Critiques de notre temps

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Syndicats


La volonté de remise en cause du code du travail ?

 

Réflexion deux (15 août 2017)

La déconstruction du Droit du travail

 

Il y a près de deux ans, en septembre 2015, j'avais contesté un projet socialiste de déconstruction du Droit du travail. Parallèlement aux différents projets de casse et de haine sociale du précédent gouvernement socialiste, de réformisme idiot, de simplification administrative «à la con» (la -grande- «banque publique d'investissement» fait partie de ces idées aberrante ... ce n'est pas en additionnant trois établissements pseudo-bancaires qu'on obtient plus ... mais en changeant l'idéologie qui prévalait interdisant à un établissement public de concurrencer des banques privées ... de même que les projets de fusionner la CDC et l'AFD pour obtenir une nouvelle grande banque publique nationale et internationale, grande idée abrutie décidée du jour au lendemain par M. Hollande lors d'une réunion des ambassadeurs en juillet août 2014 de mémoire ...), il s'agissait d'une nouvelle grande idée débile, fruit du travail de sape d´habiles lobbyistes auprès de politiques socialistes traitres au véritable socialisme. Il est certainement trop facile d'en appeler au Général de Gaulle, mais celui-ci était certainement plus socialiste que ces socialistes là (n'est-il pas à l'origine de la «participation des salariés au fruit de l'expansion», de sa formule et de son principe, grande idée  genialissime que nos chers socialistes contemporains auraient été bien en peine d'imaginer, inféodés qu'ils le sont aux projets des lobbyistes patronaux et syndicaux réformistes !). 

 

Des socialistes inféodés aux intérêts des lobbyistes patronaux voire syndicaux vendus ? Ou bien de faux socialistes, vrais libéraux mais élus en trichant sur leur idéologie, sur leurs promesses, sur leurs vrais projets de libéralisation à tout va de l'économie française et de ses acquis sociaux ? Il s'agit de mes deux possibilités d'analyse de ce qui s'est passé entre 2012 et 2017, sous la présidence Hollande, et de son premier ministre Valls ... qui lui au moins a choisi de se dévoiler en s'affichant comme libéral avec son ami Macron ! Ces années là furent le règne des lobbys patronaux et des faux syndicalistes. Les accointances des grands féodaux patronaux auprès de Bercy ou de Matignon leur permirent d'avancer petit à petit leurs pions. La CDC pouvait avaler l'AFD, le nouveau gouverneur de la Banque de France pouvait être choisi dans l'état major de la BNP Paribas, peu connu mais certainement très bien introduit à Bercy, Matignon ou l'Elysée ... et obtenir la possibilité d'absorber les ex Instituts d'émission ... le MEDEF pouvait obtenir la remise en cause des institutions représentatives du personnel et le rôle des syndicats, la limitation des indemnités prudhommales ... Entre autres milliers d'autres choses ... 2012-2017 : le paradis des lobbyistes et du patronat et de ses affidés ! Bientôt suivi par le nirvâna sous les prochaines années Macron ! Nous ne sommes pas sortis de l'auberge !

 

Résultat de cinq années de socialisme hollando-vallsiste ? Plusieurs lois travail «à la con» qui ont organisé la désorganisation du Droit du travail et le recul de nos droits, à nous salariés. Grâce à la sacro-sainte Loi travail de Mme El Konnerie, les salariés ne sont plus protégés lors des dénonciations des accords qui les protégeaient. Plus de maintien individuel des dispositions antérieures plus intéressantes que les nouvelles dispositions ou les dispositions légales en l'absence d'accord ... Simplement un maintien pendant une année du salaire. Et au-delà, le vide absolu ! Merci aux socialo-ultra-libéraux et à Mme El Konnerie.

 

Août 2017, le gouvernement Macron est désormais autorisé à légiférer par ordonnances pour réformer le Droit du travail. Après des années de libéralisme avançant masqué sous un masque socialiste, nous voici avec de vrais libéraux, toujours inféodés aux mêmes intérêts lobbyistes, mais qui vont nous concocter de beaux projets ultra-libéraux de recul de nos droits sociaux. Nous ne sommes pas sauvés !

 

Plus besoin de lobbying ... Le Président et le Premier ministre se présentent eux-mêmes comme les premiers VRP du patronat français ... Leurs projets sur la simplification du Code du travail dépasseront peut être même les rêves les plus fous du MEDEF, plus avantageuses que les lois les plus rétrogrades des pays les plus libéraux au monde ... 

 

Je n'attends évidemment rien de positif de la présidence Macron et du gouvernement Philippe. Ce que j'attends plus précisément avec inquiétude, ce sont les réactions des organisations syndicales, et en premier lieu celles de la CFDT. Évidemment les reculs voulus par le MEDEF intéressent en premier lieu la CFDT ; ils étaient prêts il y a à peine un an à la CFDT à signer la remise en cause des institutions représentatives du personnel, la création d'un «conseil d'entreprise» sensé être une grande «avancée sociale» ... même si je parlerais plutôt pour ma part d'un énorme gâchis à attendre ... un énorme recul social pour la représentation du personnel ... Gageons qu'à son habitude, la CFDT saura se montrer conciliante avec les projets du MEDEF et des libéraux du gouvernement. Et qu'ils trouveront des arguments pour défendre leur choix auprès de leurs adhérents ... Ce qui m'énerve particulièrement, c'est la volonté de limiter le nombre de mandats successifs des futurs représentants du personnel ... Même si cela correspond parfaitement à l'idéologie désormais dominante libérale en France. La limitation du nombre de mandats successifs pour ne plus avoir de politiques à vie ou de syndicalistes à vie ... sauf que c'est au personnel de le décider, pas à quelques bons penseurs idéologues ... Et puis je gage que l'idée ne déplaira pas au MEDEF et aux patrons dans les entreprises ... cette possibilité qui leur sera offerte de pouvoir enfin se débarrasser des syndicalistes qui les auront emmerder à vie, et de faire en sorte qu'ils ne retrouvent plus jamais un travail salarié !

 

Evidemment tout ceci sont d'immenses avancées sociales pour lesquelles il faudra remercier les deux genoux à terre le président Macron, son gouvernement, et les socialistes qui les auront aidés précédemment ! Merci Patron !

 

 

Réflexion une (3 septembre 2015)

Pourquoi cette volonté de remise en cause du Code du travail

 

J’ai lu plusieurs articles de presse sur les enjeux de la réforme du Code du Travail dans la presse de ces derniers jours.

//www.lemonde.fr/emploi/article/2015/09/02/laurent-berger-non-au-statu-quo-sur-le-code-du-travail_4743357_1698637.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2015/09/02/les-7-faux-debats-a-propos-du-travail_4743049_3232.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2015/09/02/droit-du-travail-les-pistes-de-reformes-se-precisent_4743291_823448.html

 

Tous ces articles reposent sur un même constat (sans même tenir compte de la position du MEDEF selon lequel c’est le Code du Travail qui empêche les entreprises d’embaucher ou d’augmenter les salariés !) :

- Le code du travail n’est plus appliqué dans les entreprises,

- Il faut donner aux partenaires sociaux la possibilité de fabriquer de la Loi, voire de se substituer à la Loi

- Les syndicats qui ne signent pas d’accord au niveau national avec le patronat (la CGT et FO-CGT) sont dans l’obstruction, dans la défense du veau sacré, et non aucune légitimité.

 

1)     Un problème de légitimité démocratique

 

L’ensemble de ces débats me semble extrêmement dangereux. A la base, confier le pouvoir de faire la Loi à des personnages aussi peu compétents et aussi peu représentatifs que les responsables d’un certain nombre de syndicats, et en tout premier lieu la CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) est une aberration invraisemblable. Pour prendre l’exemple de la CFDT (mais cela vaut aussi pour nombre d’autres syndicats), la dernière fois que les principaux dirigeants et élus de cette organisation syndicale ont vu et ont travaillé dans une entreprise remonte à plusieurs décennies. Même au MEDEF, les élus et les représentants sont plus au fait de l’actualité ; au moins, ils voient toujours leurs entreprises et ils y ‘travaillent’ toujours , à des postes de prestige certes. A la tête des grandes confédérations syndicales, on ne trouve que des permanents syndicaux, le plus souvent de la fonction publique ou parfois des grandes entreprises, et qui ont abandonné le « monde du travail » il y a plusieurs décennies.

 

Quant à leur légitimité « démocratique », un parlementaire est plus représentatif des salariés que ces dirigeants syndicaux (notamment à la CFDT). Ils sont désignés par les désignés des désignés des adhérents de la CFDT. A aucun moment, une véritable démocratie n’existe dans la majeure partie de ces organisations syndicales (c’est surtout vrai à la CFDT). On trouve les adhérents syndiqués dans les entreprises. Mais pas au-delà. Même les délégués syndicaux ne sont pas élus par les sections d'entreprises, mais désignés par les syndicats, parmi les élus ayant remporté suffisamment de voix aux élections professionnelles (10% des votes dans leur collège). Le plus souvent, il s’agit néanmoins des personnes que les syndiqués auraient désigné démocratiquement. Ces derniers (les délégués syndicaux) ont plus ou moins leur mot à dire dans les syndicats où ils sont représentés (et pas les syndiqués qu’ils représentent, même si ils peuvent organiser dans leur section un débat autour de ces choix et de ces enjeux). Et déjà, il y a de petits délégués de sections syndicales et de gros délégués de section syndicale, puisque chaque délégué syndical dispose d’un nombre de votes fonction de son nombre d’adhérents (ou de timbres). Mais ils ne peuvent que désignés des porteurs de mandats pour les différentes unions et syndicats auxquels ils appartiennent, porteurs de mandat et représentants élus qui arrivent de cette manière à se maintenir au pouvoir année après année. Et ce sont ces personnes qui participeront aux différents votes dans les congrès, défendant leurs camarades et affidés. C’est cela la démocratie pour des syndicats comme la CFDT ou d’autres organisations syndicales proches.

  

La démocratie syndicale, c'est le capitalisme. Chaque section d'entreprise détient tant de participations (en nombre de syndiqués) dans les instances où il est représenté (syndicats). Chaque syndicat départemental dispose de telle participation dans l'union ou dans le syndicat de branche. Et tel syndicat tant de voix au congrès ou au parlement. Transformer ces mécanismes en pourcentage de capital, et vous avez le même fonctionnement que dans le monde de l'entreprise et des multinationales. Et on veut leur confier le droit de faire la Loi !

 

Au moins, un parlementaire est élu au suffrage universel, direct ou indirect. Même un sénateur est bien plus représentatif, même s’il n’est lui-même élu que par des élus. Il faut imaginer un sénateur élu par les élus des élus des élus. Vous pouvez être certain au final que changer une majorité serait particulièrement compliqué. Plus simplement, les partis politiques comme l’UMP sont capables de faire élire leurs dirigeants au suffrage universel par leurs adhérents, ou leurs candidats à la présidentielle, mais pas des centrales syndicales qui se disent pourtant démocratiques et se croient investies d’un pouvoir de fabriquer la Loi (à défaut de l’opinion) ?

 

A noter que cette analyse ne vaut pas pour des syndicats comme SUD ou comme les Solidaires, qui respectent le principe du « basisme ». Ce terme péjoratif de « basisme » a été inventé par les autres grandes centrales syndicales pour écarter leurs adhérents. Le « basisme », c’est quand les adhérents décident de tout, élisent leurs représentants, donnant une véritable légitimité à leurs dirigeants. Quelle horreur, que deviendrait alors les petits potentats, fils de et filles de, qui ont grimpé dans la hiérarchie syndicale à force de compromission, de lâcheté et de coup de force ?

 

Au-delà de l’illégitimité démocratique de ces organisations, cette analyse est aussi biaisée à de multiples autres niveaux.

 

2)     Le code du travail n’est pas connu par les salariés et n’est plus appliqué !

 

Pourtant on n’attend pas des justiciables qu’il connaisse les différents codes de procédure ou les différents codes de lois. Connaissez-vous le code de la propriété, le code civil, le code pénal, ou le code de procédure pénale ? Les justiciables en connaissent les grands principes ; ils font confiance aux avocats, à la police et aux juges pour connaître et faire appliquer la Loi. On sait ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour ne pas tomber sous le coup de la Loi, mais cela se limite aux seuls grands principes. Pourquoi donc devrait-il en être différemment dans le monde du travail ? Envisage-t-on de réécrire le code civil, le code pénal, le code de la famille, le code rural, le code monétaire et financier, pour cette même raison ?

 

Il y a des délégués syndicaux, des juristes dans les organisations syndicales, ou bien des juristes dans les directions des ressources humaines des entreprises qui sont désignés ou payés pour connaître de manière plus approfondie la matière du Code du Travail et de la Sécurité Sociale. Il y a aussi les avocats spécialisés en droit du travail, mais aussi les services de l’inspection du travail.

 

De sorte que l’argument de déclarer que le Code du Travail n’est pas connu des salariés et n’est pas appliqué dans les entreprises est un argument fallacieux et il est consternant que ce soit le patron (autodésigné par une poignée de désignés) d’un syndicat majeur comme la CFDT qui déclare cela ! Le problème, c’est peut-être simplement que sa réécriture décidée par Nicolas Sarkozy il y a à peine quelques années a mis en difficulté nombre de syndicalistes qui ont vu toutes les connaissances sur l’ancien texte voler en éclats. Ce travail de réécriture avait lui-même un caractère aberrant ; depuis quand réécrit-on des codes de lois ? Juste pour égaler Napoléon qui a lancé la codification du code civil ?

 

3)     Il faut donner aux partenaires sociaux la possibilité de fabriquer de la Loi, voire de se substituer à la Loi

 

Vu mes précédents développements, ma position vous apparaîtra assez facilement ! On ne peut confier le soin de fabriquer la Loi à des personnages qui n’ont aucune légitimité démocratique et qui n’ont aucun compte à rendre sur ce qu’ils font et sur ce qu’ils décident.

 

Mais au-delà, il faut se rappeler qu’on ne confie pas le soin de faire la Loi à un seul homme. Dans le cadre parlementaire, on le confie  mais à plus de 900 députés et sénateurs. Dans le cas des syndicats, on confierait ce soin à 2 ou 3 représentants des salariés et à 2 ou 3 représentants des patrons. En sachant qu’au final, de toute façon, il y a au moins déjà la CFDT qui est prête à signer tous les textes qui lui sont présentés ! A se demander même s’ils ne donnent pas leur accord à la signature avant même le début des négociations !

 

Dans l’état actuel de l’organisation des syndicats en France, on ne peut leur confier aucun pouvoir de négociation, hors des entreprises et dans le respect des dispositions légales minimales. Et il est déjà invraisemblable que le législateur décide de faire passer dans le domaine législatif un certain nombre d’accords nationaux interprofessionnels (ANI) qui ne sont pourtant signer que par 2 ou 3 syndicats que l’on considère représentatif ! Je pense à l’ANI sur la modification des critères de représentativité des syndicats, signés par la CFDT et la CGT, et dont l’objectif était de faire disparaître les autres organisations syndicales, en remplacement de la précédente présomption irréfragable de représentativité liée à la position de ses syndicats de l’occupation nazie de la France. Il y a aussi l’ANI sur la réforme de la formation professionnelle continue, abominable merdier légué par la CFDT, inapplicable et qui constitue un nouveau recul des droits des salariés.

 

On ne peut confier le soin de faire des lois à 2 ou 3 secrétaires généraux d’organisations syndicales, surtout lorsque certaines signent empressement tout ce qui leur est proposé. Et surtout lorsque ces personnes ne sont ni démocratiquement élues, ni représentatives. Cela ne pourrait être mis en place que si ce pouvoir était confié à un parlement des travailleurs et des chefs d’entreprises, au moins aussi représentatifs et démocratiquement élus que nos plus 900 parlementaires. Alors là, oui peut-être, on peut espérer qu’une telle assemblée pourrait valablement décider de l’évolution du droit du travail, en fonction de règles de majorité à définir ! S’ils sont élus démocratiquement (et non désignés par leurs pairs comme les membres des conseils économiques sociaux - et de l’environnement), et représentatifs des salariés !

