Critiques de notre temps

Critiques de notre temps

Economie


Une nouvelle crise financière à l’horizon ?

Essayons d’oublier la politique et revenons-en à l’économie ! En même temps, il me faut convenir que ces deux sujets sont étroitement liés ; que deviendraient les calculs électoralistes de François Hollande en vue de la présidentielle de 2017 si la croissance disparaît en cas de ralentissement économique mondial ? Après avoir parié sur l’inflexion à la baisse du chômage lorsqu’il avait été élu, quelle image garderait-on de lui si la croissance disparaissait aussi ?

 

Nous sommes en 2015 et la précédente crise financière date de 2007-2009. L’économie française n’a même pas réussi à redémarrer et le chômage n’a même pas commencer à baisser qu’il semble que l’on arrive déjà à la fin de ce cycle de croissance des bourses mondiales. Sept ou huit ans, c’est la bonne durée s’étirant entre deux périodes de crise économique et financière.

 

On peut remonter dans notre passé et on vérifiera assez facilement l’existence d’un tel cycle. Dans notre mémoire collective, on se rappelle de la crise des années 1971-1974, démarré avec les désordres monétaires de l’inconvertibilité du dollar en or (fin du système dit de Bretton-Woods) et qui est suivi par le premier choc pétrolier de 1974, considéré comme marquant la fin de la période des trente glorieuses.

 

On se rappelle aussi dans notre mémoire collective de la récession des années 1980-1982, marqué en France par l’élection de François Mitterand à la Présidence de la République et l’impossibilité pour la France de tenir une politique économique séparée de celle du reste du monde.

 

On se rappelle peut-être moins du krach financier d’octobre 1987, qui a donné naissance à ce que l’on a appelé le ‘Black Monday’ (ou lundi noir) pour le 19 octobre 1987, en référence au célèbre Black Thursday (ou jeudi noir) qui désigne le 24 octobre 1929, première journée du krach de 1929. En octobre 1987, il faut imaginer que la place boursière de Hong Kong perdra 45,8% de sa capitalisation, celle d’Australie 41,8%, celles du Royaume-Uni 26,4% et celles du Canada 22,5%. L’indice Dow Jones avait pour sa part perdu 22,6% la seule journée du 19 octobre 1987.

 

Notre mémoire collective garde aussi souvenir de la crise économique et financière des années 1992-1993, marquée par une profonde récession, des faillites de plusieurs établissements financiers en France, avec un CAC 40 qui était passé de 2.000 points à un peu plus de 1.000 points pendant cette période de crise. Cette crise se doublera aussi d’une crise aigüe des changes, avec des attaques spéculatives contre les monnaies européennes et notamment le franc, qui conduira à des niveaux de taux directeurs extrêmement élevés (dépassant 10% plusieurs mois durant).

 

La phase haussière suivante prendra fin en 2000, juste avant l’explosion des dot.com, aussi appelée bulle spéculative des valeurs technologiques. Dans cette période 1994-2000 d’euphorie boursière, l’indice CAC40 s’envolera néanmoins à des niveaux inégalés, jusqu’à atteindre près de 7.000 points à l’été 2000.

 

Après deux années de crise, la bourse redémarrera en 2002 pour exploser une nouvelle fois finalement avec la bulle spéculative des crédits subprime américains en 2007. Les années 2007-2009 enregistreront notamment de nombreuses faillites bancaires, surtout dans les pays anglo-saxons, mais aussi en Islande. Et en 2015, il semble une nouvelle fois que les bourses mondiales soient confrontées à une nouvelle phase de baisse, qui contaminera l’activité réelle des entreprises, le financement bancaire et l’emploi.

 

Evidemment, certains pourront contester cette contamination ? Pour quelle raison l’économie réelle serait-elle affectée par des mouvements boursiers essentiellement spéculatifs ? Le plus simple pour expliquer cette contamination consiste à imaginer que l’activité industrielle réelle dépend énormément à la fois des financements qui lui sont consentis, sur les marchés et par les banques, mais également de la demande de ses produits qui émane de ses clients et du marché, et qui est fortement corrélé à l’ambiance économique d’ensemble. Des séismes boursiers comme on les observe ces dernières semaines auront forcément un impact sur le moral des entreprises et des consommateurs, à la longue.

 

Même au-delà de ces évènements de ces dernières semaines, il faut avoir en tête que l’on s’approche forcément, maintenant, dans 6 mois ou même dans un an, d’un plus haut des capitalisations boursières internationales, qui se traduiront forcément par une nouvelle correction de grande ampleur, comme en 2001 ou en 2008. Le fait que les indices boursiers français, notamment le CAC 40, soit actuellement très loin de ses maximums de 2000 (où il avait atteint près de 7.000 points) ou 2007 (6.000 points) ne résout rien ou ne nous met pas à l’abri de ce mouvement de correction. Une vision à plus long terme nous rappelle que la précédente crise financière, avant 2000, remontait aux années 1992-1993, époque à laquelle le CAC ne s’élevait qu’à 2.000 points et où il était retombé à tout juste 1.000 à 1.500 points. Actuellement, l’indice Dow Jones tout comme les bourses chinoises se situent très au-dessus de leur plus haut historique, et les phases de correction boursière n’épargnent jamais aucune place boursière.

 

Y a-t-il des raisons qui pourraient faire qu’une crise économique et financière n’éclate pas ces prochains mois et que ces éventuels mouvements boursiers n’affectent pas l’économie réelle ? Il n’existe qu’une seule crise boursière qui n’a pas eu d’impact sur l’activité réelle. Il ne s’agit évidemment pas de la crise de 1929, dont les effets se firent sentir jusqu’à l’explosion de la seconde guerre mondiale ! Il s’agit du krach d’octobre 1987 qui n’a pas eu pour conséquence une crise économique. Mais on se situait au démarrage de la période de libéralisation mondiale des marchés financiers, tandis qu’en France c’était la période des grandes privatisations.

 

Je ne veux pas être considéré comme un oiseau de mauvais augure, ni jouer au Cassandre, mais la fin de l’année 2015 et le début de l’année 2016 devraient se traduire par la dégringolade plus ou moins lente ou plus ou moins rapide des bourses mondiales (et française) et s’accompagner d’un mouvement de ralentissement économique, n’en déplaisent aux éminents économistes socialistes du gouvernement. C’est en tout cas ce que l’histoire économique des crises boursières peut nous enseigner, même si chacune de ces crises trouve un ensemble d’explications au-delà de la simple reproduction d’un cycle graphique : le pétrole et les guerres israélo-arabes en 1974, les dot.com en 2000, les crédits subprime en 2007-2009.

 

Saucratès


01/09/2015
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Ce que l'on peut retenir du livre 'Les secrets de la réserve fédérale'

Vendredi 10 janvier 2014

 

Y a-t-il des secrets inavouables dans le monde de la Finance ? La Réserve fédérale américaine cache-t-elle de noirs desseins et de noirs secrets ? Je me suis amusé à lire ce livre assez récemment republié (septembre 2010 pour la première édition et mai 2012 pour la deuxième édition) sur lequel j'étais tombé en fin d'année dernière, en tête de gondole à la Fnac Place d'Italie. L'auteur en serait Eustace Mullins, sous la direction d'Ezra Pound.

 

D'après Wikipédia, «Mullins est un opposant à la Réserve Fédérale (FED) qu'il accuse d'être depuis 1913 en possession de banques privées ou d'actionnaires privés, via les actions détenues par ses 12 chapitres locaux. Il en cite la liste : Banque Lazard, Kuhn, Loeb & co, J.P. Morgan & Co., Goldman Sachs, Lehman Brothers, NM Rothschild & Sons, Israel Sieff, Paul Warburg, et la famille Rockefeller. Selon lui, ces banques et intérêts privés contrôlent la vie politique et économique des États-Unis depuis lors.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eustace_Mullins

 

Concernant Ezra Weston Loomis Pound, il sera l'une des huit personnes de nationalité américaine et résidentes en Europe inculpées pour trahison à l'issue de la seconde guerre mondiale, pour avoir défendu sur la radio italienne le fascisme de Mussolini. Il y défendait le fascisme, accusait la finance internationale et les Anglo-Américains d'être la cause de la guerre et faisait de la propagande antisémite. «Concernant ses idées économiques, elles trouvaient inspiration dans le Social Credit de Clifford Hugh Douglas et s'insurgeaient notamment contre la remise de la création monétaire à la finance internationale privée.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ezra_Pound

 

C'est un peu l'impression que donne ce livre : un procès à charge contre quelques grandes banques juives accusées de contrôler le monde et d'avoir provoqué les deux premières guerres mondiales et les diverses crises financières de 1920 et 1929. De même, il est difficile de situer le moment où il fut écrit. Publié d'abord dans les années 1950, seul livre à avoir été brûlé en autodafé en Europe occidentale après la seconde guerre mondiale (en 1961), la majeure partie des thèses développées dans ce livre se rapportent aux années 1910-1929, ce qui paraît particulièrement ancien pour l'économiste que je suis. Seuls quelques passages du livre se rapportent à des évènements un peu plus récents, faisant des rapprochements avec des évènements postérieurs aux années 1980.

