Critiques de notre temps

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De l'égalité entre les hommes et les femmes (2)

 

Réflexion cinq (21 novembre 2017)

Pourquoi je ne parle jamais des agressions sexuelles dont sont victimes les femmes ... et pourquoi je ne suis pas «féministe» ?

 

Cela vous paraît-il bizarre ? Je traite du sujet de l'égalité entre les hommes et les femmes, ou plutôt des inégalités existant entre eux, mais je ne traite absolument pas d'un des principaux évènements de ces dernières semaines concernant au fond justement ce même sujet, à savoir les agressions sexuelles dont sont justement victimes de nombreuses femmes, qu'elles soient actrices ou simplement femmes. Est-ce bizarre ? 

 

Des plaintes ont ont donc été portées aux États Unis contre l'un des plus grands producteurs américains de films, et ces plaintes ont donné naissance à une explosion des déclarations d'agressions sexuelles de la part de femmes dans l'ensemble des pays et contre de très nombreux hommes, politiques, cinéastes ou quidams moyens. On peut avoir l'impression de frôler désormais l'hystérie collective dans cette histoire parce que les plaintes se succèdent maintenant inlassablement et entraînent démissions et accusations dans la majorité des pays occidentaux (c'est-à-dire Europe, Etats-Unis, Canada et Australie). 

 

Je ne remets aucunement en cause la réalité de ces agressions sexuelles, même si vraisemblablement, quelques agressions doivent certainement avoir été inventées au sein de cet ensemble, du fait du battage médiatique autour de cette affaire ! Mais au fond, ce n'est pas le sujet. Le sujet n'est pas la réalité de ces agressions, mais justement leur banalité. Tous les hommes de par le Monde pourraient être concernés par ces plaintes, non pas pour les avoir causées, non pas pour en être les auteurs, mais pour en avoir rêvé, pour avoir rêvé d'avoir le pouvoir de le faire, d'avoir des relations sexuelles avec ces femmes de rêve, ou une inconnue dans la rue ou dans un bureau. 

 

Parce ce que les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans le jeu de la séduction. Parce qu'il suffit à une femme de sourire à un homme et de le draguer, pour pouvoir coucher avec lui ! Mais que cela est presque impossible et demande des trésors de diplomatie pour un homme. Alors oui, une femme a le droit de refuser son corps (demande des féministes) ou de dire «non» ! Mais on ne peut pas non plus empêcher les hommes de rêver d'être en capacité de les y forcer  par le pouvoir ou par la force. Ce que je dis est certes horrible ; tous les hommes seraient des brutes dont les rêves sexuels seraient plein de violence ! Mais est-ce véritablement faux ?

 

Au fond, l'éducation ne serait-elle pas simplement le fait d'arriver à canaliser ces pulsions et ces désirs sexuels pour les maintenir dans le cadre du fantasme, de les canaliser dans ce qui est accepté et toléré par la Société et par nos partenaires féminins ? Au fond, ceux qui sont les plus heureux sont les homosexuels masculins, puisqu'ils font cela avec des personnes qui ont les mêmes fantasmes qu'eux, sauf qu'il leur faut se reconnaître entre eux et ne pas être attirés par des hommes hétérosexuels. 

 

Avec le pouvoir, la puissance financière et politique, des hommes oublient peut-être peu à peu les limites de la société pour tenter d'obtenir sexuellement ce qu'ils veulent quand ils le veulent, comme ils le veulent. Et des hommes puissants, capables de détruire des carrières ou des réputations, arrivent sûrement à le faire longtemps, sans être inquiétés. Aurais-je été puissant, aurais-je été un monstre ? 

 

Ce qui est amusant, c'est que des pères qui pourraient peut-être être très tolérants voire capables de tels actes sur d'autres femmes, pourraient ne plus être du tout tolérants à l'égard de ceux qui agiraient de cette manière avec leurs propres enfants, avec leurs propres filles. Ces pères se transformeraient alors en meurtriers à l'égard du violeur de leurs filles, alors qu'ils pourraient se sentir peu concernés par ces mêmes faits s'ils ne touchaient pas leurs enfants. «Amusant» n'est peut-être pas le terme idoine ! Au fond, en tant qu'homme, je peux comprendre certaines agressions sexuelles ... En tant que père, elles me donneraient des envies de vengeance et de meurtre !

 

Pour quelles raisons est-ce que je ne partage pas l'hystérie collective autour de ces plaintes d'agressions sexuelles ? Premièrement, parce que je pourrais être concerné, au moins dans l'ordre du fantasme. Deuxièmement, parce que les victimes sont justement celles qui peuplent nos rêves, intouchables certes pour nous, mais justement les égéries qui nous ont été vendues comme des créatures de rêve absolu. Troisièmement, parce que nul n'est désormais à l'abri d'une plainte même fausse, parce que les relations hommes-femmes sont beaucoup trop inégales, beaucoup trop compliquées.

 

Enfin et pour conclure, pour rester dans ce cadre de l'inégalité des relations entre les hommes et les femmes, où un homme ne refusera que très rarement une proposition d'une femme, où une femme ne verra que très rarement l'ensemble des hommes refuser ces propositions (sauf si elle est très moche et très vieille, et encore), à l'immense difference avec les hommes où c'est notre cas général. Partir en boite ou dans un bar et ramener une fille est presque mission impossible pour un homme alors que l'inverse est tres peu probable.

 

Mais ce n'est pas sur cela que je voulais conclure. Je voulais conclure sur l'histoire du couple Macron, c'est-à-dire l'histoire d'un couple d'un jeune lycéen et d'une femme plus âgée, en la comparant à une histoire comparable qui aurait concerné un homme de 40 ans et une jeune fille de 15-17 ans ? Dans un cas, on a l'histoire d'un couple non conforme, mais acceptée ; dans le cas inverse, on aurait eu l'histoire d'un pervers sexuel, d'un prédateur sexuel qui aurait été jeté en prison. Pour quelle raison ce qui est accepté quand c'est une femme, est-il vécu comme un crime et une perversion quand c'est un homme ?

 

Alors quand on nous parle de l'inégalité des femmes vis-à-vis des dominateurs hommes, je reprendrais les termes de Frédéric Bonnaud, directeur de la Cinémathèque, cité par le Journal Le Monde, qui évoquait «un flash totalitaire» et «le spectre d'un retour à l'ordre moral» en parlant de l'ajournement de la rétrospective Jean-Claude Brisseau, pour cause de plaintes ou de condamnation pour agressions sexuelles. Il avait rajouté : «Nous ne sommes pas de taille. Elles ont gagné» ! Comment se battre contre la ministre Schiappa et les féministes rassemblées autour d'elle !

 

 

Saucratès 



21/11/2017
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