 

Sinon, on dépendra des litotes de quelques organisations syndicales majoritaires, qui décident par exemple de favoriser la représentation collective dans les très petites entreprises, et sont prêts pour cela à vendre, abandonner tout ce que les luttes syndicales et politiques passées ont réussi à obtenir pour les travailleurs. Ainsi, la CFDT a été à deux doigt de valider un ANI sur la création des conseils d’entreprise, qui se serait substituer à toutes les instances représentatives du personnel existantes. Et ce n’est que le recul des autres organisations syndicales, qui ont réfléchi et reculé, qui a permis de faire échec à la volonté de signature de la CFDT. Alors que les reculs dans toutes les entreprises où la CFDT était implantée auraient été dramatiques ! Mais en quoi cela concerne-t-il des permanents syndicaux du public ou du privé élus, qui n’ont plus travaillé depuis des décennies, et n’ont rien à foutre des considérations de leur base syndicale, protégés qu’ils sont par les délégations de vote en cascade qui les sépare de cette base ignorée et méprisée.

 

4)     Peut-on même trouver un terrain d’entente avec le patronat ?

 

Parler même de partenariat social n’est-il pas exagéré avec des organisations patronales comme le MEDEF ? Si on donne aux partenaires sociaux le droit de faire la Loi, pour se substituer aux Lois précédemment votées, il me semble assez clair qu’on se dirigera vers le détricotage du droit du travail et des protections qu’il accorde aux salariés. Ce sera à plus ou moins longue échéance le rétablissement de l’esclavage au travail, à l’époque bénie (pour les patrons) du dix-neuvième siècle et du patron tout-puissant. Déjà, dans les entreprises, il est presque impossible d’obtenir de nouvelles avancées et on ne peut juste que faire barrage aux velléités réformatrices du patronat friand de plus de flexibilité.

 

Il n’y a aucune possibilité de négociation avec le patronat. Et il n’y a que le risque de voir ce patronat obtenir la signature des organisations syndicales qui se veulent les plus ouvertes aux compromissions. Signer, c’est moderne, c’est être légitime, c’est être constructif ! Attention, pendant les années 1940-1944, ceux qui sont compromettaient avec l’occupant nazi ont été jugés à la libération comme « collabos » et ils ont été jugés, tondus ou exécutés !

 

5)     Les syndicats qui ne signent pas d’accord au niveau national avec le patronat (la CGT et FO-CGT) font de l’obstruction

 

C’est enfin la grande idée du gouvernement, des syndicats (qui ont la signature facile) et du patronat. Selon eux, les syndicats qui ne signent pas les accords proposés font de l’obstruction. Il faut signer ! Evidemment, pour ma part, heureusement qu’il y a quelques organisations syndicales qui ne signent pas n’importe quoi, même s’ils ne sont guère plus représentatifs ni démocratiquement élus que les autres, pour empêcher que n’importe quels accords soient validés. C’est une drôle de conception de la démocratie, que de penser que seuls ces gens-là sont représentatifs et ont raison ! Je pense que si on coutait le secrétaire général de la CFDT, il faudrait lui donner à lui seul le droit de fabriquer le droit du travail, à lui et aux syndicats des patrons. C’est une forme de pensée tyrannique.

 

 

Saucratès


04/09/2015
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Débat sur les retraites (3)

 

Réflexion seize (29 août 2013)
Un conflit des générations à venir

 

L'article du blog de Georges Ugeux (//finance.blog.lemonde.fr) traduit exactement mon opinion sur le problème des retraites, et mon rejet de la énième réforme de rafistolage pondue par le gouvernement socialiste actuel.

//finance.blog.lemonde.fr/2013/08/28/retraites-la-politique-de-lautruche-ignore-le-conflit-des-generations/

 

Comme Georges Ugeux l'écrit : «Ma génération (la sienne, pas la mienne) a construit un endettement insupportable dont nous léguons le soin de payer les retraites à nos enfants et petits-enfants. Nous avons été irresponsables, et rien ne dit que, dans les prochaines années, ils ne seront pas contraints, qu’ils le veuillent ou non, à des réformes infiniment plus douloureuses pour sauver leur pouvoir d’achat. Ne cédons pas à l’égoïsme des vieux».


Mes/nos enfants auront en effet à la fois à rembourser les dettes publiques monstrueuses entassées depuis les années 1970-1980, mais également à payer les retraites des générations qui les auront précédées. Si cela ne tenait qu'à moi, il y aurait depuis belle lurette que j'aurais arrêté de cotiser pour une retraite dont j'étais presque certain que je n'en verrais pas la couleur. Cela m'exaspère depuis que je suis rentré sur le marché du travail, au début des années 1990.

 

Je n'ose imaginer la position qui sera celle de nos enfants, au fur et à mesure que leurs taux de cotisation continueront à croître et que les déséquilibres des régimes de retraite iront également croissants, et qu'ils comprendront qu'ils ne partiront jamais en retraite ... Ils se rappelleront alors nos combats égoïstes pour que nous (et nos enfants) puissions continuer à partir à 60 ans ... Je gage que ce jour-là, ils nous en voudront. Et nous n'y pourrons rien, ayant cotisé toute notre vie pour payer les retraites de nos propres parents, et ne disposant d'aucune retraite à notre nom. 

 

Un ami comparait notre système de retraite à une pyramide de Ponzi (ce système que Madoff a notamment utilisé pour tromper les marchés et ses épargnants). Un système qui ne fonctionne que grâce aux versements des nouveaux entrants/épargnants. Le problème des systèmes dits de Ponzi, c'est qu'ils semblent longtemps fonctionner parfaitement. Qu'ils explosent lorsque le nombre de nouveaux entrants/cotisants diminue en deça de ceux qui sortent du fonds. Qu'ils sont complètement vides lorsqu'ils s'écroulent puisqu'ils ont tendance à se maintenir tant qu'ils restent des fonds à l'intérieur. Et que ceux qui restent y ont tout perdu lorsque ces fonds explosent.

 

Lire également ce autre article du Monde qui démontre/explique que la France est le pays le plus généreux du monde avec ses retraités. Difficile à envisager puisque l'imaginaire collectif, la bien-pensance nationale, et l'ensemble des médias préfèrent mettre en avant ces quelques retraités obligés de fouiller les poubelles des grandes surfaces et des restaurants pour se nourir ...   

//www.lemonde.fr/societe/article/2013/08/28/la-france-est-le-pays-le-plus-genereux-du-monde-avec-ses-retraites_3467399_3224.html 

 

  

Réflexion quinze (27 août 2013)
Une nouvelle réforme des retraites sur le dos des salariés

 

Le gouvernement engage depuis cette semaine des simili-négociations avec les organisations syndicales représentatives des salariés et des patrons. L'idée de cette bande d'hypocrites est une nouvelle fois de faire payer toujours plus les salariés, pour sauvegarder un régime totalement inique et que l'on imagine déjà condamné à terme.

 

Les uns (à la CFDT) ne veulent pas qu'on touche aux conditions de départ en retraite avant 2020, pour que les salariés de plus de 55 ans puissent partir normalement à la retraite comme ils l'avaient prévus (ce que je peux comprendre). D'autres (à la CGT) ne veulent pas qu'on touche au nombre d'annuités nécessaires pour partir en retraite à taux plein (42 annuités à ce jour) ou à la date théorique de départ en retraite (60 ans ou 62 ans ?). Enfin, à Force Ouvrière, on se satisfait de la création d'un compte pénibilité : «C'est quelque chose à quoi syndicalement nous sommes très attachés depuis longtemps». Mais les uns et les autres s'en contrefoutent de faire peser des cotisations toujours plus élevées sur les épaules des salariés actifs, qui financent à fonds perdus un régime dont ils ne verront jamais la couleur.

 

Les patrons sont opposés à une hausse des cotisations employeurs, mais le gouvernement ressort devant leurs yeux ébaudis le serpent de mer des socialistes : le transfert d'une partie des cotisations sociales patronales (la branche famille) vers la CSG. Et les patrons de se réjouir de cette excellente nouvelle pour la compétitivité des entreprises françaises.

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/26/rencontre-sur-les-retraites-ayrault-rassure-a-la-fois-patronat-et-partenaires-sociaux_3466742_823448.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2013/08/27/arretons-de-remettre-en-cause-les-droits-sociaux-lors-du-debat-sur-les-retraites_3466831_3232.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/27/retraites-nous-n-y-couperons-pas-comme-les-autres-pays-juge-chatel_3466868_823448.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/27/retraites-un-compte-penibilite-entrera-en-vigueur-en-2015_3467076_823448.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/27/la-reforme-des-retraites-sera-devoilee-a-19-heures_3467250_823448.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/27/retraites-la-duree-de-cotisation-au-coeur-des-enjeux_3467026_823448.html

//www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/27/retraites-cette-reformette-n-est-ni-efficace-ni-juste-ni-durable_3467325_823448.html

 

Et les salariés dans tout ça ? Personne ne pense aux salariés, puisque les syndicats ne songent qu'à foutre des rustines sur un régime moribond qui sacrifie sans vergogne les intérêts des jeunes sur l'autel des intérêts des vieux salariés et des retraités.

 

Quelle réforme des retraites faut-il engager ? Ce qui me semble clair, c'est que les réformettes successives du régime de base de la Sécurité Sociale et des régimes complémentaires ARRCO et AGIRC n'ont jamais permis d'équilibrer nos régimes de retraites. Nos régimes prennent l'eau de toute part, et il ne permettra que pendant encore quelques années à des salariés âgés de partir à la retraite ... Mais cela ne durera pas indéfiniment ... Nous allons continuer à mettre en oeuvre des réformettes qui augmenteront parfois d'un trimestre les durées de cotisations, qui augmenteront les cotisations, et ne résoudront rien, et sur lesquelles il faudra revenir tous les deux ans, le temps qu'on se rende compte que les déficits continuent de progresser.

 

Ce qui me fait évidemment le plus réagir dans cette énième réformette socialiste, c'est évidemment une nouvelle fois le projet de transférer des cotisations patronales de la branche famille vers la contribution sociale généralisée (CSG). Cela impliquera directement une baisse de nos salaires et une diminution des coûts salariaux des entreprises. Je n'avais pas imaginé qu'un gouvernement socialiste pouvait être à la botte des patrons, alors qu'il n'y en a pas un seul qui a voté pour eux aux dernières législatives. On marche sur la tête. Et les syndicats des salariés qui ne disent rien, qui ne comprennent rien ou qui laisse faire ! Bande d'abrutis ! 

//saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-9569278-quel_programme_en_matiere_de_competitivite_des_ent.html

 

Ce qu'il faut mettre en oeuvre, c'est une réforme d'ampleur de nos régimes de retraite, qui rétablisse de manière certaine leur équilibre financier.

1. Relèvement de l'âge de départ à la retraite à 65 et 67 ans comme dans les autres pays européens, par souci de justice sociale : il n'y a pas de raison que les plus jeunes des salariés doivent travailler jusqu'à 70 ans, mais que les salariés plus âgés puissent partir aujourd'hui ou demain à 60 ou 62 ans ! Evidemment, il faut prendre en compte la pénibilité physique du travail : comment comparer un maçon et un enseignant ou un employé de bureau ? Comment leur demander à tous de travailler jusqu'à 67 ans ?

2. Il faut aussi diminuer les retraites à hauteur des déséquilibres financiers, à la fois pour le régime général ou pour les régimes complémentaires, afin que l'on cesse de cotiser à fonds perdus, voire de manière croissante, pour des régimes qui de toute façon seront en faillite à l'heure de notre départ en retraite.

3. Il faut cesser de faire croire que les salariés français sont attachés au régime de retraite par répartition, comme le gouvernement français l'assène sur tous les fronts médiatiques. Personnellement, je veux un régime de retraite dans lequel ce que je percevrais sera fonction de ce que j'aurais cotisé, et dans lequel je n'aurais pas cotisé pour des nèfles, à fonds perdus. Et un régime par capitalisation offre une bien meilleure visibilité. Mais évidemment, il faut bien faire payer par les salariés actuels l'imprévoyance des salariés d'hier et de retraités de demain ! Et plus ce régime par répartition continue de fonctionner, plus nous cotisons dans le vide et plus nos retraites futures seront fictives.

 

C'est plus largement le choix de la privatisation de nos régimes de retraite et de sécurité sociale qui est aujourd'hui en jeu. Combien d'années encore les salariés cotisants accepteront-ils de cotiser à fonds perdus dans un régime de retraite et de sécurité sociale moribond, qui ne leur permettra d'en profiter, pour permettre juste de payer pour une fraction actuelle de vieux nantis profiteurs ?

 

Sous une autre forme, c'est exactement ce que dit par Marc Roche dans cet article du Monde ... «Les privilèges dont bénéficient aujourd'hui les baby-boomers et qu'ils défendent bec et ongles imposent un fardeau financier sur les nouvelles générations, préjudiciable sur le plan écoonomique.»

//www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/27/le-jeune-pauvre-et-le-vieux-riche_3467020_3234.html

 

 

Réflexion quatorze (20 mars 2011)
L'équilibre des régimes de retraite complémentaire en négociation ...


La situation des régimes de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC n'apparaissait pas en tant que tel dans le projet de réforme des retraites de l'année dernière. Ces régimes de retraite sont gérés de manière paritaire par les syndicats et le patronat, et viennent de faire l'objet de négociations concernant leur équilibre, négociations qui viennent de s'achever avec un accord qui ne reçoit pour l'instant que la signature de la CFDT et du patronat.
//social.blog.lemonde.fr/2011/03/20/retraites-complementaires-pour-quelques-milliards-deuros/

//social.blog.lemonde.fr/2011/03/19/retraites-complementaires-le-contenu-de-laccord/

//www.lesechos.fr/medias/2011/0320//0201237257786_print.pdf

 

Les quatre autres centrales syndicales (CGT, FO, CFTC et CGC) s'interrogent soit sur le sens d'une signature de cet accord, soit au contraire d'une opposition à ce texte. Pour que l'opposition soit légalement valide, il faudra qu'elle regroupe trois centrales syndicales sur cinq. Avec le danger de s'opposer à un texte peut-être insuffisant pour les syndicats mais malgré tout favorable, avec la reconduction jusqu'en 2018 de l'accord sur l'AGFF, finançant les retraites complémentaires avant 65 ans ...

//www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201239725338-l-accord-en-ballottage-legerement-favorable.htm

 

Le fond de cette négociation, ce qui démontre que la réforme de l'année précédente était de toute façon nécessaire, c'est la situation déficitaire des deux régimes de retraite complémentaire à partir de 2009. Leur déficit s'est établit à 3,6 milliards d'euros en 2010, et leurs réserves accumulées (61,9 milliards d'euros pour l'ARRCO et 18,7 milliards d'euros pour l'AGIRC à fin 2009) seront épuisées en 2023 pour le régime AGIRC et en 2033 pour le régime ARRCO. Sans la réforme des retraites de l'année dernière, leurs déficits se seraient établis à 117,2 milliards d'euros en 2030 (en cumulé) et à 13,5 milliards d'euros par an en 2050.

 

L'accord auquel sont arrivés les négociateurs patronaux et syndicaux ne résout pas de manière pérenne le problème de financement des régimes de retraites complémentaires. De petites demi-mesures ont été prises pour réduire les déficits des deux régimes (limitation des avantages familiaux, diminution du rendement du régime AGIRC au niveau du régime ARRCO), sans sauvegarder le système de retraite par répartition, dans lequel, il faut le rappeler, les cotisants actuels financent les retraités actuels, sans avoir aucune certitude sur l'existence de ce régime lorsqu'ils seront eux-mêmes en retraite ... Les syndicats de salariés parlent de sauvegarder le système de la retraite par répartition, mais ce système est surtout un jeu de dupes ... les derniers cotisants (notre génération ? la génération de nos enfants ?) seront les dindons de la farce ; ayant cotisé pour les autres sans rien obtenir en échange ...