 

S'agit-il d'un simple livre antisémite traitant d'un complot des banques juives visant à contrôler le monde ? Il me semble que la réalité doit être un peu plus complexe que cela et ce livre doit rapporter quelques éléments véridiques sur l'histoire de la Réserve fédérale américaine.

 

D'abord, à noter que le terme de réserve fédérale est impropre. Le véritable nom de l'organisation bancaire centrale américaine est le «Federal Open Market Committee» - en abrégé FOMC (Comité de l'open market du Système fédéral de réserve américain).

 

Deuxièmement, il faut aussi observer qu'il y a bien un contrôle des plus grandes firmes américaines mais aussi européennes (les plus grandes entreprises et banques françaises notamment) par quelques dizaines de grands fonds de pension ou privés américains, dont les plus connus sont The Vanguard GroupT. Rowe Price, Oppenheimer Funds, Goldman Sachs Capital Partner, The Carlyle Group, The Blackstone Group, JP Morgan Asset Management, BlackRock Advisors ou encore Fidelity Investments.
http://thezog.wordpress.com/who-controls-wall-street-part-2/

 

La première théorie exposée par ce livre est ainsi qu'un complot de quelques financiers est à l'origine de la création du système fédéral de réserve américain, groupe qui s'est réuni dans le plus grand secret sur l'ile de Jekyll Island à la fin du mois de novembre 1910, qui donnera naissance à la Federal Reserve Act dit aussi Owen-Glass Act votée le 23 décembre 1913. Les six particpants à cette réunion étaient : le sénateur Nelson Aldrich (président de la Commission monétaire nationale, chargée par le président Théodore Roosevelt de stabiliser le système monétaire américain après la panique financière de 1907), son secrétaire particulier Arthur Shelton, A. Piatt Andrew (secrétaire adjoint au Trésor), Frank Vanderlip (président de la National City Bank of New York), Henry P. Davison (associé à JP. Morgan Company), Charles D. Norton  (président de la First National Bank of New York), Benjamin Strong (de JP. Morgan Company) et de Paul Warburg (récent immigré allemand, de la maison bancaire Kuhn Loeb & Co, dont le frère Max Warburg dirigera les services secrets allemands et représentera l'Allemagne à la conférence de paix de Versailles de 1918-1919). Selon ce livre, le complot de Jekyll Island et de la Réserve fédérale américaine tourne autour de ce personnage Paul Warburg, qui est à l'origine de l'architecture de la réserve fédérale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Warburg

 

Selon ce livre, le projet du sénateur Aldrich sera rejeté par le congrès en 1911 mais il sera approuvé pratiquement à l'identique fin 1913 (à noter qu'il ne portera plus le nom du sénateur Aldrich mais ceux des sénateurs Robert L. Owen et Carter Glass). Il semble en effet que le projet Aldrich était porté par les républicains (William Howard Taft), tandis que les démocrates défendaient un projet similaire intitulé 'Loi de réserve fédérale' (Woodrow Wilson). Un troisième candidat, ancien président républicain, se présenta à l'élection présidentielle (Théodore Roosevelt pour le Bull Moose). Le projet de Aldrich était considéré comme le projet de Wall Street. La Loi de réserve fédérale était critiquée par les banquiers comme étant trop favorable au gouvernement.
http://fr.wikipedia.org/wiki/élection_présidentielle_américaine_de_1912

 

Il est à noter que les Etats-Unis étaient très en retard sur les pays d'Europe en ce qui concerne la structuration de leur système monétaire. La France avait une banque centrale depuis Napoléon (1801) de même que l'Angleterre ou l'Allemagne. Les Etats-Unis avaient eu une première banque centrale en 1791, qui sera remplacée en 1816 par la 'Second Bank of the United States'. Celle-ci sera dissoute en 1830 par le président Andrew Jackson, hostile aux banquiers. De 1830 à 1913, les Etats-Unis n'auront plus de banque centrale, alors qu'un certain nombre de crises financières éclateront ou toucheront les Etats-Unis (la dernière étant celle de 1907). Par ailleurs, il semble que la constitution américaine réserve au seul Congrès le droit de battre monnaie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Réserve_fédérale_des_états-Unis

 

Ce livre dénonce aussi le fait que le Système fédéral de réserve américain soit la propriété des banques. En 1913, c'était normal : la Banque d'Angleterre appartenait aux principales banques anglaises (d'après le livre essentiellement détenue par Nathan Mayer Rotschild) de même que la Banque de France qui appartenait aux deux cents familles. Ces propriétaires privés participaient à la désignation des organes de direction de ces établissements, même si le gouvernement de chacun de ces pays intervenait apparemment dans certaines désignations. La Banque de France ne sera nationalisée qu'à l'issue de la seconde guerre mondiale. J'ignore si la Banque d'Angleterre est toujours privée ou nationalisée. Par contre, le Système fédéral de réserve est demeuré une institution privée même si le gouverneur (aujourd'hui Janett Yellen) est nommée par le président des Etats-Unis et confirmée par le Sénat américain (tous les membres du conseil des gouverneurs d'après wikipédia). Un dividende de 6% est versé aux banques actionnaires ; le reste étant reversé au Trésor.

 

On trouve dans ce livre décrit les origines des principales grandes banques américaines comme JP. Morgan et de quelques autres grandes banques. A l'origine de la puissance de la banque JP. Morgan se trouve le père de John Pierpont (JP) Morgan, Junius S. Morgan, associé de George Peabody, derrière lequel se trouvait Nathan Meyer Rotschild à Londres (dans les années 1830-1850). De son côté, la maison Kuhn Loeb Company, de Paul Warburg, a ainsi fusionné en 1977 avec Lehman Brother (qui fit faillite le 15 septembre 2008 lors de la crise américaine des subprimes).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kuhn,_Loeb_&_Co

 

D'autres thèses sont développées dans ce livre, plus difficilement vérifiables. L'une de ces thèses, s'appuyant notamment sur les relations anciennes entre plusieurs financiers américains (dont John Pierpont Morgan) et Nathan Meyer Rotschild, est que le Système fédéral de réserve américain est/était entre les mains d'une London connection, et défendait les intérêts des financiers londoniens. Quelques autres thèses défendues par le livre traite du financement de l'effort de guerre allemand d'Hitler par les financiers américains. Tout cela ressemble fort à une théorie du complot. 

 

Ce livre a néanmoins selon moi un grand intérêt. Au-delà d'une histoire ancienne de la finance, il donne à relire quelques vérités que l'on croit acquise sur la finance. Il amène à réfléchir sur la théorie monétariste de la nécessité d'indépendance des banques centrales vis-à-vis du pouvoir politique. En visant à rendre indépendante les banques centrales (le fondement de l'Euro-système) et leurs dirigeants, on en est ainsi revenu à cette situation passée. La propriété privée des banques centrales ne gène pas Milton Friedman. Ce qui le gène, c'est l'ingérence de l'état dans la politique monétaire. Et nos hommes politiques ont tous consciemment mis en application la vulgate monétariste sans se rendre compte (ou justement en s'en rendant compte) que cela constituait un retour en arrière vers la privatisation des banques centrales.

 

Ce livre donne aussi à comprendre que ce qui nous paraît naturel en matière financière, comme l'escompte de papier commercial, comme le développement du crédit, comme le développement de la dette publique, ou même simplement l'émission de billets de banque, est quelque chose de fondamentalement étranger et nouveau dans l'histoire monétaire mondiale, source de déséquilibres faramineux pour l'économie mondiale, et que l'on peut prêter les plus noirs desseins à ceux qui ont inventé ces mécanismes même s'ils peuvent paraître aujourd'hui tellement normaux et naturels.

