilés fiscaux, refuser que des exilés fiscaux puissent être capitaine d'une équipe de France de coupe Davis, ou les représentent dans une compétition internationale. C'est aux français de les punir ! Tant qu'il ne sera pas possible au sein de l'Europe de disposer de dispositions fiscales qui imposent à nos ressortissants exilés de payer les impôts qu'ils auraient dû acquitter en France !


Saucratès
 

 

Mes précédents écrits sur la Politique :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002350-sur_la_politique__1_.html

2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002365-sur_la_politique__2_.html

3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002377-sur_la_politique__3_.html

4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2002564-sur_la_politique__4_.html

5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2291860-sur_la_politique__5_.html


16/12/2012
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