 

Il faut surtout noter les divergences majeures de préoccupation des unes et des autres parties à cette négociation. Les syndicats de salariés voulaient ainsi obtenir une augmentation des cotisations AGIRC et ARRCO, augmentation que le patronat ne voulait pas ... Et pourtant, y a-t-il un accord des salariés eux-mêmes sur cette proposition, alors que les taux de cotisation actuels en matière de retraite représentent déjà une part importante de nos rémunérations, et que nous les finançons peut-être déjà sans espoir (toute personne qui devrait partir à la retraite après les années 2030 n'a aucune certitude de bénéficier d'un niveau de retraite décent) ?

 

A noter que c'est effectivement la position des syndicats non signataires comme la CGT mais eux appellent à un relèvement des taux de cotisation (pour l'ARRCO et l'AGIRC), supportés par les salariés, voire à des financements du 'capital' dans le cadre de la retraite SS ... Mais pourra-t-on supporter toujours plus de prélèvements sur nos salaires pour financer peut-être toujours à fonds perdus les retraites de baby-boomers, qui auront bénéficié à plein de notre société, des ressources de notre planète, et qui ne nous laisseront que des ruines et des dettes ?

 

A noter également les attentes des syndicats de cadres contestant le rapprochement des rendements des régimes AGIRC et ARRCO ... Alors pourtant que dès 2009, seul le régime AGIRC était déficitaire (déficit technique de -2,03 milliards d'euros contre un excédent de +0,9 milliard d'euros pour le régime ARRCO), que ces réserves financières sont plus de trois fois inférieures à celle des caisses ARRCO (bien que le régime AGIRC ait été créé quelques années avant le régime ARRCO (1947 contre 1961) ... Ce qui témoigne soit d'un moindre souci de saine gestion, soit d'une démographie moins favorable (un rapport de 1,48 cotisant pour 1 retraité en 2009 pour l'AGIRC contre 1,56 pour l'ARRCO ... et une espérance moyenne de vie à 60 ans supérieure de plus d'un an pour les hommes et pour les femmes pour le régime AGIRC par rapport au régime ARRCO) ... Et qui devrait inciter les syndicats de cadres à plus de retenue et à plus de souplesse dans leurs revendications ...

//www.agirc-arrco.fr/qui-sommes-nous/chiffres-cles/

 

Comme l'écrit le journaliste des Echos, ici se situe «l'enjeu caché de cette négociation qui explique en partie l’attitude hostile de la CGC. Le plus frappant est que les règles de l’Arrco (tous les salariés) et de l’Agirc (les cadres) sont de plus en plus les mêmes. La spécificité cadre disparaît. D’où la question : l’Agirc est-elle encore nécessaire ? Voilà l’enjeu institutionnel et social caché.»

//blogs.lesechos.fr/dominique-seux/retraites-complementaires-l-enjeu-cache-de-la-negociation-a5373.html

 

 

Réflexion treize (24 octobre 2010)
Syndicalisme, terrorisme, blocus ...


Où se trouve la limite entre l'exercice légitime du droit de faire grève, et l'action terroriste visant à gêner le plus possible les autres citoyens, sur la base présupposée et auto-proclamée d'un appui majoritaire de la population en leurs revendications ?


Il me semble que c'est une question indispensable à se poser personnellement. Où s'arrête une grève légitime et légale ? Où commence l'action illégitime, illégale, terroriste ? Les manifestants se réfugient, se sentent légitimisés, par certains sondages qui feraient état que 60% à 70% des français seraient favorables aux manifestations. Mais on fait dire un peu ce que l'on veut aux sondages, et on leur donne l'importance que l'on veut également.

 

Sauf erreur de ma part, au début de la présentation de la réforme des retraites, les sondages donnaient une majorité des français favorables à la réforme. Cela n'a pas empêché les mêmes syndicalistes d'appeler à des manifestations contre cette réforme. Ces sondages permettent aussi de renverser la charge de la preuve. Lorsque les manifestants (les émeutiers il faudrait mieux dire) font face dans leurs barrages (dont l'objectif est de gêner le plus possible les déplacements des autres, d'emmerder le plus possible les autres), à des camionneurs ou à des automobilistes énervés, ils peuvent se réfugier derrière cette auto-légitimisation (notre action est approuvée par 70% des français) qui transforment les mécontents en des traitres minoritaires qui ne se voient pas reconnus du coup le droit à manifester leur opposition aux blocages et aux manifestations.

 

Cette auto-justification présente ainsi le paradoxe de faire des émeutiers, des manifestants, des terroristes prenant en otage le reste de la population, les seuls représentants légitimes de la contestation ; les autres minoritaires n'ont alors selon eux d'autres choix que de fermer leur gueule, de se cacher, en attendant que les émeutiers ne gagnent leur combat ... Et dans leur royale bonté, les émeutiers accepteront même plus tard que les autres minoritaires puissent bénéficier également du droit à cette retraite qu'ils n'auront pas défendue.


C'est un des paradoxes de ces mouvements de grève, de ces scènes d'émeutes qui peuvent très facilement déraper, qui sont toujours à deux doigts de basculer dans la violence, entre un groupe galvanisé par la rébellion, qui se croit investi d'un rôle supérieur, et des éléments individuels qui sont par nature incontrôlables, inconnus, parfois extéreurs, dans les syndicats ignorent le plus souvent les capacités et les objectifs ... Les syndicats jouent avec le feu dans de telles situations ... et n'en assument même pas les risques ... en cas de débordements (automobiliste récalcitrant pris à partie devant sa voiture caillassée à un barrage), ils auront beau jeu de mettre la faute sur le gouvernement qui sera responsable selon eux du pourrissement de la situation dû au non-retrait du texte ...


Je ne comprends toujours pas ce mouvement de contestation puisque cela fait des années que je milite pour le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite. Je ne comprends pas quelles autres solutions pourraient être apportées aux problèmes de financement des retraites selon les syndicats ... De même que je trouve que les raisons qui conduisent les syndicats et les manifestants à cette extrémité sont complètement creuses et populistes.


1) On pourrait faire financer par le capital les retraites des salariés et régler les problèmes de financement des retraites ? Un argument populiste ... Le jour où il y aura autant de retraités que d'actifs, ce ne seront pas des taxes sur le capital qui permettront de trouver le financement des retraites à verser. La seule solution pérenne est de diminuer le nombre de retraités, de préserver un certain rapport entre actifs et retraités, solutions qui passent forcément par un relèvement de l'âge de départ en retraite, ou alors, autre solution, par des solutions eugénistes : disparition/élimination physique des retraités sur-numéraires ...


2) Lorsqu'il s'est agit de sauvegarder les banques, l'état n'a pas eu de problèmes pour trouver des dizaines de milliards d'euros ... Mais quand il s'agit des retraites ... Un argument tout aussi populiste. Les financements nécessaires apportés aux banques françaises étaient le plus souvent des avances, remboursées, apportées par la Banque de France ... Les établissements bancaires ont même remboursé les avances en fonds propres qui leur ont été faites pendant la crise ... Les financements des retraites qui sont déjà nécessaires et qui seront nécessaires dans quelques années ou décennies devront être apportées de manière croissante chaque année. Les deux mécanismes n'ont rien à voir. D'un côté, un financement à fond perdu des retraites ... de l'autre des avances consenties et remboursables pour sauvegarder un système financier, qui, s'il s'était effondré, aurait ruiné des millions d'épargnants dont faisaient partie ces mêmes manifestants ...


Je ne peux que rappeler mon incompréhension et ma certitude qu'une réforme de l'âge de départ en retraite me semble inéluctable, quelque soit la forme que puisse prendre cette réforme. Il existe un certain rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités qu'il me semble qu'il faut à tout prix maintenir (un retraité pour deux ou trois actifs) ... rapport qui, lorsqu'il se dégradera, devra entraîner un relèvement de l'âge de départ en retraite ... Et sauf erreur de ma part, ce rapport est aujourd'hui déjà dégradé, comme en témoignent les déficits des régimes ARRCO et AGIRC, et rend indispensable de relever l'âge de départ en retraite.

 


Réflexion douze (20 octobre 2010)
A quoi conduiront les manifestations ...


Grève générale, blocages, blocus ... la situation sociale en France se dégrade franchement au cours de ces derniers jours avec le pourrissement des mouvements sociaux et leur extrêmisation ... Ce qui pose de nouveau problème en France à l'occasion de cette réforme et de ce mouvement social, c'est l'impossibilité de réformer consensuellement la France avec des décisions courageuses des partis politiques des différents bords et l'accord des organisations syndicales ... Alors que des décisions comparables de recul de l'âge de départ en retraite ont été prises dans la majeure partie des pays européens qui nous entourent, cela semble beaucoup plus difficile en France et cela ne se fera pas sans manifestations monstres, blocages généraux et effusion de sang ...


Evidemment, le simple fait que les mêmes décisions aient été prises chez nos voisins n'est pas un argument suffisant ; des mesures libérales pouvant être prises partout sans que ces mesures ne soient malgré tout justes. Mais il n'en va pas de même dans le cas des retraites. Devant les déficits qui gonflent, il faut obligatoirement agir sur certaines variables des retraites : âge de départ, durée de cotisation, niveau et assiette des cotisations, montant des retraites ...


Le problème que je vois dans les mouvements sociaux qui agitent actuellement la France, c'est l'absence de regard à moyen terme des partis politiques et des syndicats qui appellent à manifester ou à tout bloquer, ainsi que les manipulations utilisées. Dans les universités et les lycées, des leaders estudiantins ou lycéens (instrumentalisés ou simplement attirés par la médiatisation ... la représentante des lycéens que j'ai vu dans le Grand Journal de Canal Plus était excellente, bien meilleur en tout cas que le syndicaliste à ses côtés effacé et pathétique) appellent les jeunes à manifester en leur expliquant qu'en commençant à travailler après leurs études, à 25 ans, ils devront travailler jusqu'à 67 ans et peut-être demain à 69 ans ou 70 ans.

 

Mais ce problème n'est pas né de cette réforme. C'est ce qui attend cette génération comme les générations précédentes. De tout temps, en choisissant des études longues, les jeunes ont toujours retardé l'âge de leur premier boulot (et donc de leur indépendance vis-à-vis de leurs parents) et par voie de conséquence l'âge de leur départ en retraite. Mais en échange, ils peuvent prétendre à des salaires plus élevés plus rapidement, à des emplois plus qualifiés sans passer par des postes d'exécution, et surtout acquièrent une protection, un sésame, en cas de période de chômage (sésame dont on peut certes interroger l'utilité aujourd'hui). Que veulent ces jeunes étudiants ? Toucher l'argent du beurre et le beurre, ainsi que l'estime de la crêmière ? Cotiser 35 ans mais toucher une retraite aussi élevée qu'un salaire d'activité ?


C'est cela qui me pose problème. Derrière des arguments faciles et dévoyés, se cache la désinformation et la manipulation. A entendre les manifestants, leurs leaders, les dirigeants des organisations syndicales, les responsables du parti socialiste, il n'y aurait aucun problème sur les retraites. Or, cela fait des années qu'il aurait fallu prendre des décisions courageuses en la matière, en relevant cet âge de départ en retraite, en mettant fin à cette aberration qui veut que des salariés de 50 ans à peine ne rêvent plus que d'une chose : leur futur départ en retraite, ce qui gèle leur carrière, leur envie de travailler, leur capacité à évoluer professionnellement ... si tenter que leurs employeurs leur en laissaient la possibilité.


A entendre les manifestants, leurs leaders, les dirigeants des organisations syndicales, les responsables du parti socialiste, il n'y aurait aucun problème de financement des retraites ? Tout serait inventé par le gouvernement ? Evidemment, il peut paraître difficile de croire ce gouvernement et ce président, amis des plus riches de nos concitoyens ou de ceux exilés en Suisse ou ailleurs, dont toutes les décisions politiques semblent uniquement être prises en la faveur de ces derniers ... Comment les croire lorsqu'ils disent que cette réforme est nécessaire, que les efforts sont partagés ? Comment les croire lorsque le ministre chargé de défendre ce projet est Eric Woerth, sur la probité duquel je ne m'avancerais pas ... mais qui est connu pour avoir la légion d'honneur facile pour les puissants et les généreux donateurs de l'UMP et de son propre parti personnel ...


Ce qui pose néanmoins problème, c'est de faire cependant croire qu'il n'y a pas de problème en matière de retraite. Il y a urgence à prendre des décisions de rééquilibrage des régimes de retraite obligatoires. Pour régler ce problème, à défaut de relever l'âge de départ en retraite, il suffirait peut-être au gouvernement d'imposer aux organismes paritaires chargés de la gestion des régimes de retraites (régime général de la CNAV, caisses ARRCO et AGIRC, Ircantec) de ne jamais déroger à la règle de l'équilibre ... c'est-à-dire de leur imposer au minimum de couvrir les retraites versées avec les cotisations perçues une année durant ... De telle sorte, ces régimes de retraites se verraient imposer de diminuer les retraites versées au niveau des cotisations perçues ... ou d'augmenter les cotisations perçues ... Mais ce serait des décisions paritaires à prendre ... particulièrement impopulaires ... mais que les syndicats auraient rendu obligatoires par leur intransigeance dans le mouvement des retraites ... Trop simple de toujours dire NON à tout sans en payer les conséquences ... car on verrait alors les retraités (et les mêmes syndicats ?) descendre dans les rues pour contester la baisse de leur retraite.


Car c'est ce qui arrivera de toute façon par la suite. Si on ne touche pas à la durée de cotisation ou à l'âge de départ en retraite, il faudra bien au final agir sur le montant des retraites, soit pour tous les retraités d'une manière assez insensible (une baisse de quelques pourcents ou une absence de revalorisation pendant quelques années), soit seulement pour les nouveaux (ou les futurs) retraités, et dans ce cas d'une manière drastique, ce qui imposera alors une très forte baisse des pensions de retraite pour ces mêmes jeunes qui s'alarment déjà de partir tardivement, et qui ne toucheront alors que des sommes dérisoires, s'ils touchent un jour quelque chose ...

 

De l'imbécilité des manifestants d'aujourd'hui dans ce conflit social, manipulés mais heureux de l'être, qui croient combattre pour leur avenir et celui de leurs enfants, mais qui creusent en fait leur propre tombe ... ou du moins celui de notre régime de retraite ... Evidemment, ils appellent le gouvernement à ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux ; négociations que ces mêmes organisations syndicales salariales ont pourtant refusé d'ouvrir ces derniers mois, privilégiant le conflit social pour faire plier le gouvernement, quitte à ne pas pouvoir influer sur les propositions du gouvernement ... Choix idiot, qui eusse pu être payant en cas de victoire, et qui ne leur sera même pas imputer par leur base en cas d'erreur ...

 


Réflexion onze (16 octobre 2010)
Le retrait, mais après ...


Il y a de bons et de mauvais arguments d'un côté et de l'autre des parties dans ce débat.


Pour le gouvernement, le fait de dire que cette réforme est faite en pensant en premier lieu aux jeunes, c'est un bon argument. Il est vrai que ce sont les plus jeunes générations qui seront très certainement perdantes en l'absence de remise en cause rapide de la situation des retraites. Quelques classes d'âge supplémentaires pourraient vraisemblablement encore partir à 60 ans en l'absence de réforme, mais il est sûr et certain que les lycéens et étudiants d'aujourd'hui devront subir dans quelques années ou décennies une réforme drastique des conditions de départ en retraite si rien n'est fait d'ici là ... Mais en même temps, annoncer à des étudiants et lycéens inquiets de se retrouver au chômage à la fin de leurs études, alors que le taux de chômage dépasse 10% de la population active et concerne avant tout les jeunes et les travailleurs de plus de 50 ans, que l'on va repousser le nombre de départs en retraite dans les prochaines années, c'est particulièrement malheureux.


En face, il ne faut pas nier que les syndicats défendent essentiellement sur ce point une catégorie de français relativement âgés (plus de 45 ans) majoritaires parmi leurs addhérents et plus encore parmi les responsables syndicaux et ceux ayant un mandat de représentation. Ce combat sur les retraites prend-il vraiment en compte la situation de tous les français, aussi bien les retraités actuels que les plus jeunes et les enfants ?