 

Autre point intéressant, c'est bien enfin que les noms des familles qui contrôlent l'économie mondiale ne changent pas. Des Rowe cités dans ce livre jusqu'à la maison JP. Morgan ou Kuhn Loeb Company ou des maisons Rotschild toujours présentes à Londres ou Paris ...

 

En quelques mots, un livre qu'il peut être utile de lire, tout en gardant à l'esprit qu'il flirte malgré tout avec une théorie du complot et qu'il est relativement fouilli avec des multiples allers-retours vers les années 1910-1913 ou sur l'histoire des Rotschild.

 

Saucratès 


10/01/2014
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Les banques et les leçons de la crise financière

 

Réflexion deux (6 janvier 2014)
Quelles leçons tirées de la crise financière de ces dernières années ?

 


La crise financière est-elle derrière nous ? Et quelles leçons en a-t-on tiré ? A la première question, il est bien difficile d'apporter une réponse. Certains des déséquilibres ayant amené à la crise financière sont toujours criants. Les Etats-Unis présentent toujours un déficit phénoménal de leur balance commerciale et ce déficit, ainsi que les excédents commerciaux des états asiatiques contribuent toujours aux déséquilibres financiers mondiaux. Mais la crise des dettes souveraines en Europe semble s'être calmée depuis ces derniers mois ; la Grèce, l'Espagne et le Portugal ne sont plus autant attaqués sur les marchés financiers et ces états envisagent même de pouvoir recommencer à intervenir sur les marchés. Pourtant, les niveaux d'endettement public de nombre d'états européens continuent d'être élevés, la France et l'Italie notamment, et il n'est pas impossible que les prochaines cibles des marchés financiers soient ces deux états.

 

De même, les cours de bourse se sont fortement redressés ces derniers mois en Occident, même s'ils demeurent largement en dessous de leurs précédents maximums. Il doit être noter que si la bourse américaine a retrouvé et dépassé en 2013 son précédent niveau atteint en 2007 (le Dow Jones est passé de 13.500 à 16.500 points en 2013) alors qu'il avait à peine dépassé 14.000 points à son maximum en 2007, les bourses européennes demeurent très largement en dessous de leur niveau des années 2007. L'Euro Stoxx 50 dépasse à peine 3.000 points contre 4.500 points en 2007, et le CAC 40 atteint aujourd'hui 4.200 points contre plus de 6.000 points en 2007. A noter que le même phénomène avait été observé entre 2007 et la précédente crise des dotcoms des années 1999-2000, puisque le CAC 40 avait atteint à son plus haut niveau 7.000 points en 2000 (soit 1.000 points au dessus de 2007) alors que l'Euro Stoxx 50 avait égalé son plus haut de 2000 alors que le Dow Jones ne s'était élevé qu'à 12.000 points entre 1999 et 2001. Ce point mériterait une note à lui tout seul ainsi que des explications : avec d'un côté des indices boursiers européens qui n'arrivent plus à égaler leurs précédents plus hauts (7.000 points en 2000 pour le CAC, 6.000 points en 2007 et 4.200 points en 2013 et 4.500 points pour l'Euro Stoxx 50 en 2000 et 2007 contre 3.000 points en 2013) alors que le Dow Jones explose ses précédents records (12.000 points en 2000, 14.000 points en 2007 et 16.500 en 2013) et devrait plafonner ou s'écrouler dans les prochains mois !

 

La crise financière semble ainsi en ce début d'année 2014 assez loin derrière nous. Il ne paraît plus opportun de se méfier des marchés financiers et des grandes banques, et tout le monde semble dans l'attente d'un redémarrage de l'activité et des économies européennes, ainsi que d'un reflux du chômage. Et pourtant ... Les zones de fragilité de la finance internationale, des marchés mondiaux, sont toujours aussi visibles et rien pour l'instant n'a été fait !

 

Cette période de calme temporaire doit aussi être l'occasion de réfléchir aux leçons qui ont été tirées de cette crise financière de 2007. A cette deuxième question, la réponse est tout aussi compliquée à apporter, même si je pense qu'aucune réelle réforme du système financier n'a été menée depuis 2007. Evidemment, les banques ont été obligés de porter quelques petits bouts de sparadraps, ainsi que quelques réformettes ou limitations. Les bonus qu'elles payaient sans vergogne à une petite fraction de leurs salariés vedettes ont dû être pour partie amputés, ou repoussés de quelques années. Elles doivent aussi désormais faire assaut d'innovations pour masquer les bénéfices monstrueux qu'elles continuent de dégager après avoir fait financer par la collectivité des contribuables les pertes records qu'elles ont dégagé entre 2007 et 2010.

 

Les lois de réformes bancaires votées aux Etats-Unis et en Europe aux lendemains des faillites en cascade de Lehman Brothers ? De la poudre aux yeux permettant de faire croire à l'opinion publique que des mesures drastiques étaient prises pour réglementer l'activité bancaire. La loi américaine Dodd-Franck et les lois européennes de séparation des activités de trading et pour compte propre ne vont absolument pas aussi loin que les anciennes lois de régulation des activités bancaires, prises à l'issue de la crise des années 1930. Les mêmes mécanismes de titrisation continuent d'être mis en oeuvre par les banques américaines ou européennes. Elles restent contrôlées par les mêmes mécanismes et entités, même si une autorité européenne a vu le jour. Nous sommes passés de Bâle II à Bâle III, avec des réglementations ressemblantes. Simplement, les banques devraient être astreintes à des obligations de constitution de fonds propres plus importantes en regard de leur situation en 2007 avec Bâle II. Les banques continueront à faire les mêmes activités de trading-book que par le passé. Seules leurs opérations de diversification massive dans les systèmes financiers étrangers non-domestiques auront reçu un coup d'arrêt en raison des pertes massives enregistrées par un certain nombre d'entre elles.

 

Enfin, que penser des agences de notation internationales ? Alors que les trois principales agences (Moody's, Fitch et Standard&Poor's) étaient massivement remises en cause dans les années 2007-2010 pour leur aveuglement dans la notation des dérivés de crédit pendant les années précédent la crise financière, on entend pratiquement plus parler d'elles actuellement, si ce n'est lorsqu'elles se décident à abaisser par palliers les notes des grands états occidentaux. Personne ne leur a demandé de comptes sur les notes qu'elles ont émises sur les montages financiers abracadabrantesques qu'elles ont validés et cautionnés dans les années antérieures à 2007 ... et il n'est plus question de réformes de leur fonctionnement et de leur pouvoir de vie ou de mort sur les états ... 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financière_mondiale_débutant_en_2007

 

 

Réflexion une (2 juillet 2013)
Dans quelle situation est-on aujourd'hui ?


Cela fait plus d'un an que je n'ai plus parlé de la crise financière, depuis la perte du triple AAA de la dette française. Nous sommes en juillet 2013. Il y a aujourd'hui six ans que la crise financière dite des subprimes a explosé médiatiquement (fin du mois de juillet 2007). Evidemment, cette crise couvait depuis plusieurs mois ou années. Juillet 2007 constitue simplement le point de retournement des marchés boursiers internationaux.

 

Six ans après, la crise financière et économique n'est toujours pas terminée, surtout pas en Europe occidentale. La crise financière s'est d'abord muée en crise bancaire, puis en crise économique, avant de devenir une crise des finances publiques européennes et une crise de confiance en l'euro. Les marchés boursiers américains se sont pourtant largement repris, les banques américaines ont recommencé à afficher des résultats financiers gigantesques, à la mesure des pertes qu'elles ont affiché pendant la crise. Mais l'Europe reste engluer dans le marasme économique, ses banques continuent d'afficher des pertes financières considérables et les finances publiques demeurent déficitaires malgré les successions de plans de rigueur.

 

Depuis quelques mois, les marchés des changes (l'euro) et des dettes européennes bénéficient d'une acalmie et d'une diminution de la pression de la spéculation internationale. Les spéculateurs ont dû certainement trouver une autre source de profits juteux. Ou bien est-ce simplement un effet d'une moindre médiatisation de la crise financière. Il est en effet difficile de faire la part des choses entre la réalité du monde de la Finance et l'image qui en est donnée par les différents médias.