Mais le gouvernement de son côté use aussi d'arguments fallacieux. S'appuyer sur des statistiques qui font état que l'âge moyen de départ en retraite est actuellement de 61 ans et demi et que la proposition du gouvernement ne changera donc rien est une faute logique. On ne peut pas comparer une moyenne de 61 ans et demi, entre des gens qui partent à 60 ans (voire avant grâce aux rachats autorisés de trimestres) et ceux qui partent à 65 ans ... et la date buttoir des 62 ans du gouvernement. La nouvelle moyenne qui sera observée après cette réforme risque d'être très proche de 63 ans et demi, entre ceux qui partiront à 62 ans contraints et forcés, et ceux qui partaient auparavant après 62 ans (s'ils ne changent pas leurs habitudes) jusqu'à 67 ans désormais voire 70 ans.


Par ailleurs, demander aux parents de faire attention à leurs enfants lycéens (ou étudiants) pour qu'ils ne manifestent pas dans les rues, parce que le gouvernement lâche dans ces mêmes rues des policiers et des gendarmes mobiles fous et agressifs, est proprement ahurissant. En lisant cette intervention ministérielle, on se demande si on est encore dans une démocratie, si on ne se trouve pas dans un quelconque pays de non-droit, dans une dictature, comme l'Iran, la Russie de Poutine ou la Birmanie ? Où va la France sous l'ère Sarkozy ?


Néanmoins, dans le cas hypothétique où le projet de loi sur les retraites ne passerait pas, ce qui sauf erreur de ma part est l'objectif poursuivi par les syndicats, quelles seraient alors les propositions des syndicats sur le sujet ? Parce que ce que l'on oublie, c'est que les caisses de retraite complémentaires ARRCO et AGIRC (sans parler de la Sécurité Sociale - CNAV) étaient en déficit en 2009 (ainsi qu'en 2010), ce que les syndicats savent parfaitement puisqu'ils les co-gèrent avec les syndicats patronaux. Une réforme à très court terme sera nécessaire, soit en relevant les taux de cotisation (ou d'appel), soit en diminuant les futures retraites (c'est-à-dire le taux de conversion) ou l'ensemble des retraites (piste peu probable mais qui serait beaucoup plus indolore ... au lieu de baisser toutes les retraites de 3%, il faudra peut-être baisser de 20% à 40% les seules prochaines retraites), à défaut de pouvoir jouer sur une réforme plus étalée dans le temps repoussant l'âge de départ en retraite ...


Donc quelles sont les propositions des syndicats ? Faire payer les riches et le capital ?

 


Saucratès

 

 

Mes écrits précédents sur le sujet :

1.//saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1977455-debat_sur_les_retraites__1_.html

2.//saucrates.blog4ever.com/blog/lire-article-447196-1977460-debat_sur_les_retraites__2_.html


16/10/2010
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Légitimité des organisations syndicales (4)

 

Réflexion vingt-six (21 décembre 2012)
Les syndicats, leurs négociations nationales et les conséquences subies par les simples salariés ...

 

Cela fait de nombreux mois que je n'avais plus écrit sur le sujet de la légitimité des organisations syndicales de salariés (mais la même interrogation doit également valoir pour les syndicats patronaux). Je voudrais ici réagir aux nouvelles négociations qui se tiennent actuellement autour de quelques thèmes importants (notamment la sécurisation de l'emploi) entre les syndicats de salariés et les organisations patronales.

//www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/17/negociation-emploi-pour-l-instant-ce-n-est-pas-signable-selon-la-cfdt_1807276_823448.html

 

Il est important de rappeler que ces négociations qui se tiennent régulièrement ont des impacts sur notre vie professionnelles et sur nos droits sociaux. Certaines se tiennent de manière régulière et rythment les relations paritaires, sur les Assedics, la Sécurité sociale ou les caisses de retraites ARRCO-AGIRC. D'autres ont une importance beaucoup plus grande et ont des répercussions majeures sur les conditions d'exercice de notre activité professionelle ou nos activités syndicales.

 

Ce que je regrette, c'est que des organisations peu transparentes et pas démocratiques est le pouvoir de signer et de parapher de tels textes, dont les conséquences peuvent impacter de manière importante nos vies. A l'heure où certains syndicats apposeront probablement leur signature à ces textes dont l'objet serait la sécurisation de l'emploi, à l'heure où certaines organisations syndicales, au premier rang desquelles il faut compter la CFDT, seront certainement tenter de s'entendre avec le patronat, pour leur offrir ce que celui-ci souhaite, une sécurisation des plans sociaux, et auquel ces syndicats seront prêts à leur offrir les victimes expiatoires que le patonat demande, à savoir les représentants du personnel, en échange de je ne sais quels pseudo-avantages ridicules, de je ne sais quel quolifichet inutile, il me semble intéressant de revenir sur une précédente grande négociation de ce type, dont on commence aujourd'hui seulement à mesurer les effets réels sur notre activité syndicale, à nous misérables syndicalistes de base.

 

Cette grande négociation était la pierre de rosette de Nicolas Sarkozy, visant réforme de la démocratie sociale et de la représentativité syndicale. Cette négociation a conduit la CFDT et la CGT à signer une position commune sur ce sujet avec le MEDEF et la CGPME le 9 avril 2008. Les autres syndicats de salariés n'avaient pas accepté de signer cette position commune. Cet accord a été transposé dans le droit du travail par la Loi n°2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail.

//fr.wikipedia.org/wiki/Représentativité syndicale en France

//www.net-iris.fr/veille-juridique/dossier/19971/la-loi-portant-renovation-de-la-democratie-sociale-et-reforme-du-temps-de-travail.php

 

Plus de quatre ans après cet accord et sa transposition dans le code du travail, que faut-il penser de ces dispositions, de ses conséquences et des motifs qui ont conduit les signataires à signer ce texte ? Les représentants syndicaux de nombre de sections syndicales, qu'elles appartiennent aux petits syndicats non signataires ou aux gros syndicats signataires, ont eu à pâtir de ses dispositions. Des syndicats qui n'ont pas fait les 10% de voix nécessaires dans les entreprises se sont vus retirer leurs mandats. Des syndicats qui n'ont pas eu d'élus dans certains comités d'entreprise se sont aussi vus privés d'accès à ce lieu d'expression, à ce forum pour défendre, représenter les salariés. Des sections syndicales qui n'avaient pas présenté dans les temps leurs listes pour le premier tour des élections se sont vus interdire de désigner un délégué syndical.

 

Pour avoir vécu cette loi et ses conséquences dans mon entreprise et dans d'autres entreprises, je sais que des sections CFDT et CGT ont été impactées par cet accord et cette loi signés par leurs propres organisations syndicales. Les signataires de cet accord savaient-ils que certains de leurs adhérents auraient à pâtir de ce texte ? Certainement. Mais il y a une telle distance entre les syndicalistes qui négocient, à mille lieux des entreprises, eux qui n'ont plus mis les pieds dans une entreprise depuis tant d'années, après des années d'appareils syndicaux et de détachement, et la base des militants et des syndicalistes qui vivent au jour le jour le syndicalisme dans les entreprises et dans les administrations ! Cette idée idiote et débile de penser que des élus qui ne feraient pas 10% des voix, qui n'auraient pas d'élus dans une élection ne mériteraient pas de demeurer syndicalistes et feraient mieux de laisser la place à d'autres ! Une vue d'apparatchiks ayant passé trop d'années au sein de l'appareil syndical, coupé de la réalité du syndicalisme de terrain !

 

Cette loi et cet accord sont mauvais ! Leurs signataires syndicaux de la CGT et de la CFDT voulaient certainement bénéficier du processus de fusion qui selon eux naîtrait de ces nouvelles règles. Quatre ans plus tard, il n'en est toujours rien. Et des apprentis sorciers syndicalistes ont aidés à faire disparaître des critères inscrits dans le marbre juridique, reposant notamment sur l'attitude patriotique durant la seconde guerre mondiale, pour la remplacer par une mesure totalement délirante d'une course à la représentativité syndicale, dont les principaux perdants sont les représentants du personnel de base dans les entreprises et les administrations ... et en dernier ressort les salariés eux-mêmes.

 

 

Réflexion vingt-cinq (5 juillet 2011)
De l'idée idiote de la constitutionnalisation du dialogue social développée par certains ...

 

Cette idée est développée par le MEDEF et sa présidente, Madame Parisot ... Mais elle est également évoquée par au moins l'un des candidats socialistes, François Hollande ainsi que par certains responsables syndicaux comme François Chérèque, de l'organisation syndicale CFDT ... Derrière cette idée de constitutionnalisation, on peut entendre un certain nombre de choses différentes ... mais elles ont toutes en commun de vouloir accorder un pouvoir législatif plus ou moins étendu à la négociation sociale et aux 'partenaires' sociaux ... (autant que l'on puisse dire que syndicats et patronat soient 'partenaires' !) ...

Comme je l'ai pourtant déjà développé, cette idée de constitutionnalisation du dialogue social est une aberration, une erreur abominable, affolante, idiote ...

Elle repose d'abord premièrement sur l'idée véritablement idiote que l'on peut faire confiance aux représentants du patronat ... A-t-on oublier l'époque où le baron Ernest-Antoine Seillière était à la tête du MEDEF/CNPF et de l'absence de toute possibilité de négociation avec le patronat ? Imagine-t-on que ce temps ne peut pas revenir, que le MEDEF ou le CNPF ne peuvent plus avoir un tel dirigeant ? Ne peut-on pas plutôt penser ou imaginer que la volonté de négocier actuellement du MEDEF n'est qu'un artifice pour faire croire que l'on peut lui accorder un tel pouvoir, que l'on peut lier les mains du législateur en lui imposant d'avoir l'accord des syndicats et du patronat avant d'édicter la moindre loi en matière sociale ...

 

Accorder le pouvoir législatif, ou constitutionnaliser le dialogue social, ce serait confié au patronat un droit de véto sur toutes les avancées sociales en France, un droit de retour en arrière au temps béni du patronat du dix-neuvième siècle ! Ce serait confié au loup les clefs de la bergerie et la surveillance des moutons !

Cette idée de constitutionnalisation du dialogue social présente deuxièmement un biais indépassable lié à l'absence de toute légitimité démocratique des organisations syndicales représentant les salariés , qu'il s'agisse de la CFDT, de la CGT ou de toute autre syndicat ... ou des organisations patronales ... Cette absence de légitimité démocratique peut s'analyser à deux niveaux : la représentation des salariés eux-mêmes, et la désignation des organes et des dirigeants au sein même de ces organisations ...

Ceux qui ont découvert la face sombre des syndicats et de la lutte acharnée pour le pouvoir qu'on y observe me feront peut-être crédit ! On peut également se reporter à mon billet du 7 juin 2010 ci-après sur le même sujet ...

La seule forme de démocratie qui existe dans le monde syndical existe au niveau des entreprises, et évidemment, c'est à ce niveau qu'il est envisagé de vérifier la légitimité des syndicats ! Mais les syndicats ne sont présents que dans une infime proportion des entreprises ... les plus grandes souvent ... la proportion de leurs adhérents se restreignant à moins de quelques pourcents des salariés en général.

Par ailleurs, cela ne représente pas une mesure de légitimité, mais tout au plus une mesure d'audience. Imaginerait-on, parce que certains partis politiques recueillent un certain pourcentage de voix dans les élections municipales dans des petites communes françaises, de leur confier le droit de désigner eux-mêmes leurs représentants au parlement pour faire les lois, sans aucun vote démocratique ? Car aujourd'hui, entériner le choix de la constitutionnalisation du dialogue social, ce n'est rien d'autre que cela ...

Plus consternant encore est l'absence de toute démocratie au sein même de ces structures, en dehors des sections syndicales d'entreprise, seul endroit dans les syndicats où un homme égale une voix et où tous les syndiqués ont le même poids. Au-delà de la section syndicale, dès que l'on arrive au niveau du syndicat, de la fédération, des unions ou des confédérations, on ne parle plus que du nombre de timbres de chaque section ou syndicat ou fédération, comme si l'on était dans de vulgaires holdings capitalistes où chaque actionnaire souhaiterait être représenté à hauteur de sa participation. Un homme n'y est plus égale à une voix ni aux autres ; et il n'y a plus que des combats de personnes, des guerres intestines, des luttes de pouvoir mesquines et de petites gens se battant pour de petites ou grandes responsabilités, de petites ou grandes rémunérations, sans regard pour les véritables enjeux économiques ou sociaux ...

Cette critique se porte sur le fonctionnement même de la CFDT, la confédération française démocratique du travail, mais peut être généralisé à la majeure partie des autres syndicats, hormis SUD et les Solidaires qui privilégient un syndicalisme véritablement démocratique ... François Chérèque et ses acolytes du bureau national ne se maintiennent au pouvoir au sommet de la CFDT que grâce à des mécanismes non-démocratiques et à une forme malsaine de clientélisme, reposant sur des désignations en cascade de représentants sans aucune légitimité véritable, de potentats locaux ...

Confier à de telles personnes mesquines et sans aucune légitimité le pouvoir de dire le droit est une aberration sans nom ... en d'autres termes, c'est confier les clefs du droit social à une assemblée de loups représentant le patronat et de renards et de hyènes ne représentant plus depuis longtemps les salariés ...


Réflexion vingt-quatre (5 novembre 2010)
Quelques idées à destination des hommes (ou femmes) politiques pour améliorer la légitimité des organisations syndicales


J'avais écrit cet article en décembre 2006, mais il reste encore d'actualité ...

Que ce soit à l'UMP ou au Parti socialiste, que l'on écoute Nicolas Sarkozy ou ses adversaires socialistes, le poids insuffisant des syndicats dans les entreprises et plus largement dans la vie économique et sociale en France est régulièrement mis en question. Le même constat est également réalisé par les candidats de la gauche alternative.

Evidemment, Nicolas Sarkozy croit vraisemblablement avoir résolu définitement le problème avec sa loi sur la réforme de la représentativité des syndicats. Il faut néanmoins savoir que cette loi de réforme du dialogue social ne change rien en faveur des salariés et des syndicats. Elle permet simplement à un beaucoup plus grand nombre d'entreprises de contester la présence de syndicats dans leurs entreprises, ou d'en limiter le nombre. La représentativité des organisations syndicales ne sort pas renforcée de cette loi ; le seul espoir des grandes confédérations, ce sera d'être gagnantes dans les mouvements de concentration entre syndicats qu'ils anticipent.

 

Je n'ai toujours pas compris les raisons qui ont conduit la CFDT et la CGT à signer la position commune avec les organisations patronales, et à échanger la présomption irréfragable de représentativité dont ils bénéficiaient (comme les trois autres vieilles organisations syndicales) pour une représentativité à démontrer (mais qui ne met en difficultés que les sections d'entreprises, à mille lieux des préoccupations de leurs leaders nationaux). Qu'avaient-ils à y gagner ? Le recul d'autres syndicats ?

Et pourtant, les raisons qui expliquent la faiblesse des syndicats français sont simples. Il ne s'agit pas de raisons financières. Payer une centaine d'euros de cotisations annuellement n'est pas inaccessible. L'explication de la faiblesse des syndicats tient en leur impuissance sociale (même si cela peut paraître bizarre en liaison avec le mouvement social sur les retraites qu'ils viennent d'orchestrer).

Il existe deux ou trois pistes possibles pour renforcer leurs pouvoirs dans l'entreprise, et rendre utile l'adhésion des salariés à un syndicat.

Premièrement, on peut appliquer le modèle suédois, et conditionner le bénéfice de prestations sociales à l'appartenance à un syndicat gestionnaire. Cette idée devrait plaire au parti socialiste.

Deuxièmement, on peut appliquer le modèle américain, et conditionner le bénéfice des accords sociaux dans les entreprises à l'appartenance aux syndicats signataires. Cette idée devrait plaire à l'UMP.

Troisièmement, on peut appliquer le modèle allemand ou rhénan, et appliquer la co-gestion patronat-syndicats. Cette solution aurait l'avantage d'associer les syndicats à la gestion des entreprises, et de cesser de faire des instances représentatives du personnel des chambres d'enregistrement des décisions des patrons.

Toute autre modification risque d'être simplement cosmétique, comme celle de l'UMP ou celle défendue par les secrétaires confédéraux de la CGT ou de la CFDT.


Réflexion vingt-trois (28 septembre 2010)
Une nouvelle attaque de la Droite gouvernementale contre les trente-cinq heures


Après les retraites, le gouvernement et le parti majoritaire UMP entendent également une nouvelle fois s'attaquer aux trente-cinq heures. Mais comme la fois précédente, ils ne l'attaqueront pas de front, mais à travers une argumentation détournée et des mensonges invraisemblables. Rappelons-nous, leur précédente réforme n'en était pas véritablement une. L'objectif était de permettre de laisser le choix aux français qui voulaient travailler plus de pouvoir travailler plus et gagner plus, grâce à la non-fiscalisation du paiement des heures supplémentaires.
//www.lemonde.fr/politique/article/2010/09/27/la-fin-des-35-heures-nouveau-cheval-de-bataille-de-jean-francois-cope_1416289_823448.html

Au fond, cette réforme n'a peut-être pas gêné tant de monde, surtout lorsque l'on sait que les trente-cinq heures n'ont pas rencontré une franche adhésion de nombreux employés parce qu'elle s'est accompagnée d'une longue modération salariale qui a entraîné une non adhésion de nombreux bénéficiaires des trente-cinq heures, à un pourtant important acquis social. Contrairement aux positions syndicales majoritaires, de nombreux salariés se sont ainsi empressés de demander à réaliser des heures supplémentaires ... Même si au fond, ce ne sont pas les salariés qui les demandent mais les employeurs. Et tant pis pour les postes de travail non occupés et remplacés par des heures supplémentaires et les salariés renvoyés au chômage ...

La nouvelle attaque lancée par Jean François Copé ne rencontrera peut-être pas la même adhésion de la part des salariés ... Remettre en cause les trente-cinq heures pour comme il le dit «en même temps travailler mieux» ; il fallait y penser ... «le débat central autour du travail pour les années qui viennent : c'est la question de la considération des salariés. Comment les associer à la stratégie et à la rémunération de l'entreprise ?»

Il s'agit très vraisemblablement d'un ballon d'essai de l'UMP, du gouvernement, et de Nicolas Sarkozy ... Comment mieux répondre aux désidératas des syndicats patronaux et en premier lieu du Medef ... pour gagner leurs voix pour les prochaines présidentielles ... Ou bien pour Copé de se placer en position de premier ministrable favori ...

J'ai rien compris ... Quel pourrait bien être l'intérêt des salariés dans cette nouvelle réforme des trente-cinq heures ? L'UMP et le gouvernement nous prendraient-ils pour des idiots en essayant de nous vendre ce concept brumeux pour une réforme enviable du temps de travail ?


 

Réflexion vingt-deux (17 septembre 2010)
La remise en cause de la médecine du travail par le gouvernement français


Un article du Monde traite des modifications législatives concernant la médecine du travail (ou plutôt la santé au travail) que le gouvernement et la majorité parlementaire tente de glisser dans le projet de loi sur les retraites.
//www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/16/les-medecins-du-travail-craignent-d-etre-places-sous-la-tutelle-des-patrons_1411968_3234.html
//www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/17/on-revient-a-la-medecine-du-travail-instituee-par-petain_1412430_3224.html

Cet article est à lire car il n'est pas neutre. Premièrement, il correspond à la volonté régulière et manifeste du gouvernement de dépénaliser l'action patronale, initialement en matière de droit des affaires mais aussi en matière de droit du travail, volonté qui avait déjà pris la forme d'une réécriture du code du travail. L'objectif des amendements parlementaires déposés (mais rédigés par le lobbying patronal et par les cabinets ministériels), que Le Monde décrit comme particulièrement techniques, prévoient ainsi par exemple que les missions des médecins du travail soient placés sous l'autorité de l'employeur. Il faut entendre un médecin du travail en parler car ils défendent avec véhémence leurs actions et leurs règles de déontologie.

Le médecin du travail est déjà considéré dans les entreprises par certains salariés comme un auxiliaire de l'employeur ; les informations qu'il collecte étant en effet archivées dans le dossier médical du patient et pouvant être ressorties quelques années plus tard au cours d'un nouvel entretien. D'une certaine manière, le médecin du travail est le praticien qui connaît le mieux une personne, mieux que le médecin traitant par exemple.

Mais malgré tout, le service de médecine du travail repose sur l'indépendance des médecins du travail vis-à-vis des employeurs, salariés par des organismes paritaires (sauf dans le cas des grandes entreprises qui peuvent organiser leur propre système de médecine du travail) au sein desquels les représentants des salariés disposent de pouvoirs de contrôle étendus. Les employeurs ont ainsi une obligation d'adhérer à un service de médecine du travail (ou de l'assurer eux-mêmes). Enfin, le médecin du travail est l'interlocuteur privilégié des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Chs-ct) dans les entreprises.

Actuellement, les employeurs sont responsables de la santé de leurs salariés. Le travail est ainsi considéré comme une activité qui ne doit pas influer (négativement s'entend) sur la santé du travailleur, qui ne doit pas la dégrader. Le code pénal soumet ainsi à des peines de fortes amendes et à des peines de prison le fait de mettre en danger par négligence ou par faute la vie de leurs salariés, de les blesser ou de les tuer (homicide involontaire).

Il y a aussi et surtout une invraisemblance, une aberration dans les arguments présentés par la majorité parlementaire et par le gouvernement, d'essence libérale il ne faut pas l'oublier. Il leur semble ainsi nécessaire de réformer la médecine du travail et son positionnement en raison de la progression des maladies professionnelles dans les entreprises ; ce qui est aberrant pour plusieurs raisons.

Premièrement, cela reviendrait à changer le thermomètre d'un malade sous prétexte que le thermomètre mesurerait une augmentation de la température de ce dernier. D'une certaine façon, cela revient à changer un instrument qui mesure trop bien l'évolution des maladies professionnelles et des manquements des employeurs. Même si la médecine du travail ne sert pas uniquement à mesurer les maladies professionnelles mais aussi à protéger la santé des travailleurs. La reconnaissance des maladies professionnelles dépendant de la Caisse d'Assurance Maladie mais les médecins du travail ayant une grande importance dans leur déclaration par les salariés et dans leur dépistage, cela ressemble néanmoins très fortement à une volonté libérale de détruire un instrument fonctionnant trop bien. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la reconnaissance des maladies professionnelles entraîne des coûts financiers pour les entreprises, en terme d'indemnisation des salariés malades ou de leurs ayant-droits en cas de décès, en terme de prise en charge des remboursements de frais de maladie, et enfin en terme de hausse des cotisations d'accident du travail et de maladie professionnelle (AT-MP). Des médecins du travail aux ordres des employeurs permettraient de diminuer le nombre de reconnaissance de maladies professionnelles et donc les coûts financiers supportés par ces derniers.

Deuxièmement, la progression des maladies professionnelles dans le monde du travail est surtout la conséquence d'une meilleure connaissance des risques encourus par les salariés dans leur activité professionnelle, et par les avancées obtenues grâce à la judiciarisation des relations de travail auprès des tribunaux français, intégrées ensuite et étendues à tous les autres salariés qui peuvent être concernés par ces maladies et qui sont soumis à ces mêmes risques. La médecine du travail est justement responsable pour une part de la progression apparente des maladies professionnelles diagnostiquées et déclarées. Il y en avait tout autant auparavant, sauf que les salariés en mourraient sans que la relation avec l'activité professionnelle ne soit diagnostiquée.

Enfin, dernièrement, il est particulièrement osé d'accuser les médecins du travail d'être responsables de l'aggravation des maladies professionnelles, alors que celles-ci sont causées par la dégradation des conditions de travail dues justement à la culture de la rentabilité des employeurs, à l'absence de prise de mesures correctives par ces derniers, malgré les demandes des médecins du travail. Un certain nombre de nouvelles pathologies sont ainsi directement en lien avec les évolutions des méthodes de travail et surtout avec l'évolution des méthodes managériales, comme les troubles musculo-squelettiques ou les risques psycho-sociaux (souffrance au travail, harcellement moral ...).

La médecine du travail n'est pas responsable de la dégradation des conditions de travail dans les entreprises et à la montée des maladies professionnelles chez les salariés. Bien au contraire, plutôt que de se voir placer sous l'autorité des chefs d'entreprises, la médecine du travail a besoin d'une évolution législative de ses moyens d'actions pour pouvoir influer plus nettement sur les conditions de travail des salariés et imposer des actions pour protéger leur santé. C'est l'inverse de ce que le gouvernement français veut aujourd'hui faire passer en douce dans le texte de la réforme des retraites.


Réflexion vingt-et-une (7 juin 2010)
Syndicalisme, démocratie, participation ...
Où l'on peut voir que syndicalisme ne rime pas souvent avec démocratie ...
Et où derrière les plus anodins rapports du gouvernement sur la gouvernance et la participation des salariés se cachent des idées pourries ...


La CFDT (Confédération française démocratique du travail) ouvre ce lundi 7 juin 2010 son congrès (tri)annuel (qui se clôturera le vendredi 11 juin). Son précédent congrès remontait à 2006. Il s'agit de son quarante-septième congrès depuis sa création en 1919 (elle se nommait alors Conférédation française des travailleurs chrétiens, nom transformé en 1964 en CFDT).
//www.lemonde.fr/depeches/2010/06/06/la-cfdt-en-congres-en-pleine-reforme-des-retraites_3208_38_42646708.html
//www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i4MWL69hGGbsJRe-lmPiVlCzQ9-Q
//www.francesoir.fr/la-cfdt-en-congres-cette-semaine-tours-veut-reduire-les-inegalites-jusque-face-la-retraite
//www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20100607.CHA4740/la_cfdt_en_congres_pour_la_retraite_a_60_ans.html
//christopherieuze.rsfblog.org/archive/2010/06/07/agenda-47eme-congres-confederal-de-la-cfdt.html
//fr.wikipedia.org/wiki/Confédération_française_démocratique_du_travail

La CFDT revendique 833.000 adhérents, nous rappelle cette dépêche, mais sur ses 833.000 adhérents, combien sont invités à cette grand messe ? La CFDT a résolu d'une curieuse manière le problème de la représentativité et de la démocratie au sein de ses structures représentatives ; par l'élitisme et des castes auto-reproductives. Entre 1.500 et 2.500 délégués des divers syndicats et unions constituant les structures de la confédération participeront à ce congrès ; 1.500 à 2.500 délégués élus soit-disant démocratiquement pour représenter 22 unions régionales interprofessionnelles, 15 fédérations nationales professionnelles et 1.300 syndicats professionnels ... Que l'on se rassure, si les places sont chères et réservées à l'élite, les petits barons de chaque baronnie syndicale, où chaque petit leader (cher leader nord coréen) peut se faire inviter et faire inviter ses petit(e)s protégé(e)s, la masse des adhérents aura l'extrême honneur de pouvoir consulter un site internet que la confédération dans sa grande magninité a mis en place par la piétaille ... //www.cfdt-congres-2010.fr/

C'est ce que l'on appelle un fonctionnement démocratique ? Mais au moins, ces 1.500 à 2.500 délégués ont-ils au moins été élus de manière démocratique ? Tenez-vous bien. Même pas. Ils sont désignés par des conseils ou des bureaux de syndicats, d'unions ou de fédérations (une dizaine à une cinquantaine de membres), choisis au sein de leurs propres membres (essentiellement parmi leurs dirigeants), parmi lesquels déjà ils se sont partagés l'ensemble des mandats de représentation dont ils peuvent disposer (administrateurs mais surtout membres des conseils économiques et sociaux régionaux ...) ... Des membres des conseils et des bureaux des syndicats, des unions et des fédérations qui sont eux-mêmes élus non pas de manière démocratique (un homme égale une voix) mais de manière capitaliste (chaque syndicat valant dans un cas quelques centaines de voix et dans d'autre cas plusieurs milliers de voix) ...

Et on appelle cela de la démocratie !

Et heureusement pour nous, ce sont ces illustres petits barons de baronnies syndicales qui vont se prononcer sur la réforme des retraites, sur la justice sociale, sur le syndicalisme ... toutes tâches où les petits barons sauront se reposer sur la piétaille des militants des syndicats, trop bêtes pour participer aux débats dans les hautes sphères syndicales, mais bien assez intelligent pour aller sur le terrain à la rencontre des salariés ... UIl ne faudrait quand même pas que les petits barons et leur cour aillent se salir les mains avec la piétaille et avec les salariés, alors qu'il y a tant d'honorables mains à serrer et d'émissions télévisées où il faut être vu !

Que signifie déjà le sigle CFDT ? Confédération française démocratique du travail ? Ah bon ! Et le gouvernement français, que je considère comme élu comme un peu plus démocratiquement (même s'il s'agit du résultat d'une connerie des électeurs français), qui va en suivre les débats et les décisions, comme si ces délégués et les dirigeants de la CFDT étaient autre chose qu'un ramassis d'obscurs petits barons et une secte non démocratique ...

Autre sujet d'actualité, la remise non moins officielle du
rapport du Centre d'Analyse Stratégique ayant pour thème: «Améliorer la gouvernance d’entreprise et la participation des salariés». Un tissu d'âneries assez grosses, autrement dit un joli dictionnaire des principes de participation et d'intéressement des salariés à la vie de l'entreprise (pour cette raison pas totalement inintéressant) ... Et caché tout à fait à la fin de ce magnifique recueil, une proposition tout à fait inacceptable, qui à elle seule pourrait valoir le temps perdu par un ministre à écrire et à lire ce recueil d'informations ...  «Proposition 12 : Renforcer la crédibilité des institutions représentatives du personnel (...) Une clarification des compétences entre les différentes IRP, tout comme la promotion du système de DUP (délégation unique du personnel), seraient également souhaitables.»
//www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/09rapport_gouvernance-remise_officielle.pdf

Mais la délégation unique du personnel n'est absolument pas une avancée en matière syndicale et en matière de représentation des salariés ! La délégation unique limite surtout le nombre d'élus du personnel, les moyens dont ils peuvent disposer pour agir en faveur des salariés pour les représenter, pour les rencontrer, pour les informer (ce que l'on appelle les heures de délégation). Un seul élu qui fait tout, en nombre plus restreint que lorsque les entreprises ne sont pas soumises à la délégation unique du personnel ... Système auquel ne sont soumise que les entreprises de moins de 200 salariés mais que le gouvernement de droite Sarkozy-Fillon voulait étendre aux autres plus grandes entreprises ... Et comme par hasard, c'est une des préconisations de ce rapport sur la gouvernance et sur la participation des salariés ? En faire la promotion alors que pratiquement toutes les entreprises de moins de 200 salariés s'en sont saisies (surtout celles de moins de 100 à moins de 150 salariés) parce qu'elles y avaient intérêt ... Donc promotion auprès de qui, si ce n'est auprès de celles qui en sont exclues par la loi au-delà de 200 salariés et qui y seront très fortement favorables dès lors que le nombre de représentants élus du personnel diminue fortement ... 

Entre des syndicats non démoctratiques et des chercheurs intéressés par leur seule notoriété et avancement, les intérêts des salariés sont dans de bonnes mains ... Au moins Salima Benhamou aura-t-elle une chance que son rapport soit lu et apprécié par le gouvernement ... Gageons que ce point servira d'argument pour un futur projet de loi sur le sujet ...



Réflexion vingt (3 février 2010)
Le syndicalisme, la recherche du pouvoir et les hommes ... Quelques réflexions désabusées ...


Le syndicalisme est une notion qui m'intéresse profondément, et que j'ai déjà abordé à plusieurs reprises. Le syndicalisme a selon moi une véritable légitimité dans les entreprises, lorsque leurs représentants font convenablement leur 'travail' de représentation de leurs collègues, sans privilégier leurs intérêts personnels propres et leur ambition personnelle. Mais le syndicalisme est également un milieu d'hommes de pouvoir et d'ambition, un monde comparable à la 'politique', un monde de coups bas, de manipulations de l'électorat et de trahisons.