 

Il apparaît clairement que six ans après l'explosion de la crise des subprimes, nous ne sommes pas sortis de cette crise et que nous sommes apparemment rentrés dans une crise financière longue, un peu à l'image de la crise des années 1929-1939 voire de celle des années 1973-1996. Six années, ce n'est rien en regard des vingt-trois années de la longue dépression de la fin du dix-neuvième siècle. En même temps, je trouve cela rassurant : il est possible de sortir d'une telle crise sans forcément sombrer dans la montée des fascismes et dans une troisième déflagration mondiale !

 

Le monde de la Finance et de la Banque a-t-il changé depuis six ans ? Les médias répondent tous les jours à cette question. La Finance n'a pas changé ; elle gouverne toujours le monde, elle invente toujours des produits financiers extrêmement complexes et elle attaque toujours des entreprises, des états ou des monnaies. Les agences de notation dégradent toujours les cotes des états ou des entreprises, et les marchés financiers soubre-sautent toujours au rythme des vagues ou des annonces de tempête. Les mêmes immenses groupes financiers (Capital World Investors, The Vanguard Group, Fidelity Investment, BlackRock Institutional Trust Company, State Street Corporation ...) contrôlent toujours des pans entiers de l'économie mondiale et des plus grandes firmes.

http://thezog.wordpress.com/who-controls-wall-street-part-2/ 

 

Le monde de la Banque a par contre bougé. Lors de l'explosion de la crise financière en 2007, les accords dits de Bâle II étaient sur le point d'entrer en application. Négociés pendant la période d'euphorie financière, ils imposaient à la fois aux banques une plus grande maîtrise de leurs risques, et en même temps diminuaient les contraintes financières (fonds propres) qui leur étaient imposées. Avec les conséquences que l'on a vu : l'explosion systémique du système bancaire américain et plus largement occidental, passé tout proche d'une faillite en chaîne, et qui a été sauvé in extremis par un sauvetage massif des Etats et des banques centrales.

 

En 2013, les accords de Bâle III ont remplacé Bâle II. Les banques se voient imposer de nouvelles contraintes réglementaires et vont devoir doubler d'ici la fin de la décennie le montant de leurs fonds propres (ou diminuer leurs risques et notamment leurs encours de crédits). Il est à espérer que le risque systémique bancaire, que l'on avait cru voir disparaître après la crise des années 1929-1939, ne sera de nouveau plus qu'un vieux souvenir oublié. Des réglementations peuvent encore être édictées par les pouvoirs publics, imposant notamment la séparation des activités de banque et de marché.

 

Mon impression est que le marché du crédit aux entreprises et aux ménages ne redémarre toujours pas ; les banques françaises notamment étant extrêmement réticentes à prêter. Un marché du crédit atone et une focalisation des banques sur la recherche de liquidités semblent être la principale conséquence de l'adoption de ses nouvelles règles prudentielles, avec pour conséquence le maintien de la stagnation de l'économie française, comme de l'économie européenne plus largement.

 

  

Saucratès
 

Mes autres écrits sur la crise financière :
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1985888-de_la_crise_financiere_1.html
2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1985907-de_la_crise_financiere_2.html
3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1986317-de_la_crise_financiere_3.html
4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988042-de_la_crise_financiere_4.html
5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988064-de_la_crise_financiere_5.html
6.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988067-de_la_crise_financiere_6.html

7.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1991164-de_la_crise_financiere_7.html

8.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1991178-de_la_crise_financiere_8.html

9.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992408-de_la_crise_financiere_9.html

10.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992422-de_la_crise_financiere 10.html

11.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992436-de_la_crise_financiere_11.html

12.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992440-de_la_crise_financiere_12.html
13.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992951-de_la_crise_financiere_13.html

14.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992974-de_la_crise_financiere_14.html

15.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2533109-de_la_crise_financiere_15.html
16.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-3374320-de_la_crise_financiere_16.html


02/07/2013
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Critique de l'économie (2)

 

Réflexion neuf (10 janvier 2013)
De la nécessité d'une refondation de mes réflexions sur les sciences économiques


La crise financière que le monde traverse depuis l'été 2007, qui a donné naissance à ce que l'on a appelé la plus grande crise financière depuis les années 1930, et qui rappelle tant la longue récession qui s'est étendue de 1873 à 1896, rend nécessaire de repenser les soubassements des sciences économiques, telles qu'elles sont pratiquées et enseignées. Des réflexions en ce sens se déroulent au sein des plus grandes écoles d'économie de la planète.

 

La crise financière a permis de démontrer l'erreur des concepts fondamentaux de l'économie théorique. Les marchés ne sont pas omnipotents et omniscients ; ils ne permettent pas un fonctionnement optimal de l'économie et ne se régulent pas automatiquement. Evidemment, je ne pense pas que les théoriciens du libéralisme vont se rendre très facilement ; je pense même qu'ils ne sont pas étrangers aux problèmes actuels de la crise de l'endettement public. Comment fragiliser suffisamment la branche sur laquelle on est tous assis tout en évitant de la scier totalement ?

 

Est-il nécessaire de démontrer les erreurs, les fautes, les insuffisances des concepts fondamentaux de la théorie libérale en économie ? Il sera par contre plus difficile de préciser et de démontrer ce qui doit être réformé dans ses concepts. La crise financière a permis de démontrer que les sciences économiques ont été incapables d'empêcher la création puis l'explosion de bulles spéculatives et de bulles d'endettement, puis la propagation de leurs effets sur l'ensemble du système bancaire international puis à l'ensemble de l'économie. Le système bancaire international a été à deux doigt de s'effondrer comme un chateau de cartes (et encore maintenant il n'est toujours pas totalement sorti d'affaire) comme dans les années 1930 et comme tout au long des crises du dix-neuvième siècle. Malgré tous les travaux économiques et toutes les publications sur les crises systémiques, le système bancaire mondial a failli être emporté par une telle crise !

 

Au plus fort de cette crise, dans les années 2007-2009, on n'entendait plus du tout parler des économistes ultra-libéraux, on ne les entendait plus nous vanter les mérites des marchés, et on ne les entendait plus combattre l'interventionnisme des états. Bien au contraire, toutes les voix qui s'élevaient prônaient le sauvetage par les états des systèmes financiers et le lancement de plans massifs de relance de l'activité économique. Mais peut-être n'était-ce qu'un effet du prisme médiatique. Les médias n'offraient peut-être plus à ce moment-là de visibilité à des théories manifestement plus d'actualité, et préféraient relayer les positions des économistes prônant un rôle accru de l'état dans l'économie par temps de crise ?

 

Les ultra-libéraux sont revenus en force lors de l'éclatement de ce qu'il faut appeler la crise de la dette publique, à partir de 2010-2011, dans le sillage des annonces successives de dégradation des cotes des états par les agences occidentales (anglo-saxonnes) de notation (Standard & Poor's, Moody's et Fitch). Muets pendant toute la crise, parce qu'ils n'avaient aucune solution concrète à proposer à l'époque, les économistes ultralibéraux sont redevenus donneurs de leçons, pourfendeurs de l'interventionnisme des états, critiques vis-à-vis des politiques publiques. Les états doivent restreindre leurs dépenses, limiter leurs déficits, baisser les impôts pour permettre à l'économie de se relancer. Et c'est un débat qui prend de plus en plus d'ampleur actuellement, qui conduit à l'adoption d'une règle d'or sur les déficits publics en Europe, au maintien de baisse d'impôts massives pour les riches ménages américains. Les ultralibéraux sont-ils directement responsables de la contamination de la crise financière à l'endettement public ? Ou bien est-ce le système financier mondial lui-même qui, après avoir failli s'auto-dévorer, s'est attaqué à la main même de celui qui avait tenté de le secourir pendant la crise, qui s'est attaqué au compartiment gigantesque de la dette des états sur lequel il s'est rendu compte qu'il y avait de gigantesques gains à réaliser ?

 

Il y a ainsi à mon sens aujourd'hui un débat à tenir sur l'idée de réformer les concepts de base même des sciences économiques, et notamment sur les concepts des théories libérales ou néo-classiques. Il y a à mon avis un conflit en cours entre d'une part les économistes interventionnistes (ou néo-keynésiens) qui estiment que la crise financière de 2007 impose une réforme des concepts libéraux du marché, et d'autre part les économistes libéraux (néo-classiques) ou ultralibéraux qui estiment que la crise de la dette publique démontre l'impuissance des états et impose une diminution de leur poids et la poursuite de la marchéisation de l'économie et des activités régaliennes des états !