Le syndicalisme est d'abord un endroit où il ne faut pratiquement attendre aucune reconnaissance des autres, des collègues, pour le travail accompli. L'image commune «on brûle aujourd'hui ce que l'on a encensé hier» y est particulièrement vraie. Il n'y a pas non plus à attendre plus de reconnaissance ni d'appuis de la part de l'organisation syndicale elle-même à laquelle vous êtes rattachés, qui ne représente pour la majorité qu'une concaténation d'ambitions personnelles de syndicalistes ambitieux et revenchards. Le syndicalisme, pour certains, est un métier ; le jeu des permanences syndicales les ayant éloigné depuis des dizaines d'années des milieux professionnels qu'ils sont sensés continuer de représenter. C'est également pour certains l'occasion d'une revanche sur la vie, sur des études calamiteuses, sur une carrière sans perspectives ...

Les élections professionnelles sont des moments particulièrement désagréables, vraisemblablement comme en politique, et pour avoir connu des moments de défaite, je me suis toujours reconnu dans la réaction de Lionnel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, lorsqu'il avait terminé troisième derrière Jacques Chirac et Jean Marie Le Pen : «j'abandonne définitivement la vie politique ...» - J'aurais pu prononcer moi-même cette phrase à plusieurs reprises sur le coup d'une défaite syndicale ... Il est clair que je ne suis pas plus fait pour le syndicalisme que Lionnel Jospin était fait pour la politique ... Peut-être une incapacité à supporter l'adversité, la critique, la défaite ... une trop haute opinion de nous-mêmes ...

Il est clair que les électeurs, que ce soit dans le syndicalisme ou en politique, sont particulièrement faciles à manipuler, qu'ils entendent rarement la voie de la raison et qu'ils sont au contraire réceptifs aux plus simples arguments, aux plus basiques idées. C'est accessoirement un domaine où l'on ne trouve pratiquement pas d'énarques, ni de normaliens, ni de polytechniciens ... C'est clairement un autre monde, une autre légitimité que celle de l'intelligence pure, une légitimité du terrain, une légitimité recconnue par les pairs ... mais une légitimité dévoyée par le jeu des ambitions personnelles, des manipulations électorales, du jeu de la recherche du pouvoir.

Le syndicalisme, c'est à peine 7% de personnes syndiquées en France ; beaucoup moins si on élimine les entreprises publiques et les administrations où le taux de syndicalisation est souvent beaucoup plus élevé que dans le privé ... On doit ainsi à peine atteindre un taux de syndicalisation dans les entreprises privées de 2% à 4% de leurs salariés, soit un niveau ridiculement faible, et surtout une légimité bien faible de leurs représentants.

Car le deuxième problème du syndicalisme en France, c'est l'absence de toute démocratie dans la majeure partie des appareils syndicaux (que ce soit à la CFDT, à la CGT ou dans d'autres syndicaux dits représentatifs), à l'exception des syndicats démocratiques tel Sud et Solidaires. En effet, ce minuscule nombre de syndiqués ne sont absolument représentés, et incapables de faire entendre leurs voix, dans les instances syndicales représentatives ; celles qui en dernier ressort désignent les membres qui seront connus du grand public ou qui prennent les décisions. Les syndicats ont développé au maximum le principe de la délégation de pouvoir, du mandatement du pouvoir à un petit nombre de syndicalistes professionnels cumulards à vie.

Certains vous diront qu'il s'agit d'éviter le populisme que la démocratie pourrait impliquer ... Mais c'est surtout la préservation des alliances électorales au sein même des instances locales, professionnelles et fédérales, et l'exclusion des prises de décision de 99% des personnes syndiquées, qui ne sont plus, à tous les échelons des syndicats, que spectateurs de l'utilisation du vote qu'ils ont confié à un de leurs représentants, qui le confiera à un autre et ainsi de suite ...

Les syndicats, qui sont ainsi censés combattre (ou au moins faire évoluer) le capitalisme, en ont en fait repris le fonctionnement ... Les syndicats sont ainsi gérés comme une entreprise, chaque section d'entreprise, chaque syndicat, chaque fédération, voulant détenir un pouvoir comparable à sa participation dans le total des syndiqués. Les syndicats ne sont ainsi que des entreprises où le capital n'est plus exprimé en euros mais en nombre de syndiqués ; le pouvoir y appartient alors à ceux qui réussissent à détenir une majorité du capital, comme dans une entreprise privée ... avec la différence que dans une entreprise, chaque actionnaire est libre de l'utilisation de ses voix, au moins une fois par an, ce qui n'est même pas le cas dans un syndicat où son vote lui est le plus souvent subtilisé ... 

Malgré tout, je reste persuadé de l'intérêt du syndicalisme au niveau de l'entreprise ... mais seulement à ce niveau. Les grandes aspirations qui ont pu être celles des syndicats à leur création, au début du vingtième siècle, sont simplement enterrées. Evidemment, il reste de grands acquis sociaux obtenus grâce au combat des syndicats, dans les entreprises mais également au niveau interprofessionnel ... les congés payés, les trente-cinq heures, la sécurité sociale, les instances représentatives du personnel, le salaire minimum ...

Mais il faudrait réformer le fonctionnement des syndicats, pour sortir de cette logique capitaliste de participation en nombre de syndiqués dans l'organisation syndicale, pour en revenir au principe fondamental de la démocratie du «un homme égale une voix», dont chaque syndiqué serait propriétaire ... Le fonctionnement des syndicats, ce serait un peu comme si en politique, pour les présidentielles par exemple ou pour les législatives, il n'y avait pas d'élection régulière, mais que les désignations se faisaient en fonction du nombre d'adhérents des partis politiques ... et que la désignation des dirigeants des partis politiques n'étaient pas non plus démocratiques, mais dépendait du nombre de voix de chaque représentation politique locale ... Pour autant, pourrait-on parler de démocratie française ? Pas selon moi. Et ces organisations syndicales, comme par exemple la CFDT, ose se faire appeler 'démocratiques' (confédération française démocratique du travail) !
 

 
Saucratès


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02/11/2010
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Mouvements sociaux (2)

 

Réflexion douze (16 août 2011)
Réactions politiques aux émeutes urbaines anglaises ...


Quatre nuits d'émeutes ont touché l'Angleterre la semaine dernière. A chaque fois, ces images de nuits enflammées surprennent. Les états concernés semblent dépassés par la violence de ces bandes de jeunes qui se déchaînent contre la société, contre l'autorité. Les états avoisinant se déclarent surpris qu'une société aussi moderne, aussi développée, puisse craquer de cette manière. Devant les images des émeutes londonniennes, on ne peut oublier les nuits d'émeutes que la France a connu ces dernières années, dans les banlieues parisiennes ou dans l'Est, parce qu'un ou des  jeunes avaient été tués par des forces de l'ordre, avaient été pourchassés par des policiers et qu'ils avaient trouvé la mort stupidement, ou s'étaient fait abattre alors qu'ils venaient de braquer un casino. Souvent, les états voisins expliquent doctement que de tels faits ne pourraient plus se produire chez eux, qu'ils se sont attaqués aux racines des problèmes des jeunes ... Leur étonnement n'a d'égal que l'étonnement de leurs voisins lorsque ces mêmes évènements explosent chez eux ... De telles émeutes se sont en effet produites aux Etats-Unis, en Grèce, en Italie, en France et en Angleterre, et certainement dans de nombreux autres états occidentaux ... Et elles continueront de se produire parfois pour un rien, parce qu'un jeune d'une communauté sensible sera passé à tabac ou abattu par la police, ou simplement parce qu'un excité l'aura décidé.

 

La réponse sécuritaire anglaise du gouvernement conservateur de David Cameron fera certainement date. Près de 3.000 émeutiers britanniques devraient être jugés une semaine seulement après ces faits, et les peines d'emprisonnement prononcées laisseront certainement des traces dans les esprits. De même, la condamnation pour recel de tous ceux qui acceptent de recevoir les biens volés pendant ces soirs d'émeutes serviront également de leçons. Enfin, les anglais ne badinent pas avec la loi et les prestations sociales. Les parents d'émeutiers verront leurs allocations sociales coupées en cas de condamnation d'un de leurs enfants et ils se verront également expulser de leurs logements sociaux au cas où ils en bénéficieraient ...

//www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/14/emeutes-en-grande-bretagne-tolerance-zero-contre-solutions-simplistes_1559582_3214.html

//www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/16/quatre-ans-de-prison-pour-deux-britanniques-qui-ont-incite-aux-emeutes-sur-facebook_1560307_3214.html

 

Faire payer à toute une famille le délit d'un de ses membres peut paraître injuste. Mais en même temps, comment combattre ces actes criminels d'incivilité lorsque les parents les excusent, les autorisent, les trouvent normaux, naturels, voire les encouragent ? Serait-il souhaitable que la France applique le même genre de sanctions et de politique sécuritaire dans le cas d'émeutes urbaines comparables ? Je le pense, même par un gouvernement de gauche. Car il s'agit bien d'un effondrement des valeurs morales au sein de nos sociétés occidentales modernes, traversées de courants communautaires qui ne se reconnaissent pas toujours dans nos institutions et nos valeurs, que nos sociétés de chômage de masse ne réussissent pas à intégrer socialement ...

//www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/15/david-cameron-veut-s-attaquer-a-l-effondrement-moral-de-la-societe-britannique_1559865_3214.html

 

La réponse anglaise est celle du tout-sécuritaire, de la tolérance zéro, de la responsabilité présumément automatique des parents ... C'est aussi le rejet de toute responsabilité sociale de la 'misère', de l'explication par le milieu social ! Comme si ce ne serait qu'un hasard que ces explosions de violence puissent avoir lieu à Clichy-sous-bois en région parisienne et non à Neuilly-sur-Seine ou dans le sélect Seizième arrondissement parisien ... Toute la question est de savoir quelle place faudrait-il accorder à l'excuse sociale et à la réponse ultra-sécuritaire ... Et il est certainement beaucoup plus pédagogique de jouer la carte ultra-sécuritaire de la responsabilité parentale, que d'excuser tous les débordements sociaux en expliquant que ce n'est pas la faute des gentils émeutiers poussés à la misère. 

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-de-gauche-a-droite-denoncer-avant-d-expliquer_1559915_3232.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-une-crise-d-un-nouveau-genre_1559936_3232.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/emeutes-les-jeunes-ne-doivent-pas-etre-les-grands-oublies-des-projets-politiques_1559943_3232.html 

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/une-revolte-mondiale-de-la-jeunesse_1560105_3232.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/12/en-grande-bretagne-les-emeutes-urbaines-decoulent-des-inegalites-sociales_1558929_3232.html

 

 

Réflexion onze (3 novembre 2010)
Les bénéfices choquants de Molex ...


On se rappelle de l'affaire des Molex. Cette entreprise française, spécialisée dans la connectique automobile, fermée par ses actionnaires américains et dont les salariés licenciés s'étaient révoltés en 2009 et avaient même séquestré leurs dirigeants (ce qui m'avait semblé illégitime et condamnable). L'entreprise avait été fermée en octobre 2009 après onze mois de lutte de ses 280 salariés. Cette même entreprise avait également bénéficié fin mars 2010 du soutien du ministre du travail, Eric Woerth, pour licencier ses représentants syndicaux, malgré un avis contraire de l'inspection du travail du Tarn. A l'époque, un conseiller officieux d'Eric Woerth au ministère du travail, M. de Sérigny, travaillait également pour la société en investissement financier Atéma, qui collaborait avec les avocats (le cabinet d'avocats Mayer Brown) défendant les intérêts des dirigeants de la direction de Molex (les intéressés nient évidemment toute intervention).
//www.ladepeche.fr/article/2010/08/21/892310-Affaire-Woerth-et-maintenant-Molex.html

Mais depuis septembre 2010, l'Etat français change désormais de ton à l'encontre du groupe américain Molex, suite au refus de ce dernier de financer le plan social de sa filiale française. Le gouvernement s'est d'abord associé à une plainte des salariés contre le groupe américain. Il appelle désormais les groupes automobiles français Renault et PSA de boycotter l'équipementier automobile américain. Ce dernier vient en effet de publier mercredi 27 octobre un bénéfice record au troisième trimestre 2010, et de proposer d'augmenter de 14,8% le dividende versé à ses actionnaires. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 897,7 millions de dollars, en hausse de 33% sur un an, et un bénéfice net de 75,1 millions de dollars contre une perte de 15,1 millions un an plus tôt.

«Les revenus et le bénéfice par action ont atteint un record absolu en septembre, les recettes étant même supérieures à ce qu'elles étaient avant la récession», a commenté le PDG Martin Slark dans un communiqué. «Compte tenu de ces revenus et profits record, couplés à une organisation plus efficace qui résulte de la restructuration, nous augmentons le dividende de 14,8 %, avec date d'effet au moment de son paiement en janvier.»

Evidemment, cette situation n'est pas très exceptionnelle. Des entreprises qui licencient parce qu'elles font des pertes une année et redeviennent très rentables dès l'année suivante ; cela se voit régulièrement. Parfois, ces entreprises ne font même pas de pertes, mais veulent simplement accroître leur rentabilité en fermant leurs sites et en recourant à de la sous-traitance.

Mais ces très bons résultats interviennent alors que Molex a annoncé récemment qu'en réponse aux plaintes déposées aux prud'hommes par des salariés, il allait cesser de financer le plan social de son usine de Haute-Garonne pour en laisser la charge financière à la collectivité. En septembre 2009, Molex avait accepté de verser 5,4 millions d'euros pour la réindustrialisation du site, l'Etat français garantissant 6,6 millions de prêts.

«Le ministre Estrosi a une nouvelle fois adopté une approche très agressive concernant notre situation en France», a répondu au cours de la semaine dernière la vice-présidente de Molex, Ana Rodriguez, en charge des ressources humaines, dans un entretien téléphonique à l'AFP. «Nous sommes très surpris que le gouvernement français interfère dans nos relations commerciales», s'est-elle étonné. «Il y a eu beaucoup de confusion entre les résultats que nous avons publiés pour l'ensemble du groupe et ce qui se passe en France». Selon Ana Rodriguez, la situation financière du groupe Molex dans son ensemble s'améliore grâce à la reprise économique en Asie et grâce au plan d'économies qu'il a mis en place et qui s'est traduit par des fermetures d'usines. Concernant la situation de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), fermée en 2009, «elle n'était pas rentable», a fait valoir la dirigeante du groupe américain. «Nous avons payé plus de 90 % de nos obligations, nous sommes toujours prêts à négocier (...) mais nous voulons parler avec des gens raisonnables qui respectent leurs engagements et ce n'est pas le cas des employés de Villemur», a-t-elle encore affirmé.
//www.lemonde.fr/economie/article/2010/10/27/l-etat-demande-a-renault-et-psa-de-boycotter-molex-apres-l-annonce-de-benefices-records_1431717_3234.html

Effectivement, des salariés qui osent contester leur licenciement auprès du tribunal des prud'hommes et qui pourraient être réintégrés, avec paiements des salaires depuis leur licenciement, dès lors que la procédure de leur licenciement serait considérée comme illégale par un tribunal administratif ... c'est vraiment pas raisonnable pour des américains qui sont habitués à pouvoir licencier leurs salariés du jour au lendemain ....

Les salariés de Molex continuaient pourtant encore récemment d'être poursuivis par la justice française (et donc pas le parquet français) pour les actes commis pendant la période de grève ...

Peut-être que si le gouvernement cessait d'appuyer systématiquement le patronat et les riches en France, pour défendre l'intérêt général et la justice, il ne se retrouverait pas alors à défendre des patrons voyous et des voleurs.

Bon maintenant, il serait tout simplement normal que les constructeurs français Renault et PSA cessent de se fournir auprès de Molex et de ses usines étrangères (tout comme auprès de tout autre équipementier étranger), et que ceux-ci se fournissent de manière préférentielle auprès d'équipementiers installés en France, pour faire tourner les entreprises françaises et faire travailler les salariés français des ces entreprises. Mais cela constitue peut-être le retour du protectionnisme des années 1930 ...
 
 
Réflexion dix (26 janvier 2010)
«Personne n'est en fin de droit en France», selon le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez ...