 

 

Réflexion huit (10 mai 2012)
Rationalité de la science économique et gratuité des ressources naturelles ...


La science économique est-elle rationnelle ? Cela pourrait sembler être une question totalement déplacée, vu qu'elle se targue justement d'être totalement scientifique et de reposer sur des comportements totalement rationnels des agents économiques, analysés comme des membres de l'espèce homo oeconomicus !

 

Et pourtant, est-ce si certain ? Derrière la rectitude des hypothèses de ses théoriciens sur le comportement des agents économiques et sur le fonctionnement de leurs modèles, n'y a-t-il pas des soubassements de leur analyse totalement déconnectés de la réalité, de la logique, de l'éthique, qui retire à la science économique toute rationalité ?

 

De tels concepts totalement fallacieux et déconnectés de la réalité, de la logique ou de l'éthique, nous en connaissons vraisemblablement de nombreux. Les fonctionnements pervers actuels des marchés financiers et du capitalisme financier en sont notamment un exemple criant. Ces fonctionnements pervers sont évidemment observés dans notre réalité et ils reposent tristement sur un fonctionnement que l'on peut analyser comme rationnel même s'il n'est pas éthique. 

 

Il n'en va pas de même selon moi du problème de l'épuisement des ressources naturelles, des minerais, des hydrocarbures et autres matières premières indispensables au fonctionnement de l'économie capitaliste, de la société occidentale de consommation en voie de s'exporter dans le monde entier.

 

J'ai trouvé dans le blog Oil Man (http://petrole.blog.lemonde.fr/) une citation de l'économiste libéral du dix-neuvième siècle Jean-Baptiste Say, l'un des thérociens de l'école classique sur les fondements de laquelle repose toute l'économie libérale néo-classique actuelle. Cette citation avait été initialement indiquée par les auteurs Bihouix et de Guillebon, qui, selon eux, «signe le péché originel de la science économique, telle qu'elle est toujours pratiquée et enseignée aujourd'hui» :

«Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des sciences économiques» - (Jean-Baptiste Say, Cours d'économie politique pratique, 1815).

http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/05/08/rarefaction-des-metaux-demain-le-peak-all/

Il s'agit d'un problème majeur de l'économie capitaliste et de toute l'économie de l'environnement moderne : l'absence de valeur reconnue aux ressources naturelles puisées dans l'environnement. A ce sujet, on note l'influence primordiale des concepts théoriques de la science économique sur la réalité, et non l'inverse (à savoir une influence de la réalité sur les concepts économiques) puisque c'est bien la gratuité théorique des ressources naturelles dans la théorie économique qui fonde leur gratuité actuelle dans le monde capitaliste, ce qui est une aberration absolue.

 

En effet, nous partageons les ressources naturelles avec les générations qui nous ont précédé et surtout celles qui vont nous succéder, c'est-à-dire celles de nos enfants, de nos petits-enfants et des suivants. Le fait de pouvoir ponctionner dans le sous-sol l'ensemble des ressources naturelles qui nous sont aujourd'hui utiles, qu'il s'agisse du pétrole, du charbon, du gaz, des métaux, des terres rares ou de l'uranium de manière totalement gratuite, si ce n'est les coûts d'extraction, les prive de cette même possibilité.

 

Cela n'a effectivement aucun sens, à moins que l'on estime théoriquement que leurs gisements sont infinis, que ces ressources naturelles sont inépuisables. Dans ce cas-là, on ne priverait en effet en aucun cas les générations suivantes de la disponibilité de ces ressources, et on pourrait à ce moment-là les ponctionner sans état d'âme. Mais à partir du moment où l'on sait que ces ressources naturelles ne sont pas inépuisables, et que l'on arrivera très rapidement à leur épuisement, on prive à ce moment-là les prochaines générations de ces ressources et on devrait alors les économiser, restreindre notre consommation, changer notre modèle économique et le type de biens que nous fabriquons, et surtout reconnaitre que ces ressources naturelles ne sont pas gratuites mais payantes, au bénéfice des générations qui vont nous suivre.

 

Les états qui disposent de ces gisements de ressources naturelles n'ont pas uniquement le droit de prélever des taxes et des impôts sur les activités d'extraction sur leurs terres ; elles ont le droit de réglementer ces activités, de demander un prix convenable pour les ressources extraites, quelles qu'elles soient, au bénéfice des générations à venir ou pour les générations actuelles, et de nationaliser les compagnies étrangères ou privées qui exploitent les gisements sur leur territoire.

 

Au-delà de cela, il faudrait surtout que la science économique intègre le caractère non inépuisable des ressources naturelles et inventent une théorie et des mécanismes de rémunération de ces ressources, afin de guider le monde vers l'épuisement des ressources naturelles. La science économique se doit également d'intégrer le coût des émissions de carbone et de la dette climatique et environnementale née des émissions de gaz à effet de serre, et de l'indemnisation des générations à venir pour la dégradation de leur lieu de vie et de leur qualité de vie.



Saucratès

 

 

Note précédente :

1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2009988-critique_de_l_economie_1.html


09/05/2012
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De la crise financière (16)

Réflexion cent trois (15 janvier 2012)
La perte du triple A de la France
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Je serais tenté de dire : voilà, c'est fait ! L'agence de notation anglo-saxone Standard & Poor's a finalement dégradé ce vendredi 13 janvier 2012 la note AAA de la France, la ramenant à AA+, en même temps qu'elle dégradait les notes de huit autres pays européens.

 

Standard & Poor's a ainsi également dégradée les notes de l'Autriche (également de AAA à AA+), de la Slovénie (de AA- vers A+), de la Slovaquie (de A+ vers A), de Malte (de A vers A-), de l'Espagne (de AA- vers A), de l'Italie (de A vers BBB+), de Chypre (de BBB vers BB+) et du Portugal (de BBB- vers BB).

 

Sur les six états européens qui conservaient jusqu'à vendredi leur cote maximum AAA il n'en reste ainsi plus que quatre : l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. Par ailleurs, trois pays européens sont classés dans la catégorie des junk bonds (obligations pourries) le Portugal (BB), Chypre (BB+) et la Grèce (C). Deux pays sont également aux portes de la catégorie des junk bonds : l'Irlande (BBB+) et l'Italie (BBB+).

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/14/la-decision-de-s-p-confirme-une-zone-euro-a-quatre-vitesses_1629623_1581613.html

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/15/divisions-en-europe-autour-d-un-renflouement-du-fesf_1629950_1581613.html

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/14/la-perte-du-aaa-choc-politique-pour-m-sarkozy_1629707_1581613.html

 

Avec les écarts de taux (le spread entre les taux allemands et français) enregistrés ces derniers mois entre les obligations publiques allemandes (Bund) et françaises (Oat - obligations assimilables du Trésor), qui dépassaient 150 points de base, l'abaissement de la note de la France était d'une certaine façon déjà intégrée par les marchés financiers, même si le pire n'est jamais certain et si l’irrationalité des marchés financiers est plus que jamais d'actualité. On peut vraisemblablement s'attendre demain lundi matin, à l'ouverture de la bourse parisienne, à une dégringolade des actions des principales banques et du CAC40 ... Bien qu'en la matière, il est presque impossible de faire la moindre prévision de la réaction des marchés.

 

D'une certaine façon, l'abaissement de la note de la France est derrière nous ; elle ne pend plus comme une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Evidemment, les deux autres agences de notation (Moody's et Fitch Rating) vont également réviser leur notation sur la France lors des prochaines semaines, après avoir fortement réfléchis évidemment ... Plus prosaïquement, elles attendront que les bourses assimilent ces nouvelles avant de rajouter une couche et faire tomber les indices boursiers plus bas. Puis quelques semaines plus tard, ces mêmes agences reréviseront une nouvelle fois les notes de la France, puisque Standard & Poor's a indiqué une perspective négative à la note AA+ de la France (comme à quatorze autres pays européens).

 

Amusant de découvrir qu'à l’Élysée, on s'inquiète d'abord des conséquences sur les taux d'emprunt de l'Italie, qui commençaient à s'améliorer ; amélioration ruinée par Standard & Poor's selon l’Élysée ... Amusant surtout que l'on découvre à l’Élysée qu'il aurait fallu s'attaquer aux agences de notation anglo-saxonnes (on les appelle à tord selon moi 'internationales') dès le début de la crise financière de 2007. Évidemment cela fait des années qu'un certain nombre d'économistes français (comme moi-même) militent pour qu'il soit fait interdiction aux agences de notation de coter la dette publiques des états !

 

Les agences de notation anglo-saxonnes seraient-elles des pompiers pyromanes ou de simples girouettes suivant les avis des marchés financiers, ou plutôt les courants de la spéculation financière ? Elles ne sont en aucun cas de simples thermomètres qu'il pourrait être inadéquat de casser ... Amusant en tout cas de noter qu'elles interviennent de la sorte en pleine campagne électorale française, en plantant une épine gigantesque dans le pied du président-candidat UMP sortant, et en permettant de ramener le programme économique socialiste vers plus de pragmatisme ...

 

A ce stade, il me semble qu'il ne faut pas accorder à ce fait plus d'importance qu'il en a. Mis à part notre honneur national bafoué avec cette perte du triple A, cette nouvelle a peu de valeur. Les taux des OAT françaises demeureront plus élevés que les taux des Bunds allemands, essentiellement parce que les banques et sociétés d'assurance françaises qui les achètent demandent plus de rentabilité. Mais les taux ne devraient pas trop se renchérir pour cette seule raison. 

 

Par contre, il devient urgent de définir une position mondiale vis-à-vis du contrôle et de la supervision de ces agences de notation, voire de réglementer leur activité de notation sur ce qu'elles auront le droit de faire et de ne pas faire ... sur les clients qu'elles pourront noter et sur ceux qu'elles ne pourront pas noter ...

 

Enfin, mettre en jugement les trois agences 'internationales' de notation ainsi que les grandes institutions financières mondiales pour leur rôle dans la survenance de la crise financière et dans l'encouragement apporté à la fraude fiscale, va devenir indispensable si on veut pouvoir reconstruire un système financier mondial sain et solide ... Tout en revisitant les idées de John Maynard Keynes à la sortie de la deuxième guerre mondiale pour l'organisation d'un système financier mondial stable, autour d'une monnaie mondiale, le Bancor.

 

 

Réflexion cent deux (10 janvier 2012)
Sortir les états européens de la spirale de l'endettement public ... La solution préconisée par Michel Rocard
...


La question posée par Michel Rocard dans un article du Monde démontre l'existence d'un vrai problème.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/02/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques_1624815_3232.html

 

Il a absolument raison de comparer les montants prêtés aux banques américaines lorsqu'elles ont été en difficulté (1.200 milliards de dollars de refinancements bancaires prêtés au taux de 0,01%, taux directeur de la réserve fédérale américaine depuis l'explosion de la crise des crédits subprimes) et les ressources et les taux octroyés aux états européens voire à l'état américain. La même démontration vaudrait également pour les refinancements consentis aux établissements de crédit européens par la BCE depuis la crise financière de 2007, même si le taux consenti est seulement de 1%. La BCE a prêté des centaines de milliards d'euros aux banques européennes sur la même période.

 

Pour quelles raisons les banques centrales pourraient-elles sauver des banques en leur octroyant des centaines de milliards d'euros ou de dollars de prêts, mais pas sauver des états, en laissant ceux-ci dans les mains de leurs banques créancières (le plus souvent des fonds de pension et des fonds spéculatifs) qui leur font des prêts à des taux usuraires ?

 

La solution préconisée par Michel Rocard me semble tout à fait naturelle et normale. Cette solution aurait un effet non pas immédiat mais à plus long terme. Elle ne diminuerait pas immédiatement le coût de la dette des états concernés, puisqu'elle ne concernerait que les nouvelles dettes. Mais elle sauvegarderait l'état des finances publiques des états concernés (ou de tous les états).

 

Cette solution sauvegarderait également les comptes des banques et des sociétés d'assurance européennes, qui ne devraient plus comptabiliser les pertes potentielles de non-remboursements des titres publics qu'ils détiendraient en portefeuille. Cela ne ferait peut-être que ruiner les fonds spéculatifs ... voire même pas ... Cela résoudrait le problème actuel de la dette des états européens.

 

La question est évidemment de savoir si la Banque centrale européenne peut octroyer un tel volume de refinancements aux états européens en plus des refinancements qu'elle doit octroyer aux banques. Cela voudrait dire prêter rien qu'en 2012 un volume dépassant largement les 2.000 milliards d'euros aux états européens (600 milliards à l'Italie, 400 milliards à la France, potentiellement autant à l'Espagne et à l'Allemagne, sans compter la Grêce ou l'Irlande ...) à un  taux de 1%, en passant par une banque publique nationale (BEI pour l'Europe, CDC pour la France ...). Je ne sais vraiment pas si de tels montants de refinancements peuvent être consentis par la seule Banque centrale européenne.

 

Il vaudrait vraisemblablement mieux ressusciter l'idée de monnaie mondiale de John Maynard Keynes : le Bancor ; une monnaie de crédit reposant sur un établissement émetteur mondial ... Mais bon, sur le fond, l'aberration qui veut que les banques centrales puissent sauver à coup de centaines de milliards d'euros ou de dollars les banques mais pas des états demeure posée !

 

 

Réflexion cent-une (22 décembre 2011)
Questions sur la liquidité du système bancaire européen en zone euro

 

Hier, mercredi 21 décembre 2011, la Banque centrale européennne a octroyé 489 milliards d'euros de financement au système financier européen, pour une durée de trois ans, au taux de 1%, dans le cadre d'une opération exceptionnelle de prêts.

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/12/21/la-bce-prete-489-milliards-d-euros-aux-banques-europeennes_1620979_1581613.html

 

Les interventions normales et habituelles de la Banque centrale européenne dans ses prêts aux établissements bancaires prennent la forme de prises en pension de créances sur quelques jours (une semaine). De manière exceptionnelle, déjà, au plus fort de la crise financière en 2007-2008-2009, la BCE avait déjà procédé à des prêts sur de plus longues durées, de trois mois à un an. Mais il s'agissait d'apporter massivement des liquidités aux établissements bancaires européens dans le cadre d'un marché interbancaire qui ne fonctionnait plus du tout, en raison de la frilosité et des peurs des banques à se prêter entre elles.

 

Cette opération de prêt aux banques européennes à trois ans réalisée hier par la BCE peut ainsi être analysée de multiples manières.

 

1) Pour les uns, ce prêt d'un montant et d'une durée inusités est le signe que la crise financière s'aggrave en zone euro et que les banques européennes ne se font une nouvelle fois plus suffisamment confiance pour se prêter et emprunter sur le marché interbancaire. Certains intervenants que j'ai pu rencontrer faisaient ainsi état la semaine dernière que les banques préfèraient de nouveau déposer leurs liquidités auprès de la BCE plutôt que de les placer sur le marché interbancaire, et qu'elles hésitaient de nouveau à se prêter ebntre elles, comme au plus fort de la crise financière, en 2008.

 

Pour ma part, je ne suis pas certain de cette vision ; les signes de crise financière ne me semblant pas plus nets que les trimestres précédents et la dégradation des cotations boursières des banques comme de la majeure partie des entreprises européennes côtées dépendant essentiellement d'un climat pessimiste au plan mondial, sur les places boursières occidentales ...

 

2) Pour d'autres, comme cet article le fait apparaître, cette opération exceptionnelle peut être comprise comme une possibilité offerte aux banques européennes d'acheter de la dette publique des états nationaux et pourrait apporter une bouffée d'oxygène sur le marché de la dette publique en zone euro. 489 milliards d'euros, ce n'est pas rien, un montant pas très éloigné de la puissance de frappe du FESF (Fonds européen de stabilisation financière). D'une certaine manière, pour ceux-là, cette opération permet de contourner le refus de la BCE de se présenter en prêteur en dernier ressort pour faciliter la monétisation de la dette européenne.

 

3) La position de la BCE me paraît plus difficile à comprendre. Apparemment, le gouverneur de la BCE, Mario Draghi, nie toute volonté d'aide aux Etats nationaux et permettraient selon lui aux banques de renflouer leurs fonds propres, et de rembourser des échéances obligataires importantes à mi-2012. Selon lui, la BCE «resterait complètement dans son rôle tout en se rapprochant de celui que certains voulaient attribuer à la BCE, à savoir le rachat direct des dettes souveraines de l'eurozone».