C'est une bonne nouvelle qui va certainement réjouir tous les chômeurs et ceux qui ne savent pas de quoi seront fait les prochains jours ... Problème évidemment, Laurent Wauquiez arrive à dire une chose («personne n'est en fin de droit en France») et son contraire quelques phrases plus loin («cette situation concerne chaque année, et notamment en période de croissance, à peu près 750.000 à 800.000 demandeurs d'emploi qui arrivent à la fin de leurs droits») ... Alors y a-t-il ou non des chômeurs en fin de droits (ou de leurs droits) en France ?
//www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=185ef2743cff7f81e76c22fa408452c2

Etre en fin de droit, c'est devoir faire vivre sa famille, ses enfants avec le montant du RMI, du RSA (revenu de solidarité active) ou de l'ASS (allocation spécifique de solidarité) ... c'est-à-dire à peine quelqes centaines d'euros mensuellement ... Des personnes comme Laurent Wauquiez, comme Nicolas Sarkozy, qui bénéficient depuis des années de rémunérations d'homme politique, ministre, secrétaire d'état, ou parlementaire colossales, dépassant largement 5.000 euros, voyageant en grand luxe aux frais de la princesse, à la charge de l'état, donc des finances publiques, peuvent-ils comprendre ce que cela veut dire de faire manger, de loger, d'habiller, de faire rêver une famille, des enfants, avec quelques centaines d'euros par mois ?

Ce genre de commentaire d'un membre du gouvernement est inacceptable, intolérable, insupportable. Ces gens qui sont censés nous représenter, nous français, ne savent même plus ce qu'est la vie, ce que signifie être français.

Il y a moins d'un an, c'était le printemps puis l'été des révoltes salariales. La cécité de ce gouvernement libéral aux amitiés dévoyées ne devrait plus nous représenter. Que donnera sur le terrain social et contestataire l'année 2010. Les mouvements sociaux demanderont-ils enfin le départ de Nicolas Sarkozy et de sa clique d'apparatchiks ?...

 

 

Réflexion neuf (14 août 2009)
L'affaire Molex ...


Après les Continental de Clairoix (Oise), les New Fabris de Châtellerault (Vienne), les Nortel de Châteaufort, les Michelin de Montceau-les-Mines, les Sony de Pontonx-sur-l'Adour (Landes) , les Caterpillar de Grenoble et Echirolles (Isère), les Pinault Printemps Redoute de Paris, les Scapa France de Bellegarde (Rhône), les Aubades de Saint-Savin (Vienne), les Faurecia de Brières-les-Scellés (Essonne), les Faure et Machet (FM Logistic) de Woippy (Moselle), les agents de la Caisse de Sécurité Sociale (et de la CAF) de la Réunion, les Crédit Agricole de la Réunion, les 3M Santé de Pithiviers (Loiret), c'est au tour des salariés de Molex (de Villemur-sur-Tarn en Haute-Garonne), une entreprise contrôlée par un groupe américain, d'être au centre de l'actualité sociale et de représenter le fer de lance de la lutte contre le capitalisme.
//www.urcf.net/uniondesrevolutionnairescommunistesdefrance_luttes_frontdesluttesavril2009.htm

Mais on se trouve en plein imbroglio. Des salariés qui menaient jusqu'à présent un mouvement de grève dur, qui votent la reprise du travail et se plaignent de ne pas pouvoir reprendre le travail ... La justice française qui annule un plan de licenciement et oblige l'entreprise à reprendre les procédures de consultation des instances représentatives du personnel ... D'autres jugements qui refusent à l'entreprise le droit de fermer temporairement leurs locaux ...
//www.lemonde.fr/economie/article/2009/08/12/molex-l-affrontement-social-tourne-a-l-imbroglio-juridique_1227855_3234.html

Ces conflits sociaux témoignent avant tout selon moi d'une hystérie croissante des relations sociales entre salariés, organisations syndicales et patronat, dans ses mouvements sociaux, qui traduisent à la fois une absence de confiance des salariés dans la justice sociale française, et une manipulation des esprits et des salariés par des leaders syndicaux ou politiques incompétents ou dépassés. Lorsque l'entreprise cesse d'être un lieu de dialogue et de cheminement ensemble, pour devenir un lieu d'affrontement entre des salariés et une direction, la fin est de toute façon l'unique possibilité qui demeure à une entreprise.

J'estime personnellement que les organisations syndicales qui poussent les salariés dans de telles voies, dans la contestation hystérique, dans la violence symbolique ou physique (par les coups ou par des jets d'oeufs), dans la séquestration, dans les agressions verbales, dans les actes terroristes ou de guerre, sont dangereuses et ne regardent pas l'intérêt des salariés mais ne s'intéressent qu'à leur propre médiatisation, à leur petite heure de gloire.

L'imbroglio juridique autour des Molex me paraît risible. Comment les mêmes salariés grévistes qui interdisaient l'accès de leur usine peuvent-ils aujourd'hui se plaindre de ne pas pouvoir travailler, simplement parce qu'ils ont voté la reprise du travail ? Ce serait maintenant eux qui voudraient passer pour des pauvres salariés victimes d'un patron indélicat. J'ai vu le même genre de comportement en Guadeloupe où les salariés arguaient après la fin d'une grève qui leur étaient impossible de travailler puisque celle-ci était fermée, ou bien lors des grèves des enseignants de la fonction publique où ces derniers estimaient ne pas être en grève (et devoir donc être rémunérés) puisque leurs établissements (collèges ou lycées) étaient fermés en raison de l'impossibilité de recevoir les élèves, décision elle-même prise en raison du fait de l'absence des enseignants ...

Du côté des salariés et des syndicats, je ressens une absence de respect à l'égard des dirigeants de ces usines, de ces entreprises, de l'activité même de l'entreprise ... un lieu de création de richesse, de valeurs, de liens sociaux ... Comment reprendre une activité commune après de tels conflits ? Comment accepter de continuer à prendre des risques capitalistiques pour les employeurs face à une telle rupture, de telles agressions, de tels agissements ? Dans le cas présent, pourquoi cette incapacité à maintenir un dialogue social cordial puisque de toute façon les erreurs procédurales de la direction allaient conduire fatalement à l'annulation de la procédure de plan social engagée ? Je ne comprends pas l'exaspération observée dans le dialogue social dans notre société. Je ne comprends pas non plus cette méfiance dans le droit et la justice française de la part des organisations syndicales. C'est loin d'être sain pour la France et pour le dialogue social.

Evidemment, on me dira que de très nombreux dirigeants ne considèrent pas forcément leur entreprise comme un lieu de création de valeurs ou de liens sociaux, un lieu de dialogue et de cheminement ensemble, et nombre d'entre eux ne témoignent d'un grand respect pour les représentants de leurs salariés ou pour leurs salariés eux-mêmes. J'ai souvent entendu cela de la bouche d'un certain nombre de salariés ou de représentants syndicaux, notamment pour expliquer le déclenchement de mouvements de grêve. Mais lance-t-on un mouvement de grève en expliquant que le patron en face est ouvert au dialogue et qu'il paye très bien ses salariés ? Evidemment non !

Comme dans toute organisation sociale, il y a dans l'entreprise une attente de plus en plus forte pour une participation à la gestion de l'entreprise et une hypersensibilité à toute véléité autoritaire au fur et à mesure que les relations sociales y sont moins hiérarchiques, moins inégalitaires que par le passé. Au fur et à mesure que les inégalités décroissent, la sensibilité à celles qui demeurent (comme la capacité de prendre seul une décision qui est le propre de la direction d'une entreprise) s'accroît pour sembler devenir insupportable. La même règle qui a été observée dans la société dans son ensemble s'observe également au sein des entreprises, notamment dans celles qui sont les plus avancées socialement ...


Réflexion huit (31 juillet 2009)
Les indemnités de licenciement sont-elles suffisantes ... ou la leçon des mouvements de contestation salariale contre les fermetures d'usines en France ...


Je m'étais exprimé un peu trop vite sur Ségolène Royal il y a une semaine. La présidente du conseil régional de Poitou-Charente apporte donc également son soutien aux salariés de New Fabris qui menacent de faire exploser leur usine. Une nouvelle fois, une prise de position médiatique pour continuer d'exister ... et peut-être aussi pour sortir cette affaire de l'oubli et du silence ...
//www.lepost.fr/article/2009/07/30/1640459_news-fabris-segolene-royal-demande-un-geste-supplementaire-a-christian-estrosi.html

Mais il me semble que le véritable objet de ce débat, porté avant cette affaire, par les salariés de Continental ou par les salariés de Nortel, c'est le montant des indemnités de licenciement. On peut être, comme moi, opposé aux moyens de menaces terroristes utilisés par ces salariés en grève, estimer que la séquestration de dirigeants est un crime, être opposé à la violence physique, estimer que les salariés qui recourent à ce genre d'action (et se vantent de la peur lue dans le regard de leurs dirigeants après des années soit-disant de mépris ...) ... Mais on peut également estimer que les indemnités de licenciement, les procédures de licenciement, les coûts liés à des licenciements pour cause économique sont absolument insuffisants, et qu'ils mériteraient d'être fortement revalorisés.

J'attendrais d'un dirigeant socialiste que celui-ci (ou celle-ci) prenne la mesure de ce problème et qu'il (ou elle) propose une telle revalorisation des indemnités de licenciement, que ce soit pour des motifs économiques ou pour des motifs personnels (faute) ... Or, jusqu'à présent, aucune mesure de la sorte n'a été proposée par Ségolène Royal (sauf erreur de ma part ...) ... Pourquoi pas envisager une indemnité minimum de licenciement dans le cadre d'une procédure collective de 30.000 euros par salarié ... Le montant en lui-même ne serait pas choquant.

Les montants actuellement prévus par la loi sont effectivement très faibles. Le minimum légal (souvent amélioré dans les conventions collectives) s'établit à un cinquième de mois de salaire par année d'ancienneté en deça de dix ans d'ancienneté (donc deux mois de salaire pour un salarié ayant dix ans d'ancienneté) dans le cas d'un licenciement collectif pour motif économique ... et un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté au delà de dix ans d'ancienneté (donc cinq mois et un tiers de salaire pour un salarié ayant vingt ans d'ancienneté) ... On note ainsi que l'on est effectivement très loin des 30.000 euros réclamés pour chaque salarié ... Un salarié ayant quarante ans d'ancienneté toucherait par contre douze mois de salaire ... soit pas très loin toutefois des 30.000 euros réclamés. La demande défendue par les salariés de New Fabris, de Nortel ou de Continental ne leur apporterait ainsi rien (si certains salariés ont quarante ans d'ancienneté, ce que j'ignore dans le cas de sociétés peut-être très récentes).

Il me semble indispensable de réformer le coût financier des procédures de licenciement collectif pour motif économique, pour combattre les licenciements boursiers régulièrement mis en oeuvre par les sociétés côtées en bourse. Ce renchérissement doit viser plus particulièrement ces dernières entreprises, et pourquoi pas prévoir une majoration extrêmement importante du coût de ces mesures (une multiplication par dix des indemnités de licenciement dues) si le motif n'est pas d'assurer la survie de l'entreprise, confrontée à de graves difficultés financières qui compromettraient à très court terme sa survie. Une indemnisation des mécanismes d'assurance publique devrait aussi être envisagée dans ce cas, afin d'indemniser les caisses publiques d'indemnisation du chômage, car il n'est pas normal que ce soit à la collectivité de financer l'absence de responsabilité sociale des grandes entreprises côtées.

Il n'est pas sain par contre de déconnecter ces indemnités de licenciement de l'ancienneté des salariés. Il est injuste que les syndicats défendent une homogénéisation à 30.000 euros des indemnités dues aux salariés, en imposant un même montant à des salariés ayant quarante d'ancienneté, qui pourraient aujourd'hui percevoir 30.000 euros d'indemnités de licenciement, et à des salariés ayant un an d'ancienneté ... Il est injuste de défendre une telle égalisation, notamment parce que ces personnes âgées sont incapables de défendre leur position à moins d'être taxées d'égoïsme ...

Enfin, il est clair que même si une telle loi, revalorisant fortement les indemnités de licenciement, était votée et mise en place dans les prochaines années ... et que tous les salariés concernés toucher au minimum 30.000 euros (et plus pour les salariés ayant une très grande ancienneté), les combats syndicaux continueraient avec des salariés qui demanderaient alors un minimum de 50.000 euros ou plus par salarié, en menaçant encore de faire sauter leur usine !

C'est un signe et une conséquence à mon avis de l'absence de responsabilité des organisations syndicales et politiques en charge de la contestation sociale dans notre société ... Et concernant les moyens de contestation utilisés, ils sont manifestement totalement inappropriés, disproportionnés, et injustifiés ... L'ordre public doit prévaloir, de tout côté ... Et les programmes politiques de ceux qui se déclarent du côté des salariés, au parti socialiste, doivent prendre en compte cette revendication pour modifier les exagérations en matière de licenciement économique, des grands groupes côtés français ou étrangers, et les faire condamner financièrement très lourdement, pour que l'on assiste plus au cours des prochaines années, à de tels plans de licenciement sans aucune justification. En période de crise ou de difficultés, les actionnaires doivent également participer au redressement de leur entreprise, et ne plus faire supporter ce poids aux seuls salariés ...

Mais ceci est un autre débat, au-delà du sujet de ce jour ... les intolérables violences des salariés victimes de plans sociaux ... et la large condamnation de ces violences que rien ne doit pouvoir excuser !


Réflexion sept (22 juillet 2009)
Nouveaux débordements à Nortel, à New Fabris et à l'usine Michelin de Montceau-les-Mines ...


On se rappelle tous vraisemblablement de l'interview de Ségolène Royal disant comprendre la rage des salariés et leurs actes de séquestration de leurs dirigeants, comme gestes de désespoir. On se rappelle certainement moins la position presque comparable affichée par Nicolas Sarkozy avant qu'il ne devienne président de la république, disant comprendre le désespoir des salariés. Sa position en tant que président de la république étant notamment devenue absolument contraire, même si au fond, les réactions des autorités publiques françaises sont extrêmement mesurées sur ce sujet, alors que les préfets pourraient engager des poursuites pénales contre les salariés séquestrant leurs employeurs ...

Les salariés de Nortel à Châteaufort ont donc obtenu des indemnités plus importantes (entre 30.000 et 50.000 euros) après avoir menacé de faire sauter leur usine. Les salariés de New Fabris usent également du même moyen de pression, avec une dizaine de bonbonnes de gaz, pour obtenir des indemnités de licenciement plus importantes que celles prévues par la loi. Il ne servirait pourtant pas à grand chose d'augmenter les indemnités légales de licenciement, puisque, celles-ci étant un minimum légal, les syndicats et les salariés souhaiteraient de toute façon avoir mieux que ce minimum. Du danger d'avoir des syndicats irrresponsables ...

Quant aux salariés de l'usine Michelin de Montceau-les-Mines, ils retenaient hier soir quatre membres de leurs directions dans l'usine, pour contester des sanctions prises contre un de leur collègue, en contrat à durée déterminé (CDD), poursuivi pour avoir refusé de travailler sur une machine-outil pour laquelle il estimait ne pas avoir été formé.

« ... Ils vont passer la nuit sur le site, car ils ne veulent pas engager de discussions sur nos demandes ... » selon un responsable du syndicat Sud ... Il est certain que cela devrait les amener à revoir leur position. De toute façon, si cela n'est pas suffisant, les syndicalistes et les salariés pourront aussi les soumettre à la torture, pour changer leur regard sur la situation, voir leur mettre un pistolet sur la tempe ! Semblerait-il, il n'y a plus grand chose qui arrête désormais des salariés qui ne voit plus la société que comme un grand supermarché où l'on se sert ...

A la différence de Ségolène Royal, je trouve que ce genre de situation est inacceptable et intolérable. L'usage de la force physique, impliquée nécessairement dans le fait de séquestrer une personne, que ce soit un dirigeant d'entreprise, ou un quidam, ou un enfant, ou une femme, dès lors qu'il y a atteinte à la personne, est contraire à l'esprit des lois et à la plus simple des morales.

On ne peut pas condamner des sans-domicile-fixe qui séquestrent une personne dans une maison et le brutalise ou le torture, on ne peut pas comdamner des pervers qui enlèvent et violent des jeunes femmes ou leur propre fille, s'en offusquer à grands cris, et comprendre et accepter les actions d'un groupe de salariés qui usent des mêmes méthodes à l'égard de leurs dirigeants, dont le seul crime est d'avoir des responsabilités d'encadrement.