 

Il paraît cependant difficile de penser que ces refinancements à trois ans puissent renforcer les fonds propres des banques, sauf sous la forme limitée de la souscription à des titres subordonnés ou super-subordonnés, que les banques émettraient et souscriraient entre elles ou avec leurs principaux clients. Le renforcement des fonds propres passe forcément par une augmentation de capital sur les marchés et en aucun cas par la tranformation de ressources de financement en capital.

 

Il faut aussi noter que la BCE n'énoncerait jamais que cette opération aurait pu être rendue nécessaire par des difficultés de financement accrues des établissements bancaires européens, pas plus qu'elle n'expliquera que cette opération doit permettre aux banques nationales d'acheter de la dette publique, ce qu'elle ne veut pas faire. En somme, aucune explication sérieuse n'est disponible sur cette opération et celles qui sont avancées ont de fortes chances de ne pas être les bonnes.

 

A noter néanmoins que j'ai pu observer que l'Agence France Trésor avait pu emprunter à un taux pratiquement nul de 0,005% pour cette fin d'année, pour des durées de deux à trois mois.

http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/adjudications_98/dernieres_adjudications_101/dernieres_adjudications_decembre_2011_7165.html

 

Autres articles du Monde à lire :

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/12/20/la-fed-s-attaque-au-risque-systemique-des-banques-americaines_1620935_1581613.html

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/10/03/de-herstatt-a-lehman-brothers-trois-accords-de-bale-et-35-ans-de-regulation-bancaire_1581336_1581613.html

 

 

Réflexion cent (8 décembre 2011)
Un contrôle occulte de nos économies

 

J'ai fait apparaître dans ma précédente réflexion (n°99) que les plus grands établissements financiers américains ainsi que les deux agences anglosaxonnes de cotation internationales (Moody's et Standard & Poor's) étaient contrôlés par un même petit groupe d'actionnaires et de sociétés d'investissement, au premier rang desquelles on trouve Berkshire Hathaway, The Capital Group Companies, The Vanguard Group, Fidelity Investment, BlackRock Institutional Trust Company et State Street Corporation. Même si ces groupes d'actionnaires contrôlent moins de 50% du capital des principales sociétés américaines, leur importance est vraisemblablement suffisante pour en contrôler les organes de direction et les politiques conduites.

 

Il en va de même en France où il est de notoriété publique que les sièges d'administrateurs des principales sociétés du CAC40 (c'est-à-dire celles présentant les plus importantes capitalisations boursières) sont pour la plupart occupés par une olygarchie tournant entre le service public et les plus grosses entreprises et formée dans les mêmes grandes écoles (ENA, Polytechnique, HEC, Minesn, ESSEC ...) et que les participations croisées en vérouillent le contrôle ...

 

Mais le contrôle de nos économies occidentales ne se limite pas au noyautage du capital et des conseils d'administration des plus grandes entreprises et banques. Il y existe également un certain nombre de commissions plus ou moins occultes qui semblent réglementer et donner une direction à l'économie mondiale et son organisation. Ces commissions occultes, réservées à un certain nombre de décideurs de la planète, sont légions. Il faudrait vraisemblablement également y associer les diverses loges maçonniques dont l'influence sur nos économies est loin d'être comprise et peut-être même exagérée. J'évoquerais ici le groupe Bilderberg, le forum de Davos et la Commission trilatérale ... Mais il existe évidemment de nombreux autres groupes d'influence encore plus secrets voire importants (The Council on Foreign Relations aux Etats-Unis, the Group of Thirty, les loges secrètes des universités américaines et d'ailleurs ...)

 

1) Le groupe Bilderberg (http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg)

 

Le groupe Bilderberg regroupe environ 130 personnalités du monde politique ou des affaires, qui se réunissent chaque année pour une conférence au mois de mai ou de juin, dans des villes et des continents différents. Ces conférences ne sont pas médiatisées. Ses membres se nomment eux-mêmes les «Bilderbergers».

 

Son nom vient du lieu où se tint la première conférence, dite de Bilderberg : du nom de l'hôtel où elle s'est tenue à Oosterbeek aux Pays-Bas en mai 1954. Pour certains, le groupe Bilderberg aurait été créé dans le contexte de la guerre froide pour renforcer la coopération entre les Etats-Unis et leurs partenaires d'Europe occidentale. Il prendrait des décisions politiques et économiques importantes, hors de tout contrôle démocratique, et les ferait appliquer en influençant les gouvernements et l'opinion publique.

 

Les lieux de ces diverses conférences risquent d'être totalement inconnus du public :

  • 2000 : du 1 au 3 juin, au château du Lac, à Gerval (Belgique)
  • 2001 : du 24 au 27 mai, dans la commune de Stenungsund (Suède)
  • 2002 : du 30 mai au 2 juin, au Westfields Marriott à Chantilly (Virginie - Etats-Unis)
  • 2003 : du 15 au 18 mai, au château de Versailles (France)
  • 2004 : du 3 au 6 juin, au Grand Hôtel des Iles Borromées, à Stresa (Italie)
  • 2005 : du 5 au 8 mai, en Bavière (Allemagne)
  • 2006 : du 3 au 6 juin, à l'hôtel Brookstreet à Kanata (Ottawa - Canada)
  • 2007 : du 31 mai au 3 juin, au Ritz-Carlton d'Istanbul (Turquie)
  • 2008 : du 5 au 8 juin, au Westfiels Mariott à Chantilly (Virginie - Etats-Unis)
  • 2009 : du 14 au 17 mai, à l’Astir Palace de Vouliagméi, à côté d'Athènes (Grèce)
  • 2010 : du 3 au 6 juin en Espagne, à Sitges, à côté de Barcelone (Espagne)
  • 2011 : du 9 au 12 juin, à Saint-Moritz (Suisse)

Parmi les six membres du groupe Bilderberg représentant la France, on trouve notamment Nicolas Bazire (Groupe Arnault, proche de Nicolas Sarkozy), Henri de Castrie (Axa) et Maurice Lévy (Publicis). En Italie, l'un des Bilderbergers est Mario Monti, nouveau président du conseil depuis le départ de Silvio Berlusconi.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_participants_au_groupe_Bilderberg

 

2) Le forum de Davos (http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_économique_mondial)

 

Le Forum économique mondial est une fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève. Le Forum est connu pour sa réunion annuelle à Davos, en Suisse, qui réunit des dirigeants d’entreprise, des responsables politiques du monde entier ainsi que des intellectuels et des journalistes, afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, y compris dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il a été créé en 1971 par Klaus M. Schwab, professeur d’économie en Suisse.

 

Ces réunions sont beaucoup moins secrètes que celles du groupe Bilderberg et certains détails des discussions filtrent parfois dans la presse.

 

A noter qu'au sein du Conseil de fondation, la plus haute instance du forum composée de 22 membres, on trouve également le français Maurice Lévy, ainsi que Carlos Ghosn (groupe Renault).

 

3) La commission trilatérale (http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Trilatérale)

 

La commission trilatérale a été créée en 1973 à l'initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations américain. Composée de 300 à 400 membres (hommes d'affaires, politiciens), son but est de «promouvoir et construire une coopération politique et économique entre les trois zones clés du monde» : Europe occidentale, Amérique du Nord et Asie Pacifique.

http://www.trilateral.org/

 

Parmi les 150 membres européens qui la composent, je n'ai pas vu de personnalités françaises particulières à noter (Jérôme Seydoux, Jean-Louis Bruguières ...). A noter que le président du groupe Europe est une nouvelle fois l'italien Mario Monti.

 

Certains lui attribue le développement des thèses mondialistes en économie. A noter que les mêmes thèses sont développées par le groupe Bilderberg et par le Council on Foreign Relations américain. Plus précisément, en 2008, cette dernière instance a lancér une réflexion pour cinq ans : «Le programme cherche à identifier les faiblesses critiques du cadre actuel de coopération multilatérale ; à proposer des réformes spécifiques adaptées aux nouvelles situations mondiales : à promouvoir un leadership constructif des États-Unis visant à renforcer les capacités des organisations existantes et à promouvoir de nouvelles institutions ainsi que de nouveaux partenariats plus efficaces tant au niveau régional que mondial incluant le secteur privé et les ONG.»

http://fr.wikipedia.org/wiki/Council_on_Foreign_Relations

 

 

Réflexion quatre-vingt-dix-neuf (30 novembre 2011)
Répartition du capital des principales institutions financières américaines ... Un contrôle exercé par quelques groupes financiers et fonds de pension

 

Sur la base d’un article déposé sur le forum de Boursorama, je me suis amusé à vérifier la répartition du capital des principales agences de notation internationales et des principales banques américaines. Le résultat est édifiant. On retrouve en effet un même cartel constitué des mêmes actionnaires dans toutes les institutions financières américaines et dans les deux grandes agences de notation internationales anglo-saxonnes.