Il faut des valeurs, des repères et des limites, en matière de syndicalisme et d'actions syndicales ; sinon, plus rien ne différencie le syndicalisme du terrorisme ou des comportements mafieux ...

Pour rappel, les peines encourus en cas de séquestration ... « Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle. » La loi ne fait aucune distinction entre salariés et criminels ou pervers. L'article 224-1 du code pénal reconnaît quatre actions distinctes qui sont regroupées sous la même infraction: le fait d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne. La détention et la séquestration d'une personne sont des comportements continus qui impliquent une privation de liberté d'une certaine durée. Il peut suffire de quelques minutes de privation de liberté pour que l'action soit considérée comme une séquestration. Retenir son patron dans son bureau et l'empêcher d'en sortir rentre clairement dans cette catégorie d'infraction. Mieux vaut ne pas retenir un patron trop longtemps. La peine de 20 ans est réduite à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende si la victime est libérée avant le septième jour sans atteinte physique. Toute mutilation ou infirmité de la victime entraîne un alourdissement de la peine maximale à 30 ans. Dans les cas extrême de torture, d'acte de barbarie ou de mort de la victime, l'infraction devient même passible de la prison à perpétuité.

Il devient désormais nécessaire que des peines exemplaires soient prononcées contre les responsables des diverses séquestrations de ces derniers moi, et que la justice soit saisie des diverses affaires qui ont défrayé la chronique. Car aujourd'hui, dans le cadre d'un mouvement de grève, peu de responsables syndicaux peuvent s'opposer aux lancements de telles idées par quelques salariés excités, sans se faire traiter de foies jaunes ou de vendus ... Il faut des peines exemplaires ... 


Saucratès

 

 

Précédent article sur le même sujet :

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25/04/2011
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Révolutions

 

Réflexion trois (16 mars 2011)
Quel futur pour les révoltes au Maghreb (suite) ?

 

« (...) C'est pourquoi d'ailleurs la révolte est 'contre'. Elle n'est pratiquement jamais pour. Mais ce contre (qui se dresse devant une évolution probable) vise fréquemment ce que nous appelons le progrès (...) » (page 24). 

«Autopsie de la révolution», Jacques Ellul, 1969

 

C'est essentiellement pour cette raison que l'on peut dire que les évènements qui se sont déroulés au Maghreb, que ce soit en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Maroc, au Yémen, au Bahrein ... sont avant tout uniquement des révoltes et non des révolutions. Elles sont simplement 'contre' l'ancien pouvoir, leurs anciens dirigeants, leurs systèmes de sécurité, mais 'pour' pas grand chose de précis, si ce n'est plus de 'liberté' et plus de démocratie ... Mais de quelle liberté, de quelle démocratie parle-t-on, et pour qui ?

 

« (...) Pour qu'il y ait révolte, il faut qu'il ait reconnaissance distincte, claire, d'un ennemi, d'un responsable du malheur.

  

(...) Il faut accuser, et accuser celui que l'on a sous la main. La révolte ne peut se satisfaire ni d'analyses sociologiques, ni d'objets abstraits responsables de la misère (l'Etat), ni de personnages si lointains que mythiques (le roi), ni de groupes plus ou moins flous (une classe par exemple). La révolte vit dans l'immédiat : c'est dans l'immédiat qu'il lui faut un responsable, c'est sur un homme qui est là que porte l'accusation.

 

(...) Car il s'agit bien d'un bouc émissaire, celui qui doit être sacrifié pour porter les péchés du peuple. Et sans doute en définitive, l'ennemi que massacre le révolté quoique fait de chair et de sang est bien le symbole de tout ce qui est exécré.

 

(...) l'Etat est une abstraction. Et s'il est le vrai centre de la révolte, le noeud du problème, le révolté parce qu'il a besoin d'un bouc émissaire ne peut le ressentir ainsi. Mais il s'attaque alors aux agents de l'Etat - le plus proche, donc le plus odieux. Le fonctionnaire devient ainsi le visage même de l'Etat. Alors qu'il n'est qu'un modeste exécutant, le plus souvent à un degré assez humble, il est l'incarnation de tout ce que l'on hait, le vécu dont le reste n'est qu'abstraction. (...) Il n'y a pas de révolte vécue contre l'abstraction Etat. Et c'est pourquoi traditionnellement dans la révolte, on ne s'attaque pas au roi, au tsar : il est bien trop lointain, abstrait. » (pages 26-28). 

 

Une citation bien longue, mais qui éclaire d'un façon assez significative à la fois les évènements tunisiens et plus largement maghrébins, ainsi que les évènements marocains actuellement en train de se jouer.

En Tunisie, ce ne fut pas le président Ben Ali qui fut d'abord le centre de la contestation de la rue. La vindicte populaire se porta d'abord contre les forces de répression du régime, les policiers qui avaient par tant de fois enlevé, torturé, tué, assassiné ... Et d'une certaine façon, ce ne fut que lorsque le président Ben Ali, ou le président Moubarak, se furent exprimés à la télévision, menaçants, que la révolte se dirigea alors spécifiquement à leur encontre, conduisant à leur départ, à leur fuite, lâchés par leurs forces de police, de répression ... Schéma qui est peut-être justement en train de prendre fin en Libye, avec un dictateur qui a d'abord réussi à dépeindre un mouvement de révolte en un mouvement sécessionniste (Nord contre Sud), et qu'il va peut-être réussir à vaincre militairement. Echecs de la révolte libyenne qui sonnera peut-être la fin du printemps des révoltes arabes ... Kadhafi en sauveur des monarchies du Golfe persique ...

De la même manière, disais-je, ces citations permettent d'éclairer d'un jour nouveau la situation marocaine. La monarchie marocaine n'est pas aujourd'hui remise en cause par les manifestants. Mais le fait qu'ils n'aient aucune volonté particulière, aucune idéologie, le fait qu'ils soient uniquement 'contre', les rend extrêmement dangereux. Ils ne pourront se satisfaire d'aucune réforme qui puisse leur être présentée. Ils ne s'arrêteront en fait que lorsqu'il n'y aura plus rien en face d'eux.

 

Et le roi doit demeurer ce personnage insaisissable, distant, lointain. Il ne doit pas s'exprimer à la télévision mais user de personnages tampons, de fusibles ... afin que sa personne ne devienne pas le centre de la contestation.

 

Et à la manière du général de Gaulle, en mai 68, il doit réussir à disparaître, à créer le vide contre lequel la contestation, la révolte va s'épuiser, prendre peur, imaginer qu'elle a gagné, et après laquelle elle ne saura plus quoi faire. Il lui faudra peut-être réussir comme le général de Gaulle à disparaître pendant quelques jours, à Baden-Baden, pour donner l'impression de cette béance du pouvoir, pour que le mouvement s'essouffle, et que tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la contestation osent s'exprimer ... Ce que Ben Ali et Moubarak ne pouvaient pas faire, par manque de légitimité royale, le roi du Maroc le peut ...

 

Réflexion deux (13 mars 2011)
Quel futur pour les révoltes au Maghreb ?

 

«Autopsie de la révolution» de Jacques Ellul a été écrit au moment des évènements de mai 1968, et publié en 1969. Et pourtant, il s'adapte encore parfaitement aux révoltes actuelles du Maghreb et du Moyen-Orient ...

 

Révolte qui patine actuellement en Libye, s'étant transformée en une guerre civile larvée entre un nord et un sud sécessionnistes ... forme de guerre civile qu'elle a également prise dans les autres pays précédemment touchés par ces révoltes, en Tunisie et en Egypte, dans une histoire différente ... La différence consistant en l'absence de réussite de la révolte dans Tripoli, révolte matée par les armes des avions de Kadafi ... 

 

Révolte qui gagne aujourd'hui jusqu'en Arabie Saoudite, face à un pouvoir qui rappelle que les manifestations sont interdites en Arabie Saoudite ... et réprimée par la force ...

 

« (...) C'est pourquoi la révolte est à la fois réactionnaire et illuministe. Elle est toujours réactionnaire en ce sens qu'elle refuse ce qu'elle vient de vivre mais au profit d'un passé antérieur assurément plus satisfaisant, remettre toutes choses en leurs places anciennes pour la décharge du pauvre peuple (...). Ce qui était finalement intolérable, c'était de continuer sur cette lancée. Il fallait dévier le cours normal de l'histoire.

 

Mais de ce fait s'associe presque toujours à ce non, un facteur illuministe (...). Nous verrons plus loin en effet la révolte ne débouche sur rien. Mais qu'est-ce donc qu'ils pouvaient espérer ? Ne savaient-ils pas que toutes les révoltes, d'où qu'elles viennent, ont finalement toujours été réprimées, tous les révoltés massacrés, exécutés ? Et lorsqu'ils rencontrent une petite victoire, voilà cette troupe de révoltés comme frappée de stupeur - incapable de poursuivre (...).

 

Même quand la révolte triomphe temporairement, elle ne sait rien faire de sa victoire, c'est Pancho Villa, c'est Li Tzu Chang qui occupant le pouvoir absolu n'en font rien et s'effondrent. Les révoltés n'ont jamais qu'une vue immédiate de l'ennemi à combattre, de la misère à surmonter, de même qu'ils sont incapables d'unir des régions qui se révoltent ensemble. Les révoltés ne voient rien au-delà de leur pays (révoltes de Spartacus, des Jacques, de Münzer, des Torreben, du Gaoulé ...).

 

(...) La révolte peut d'ailleurs prendre une dimension considérable, elle peut embraser un pays, et même triompher. La révolte n'est pas forcément vaincue, écrasée, il lui arrive de détruire le pouvoir et les structures de la société qui l'avaient provoquée. Mais ni l'ampleur ni la victoire ne font de la révolte une révolution (...).» (pages 18-21)

 

Ces quelques paragraphes sont à rapprocher notamment de la situation tunisienne actuelle, où une révolte a totalement réussie, abattant le régime de son ancien dictateur, mais où elle échoue à penser la réorganisation de la société tunisienne, d'un état de droit. Les anciennes structures de pouvoir ont toutes été détruites, forces de police, autorités administratives ... mais seules survivent les formes d'auto-organisation de la foule, les milices privées ... on met en cause l'absence d'opposition politique organisée à l'ancien système ... mais c'est simplement l'incapacité d'une révolte à s'organiser, à déboucher sur un nouveau régime qui l'explique si on suit Jacques Ellul ...  

 

« (...) On s'interroge devant l'arrêt de Spartacus devant Rome, qui n'avait plus de défense, qui lui était ouverte. Il n'avait qu'à la prendre. Il ne l'a pas prise. C'est sans doute la stupeur du révolté, qui n'est pas un révolutionnaire. Qu'aurait-il fait de Rome, lui qui n'était qu'un chef de bandes ? Il a reculé devant le pouvoir, devant la nécessité qu'une société soit ordonnée. Devant l'ordre qu'il aurait dû rétablir. Il n'avait aucune idée sur le gouvernement et l'administration. Il a sans doute pris conscience et il a repris la montagne, laissant fuir son triomphe. » (page 22)

 

Spartacus qui fut finalement vaincu et mourrut au pilori ... après avoir fait trembler Rome.

 

« (...) Il n'y a rien au bout de la victoire. Vainqueur ou vaincu, le révolté ne va que vers la mort. Un choix qu'il ne sait pas exprimer, généralement, mais qui signifie que la mort lui est devenue préférable à la vie. Ce choix inconscient, en même temps que la tentative désespérée pour dévier le destin, font que toute révolte est légitime. » (page 23)

 

L'exemple tunisien est une parfaite démonstration des écrits de Jacques Ellul, de l'absence de futur d'une révolte, même victorieuse. L'avenir nous le démontrera vraisemblablement, en fonction de sur quoi débouchera la révolte tunisienne ...

 

« (...) Très fréquemment, elle (la révolte) prendra son second souffle à l'occasion de la répression : on a arrêté des manifestants, alors la révolte rebondit pour exiger leur libération (...) » (page 24). C'est ce qui se passe justement en ce moment en Arabie Saoudite ...

 

 

Réflexion une (6 mars 2011)
Une nouvelle ère ?

 

Sommes-nous rentrés dans une nouvelle ère de révoltes et de révolutions ? A la lumière des évènements récents en Tunisie, puis en Egypte, aujourd'hui en Libye, au Maroc, au Bahrein, à Oman, au Yémen, en Syrie, jusqu'en Arabie Saoudite, la question mérite au moins d'être posée !

//www.lemonde.fr/idees/ensemble/2011/03/02/ou-en-sont-les-revoltes-arabes_1487154_3232.html

//www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/02/imprevisibles-revoltes-arabes_1487269_3232.html

 

Je m'appuierais sur un livre de Jacques Ellul, «Autopsie de la révolution», pour en appréhender certains aspects. Comme il l'a écrit, «il n'y a pas un exceptionnel de la révolution opposé à un normal ou à une règle de la vie des peuples, des pouvoirs, des civilisations. (...) Il est vain de chercher une division entre des périodes calmes et des périodes troublées. La révolution est moins la locomotive que l'un des éléments de la chaîne invisible du tissu des civilisations.» (page 10)

 

En effet, ce mouvement n'est pas né fin décembre 2010 ... un certain nombre de révoltes et révolutions ont pu être observé au cours de ces dernières années : en Iran l'année dernière à la suite des dernières élections présidentielles, évènements au milieu desquels se trouva mêlé la française Clotilde Weiss ... en Thaïlande en 2009, avec les chemises rouges opposées à l'armée ... à Madagascar quelques années auparavant avec une lutte pour le pouvoir opposant un président élu et son jeune challenger qui avait d'abord conquis la mairie de la capitale malgache ...

 

Peut-on dire que le mouvement actuel de contestation des pays du Maghreb n'est pas né en 2010-2011, mais qu'il est beaucoup plus ancien, qu'il remonterait aux années 2000 qui marqueraient un retour des phénomènes de révolte dans le monde, de renversement des vieilles dictatures ?

//www.lemonde.fr/week-end/article/2011/03/04/retour-a-redeyef-creuset-de-la-revolution-tunisienne_1488163_1477893.html

 

Mais dans les années 1990, des mouvements populaires ont également explosé dans d'autres continents pour renverser d'autres dictatures militaires ; je pense à l'Amérique du Sud ... Mais il y eut aussi le renversement de l'Apartheid en Afrique du Sud ... Les années 1980 furent marquées par le renversement des dictatures populaires en Europe de l'Est, qui elles aussi se répandirent comme une traînée de poudre de pays d'Europe de l'Est en pays d'Europe de l'Est ... Il semble ainsi effectivement impossible de dater un début de processus de révoltes, conformément à ce qu'écrivit Jacques Ellul ; simplement, ces processus semblent se répercuter au sein d'une région donnée par mimétisme, par l'exemple, par transmission ... et très difficilement hors de cette région ...

 

Par contre, ce qui semble distinguer ce 'renouveau' des révoltes par rapport aux dernières expériences des dernières années, un peu comme en Amérique du Sud et en Europe de l'Est les décennies précédentes, c'est leur réussite ! Ce n'est pas tant que des révoltes explosent dans les pays du Maghreb qui est surprenant et qui était imprévisible ; c'est que ces mouvements de révolte est réussi en Tunisie, puis en Egypte ... Que des dictateurs, malgré le verni de démocratie qui enrobaient leur régime politique, aient abandonné sous la pression de la rue le pouvoir, se soient enfuis, aient fui ... C'est cela l'élément inconcevable, surprenant, extraordinaire ...

 

C'est la première victoire de la rue tunisienne contre Ben Ali qui a causé l'effondrement du régime égyptien d'Hosni Moubarak, et qui nourrit l'espoir des opposants de Kadhafi en Libye. L'échec de la révolte des opposants iraniens au régime des mollahs (ou plus des partisans de son évolution) n'avait pas fait naître la même fièvre révolutionnaire. Alors qu'aujourd'hui, tous les pays du Maghreb et de la péninsule arabique risquent d'être touchés par cette fièvre ...

 

 

Saucratès


06/03/2011
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