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/271111/scoop-actionnaires-des-agences-de-notation

 

Ces sociétés d'investissement ou fonds de pension que l’on retrouve dans la majorité des sociétés financières américaines sont :

- Berkshire Hathaway, société d'investissement de Warren Buffett,

- Capital World Investors, entité de Capital Group Companies, un des plus grands fond d'investissement mondial

- The Vanguard Group, société américaine d’investissement , créée en 1975, qui gérerait plus de 1.000 milliards de dollars d’actifs, et ses nombreux fonds (Vanguard Total Stock Market Index Fund - Vanguard 500 Index Fund - Vanguard Institutional Index Fund - Vanguard/Windsor II - Vanguard/Wellington Fund ...)

(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Vanguard_Group)

- Fidelity Investment (et son fond FMR LLC, entre autres ...), groupe américain de services financiers, fondé en 1946

(source : http://en.wikipedia.org/wiki/Fidelity_Investments)

- BlackRock Institutional Trust Company, l'une des plus importantes sociétés de gestion d'actifs au monde

(source : http://www.blackrockinvestments.com.au/index.htm)

- State Street Corporation, un des premiers prestataires mondiaux de services financiers aux investisseurs institutionnels

(source : http://en.wikipedia.org/wiki/State_Street_Corporation)

- Price (T.Rowe) Associates

(source : http://en.wikipedia.org/wiki/T._Rowe_Price)

 

Voici dans le détail la décomposition du capital des principales sociétés financières américaines, en commençant par les trois principales agences de notation internationales, sur la base d'informations vérifiées au maximum de mes capacités ...

  

L'agence Fitch Ratings (que l'on pourrait considérer comme française) est un cas un peu à part, détenue à hauteur de 60% par le groupe français Fimalac, contrôlé par Marc Ladreyt De Lacharrière, et à 40% par le groupe géant de medias américain Hearst, détenu par un Trust familial.

 

Les principaux actionnaires de l'agence Moody’s sont :

(http://fr.finance.yahoo.com/q/mh?s=MCO)

 

Principaux actionnaires

1. Berkshire Hathaway

2. Capital World Investors

3. Price (T.Rowe) Associates

4. ValueAct Holdings, L.P

5. The Vanguard Group

6. AllianceBernstein, L.P.

7. State Street Corporation 

Participation 

865 244 362 $

851 762 625 $

 

 

 

 

 

Capital 

12,80%

 12,60%

7,56%

7,47%

7,19%

3,94%

3,24%

 

L'agence Standard & Poor's est détenue à 100% par la société américaine Mc Graw-Hill Companies. Mais le capital de cette société nous apprend que l'on retrouve le même groupe d'actionnaires.
http://finance.yahoo.com/q/mh?s=MHP+Major+Holders

 

1. Capital World Investors

2. The Vanguard Group

3. Oppenheimer Funds

4. State Street Corporation 

5. Price (T.Rowe) Associates

6. Dodge & Cox

1 234 473 100 $

 

 

 

 

 

10,26%

7,52%

5,21%

4,25%

4,93%

4,90%

 

On retrouve pratiquement les mêmes investisseurs dans l'actionnariat des principales grandes banques américaines. Ainsi les actionnaires de la banque Citigroup sont les suivants :

http://fr.finance.yahoo.com/q/mh?s=C

 

1. The Vanguard Group

2. FMR LLC (Fidelity Investment)

3. State Street Corporation 

4. BlackRock Institutional Trust Company

5. JP Morgan Chase & Company

6. Capital World Investors

4 941 074 785 $

 

 

 

 

 

6,59%

3,92%

3,68%

2,48%

2,12%

1,98%

 

Les actionnaires de Wells Fargo Bank sont :

http://finance.yahoo.com/q/mh?s=WFC+Major+Holders

 

1. Berkshire Hathaway

2. The Vanguard Group

3. FMR LLC (Fidelity Investment)

4. State Street Corporation 

5. Capital World Investors

6. Wellington Management Company LLP

7. Dodge & Cox

8 716 239 768 $

 

 

 

 

 

 

6,85%

6,49%

4,67%

3,64%

2,86%

2,79%

2,75%

 

Les actionnaires de Bank of America (BOA) :
http://finance.yahoo.com/q/mh?s=BAC+Major+Holders

 

1. The Vanguard Group

2. State Street Corporation 

3. BlackRock Institutional Trust Company

4. JP Morgan Chase & Company

5. Dodge & Cox

4 245 742 788 $

 

 

 

 

6,62%

4,50%

2,48%

2,20%

2,11%

Ne pas oublier que la société d'investissement de Warren Buffett, Berkshire Hathaway, a investi 5 milliards de dollars dans Bank of America courant d'année 2011 lui permettant de devenir son principal actionnaire.

 

Les actionnaires de la banque JP Morgan Chase (elle-même actionnaire de Citigroup et de Bank of America) :

http://finance.yahoo.com/q/mh?s=JPM+Major+Holders

 

1. The Vanguard Group

2. State Street Corporation 

3. Price (T.Rowe) Associates

4. BlackRock Institutional Trust Company

5. Wellington Management Company LLP

6. FMR LLC (Fidelity Investment)

9 234 718 338 $

 

 

 

 

 

8,07%

4,08%

2,74%

2,68%

2,42%

2,36%

   

Les actionnaires de la banque Goldman Sachs :
http://fr.finance.yahoo.com/q/mh?s=GS

 

1. The Vanguard Group

2. Capital World Investors

3. State Street Corporation 

4. Dodge & Cox

5. Massachusetts Financial Services

6. Citigroup

7. BlackRock Institutional Trust Company

8. Wellington Management Company LLP

3 128 415 875 $

 

 

 

 

 

 

 

6,74%

5,70%

3,92%

3,78%

3,52%

2,73%

2,61%

 2,53%

   

Les actionnaires de la banque Morgan Stanley :
http://finance.yahoo.com/q/mh?s=MS+Major+Holders

 

1. Mitsubishi UFJ Financial Group

2. State Street Corporation 

3. The Vanguard Group

4. FMR LLC (Fidelity Investment)

5. Franklin Resources

 5 836 551 723 $

 

 

 

 

22,41%

8,69%

5,00%

3,86%

2,52%

 

Les actionnaires de la banque PNC Financial Service (qui détient 35% des parts de la société de gestion d'investissement BlackRock) :
http://finance.yahoo.com/q/mh?s=pnc+Major+Holders

 

1. The Vanguard Group

2. Wellington Management Company LLP

3. State Street Corporation 

4. Barrow, Hanley, Mewhinney & Strauss

5. Eaton Vance Management

6. Capital World Investors

7. BlackRock Institutional Trust Company

8. Franklin Resources

 2 594 344 577 $

 

 

 

 

 

 

 

10,24%

5,38%

4,03%

3,85%

3,33%

2,69%

2,41%

2,02%

 

  

Saucratès
 

Mes autres écrits sur la crise financière :
1.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1985888-de_la_crise_financiere_1.html
2.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1985907-de_la_crise_financiere_2.html
3.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1986317-de_la_crise_financiere_3.html
4.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988042-de_la_crise_financiere_4.html
5.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988064-de_la_crise_financiere_5.html
6.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1988067-de_la_crise_financiere_6.html

7.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1991164-de_la_crise_financiere_7.html

8.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1991178-de_la_crise_financiere_8.html

9.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992408-de_la_crise_financiere_9.html

10.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992422-de_la_crise_financiere 10.html

11.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992436-de_la_crise_financiere_11.html

12.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992440-de_la_crise_financiere_12.html
13.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992951-de_la_crise_financiere_13.html

14.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1992974-de_la_crise_financiere_14.html

15.http://saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-2533109-de_la_crise_financiere_15.html


29/11/2011
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